Chapitre 4 – La descente aux enfers

Je ne suis pas restée pour vérifier l'identité de la personne qui était avec moi dans la réserve. Je l'ai giflé et je suis partie en trombe. RUSARD a failli me pincer d'ailleurs mais j'ai dissimulé mon odeur pour éviter que son familier ne me repère. Saleté de chat !

Du coup, je me retrouve cachée dans une salle du 4ème étage depuis 15 bonnes minutes. J'attends impatiemment que les escaliers daignent changer de sens… c'est fou d'être aussi capricieux.

Désormais, il y a quelqu'un dans Poudlard qui sait que la grande SELWYN est juste une sorcière pitoyable… J'espère juste que ce n'est pas un Serpentard. Je vais perdre toute crédibilité si un Serpentard l'apprend. Qu'est-ce qui m'a prise de me confier ? Comment est-ce que je peux être aussi naïve ?

Des bruits de pas se font entendre. Mince ! Y a-t-il vraiment personne qui ne dorme dans cette école ?

Je me cache tant bien que mal dans un minuscule placard en compagnie de bocaux pleins de formols et de bestioles inidentifiables. Ça empeste ! La soirée ne peut pas être pire.

Plusieurs personnes entrent dans la pièce. Une chose est certaine, ce n'est pas le cracmol et son abominable chat. Non, les bruits de pas sont lourds alors que Argus RUSARD est plutôt rachitique.

Ils font un bruit d'enfer. J'espère que ça ne va pas alerter le surveillant. S'ils se font prendre, je risque de me faire prendre.

« Tu as sa baguette ? dit une voix masculine familière.

Ouai. »

J'ai un très mauvais présentiment. J'hésite à regarder. Après tout, ce qu'ils font ne me regarde pas. Toutefois, la curiosité l'emporte. Qu'est-ce que des élèves peuvent bien faire à cette heure-ci dans une salle déserte ?

J'entrebâille la porte du placard. J'aperçois tout d'abord deux formes, deux sorciers aux couleurs verts et argents. Les deux sont grands et costauds. Je ne parviens pas à distinguer leur identité. Qu'est-ce que je fais ? Bon, quitte à se faire prendre, autant savoir. J'entrouvre un peu plus la porte en bois.

Il s'agit de MULCIBER et d'AVERY. Super, les deux tordus en puissance. Une troisième personne est allongée sur le sol. Il s'agit d'une femme. Son corps est inerte et sa chevelure est étalée sur le sol. On dirait la Gryffondor, MACDONALD quelque chose… la proie de MULCIBER. Qu'est-ce qu'ils font là avec elle ?

Elle est en nuisette rose soie, transparente. Je distingue ses formes à travers le mince tissu. Est-ce qu'ils l'ont enlevés pendant son sommeil ?

« Réveille là, ça sera excitant. »

AVERY bande la bouche de la jeune femme avant de lui donner une claque.

Outch ! Il n'y ait pas allé de main morte.

La Gryffondor se réveille et met quelques secondes à émerger. Elle ne bouge pas d'un millimètre. Peut-être lui ont-ils jeter un sort ? Toutefois, de ma place, je sens la peur dans ses yeux. J'ai l'impression de voir les poils de ses bras s'hérisser.

« Sale sang-de-bourbe, tu vas enfin savoir ce que c'est quand un vrai sorcier met les mains sur toi. »

Il déchire sa nuisette.

Elle est quasiment nue. Il reste que sa culotte transparente. Mais qu'est ce qu'il fait ? C'est un sang pur. Il ne va tout de même pas se salir avec une fille de moldue ?

MULCIBER attrape une baguette qui n'est pas la sienne, sûrement celle de la jeune fille. Il la fait glisser le long de la culotte de la sorcière, l'humiliation suprême.

« Ça t'excite hein ? sale sang de bourbe ! Tu voudrais que je te pénètre ? n'est-ce pas ?»

Une larme perle sur le coin de l'œil de la Gryffondor. Je ressens d'ici sa détresse et son dégoût.

Trop c'est trop ! Sang de bourbe ou pas, je ne peux pas rester sans rien faire !

