Ils firent leur valises dans une atmosphère de fébrilité qu'ils n'essayèrent même pas de cacher. Louis-Philippe, bon prince, leur fournit des voitures discrètes, et dès qu'ils eurent quitté la ville Meisner les passa au peigne fin pour retirer les GPS installé à bord. Il rappela aussi qu'ils devaient voyager léger et inspecta les bagages de ses ouailles, pour être agréablement surpris. Ils repartirent rapidement et mirent le cap sur l'Autriche, profitant de l'espace européen pour passer les frontières sans se faire repérer. Ils firent bonne route et s'arrêtèrent dans dans un coin de campagne pour permettre à Meisner de se reposer quelques heures avant de reprendre la route. En approchant de l'Autriche, le mercenaire les fit passer par des routes de campagnes, dont certains paraissait abandonnées depuis longtemps. Les suspensions des voitures prêtées par la royauté française n'apprécièrent pas l'épreuve, et l'ancien résistant grommelant dans sa barbe à propos de la qualité de leur carrosses d'un air peu amène. Avant d'entrer en Autriche, il demanda à tous d'éteindre leur portables et les récupéra pour les fourrer dans un sac. Cela faisait plusieurs kilomètres que personnes n'osait parler et le soleil se couchait quand le mercenaire engagea sa voiture dans un chemin de terre battue qui s'enfonçait sous des arbres avec précaution. Il roulèrent lentement un bon moment, Meisner refusant d'allumer ses phrases malgré la lumière déclinante, et Monroe, pour qui s'était le tour de conduire la voiture suivante, dû woge pour s'assurer qu'il n'allait pas enfoncer l'arrière de leur véhicule. Ils finirent par arriver dans une minuscule cour devant un corps de ferme qui avait connu des jours meilleurs, et Meisner se gara avant d'attendre quelques minutes sans descendre de voiture. Rien de ne bougea, et il ouvrir la portière pour se glisser silencieusement dans les ombres épaisses du crépuscule, disparaissant derrière la maison. Renard fit signe aux autres de ne pas bouger, et ils attendirent dans un silence tendu. La porte d'entrer fini par s'ouvrir, la silhouette du mercenaire s'encadra dans une faible lumière et leur fit signe d'entrer. Ils rentrèrent avec soulagement et l'ancien résistant ferma soigneusement la porte derrière eux. Le corps de ferme semblait être une unique pièce ponctuée de piliers, comme si tout les murs intérieur avait été abattu en préservant l'intégrité architecturale du bâtiment. Il était meublé chichement d'une table, une poignée de chaises et quelques matelas dans un coin, mais n'était pas aussi poussiéreux qu'on aurait pu croire; Nick remarqua sans surprise que les fenêtres étaient toutes soigneusement masquées. Monroe posa son sac et fit la grimace.
"On a vu mieux comme gîte d'étapes."
"C'est la plaque la plus proche des coordonnées que Eve a trouvée. Nous allons établir des tours de gardes et j'irai faire une reconnaissance du lieu demain avec Eve et Trubel. I manger pour une semaine dans une cache pas très loin d'ici, et une paire de téléphones satellites."
Renard hocha la tête, n'en attendant visiblement pas moins du mercenaire.
Nick se porta volontaire pour le premier tour de garde, et Meisner lui donna Monroe comme équipier; visiblement le mercenaire avait décidé qu'il devait il y avoir au moins une personne armée par groupe, ce qu'aucun d'entre eux ne disputa. Les deux hommes tirèrent des chaises sous près de la table sur laquelle le mercenaire avait posé la lampe à pétrole qui éclairait faiblement la grande pièce et laissèrent le reste du groupe s'installer pour la nuit. Wu et Trubel formait le duo suivant, à réveiller dans une heure et demi; ou plus tôt, s'ils sentaient leur vigilance diminuer. Le bruit dans la pièce s'apaisa peut à peu à mesure de tout le monde s'endormaient, et bientôt les deux amis se retrouvèrent plongé dans un silence seulement entrecoupé par le bruit régulier des respirations. Nick se concentra pour en faire abstraction et se concentrer sur ce qui se passait à l'extérieur. Avec son ouïe plus développée que la normale, il pouvait entendre les froissements des mauvaises herbes autour de la maison, et le craquements d'arbres secoués par le vent.
"Monroe?" chuchota le grimm, penché vers son ami.
"Moui?" répondit le blutbad sur le même ton.
"Si quelqu'un approche…?"
"S'il n'a pas de wolfbane, je le sentirait venir à des kilomètres," répliqua l'horloger avec une pointe de désinvolture,"bon, peut-être pas des kilomètres," se corrigea t'il avec un rapide sourire gêné, "mais bien avant qu'ils sachent qu'on est là. Enfin tu vois ce que je veux dire."
"Oui, je vois parfaitement," lui répondit le grimm en souriant. Le silence s'étirant à nouveau entre eux, avant d'être d'être interrompus par le blutbad.
"Dis… Qu'est ce que tu compte faire une fois que tout ça sera fini? Je veux dire, une fois que Renard sera roi. L'alternative étant de moisir dans un cachot pour avoir comploté contre la couronne…" Monroe fit la grimace en ajoutant ces dernier mots.
"… Je n'ait pas encore décidé," avoua le grimm en se frottant la nuque, "j'ai l'impression… Je sais pas…"
"Que notre 'Prince'" le blutbad ne pu retenir un petit roulement d'yeux en prononçant ce titre, "aura besoin d'être maintenu dans le droit chemin?"
Nick s'agita sur sa chaise, mal à l'aise.
"Pas exactement mais… Quelque chose dans ce goût là." finit-il par admettre.
