Mythologia Universe Chapitre 2 : Funestes histoires

-Ca vient de là, à droite, indiqua Flamme en tournant dans la direction citée plus pour elle même que les deux êtres qu'elle venait de rencontrer. Etrangement ils la suivaient. bah peu importe, songea elle intérieurement. Un peu d'aide n'avait jamais fait de mal à personne.

Encore quelques pas et le trio déboucha à nouveau dans un endroit semblable à un temple tout aussi désert que le précédent. Du moins c'est ce qu'ils croyaient jusqu'à ce qu'ils entendent des rires : un homme et une femme étaient installés non loin de la grande porte d'entrée et semblaient nager dans le bonheur le plus complet.
-J'ai comme l'impression que nous sommes arrivés trop tard, constata Doc. Tant mieux pour eux, tu noteras Yoyo.
-C'est vrai, c'est tellement beau l'amour. Bon, qu'est ce qu'on attend ? Désolée, ajouta il à l'adresse de la salamandre, mais on doit repartir. Simsa, simsala, simsala grimm !
Mais il ne se produisit rien, aucun livre ne fendit l'air. Les deux amis se rappelèrent alors qu'ils n'étaient pas dans le monde qu'ils connaissaient.
De son côté, Flamme écoutait les deux amoureux se demandant pourquoi elle avait été amenée ici.
-Orphée, je suis si heureuse d'être à tes côtés ! Depuis le temps que je rêvais de t'épouser et ça s'est enfin réalisé.
-Ma tendre et douce Eurydice… Plus jamais la vie ne me paraitra dure ou pénible à présent que nous sommes ensemble. Tu verras que rien ni personne ne pourra jamais nous séparer et que nous vivrons très longtemps.
Sur ces mots, Orphée attrapa sa lyre et commença une ballade en l'honneur de sa femme. Le son était si beau que Flamme Doc et Yoyo hésitaient à sortir de leur cachette, pour le moment ce qui importait c'était d'écouter cette mélodie sublime jusqu'au bout.
Tous étaient tellement absorbés par la musique qu'aucun d'eux ne vit une vipère qui se rapprochait d'eux en glissant silencieusement sur les dalles.
Le reptile cherchait juste un endroit pour profiter du soleil mais la jeune femme qui était à présent en train de danser non loin d'elle l'agaçait. Pour être enfin tranquille, le reptile la mordit à la cheville le plus fort possible.
Le cri brisa le songe et ramena tout le monde à la réalité.
-Eurydice !
-Il faut qu'on intervienne tout de suite, dit Flamme en se précipitant.
-Oui, dit Doc occupé à fouiller dans son sac. Une morsure de vipère peut être très grave, voire mortelle.
-Quelqu'un a bien demandé des secours ? demanda Yoyo en s'approchant de la jeune femme.
-Vous, vous sauriez guérir mon Eurydice ? Mais vous ne semblez pas médecin, et d'abord qui êtes vous ? demanda Orphée affolé par la tournure des événements et l'accident qui s'était produit.
-On va vous expliquer, répondit Flamme qui tâta la jambe de la jeune femme avant de trouver les traces de la morsure. Où avait elle mis son couteau ? il fallait inciser la plaie de suite !
Surtout gardez votre calme, respirez tranquillement, mademoiselle, c'est très important !
-Je… je vais essayer mais j'ai mal, tellement mal, et mon cœur… bégaya Eurydice avant de perdre connaissance.
Alors que Flamme avait incisé la morsure et que Doc pressait la plaie pour tenter d'extraire le venin, la malheureuse Eurydice fût prise de spasmes un court moment avant de rendre l'âme.
-NOOON ! EURYDICE !
-Ce… Ce n'est pas possible, ça ne devrait pas se passer comme ça !
-Je ne suis qu'un incapable, je ne suis pas parvenu à la soigner. C'est honteux !
Quant à Flamme, elle ne disait rien, elle avait plaqué sa main sur sa bouche et semblée atterrée. Mais elle reprit vite ses esprits et tourna la tête en direction du ciel. Les autres l'imitèrent, quelle ne fût leur surprise quand ils virent un ange à la robe et aux ailes noires se poser près d'eux.
-Qu'est ce que vous avez l'intention de faire ? demanda Flamme en essuyant du revers de la main ses larmes. Ne me dites pas que vous comptez déjà la faire disparaître totalement de ce monde ?
-Essayez donc de la toucher et vous allez avoir affaire à moi ! Elle a le droit à des funérailles et encore un peu d'amour, protesta Yoyo en se plaçant devant l'ange.
Ce dernier eût un sourire triste et écarta du pied ce drôle d'animal. Au moment où il prit Eurydice dans ses bras, Orphée se dressa contre lui.
-Je ne te laisserais pas faire. Tu n'as aucun droit de me voler mon Eurydice, la vie l'a déjà quitté, pourquoi te montres tu aussi cruel envers moi ?