Je sors du placard et hurle.

« Everte Statum ! »

Les deux Serpentards se retrouvent projetés à plusieurs mètres. La tête d'AVERY cogne violemment contre un mur.

Je me jette sur la Gryffondor afin de l'aider à se relever. Elle retombe aussitôt.

« Mobilicorpus

Cette fois j'arrive à la relever et lui enfile ma cape verte et argent. Cependant, j'ai mis trop de temps. Les deux tordus ne sont plus sonnés.

« Comment oses-tu m'interrompre femme ? me crie MULCIBER.

Fais attention à toi MULCIBER, dis-je en pointant à nouveau ma baguette sur lui, je suis une SELWYN. Apprend où se trouve ta place. »

Je ne sais pas d'où me vient ce courage mais c'est hors de question de le laisser gagner. AVERY tente de le calmer mais MULCIBER redresse sa baguette. Je ne lui laisse pas le loisir de jeter un sort et hurle :

« Sectumsempra ! »

De profondes entailles apparaissent sur sa peau. Il hurle à mort. Des larmes ruissèlent le long de ses joues. AVERY tente de l'aider. Il ne peut rien pour lui, il s'agit de magie noire, tradition familiale.

Ce bruit va rameuter le cracmol. Tant pis !

La rage est vraiment un excellent catalyseur chez moi. Je n'avais jamais réussi à faire aussi mal avec ce sort. Dans d'autres circonstances, j'aurai été fière.

Je laisse la Gryffondor s'appuyer sur mon bras et sors de la pièce. Celle-ci pleure. Tristesse, rage et honte, le combo gagnant.

J'en ai assez fait pour elle. En plus c'est une sang-de-bourbe… Je devrai la laisser dans le couloir et déguerpir vers la salle commune… mais je ne veux pas avoir ce qu'ils pourraient lui faire sur la conscience si jamais ils la rattrapent.

Je la raccompagne vers la maison des Gryffondors. Si père apprend ce que j'ai fait, il va me tuer… c'est certain. J'ai intérêt à trouver ces fichues reliques illico presto.

J'entends les deux Serpentards se faire prendre par RUSARD. Vont-ils me dénoncer ?

Je hâte le pas en tirant la Gryffondor par le bras.

« MACDONALD, c'est bien ça ?

Ma… Mary MACDONALD…, me répond t elle en gémissant.

Il faut que tu me guides. Je ne sais pas où se trouve votre salle commune. Tu peux faire ça ?

Oui… »

Je la sens soulagée. Elle devait avoir peur que je l'abandonne.

De loin, j'entends MULCIBER hurler à RUSARD de ne pas le toucher avec ses mains de cracmol. Pourtant, ça ne le dérangeait pas de toucher la Gryffondor… Pitoyable ! C'est bien beau d'avoir des principes, c'est mieux à temps plein !

On arrive enfin devant la Grosse dame. Lily EVANS et les 4 enquiquineurs sont là. Et moi qui pensais que ma soirée ne pouvait pas être pire.

« Qu'est-ce que tu lui as fait ? » s'écrit Lily EVANS.

Super, une accusation sans fondement. Les sang-de-bourbe sont vraiment des créatures dénuées d'intelligence.

« Ce…ce n'est… pas elle…. , gémit la Gryffondor péniblement, elle … elle…. m'a….sau….

C'est la seule et unique fois, enfant de moldu, dis-je. »

Pas question qu'elle pense qu'on est amie ou que je vais devenir pro-moldu comme le vieux sénile a la tête de l'école. Elle baisse les yeux. Non mais oh ! Je suis une SELWYN. Ce n'est pas parce que je les ai empêchés de se souiller mutuellement que je vais devenir amie avec une sang-de-bourbe.

Remus LUPIN prend Mary MACDONALD dans ses bras et la berce pour la calmer. James POTTER me regarde furieusement. Qu'est-ce qu'il a lui encore ?

Il s'apprête à balancer quelque chose quand soudain, un miaulement se fait entendre au loin. RUSARD arrive ! A défaut de me balancer et de faire perdre des points à Serpentard, MULCIBER et AVERY ont dû dire que la Gryffondor était elle aussi dehors.

