Blabla de l'auteure :

Est-ce que comme moi vous adorer imaginer les sensations quand on vole sur un balais ?

J'imagine que ça ressemble au vélo ou au ski, avec des subtilités sur les courants ascendants et descendants.

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Quand j'ai commencé à imaginer cette fic, c'est bien en me projetant sur un balais. Le chapitre qui suit est un des premiers que j'ai visualisés.

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Olivier était content de sa journée de test.

Le numéro 4, maintenant qu'il était bien rodé, et après les réglages faits, s'avérait très prometteur.

Il survolait les cols calmement, hésitant à rentrer. La journée avait été magnifique. Il voyait les lumières du crépuscule souligner les montagnes depuis le ciel.

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Il aperçut un éclair traverser la vallée. Sûrement Sigridur, elle adorait finir ses journées en rase-motte.

Il plongea en piquet.

Sigridur était à vingt centimètre du sol seulement, elle suivait le relief accidenté.

Olivier aligna sa trajectoire sur la sienne un moment, se calant dans l'aspiration de son sillon.. Elle lui sourit. Il n'entendait que le vent, et suivait ses tresses que le crépuscule irisait de violet.

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Puis il accéléra brusquement pour se saisir de son sac à dos.

Sans besoin de se retourner, il savait qu'elle l'avait pris en chasse. Elle adorait la compétition puérile.

Il fit brutalement un demi-tour en épingle.

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Si Olivier avait jusque-là trouvé son balai plutôt bon, il s'agaça rapidement du manque de précision dans le rase-motte, il avait manqué de s'écraser deux fois dans des congères.

Sigridur n'avait, elle, aucun problème pour anticiper le moindre caillou. Son balai semblait obéir au plus infime mouvement de son bassin. Elle commençait à regagner du terrain.

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Il profita d'un courant ascendant pour remonter en chandelle avec la vitesse maximale que lui donnait son balais. C'était presque de la triche mais Sigridur n'aurait pas le temps d'anticiper.

Puis le rase-motte était avant tout une question de patience, et il n'en avait plus en réserve.

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Pourtant elle regagna très rapidement les secondes perdues. Avec l'altitude, la neige en bas semblait luir d'une teinte bleutée.

Elle arriva à son niveau. Il tenta une série de looping, mais elle réussit néanmoins à lui arracher le sac. Puis replongea en piquet

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Olivier sourit dans sa barbe naissante qui s'agrémentait maintenant de morceaux de transpiration gelée.

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Donnant un léger à-coup dans ses étriers, il réussit à se repositionner dans l'aspiration de la trajectoire de Sigridur.

Le balai de Sigridur perdit de la vitesse. Il la voyait s'agacer à son tour et se pencher pour essayer de gagner de la vitesse.

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Quand il parvint à son niveau, il aurait réussi à arracher le sac, si d'un coup de hanche, Sigridur ne l'avait pas envoyé de l'autre côté.

Ce fut une erreur, parce que le même coup l'avait projeté dans la direction opposée, et elle s'était retrouvée enfouie sous une congère de neige.

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Olivier s'empressa de venir la déterrer. La déneiger plutôt.

Elle riait comme une bossue quand il extirpa du tas de neige. Elle essuya la neige de son masque mais resta allongée dans la neige.

Épuisé par l'effort et hilare, il s'effondra près d'elle à son tour.

Le ciel, maintenant noir et dégagé, se zébrait d'arc verts. Olivier n'avait pas vu d'aurore boréale depuis longtemps.

Il voyait le rideau de lumières se déformer en volutes.

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Sigridur était aussi absorbée que lui par la contemplation du spectacle.

- Tu as dû en voir souvent en Islande.

- Oui.

Il tourna la tête vers elle.

Elle sentit son regard interrogateur.

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- Olaf ne m'a jamais dit pourquoi vous étiez venus en Angleterre.

Il attendit longtemps une réponse

- C'est compliqué ? Proposa-t-il

- C'est compliqué.

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Leurs respirations, presque synchronisées, était les seuls sons qui déchirait la nuit.