Le brouillard s'était levé. Les cols enneigés au loin étaient maintenant éclairé d'une lumière glacée.
Même les sapins avaient préférés se tenir à l'écart de cette vallée enneigée.
Il les soupçonnait de s'être planqués sous la couche de neige vierge et immaculée.
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Il volait déjà sur le balai numéro 1 depuis plusieurs heures.
Il sentait que ce prototype ne serait jamais un modèle de quidditch professionnel.
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Il sentait aussi des vibrations désagréables le long du manche. Un problème dans le module à aérodynamisme, peut-être.
Il entama les séries de tonneaux réglementaires.
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La réponse arriva immédiatement, il vit des petits arcs électriques bleus se former le long du manche.
Il essaya de se descendre le plus en douceur mais rapidement que possible. Le balai ne le lâcha que dans les cinq derniers mètres. Heureusement, l'épaisse couche de neige avait amorti sa chute.
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Il traversa en raquette les deux kilomètres qui le séparaient du camp de base,tractant son balai. Il laissait une trace sanglante dans la neige.
En arrivant, il trouva "Rien" et Sigridur dans l'atelier.
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Quand il entra, Phil le dévisagea, horrifié.
- Tu t'es crashé ? Tu saignes…
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Sigridur paraissait inquiète (elle était inquiète ! ). Elle posa le balai éventré sur un trépied, puis lui tendit un mouchoir et un bloc de glace qu'elle avait décroché de la toiture.
- Rien de grave. Mon nez n'a pas aimé la rencontre brève mais rapide avec le sol. Je crois que la pompe thaumique de mon balai était défaillante.
- La tienne aussi ? Celle de Phil a arrêtée de fonctionner, heureusement à l'atterrissage.
Olivier se gratta la tête.
- Une mauvaise liaison avec le circuit de capillaires ?
Sigridur sorti une loupe de sous l'établi.
- C'est possible, Ya des microfissures partout sur la soudure.
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- On peut juste scier la soudure et faire la jonction avec un joint en caoutchouc, demanda Phil aprés un regard dans le balais.
Olivier regarda Sigridur qui était aussi impressionnée que lui-même.
- Oui, c'est une bonne idée, ça rajoutera de la souplesse au manche.
- Finalement, on fera peut être de toi un bon pilote-mécanicien, "Rien", ajouta Olivier en lui ébouriffant les cheveux.
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Une heure plus tard, la nuit était tombée. Tous les pilotes étaient rentrés. Dans la salle commune chaleureuse on s'était attelés à la préparation de pâtes en sauce.
Il faut être honnête, à six, on est rarement efficace, mais on s'ennuie moins.
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- Eh, Olivier, t'as franchement une salle tronche.
Effectivement, son nez était bleu, cassé, et un oeil au beurre noir se formait.
- C'est pour aider Sigridur à résister à mon sex appeal.
Les rires gras fusèrent.
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Pourquoi il avait dit ça ?…
Même Sigridur riait.
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- C'est pas toi qui aurais le problème, n'est pas Franck ?
- Encore que, je trouve que « Rien » mate bizarrement mon cul.
- Faut dire que si tu mettais au moins un slip pour dormir, ça serait moins gênant.
- Arrêtez, vous mettez « Rien » mal à l'aise.
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La soirée se finit par une bruyante partie de poker presque honnête. Olivier ne pouvait s'empêcher de regarder le reflet de son nez dans la vitre.
- T'en fais pas, vieux, tu restes malgré tout canon.
Sigridur avait dit ça en souriant, et les autres avaient ri, mais Olivier sentit le poids des années qui l'avait assailli depuis son arrivée se relâcher un peu.