Peter PETTRIGROW s'empresse de passer la porte du dortoir, le courage à l'état pur. Et c'est ça un Gryffondor ? Ils vont tous le suivre et je vais me faire chopper…

Pourtant, MACDONALD m'attrape la main et me tire vers la salle commune rouge et or sous les offusquements de BLACK et POTTER.

« Qu'est-ce qui te prends ? demande James POTTER.

C'est une Serpentard, ajoute Sirius BLACK.

Elle m'a sauvé, finit-elle par dire d'une traite, Lily s'il-te-plait. »

La rouquine hoche la tête.

« Il va fouiller le dortoir, reprend Sirius BLACK. Laissons-là dehors. On ne peut pas la cacher sous un lit !

Ta cape POTTER ! dit Lily en fronçant les sourcils.

Mais Lily… c'est une Serpentard, bafouille James POTTER.

Pas ce soir. Prête-lui ta cape ! »

Sa voix est sans appel. A contre cœur, James POTTER me tend une cape… la fameuse cape d'invisibilité. Alors elle appartient donc à POTTER… Je la revêts pour la deuxième fois de la soirée.

Lily EVANS me demande de la suivre jusqu'au appartements des préfets en chefs. Je ne discute pas. Je ne tiens pas à me faire virer de l'école. Le maître ne serait pas très content. En sortant de la salle commune, on croise RUSARD.

Elle prétexte une ronde et il la laisse passer comme si de rien n'était. C'est fort pratique d'être préfet en chef !

Elle me conduit en silence jusqu'au dortoir des préfets en chefs.

J'enlève la cape et la lui rends.

« Reste cette nuit, il est déjà tard. »

Je hoche la tête.

« Ça ne te dérange pas de dormir avec moi ?

Je n'ai pas vraiment le choix. »

Si jamais ça se sait, je suis morte. D'ailleurs, si jamais quoi que ce soit de cette fichue nuit se sait, c'est la fin.

Je m'allonge dans le lit.

« Merci SELWYN… Merci pour Mary ».

Je ne réponds pas.

Quelques heures plus tard, je me lève en sueur. J'ai encore fait ce fichu cauchemar… Comme si la soirée n'avait pas été assez un calvaire.

Lily EVANS me fixe… Pendant la nuit, mon pull a glissé et dévoilé mon épaule droite. Mon épaule est parsemée de cicatrices, les séquelles des punitions. Elle n'ose pas parler. Je suppose que les moldus ne sont pas adeptes de l'éducation stricte…

Je cache mon épaule.

« J'ai besoin d'une douche. »

Elle continue de me fixer. Je n'aime pas ça. Je refuse qu'elle ressente de la pitié envers moi. Prenant mon ton le plus condescendant, je lui dis :

« Privilège de la noblesse. Vous autres les enfants de moldu vous ne pouvez comprendre les fondements de l'éducation. Sur ce, EVANS, je retourne dans ma salle commune prendre une douche ».

Elle semble choquée mais ne relève pas.

En pénétrant dans la salle commune, Severus ROGUE m'interpelle. Il est assis et gribouille sur son livre de potion.

« Qu'est-ce que tu veux ?

Je sais ce qui s'est passé, me répond-t-il. »

Je trésaille. Je suis fichue. Il le remarque.

« Ne t'inquiète pas, ils ne diront rien. Ils n'assument pas de se faire battre par une fille.

Le cracmol n'a pas vu les blessures ?

Non, mais j'ai dû les soigner. Je n'avais jamais vu ça. Comment as-tu fait ? »

Je ne réponds pas.

« Je ne dirai rien non plus si tu partages le sort avec moi ».

Je lui souris et prend la plume. Je gribouille « Sectumsempra ! » sur son livre. J'ai hâte de voir la prochaine fois que James POTTER ou Sirius BLACK s'en prendront à Severus ROGUE.

NDA : J'espère que l'histoire vous intéresse. Prochain chapitre dans 2 semaines