"Mec, je comprend," commença Monroe avec un geste de la main qui soulignait à quel point il comprenait cette inquiétude en particulier, "mais… Il a changé, je trouve."
"Moi aussi…" Nick observa la zone d'ombre où l'ancien capitaine dormait, songeur, "et j'aimerai que ça continue dans le bon sens."
"Comme nous tous!" Monroe rougit et baissa la voix, "enfin presque tous. Je pense qu'Eve s'en fout."
"Je sais pas…" lui répondit Nick sans réfléchir.
"Uh-oh." Répondit l'horloger en remuant les sourcils dans la direction du grimm, qui se sentit rougir.
"Monroe." Siffla l'ancien détective entre ses dents. Le blutbad leva les mains en signe d'apaisement.
"Okay, je ne parlerait plus d'Eve."
"Mhf…" le grimm se passa une main sur le visage, se forçant à se reconcentrer.
"Et vous? Rosalee et toi?"
"J'ai de la famille pas très loin," commença lentement le wesen, les yeux tourna vers la forme endormie de sa femme, "un vieil oncle qui tient une boutique d'antiquité. Je pourrait travailler pour lui quelque temps, si Rosalee veut rester en Europe. Elle n'est pas forcément attachée à Portland en fait. Elle est restée pour moi." Il y avait tellement de tendresse sur le visage de Monroe lorsqu'il dit cela que Nick dû se retenir de détourner les yeux. Il avait l'impression d'avoir surpris quelque chose d'intime.
"Oh…" Le grimm déglutit pour chasser son trouble, "Okay… Je suis rassuré de savoir que vous avez des possibilités."
"Mec, comme je l'avait dit, avec ce que je sait faire, il faut pas s'inquiéter pour moi." Le regard du blutbad se détacha de sa femme pour balayer le reste de la pièce.
"Et les autres? Wu, Hank?"
"Uh?"
"Tu ne t'inquiète pas de ce qui va leur arriver?" précisa patiemment Monroe. Nick se mordit la lèvre inférieure.
"J'ai… J'ai supposé qu'ils resteraient avec Renard." Le grimm rougit un peu, "j'ai toujours vu Wu comme sergent du capitaine. Il était déjà là quand Hank est arrivé dans le commissariat. Alors je…"
"Tu t'es dit qu'il allait continuer à travailler pour lui," conclut le blutbad d'un ton affirmatif, "c'est pas idiot."
"Moui enfin… Et si il se retrouve trop loin de sa famille?"
"Quelque chose me dit que lui comme Hank n'aurait pas tout laissé tomber pour suivre cette petite équipée s'ils avaient pensé se retrouver loin de leur famille Nick."
"… Je suppose. C'est juste… Enfin moi j'ai plus que ma mère, et elle est pas exactement présente," expliqua le grimm avec sincérité, "Alors j'y pense pas."
"Mais après avoir vu les français…"
"Ouais."
Monroe eut un petit frisson.
"Sacré marmailles. Tu te rend compte que le roi a quatre frères et soeurs? Ça m'a rappelé l'époque où je vivait encore avec mes parents, avec tous ces cousins qui étaient tout le temps fourré chez nous, où moi chez eux. Même si…"
"Mh?" l'encouragea Nick, qui ne voulait pas que le silence revienne et risquer de s'endormir.
"Ben on était encore plus ingérable."
"C'est possible?" demanda le grimm, amusé.
"Crois-moi, tu n'as rien vu," lui répondit son ami presque solennellement, "une maison rempli d'enfants blutbad, c'est le capharnaüm permanent, et aucun animal de compagnie des environs n'est en sécurité."
"Et les fuchsbaux?" poussa Nick avec un petit sourire.
"Aucune idée. Rosalee ne m'a pas parlé de sa famille avant un moment, tu sais pourquoi," commença le blutbad d'un ton songeur, "elle m'a quand même dit qu'elle et sa soeur se détestait pendants des mois avant d'être à nouveau inséparable, mais c'est pas exactement… une surprise…"
"Oui Monroe?"
"Tu crois que je ferait un bon père?"
"Voilà qui sort de nul part," fit remarquer le grimm, qui ajusta la mèche de la lampe à pétrole pour se donner le temps d'effacer le sourire qui menaçait de sortir; il sentait que la question était importante pour Monroe.
"Je pense que tu feras un bon père, et Rosalee une bonne mère, si vous choisissez d'avoir votre propre portée."
Le blutbad rosit un peu dans la lumière incertaine de la lampe.
"Moui…" Malgré sa réponse peu convaincu, le blutbad souriait, visiblement touché par le vote de confiance du grimm. Un silence complice s'installa entre eux deux, et il allèrent secouer Wu et Trubel quand le sommeil commença à se faire irrésistible.
Le lendemain, Meisner et ses deux acolytes disparurent un peu avant le lever du soleil dans la direction présumée du tertre, après que lui et Renard ait déterré la cache contenant la nourriture et les téléphones satellite; le mercenaire voulait un contact sur et permanence entre eux, à raison. Le semi-zauberbiest appela rapidement sa mère, qui lui confia le peu qu'elle avait trouvé à propos des sceaux grimm. Ils n'étaient que très rarement utilisé; les grimm n'aimaient rien tant que de détruire ce qu'ils désapprouvaient, plutôt que de le laisser tomber entre de mauvaises mains. Elle supposait que cela serait sans doute un système semblable à celui qui avait protégé le trésor des grimms, si ce n'est moins complexe.
"Espérons qu'il ne faudra pas traquer une clef perdue depuis des siècles." Fut le seul commentaire que se permit l'ancien capitaine de police, qui n'appréciait pas ce qu'il entendait, même si ce n'était la faute de personne.
