Chapitre trois

Remords

Dès que Simmons entra dans le quartier médical, trois agents s'approchèrent d'elle.

-" Agents Daisy Johnson, de niveau sept. Indexée en tant qu'inhumaine. Elle vient de sortir de réa. Elle est stable mais il faut la placer sous sédatif, et préparez une radiographie générale.

- Bien docteur. Victime du séisme ? demanda l'agent sans lever les yeux de son porte-documents.

- …Oui… Répondit Simmons. Il lui sembla que sa voix s'était affaiblie au moment où elle avait dit ce mot.

Elle ne vit pas de blessées autour d'elle, elle en déduit donc que le séisme n'avait fait de mal à personne, et soupira de soulagement. Les deux autre agents s'en allèrent préparer l'appareil de radiographie. Simmons regarda l'agent remplir le formulaire patient, tout en retirant les capteurs de tension des bras de Daisy, pour ne pas interférer avec la radio. Elle les déposait sur une table quand elle entendit un gémissement. Elle se retourna et s'avança près du brancard. Son amie faisait peine à voir. Ses yeux à demi ouvert laissaient couler une larme sur ses joues blafardes et un filet de sang avait arrêté de couler de son nez, devenant plus foncé.

- Hey, salut… dit doucement Jemma en s'efforçant de sourire pour réconforter son amie.

Daisy voulu porter une main à son front mais s'arrêta en gémissant.

- Tu ne devrais pas trop bouger pour l'instant. Tes bras et tes côtes sont recouvertes d'hématomes. On va te faire une radio pour…

- Personne ne… la coupa Daisy, dont la voix était presque inaudible. Je n'ai…

- Non. Personne n'a été blessé, la rassura Jemma, qui entendait l'étranglement dans la voix de son amie. Tout le monde va bien, je te l'assure.

- Daisy extériorisa un long soupir saccadé. Jemma eut envie de la serrer fort dans ses bras, mais se retint par peur de la blesser. Elle mit sa main dans les cheveux ondulés de Daisy. On pouvait entendre un léger sifflement quand elle respirait.

- On va te mettre sous sédatif, tu vas dormir pendant qu'on prendra une radio pour voir si des os sont cassés. Daisy… Je veux que tu saches… Que personne ne t'en veux, d'accord ? Tu…

Elle ne sut pas quoi dire pour réconforter son amie. Cette dernière hocha la tête faiblement. Un hochement qui voulais dire « Je comprends. ». Elle ne dit pas un mot quand Jemma inséra l'aiguille dans son avant-bras. Deux agents placèrent la jeune femme inconsciente dans l'appareil de radio. Le bilan était plus lourd que ce à quoi Jemma s'attendait : sept côtes fêlées, cinq cassées, les deux bras fracturés et une clavicule fêlée. Elle s'était aussi cassé deux métacarpes ainsi que quelques phalanges proximales. Une fois sortie de l'appareil et avoir été plâtrée, Daisy fut menée en salle de repos, où les infirmières baissèrent la dose de sédatif pour qu'elle se réveille.


Simmons sortait du quartier médical quand elle vit Coulson entrer par la porte translucide.

- Monsieur ? Mais je ne vous ai même pas encore appelée…

- Oui, je sais. Mais je veux être là à son réveil. Jemma hocha la tête en ouvraant la bouche, l'adrénaline redescendant et les larmes qui commençaient à emplir ses yeux. Coulson posa sa main sur l'épaule de la jeune femme avec réconfort, et ouvra ses deux bras. C'est une Jemma toute tremblante qu'il serra dans ses bras en se retenant de ne pas pleurer avec elle.

- Elle est dans la cellule B 13, lui dit-elle en séchant ses larmes et se défaisant de l'emprise de son mentor.

- Merci, Simmons. Allez prendre du repos. Vous le méritez, lui dit l'homme avec un sourire mi-bienveillant mi-soucieux.

Coulson zigzagua entre les tables où s'entreposaient fioles et ordinateurs, et se rendit dans le couloir qui donnait à toutes les cellules de confinement. Il se tenait derrière la porte ou en blanc était inscrit « B13 ». Il hésita quelques minutes et toucha l'écran à sa droite avec son badge. La porte coulissa vers la gauche, faisant apparaitre la salle blanche. À sa droite se trouvait une des capsules cubiques qui servait surtout au transport, et en face de lui se trouvait un lit, avec un corps inanimé allongé dessus. Sur le mur du fond, un cadre numérique changeait de paysage, de la jungle à une montagne immaculée. Il conaissait les images par coeur, et ne put s'empêcher de penser à la prochaine image: une forêt de sapins.

