Chapitre 7:
Assignation
« Agents, dans mon bureau. »
Coulson attendit quelques minutes avant que May et Fitzsimmons accompagnés de quelques agents exécutent l'ordre que le Directeur leur avait envoyé dans leurs appareils de communication.
Monsieur, dit May en plaçant ses mains derrière son dos.
-On a une mission.
Fitz et Simmons se regardèrent, à la fois étonnés et enthousiastes. May hocha la tête, un sourire en coin. Ça faisait un bail que le Shield n'avait pas eu de mission sur le terrain. Les deux scientifiques tournèrent la tête vers le Directeur et se tinrent tous droits, attendant les ordres.
-Il y a deux jours le général Talbot m'a contacté à propos d'un vol. Des dossiers confidentiels ont été dérobés au sein même du conseil général et Talbot nous a suspectés en premier lieu. Je ne sais pas si on doit le prendre comme un compliment… ajouta-t-il.
-Mais… Ce n'est pas nous ?... Si ? demanda Simmons
-Non, mais je compte au fait que cela change, annonça Coulson en baissant la tête vers sa tablette. Il attendit que l'équipe se remette de sa dernière phrase. Il appuya sur l'écran, faisant apparaitre une image qu'il montra au groupe d'agents qui se tenaient devant lui.
-C'est l'homme qu'on cherche ? questionna May en prenant la tablette numérique entre ses mains. La photo provenait d'une caméra de surveillance, on y voyait un homme en costume noir avec une mallette à la main.
-Non. Nous, on veut sa mallette, ou plutôt ce qu'il y a dedans. La mallette est sensée être changée de détenteur toutes les cinq heures, inutile donc d'en savoir plus sur l'homme qui l'aura au moment où nous la subtiliserons. On connait l'emplacement du prochain échange grâce à Fitz. Celui-ci devrait se passer dans une ville à quelques kilomètres d'ici. May, je veux que vous dirigiez l'équipe. Vous opérerez en infiltration. Deux agents vous surveilleront au cas où ça dégénère, dit-il en pointant les deux agents derrière May. Fitz, vous devrez réussir à ouvrir la mallette, qui selon moi, est piégée.
-Oui, ce modèle a été créé pour pouvoir être « impénétrable » et piégée de différentes façons, répondit Fitz, l'appareil en mains. Gaz, électrocution, produits toxiques… Mais, avec les bons outils, je peux l'ouvrir.
-Parfait, c'est ce qu'on attend de vous.
-Excusez moi, Monsieur, mais moi, en quoi mon aide sera-t-elle nécessaire ? demanda Simmons
-Vous devrez agir sous couverture. C'est vous qui déroberez la mallette pour la remplacer pendant que May tiendra l'homme à l'écart. Fitz devra l'ouvrir, récupérer les dossiers et vous devrez la remettre à sa place. La poignée de la mallette est programmée pour être tenue par les personnes qui sont sensée la détenir, c'est-à-dire pas nous. Vous devrez donc faire attention.
-D'accord, répondit l'agent en hochant la tête.
Coulson tendit un objet sombre à May. Tenez, tout ce dont vous avez besoin de savoir sur la mission est sur cette clé.
-Agents, vous partez dans exactement… (il regarda sa montre) vingt-huit minutes et cinquante-deux secondes ! Bonne chance !
Alors que le groupe sortait du bureau, Fitz fut le dernier, accompagné de Simmons, pour rendre la tablette à Coulson. Ce dernier le remercia et lui re-souhaita bonne chance. Lorsque qu'il eut passé la porte suivit de la biochimiste, il appela celle-ci.
-Jemma, un instant s'il-vous-plait… (elle se retourna)
-Oui, Monsieur ? répondit-elle avec un sourire.
-Entrez et fermez la porte derrière vous.
La jeune femme regarda avec méfiance à droite puis à gauche, puis ferma la porte derrière elle. Elle vint se placer près de l'homme qui était debout, face à la fenêtre.
-'C'est à propos de-
-Daisy? Oui. Elle va bien ? dit-il, toujours en regardant par la fenêtre.
