L'ambiance était animée à la veillée ce soir-là. La salle commune était très bruyante.

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- Je vous jure que je l'ai reconnu ! C'était le ministre !

- Qui sortait d'un magasin de bricolage moldu ?!

- Il plante sûrement des clous, comme tout le monde…

- Il n'a pas une baguette pour ça ?

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Un hibou, épuisé et amaigri, gratta à la fenêtre. Tout le monde le regarda en silence, l'ambiance était maintenant complètement éteinte.

- Qu'est-ce qui se passe ? Phil était perdu

- Ya que les nouvelles graves qui méritent qu'on envoie un hibou jusqu'ici.

- C'est pour toi Sig'.

Elle pâlit en décachetant l'enveloppe.

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- C'est grave ?

- Non, rien de dramatique. Elle semblait très soulagée. Il faut juste que je réponde. Quelqu'un pourrait donner à bouffer au hibou ? Il pourra repartir demain.

Elle se leva calmement et sortit de la pièce.

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- Tu vois, Phil, Millie regardait désolée la porte que Sigridur venait de franchir, ya que deux types de nouvelles qu'on nous envoie. Les hiboux pour annoncer les décès et accidents graves, et les lettres de rupture. Là, on va parier que c'est plutôt une rupture.

- On reçoit jamais de bonne nouvelle ? Une naissance ou…

- Tu partirais en campagne si ta femme était sur le point d'accoucher, toi ?

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Olivier hésita quelques minutes, puis rejoignit leur chambre.

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Sigridur était en train de rédiger une lettre.

Elle le regarda quand il franchit le seuil. Olivier aurait juré voir passer un éclair de soulagement.

- Je peux entrer ou tu veux rester seule ?

- Comment tu dirais à un futur ex "C'est pas toi, c'est moi, merci pour tout, j'espère que tu seras très heureux".

- Tu as mis quoi pour le moment ?

- "C'est pas toi, c'est moi, merci pour tout, j'espère que tu seras très heureux". J'hésite encore pour le "bisous".

- Je pense que je ne le dirai surtout pas comme ça.

- C'est bien ce qu'il me semblait. Sigridur chiffonna la lettre et pris une autre feuille.

- Il te disait quoi dans sa lettre ?

- Lis là.

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Olivier pris la lettre. Une lettre dégoulinante de mièvrerie, où un sûrement bellâtre, sûrement jeune, se désolait de son absence et la suppliait de rentrer pour qu'ils "puissent construire quelque chose ensemble".

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- Tu ne veux pas te marier avec lui ?

Elle le dévisagea amusée

- Me marier ?

- Ou vivre avec lui.

Olivier essayait de retenir son sourcil qui voulait grimper marquer sa désapprobation. Le mariage était une étape obligée treize ans plus tôt. Mais il avait bien conscience que les choses avaient beaucoup changé.

- Il veut que j'arrête de voler. Tu ferais ça pour quelqu'un toi ?

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Olivier étudia la question quelques minutes. A l'âge de Sigridur, il aurait répondu non en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "quidditch".

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Mais il n'avait pas son âge.

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Maintenant il savait que quand il reviendrait de la campagne, personne ne l'attendait à l'arrêt de bus. Son frigo serait vide, son lit, froid et Ernest serait dur à convaincre de revenir de chez les voisins à qui Olivier l'avait confié.

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Alors lui, aujourd'hui, ne se poserait même pas la question et aurait commencé à ranger son barda.

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- Il a fait quelque chose d'autre pour que tu ais si peu envie de considérer la proposition ?

Elle le regarda d'un air de défi.

- Je n'ai pas vraiment de justification, je partage pas la "profondeur de son désespoir". Il ne me manque pas. Lui dit qu'il serait heureux si on vivait ensemble, mais pas moi.

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Elle mit un point final à une lettre très brève, mais au moins comptait-elle plus que trois phrases.

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Olivier essaya de deviner si elle était affectée. Elle n'était pas quelqu'un de facile à déchiffrer. Son regard était toujours dur et déterminé.

Il s'assit à côté d'elle, attendant qu'elle parle.

- Olivier ?

- Oui ?

- est-ce que tu crois que…

Elle se retourna vers lui, elle affichait toujours son regard de défi.

- Tu aimerais faire l'amour avec moi ?

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Olivier essayait de reprendre pied. La midinette qui se planquait en lui faisait des bonds de joie. Le vieux était désapprobateur (et mort de trouille).

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Répondre quelque chose de profond et d'intelligent.

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- Oui.

Autant pour la profondeur.

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Il essayait de maîtriser ses expressions faciales, mais son visage avait l'intention d'indiquer uniquement la surprise la plus profonde.

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Sigridur par contre, sourit. Son visage semblait apaisé. Elle semblait moins froide, heureuse.

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Heureuse ?! Elle venait de larguer son mec…

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Ok, ce mec écrivait des courriers vraiment très niais.

Mais elle venait de le quitter, elle était sûrement vaguement bouleversée.

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Olivier s'encouragea à ne pas se sentir coupable. Si elle voulait un coup d'un soir pour oublier son ex, il n'avait pas à juger. Il pouvait même se contenter de ça. Rêver de plus et se contenter de ce qu'on lui proposait.

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Blabla de l'auteure :

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Ma règle est de poster deux chapitres par jour (du coup l'histoire sera vite finie). Mais j'avais envie de finir sur ce chapitre.

Ya pas de cliffhanger de fou à la fin, mais vous avez peut etre envie de savoir ce qui va se passer "après" ?

Rendez-vous demain :P