Il prit une chaise et s'asseyait près de la jeune femme à qui on avait mis des attèles sur les deux bras et une minerve autour du cou. On pouvait deviner par la forme que prenaient les draps qu'elle avait aussi un bandage autour des côtes. Elle faisait peine à voir, pourtant il la trouvait si paisible, les yeux fermés, sans aucun trait d'émotions sur son visage. Il ne voulait pas qu'elle se réveille, il voulait qu'elle reste endormie, loin de toute cette douleur qui la rongeait quand elle ouvrait les yeux. Il resta là une trentaine de minutes environ, lisant un magazine posé là, repensant aux trois années passées, lisant le dossier médical de Daisy. Coulson avait l'impression qu'il était la cause de tous ces malheurs. Son regard parcouru le fil d'intraveineuse qui partait de son bras jusque la poche accrochée au pied de perfusion. Il aurait pu l'empêcher de monter à bord du Bus, ce jour-là. C'était clair qu'elle n'était pas qualifiée pour être agent. Pourtant il voyait un potentiel en elle, quelque aujourd'hui, en la regardant depuis sa chaise, il pouvait voir un agent qualifié, engagé, mais surtout une jeune femme forte, à qui l'univers avait envoyé toutes les attaques possibles, mais qui dégageait une énergie si puissante, l'énergie d'un chef, un leader. Quelqu'un de jeune et mature, qui savait prendre soin des siens et qui prenait les bonnes décisions : celles qu'elle croyait justes.

Ce qu'il lui fit penser qu'il ne pouvait plus le faire. Il n'y arrivait plus. Prendre les bonnes décisions en tant que Directeur du S.H.I.E.L.D. . Des décisions pour le bien de tous, et qui ne font pas toujours plaisir. Daisy était meilleure que lui, parce qu'après tout ce qu'elle avait traversé, elle était prête à se sacrifier pour sauver le monde, sa famille, la personne qu'elle aime.

Une voix le sortit de sa rêverie. Il vit Daisy tenter de se relever de son lit avec peine. Coulson se leva immédiatement.

- Hé, hé, doucement ! lui dit-il, presque énervé qu'elle ose faire un effort après tout ça. Asseyez-vous…

- Vous êtes là depuis combien de temps ? demanda t'elle avec une voix cassée.

- Pas très longtemps. Je voulais être là à votre réveil, dit-il en se rendant compte de l'étrangeté de cette phrase.

- Et pour quelles raisons ? dit-elle étonnée.

Il hésita quelques secondes à lui proposer d'être le Directeur du S.H.I.E.L.D., de prendre sa place, d'être son "héritière", mais se rendant compte que ce n'était ni le moment, ni le lieu pour proposer une chose pareille, en plus ce n'était qu'une idée précipitée. aisy n'accepterait jamais, après tout ce que le S.H.I.E.L.D. lui avait fait subir.

- J'ai pensé que vous auriez peut-être besoin d'un ami à vos côtés.

- Merci, Coulson… Mais je… dit-elle en essayant de se gratter le cou malgré la minerve. Vous ne devriez pas. Ne vous sentez pas obligé de... argh... excusez-moi, vous pouvez m'enlever ce truc, là ? S'il-vous-plait ! dit-elle en indiquant la minerve grise.

- Pardon ?

- Ce truc, là. C'est super gênant, et je peux pas trop l'enlever moi-même, dit-elle en indiquant ses bras du regard.

- Je pense que vous devriez le garder, Sk-Daisy, se corrigea-t-il. Si les médecins vous l'ont mis, je pense que vous en avez besoin…

- S'il-vous-plait, je sens plus mon cou ! Et je vais bien, regardez ! dit-elle en secouant la tête. C'est pas mon cou qui me fait mal. Allez enlevez-moi ça, discutez pas.

Coulson ricana un moment. Pendant un instant, il crut revoir l'intrépide et indisciplinée Skye. Il fit un cercle avec son doigt à Daisy, lui indiquant de se retourner pour qu'il la libère de sa prison. Une fois le scratch détaché, il tira l'attèle en mousse, qui cachait quelques bleus sur l'épaule droite de sa coéquipière. Cette dernière souffla de soulagement.

- Merci, c'est vraiment horrible ces trucs-là.

- Daisy…

- Oui, Monsieur ?

Coulson hésita une seconde. Il observait le visage de sa coéquipiière. Ses yeux étai rouge et encore un peu boursouflés à cause ses larmes, et son teint était pâle. Les muscles de son visage étaient légèrement crispés à cause de la douleur que lui causaient ses blessures.

- Est-ce-que vous allez mieux… ?

Daisy ne répondit pas sur le coup. Elle sourit à Coulson, qui affichait expressivement une mine inquiète. Il entendait toujours le bruit de sa respiration troublée par ses blessures aux côtes.

- Oui, je crois, répondit-elle en baissant les yeux. Elle releva la tête en souriant faiblement. Ne vous inquiétez pas pour moi.

- Tant mieux, alors, annonça Coulson en essayant de paraitre positif. J'ai amené des DVD, vous voulez qu'on regarde quoi ? J'ai Taken, Harry Potter, Matrix, Rocky, The Mask…