-Eh bien, souffla Jemma, c'est dur à dire. Bien qu'elle ait arrêté de rester enfermée dans sa chambre, elle ne nous parle pas vraiment… Enfin, pas autant qu'avant.
-Elle vient souvent me voir pour que je lui assigne une mission sur le terrain, souffla-t-il. La pauvre s'ennuie à mourir…
-Pourtant j'ai l'impression qu'elle s'occupe de son côté, dit Jemma, en réfléchissant. Depuis quelques jours, je la vois faire des allers et retours dans la base, mais je n'ai jamais pensé à lui demander pourquoi…
-Et son état physique ? continua le Directeur en regardant la jeune scientifique. Elle ne s'en est pas-
-Rendue compte ? Non, pas pour l'instant. Mais je pense qu'ils sont nécessaires. La dernière fois que j'ai essayé de ne pas lui en donner, elle n'a pas arrêté de pleurer toute la journée et de faire preuve d'excès de violence.
-Coulson mit une main sur l'épaule de Jemma. C'était son idée de donner des calmants à Daisy via les boissons que Jemma lui ramenait tous les jours en plus des médicaments prescrits. Elle lui était parvenue après trois jours durant lesquels la jeune femme ne cessait de frapper dans les murs, aggravant son cas. Il avait tenté de lui en prescrire avec son accord, mis celle-ci avait refusé. Selon, elle, elle méritait sa souffrance. Voir Daisy dans cet état-là fut l'une des pires épreuves dans la vie de Coulson. Durant cette période, personne ne pouvait lui rendre visite. Seuls Simmons et lui étaient tolérés dans la salle blanche. Ils lui prescrivaient donc de faibles doses de sédatifs chaque jours, « pour son bien », se convainquait Coulson. Bien qu'elle ait accepté de prendre des calmants grâce à une petite discussion qu'elle avait eue avec May. May pouvait se montrer très convaincante, parfois…
-Merci de prendre soin d'elle, dit-il à Simmons avec un regard un peu triste. La jeune femme lui renvoya un sourire et s'en alla en trottinant pour rattraper Fitz.
Dans le hangar de lancement, la petite équipe s'apprêtait à monter dans le Quinjet qui les mènerait à destination. Sans que personne ne la voie, Daisy s'était installée sur un tas de petits conteneurs et balançait ses pieds dans le vide, observant le groupe de loin. Même les scientifiques Fitz et Simmons, qui n'avaient aucune expérience au combat, étaient assignés à une mission. C'était tellement frustrant qu'elle en oubliait d'être inquiète pour ses amis.
Elle fit un bond et atterri sur le sol, seulement pour le regretter quand ses côtes lui lancèrent une douleur monstre. En serrant les dents, elle marcha jusqu'à sa chambre pour collecter plus d'infos sur ce fameux lieu où, comme elle avait deviné, des trafics d'armes s'effectuaient sous le nez de la police locale bien trop préoccupée pour s'en prendre aux vrais malfaiteurs.
Les recherches avaient, à son plus grand bonheur, abouties à plusieurs pistes : Non seulement elle avait maintenant la certitude que les Watchdogs se servaient du trafic d'armes dans le Sud-Ouest des Etats-Unis, mais en plus elle avait pu localiser précisément certains points d'échange.
Elle avait trouvé quelques noms, bien que peu nombreux, mais étonnement, aucuns d'eux ne se trouvaient dans la base de donnée du SHIELD ou même dans la vie active. Autant masculins que féminins, tous ces noms ne signifiaient rien pour Daisy, qui ne pouvait pas deviner si ces derniers appartenaient à l'un des membres Watchdogs, des trafiquants, des témoins, des banquiers, des commerçants ou même des Inhumains, sur la liste des soldats masqués ou déjà rayés de cette dernière.
C'était bien ce qui inquiétait Daisy : le nombre d'innocents tués chaque jours à cause d'un gène extraterrestre dont personne ne voulait. Combien de personnes, Inhumains ou suspectés de l'être, les Watchdogs avaient-ils tué et comment les arrêter ? C'est avec cette question dans la tête que la jeune agente continua ses recherches pendant le reste de la journée.
