En rejoignant leur lit ce soir-là, Il se retourna vers Sigridur.

- Tu sais, tout à l'heure…

- Tu vas me reparler de l'Islande ? J'aimerais mieux…

- Non, ce n'est pas ce que tu penses. Tu as fait tomber la poêle tout à l'heure. Quand tu es tombée dans la congère, tu t'es fait mal ? Ton épaule est douloureuse ?

- Quel rapport avec la poêle ?

- Tu as évité d'utiliser ton bras droit toute la soirée.

- Tu as remarqué ça ?

- Tu sais, je suis kiné dans le civil.

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Elle se retourna étonnée vers lui.

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- Mes parents s'inquiétaient d'avoir un fils joueur de quidditch. Ils ont insisté pour que je fasse des études, et comme on avait de la famille moldue, j'ai eu l'idée de faire des études pas du tout sorcières.

A mon époque, ça ne se faisait pas trop, J'ai eu du mal à l'expliquer à mon équipe.

Finalement, après ma carrière, j'ai pu ouvrir tranquillement un cabinet moldu où les gens ne me regardent pas comme "le joueur de quidditch qui a pris un coup de vieux". Puis ça fait un bon complément de revenu. Ce n'est pas avec quelques semaines de test par an que tu beurres tes épinards.

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Il regarda à nouveau Sigridur.

- Du coup, je peux faire quelque chose pour ton dos si tu veux.

Elle sembla hésiter.

- T'en fais pas, je te ferai pas mal. Enlève juste ton t-shirt.

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Il réalisa ce qu'il venait de lui demander. Il rougit. Puis se maudit d'avoir rougi. Il était kiné professionnel, bon sang…

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Elle le regarda, les yeux écarquillés. Puis lui tourna le dos, et retira son haut de pyjama.

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Professionnel, il était professionnel. Rien qu'un dos. Magnifique. Superbement musclé. Un dos. Un tas de muscles et d'os dont il maîtrisait professionnellement l'agencement. Surtout qu'elle ne se retourne pas.

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Il sentait les muscles tendus sous ses mains. Il repéra rapidement la zone douloureuse. Il se demandait pourquoi elle n'avait pas dit plus tôt qu'elle avait mal.

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Il essayait de ne pas entendre son souffle un peu rapide. Puis le rythme ralentit. Sa gêne - leur gêne- diminuait au fur et à mesure qu'il répétait les gestes qu'il maîtrisait.

Il sentit que Sigridur s'endormait sous les mains.

- Je te préviens, si tu dors sans t-shirt, c'est moi qui vais dormir sur le banc.

Merde. Ce n'était vraiment pas à dire. Qu'est-ce qu'elle allait penser…

- Cool, je garde les couettes.

- Vas chier.

Il retira ses mains de son dos.

- Déjà ?

- Tu as encore mal ?

Elle ne répondit pas mais sursauta quand il appuya sur une vertèbre.

- Là, par exemple ? C'est douloureux ?

- Non.

Mais elle avait frémi quand il l'avait touché.

- Je continue ? Demanda Olivier.

- Oui.

Il sourit dans sa barbe. Il était professionnel, mais certains soirs son métier lui plaisait. .