Sigridur se réveilla en sentant Olivier la prendre dans ses bras. Elle eut un frisson quand elle sentit quelque chose de froid contre ses mollets.

- Tes pieds sont glacés !

- Les tiens le seraient surement si tu ne dormais pas avec des chaussettes.

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Une bouffée d'angoisse lui remonta les intestins.

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- Je veux dire, Olivier ne semblait pas apercevoir de la tension soudaine de Sigridur. J'ai connu des gens qui n'aiment pas dormir à poil, mais jamais quelqu'un que ça ne dérange pas du moment qu'elle porte ses chaussettes. Tu ne les enlèves vraiment jamais ?

- C'est la dernière mode, tu ne peux pas comprendre. Sigridur essaya de calmer son coeur qui battait maintenant à la chamade. Elle espérait qu'Olivier n'insisterait pas.

- Non, mais…

Puis Olivier lâcha l'affaire.

- Tu aimes les pancakes ?

Ernest le chat, couina. Il planifiait depuis des années de chaparder un morceau de pancake et savait en reconnaître le nom.

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Olivier s'était en fait rendu compte que quelque chose gênait Sigridur, malgré son calme apparent.

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Sigridur et Olivier n'avaient jusque-là jamais profité d'une matinée à ne rien faire ensemble.

Chaque matin de test, dès que la première lueur pointait à l'horizon, Sigridur sautait dans ses vêtements et avalait son porridge avant de se jeter sur son balai.

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Sigridur admira à la dérobade le corps de Olivier. Sa taille semblait étroite par rapport à la largeur de ses épaules. Elle profita du moment où il cherchait des vêtements dans son placard pour admirer ses fesses musclées et pourtant peu larges. Elle le trouvait très beau.

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En la voyant pour la première fois dans la lumière de janvier, vêtue seulement de ses chaussettes et d'une chemise (surement plutôt une propriété d'Olivier, remarqua-t-il indigné) à la table du petit déjeuner, Olivier hésita.

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Il passa une main sur les traces blanches qui parcourait les bras et les jambes de Sigridur.

Elle le regarda, tendue.

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- C'est des vergetures de croissance ?

- Tu sais, elle semblait vraiment agacée, ça serait vraiment plus facile pour moi de répondre que oui, comme ça, tu ne m'en parlerais plus. Mais je n'aime pas mentir.

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Il leva les yeux, étonné, sur son visage toujours d'acier.

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- D'accord. Il n'avait de toutes façons rien de plus intelligent à dire.

- Un jour, tu sauras.

- D'accord.

- Je vais m'habiller.

- Non, il la retint par le bras.

Elle le dévisagea de son regard dur habituel.

- Tu es magnifique ce matin.

Elle ouvrit les yeux d'étonnement, ce qui adoucit ses traits. Elle attira le visage d'Olivier vers elle et l'embrassa.