-Ce n'est pas de la cruauté, répondit l'ange, même si c'est ce que tu ressens. Elle n'a plus sa place dans ce monde depuis que les Moires ont tranché sa vie. Hadès et Perséphone l'attendent mais réjouis toi car elle goutera au bonheur des Champs Elysées et sera éternellement heureuse.
Adieu Orphée musicien talentueux, acheva l'ange en s'envolant. Puissent les Dieux être plus cléments envers toi.
Le musicien gratta de dépit le sol de ses mains avant de jeter une poignée de terre que Doc reçut.
-Même si elle est morte, je ne la laisserais pas Eurydice toute seule !
-Atchoum ! Ce sont de biens nobles sentiments mais vous n'oubliez pas quelque chose ? Elle est morte et vous êtes vivant ! Rappela Doc en éternuant à nouveau.
-C'est vrai, mais les dieux peuvent rendre la vie à ceux qui l'ont perdu. En parlant à Hadès, peut être arriverais je à le convaincre.
Malgré son chagrin, le musicien semblait plus résolu que jamais alors c'était donc là son travail ? Se demanda Flamme : l'accompagner dans le lieu le plus terrible Les Enfers ? Parfait, si c'était vraiment ce qu'il fallait faire, elle le ferait.
-Si vous voulez vraiment allez la chercher, pas question que vous y alliez seul. Je viens avec vous ! Dit Flamme à l'encontre d'Orphée.
Je ne suis peut être pas très grande ou très forte, mais… je vous aiderais.
-Nous aussi, on vient ! S'exclama Yoyo. Il faudrait pas nous oublier ! En plus vous aurez besoin de gens intelligents pour ce genre de… Mission, quête, chose.
-Merci à vous mes amis, merci du fond du cœur. J'apprécie vraiment ce que vous faîtes pour moi. Alors maintenant, ne perdons plus une minute et partons.
A ces mots, Flamme extirpa de son sac une carte en braille qu'elle tâta du bout des doigts.
-Ca risque de prendre du temps. Nous sommes dans le Sud de la Grèce et d'après la carte, l'entrée de l'Enfer se trouve au nord est vers les montagnes.
-Oui, en effet elle a raison, confirma Doc qui avait lui aussi sorti une boussole de son sac. Bon, d'après ma boussole et la mousse sur ces arbres, il faut aller… Par là, dit il en désignant une direction.
Ce fût alors le début d'un harassant voyage mais parfois, nos héros pouvaient profiter des services de paysans et de leur charrette.

A présent, Orphée, Yoyo, Doc et Flamme se trouvaient dans les Enfers et cherchaient le Styx pour aller sur l'autre rive. De temps en temps des fantômes qui pleuraient les frôlaient tandis qu'au plafond de la grotte une multitude de chauves souris étaient perchées.
Que de l'obscurité, pratiquement pas de lumière, de fleurs ou de rires.
-Ha ! Maintenant je comprends mieux pourquoi on évite autant l'Enfer, dit Yoyo qui avait pris peur après avoir été frôlé par un défunt.
-Peut être mais nous y sommes et tu sais ce n'est que le début. Il y a d'autres choses plus terrifiantes ou inquiétantes, pourtant c'est utile de les découvrir, fit observer Flamme.
J'ai l'impression que nous ne sommes pas très loin, ajouta elle en sentant son pied s'enfoncer dans de la boue.
-Non, tu as raison, dit Orphée et on dirait que nous avons de la chance : regardez !
Un bateau conduit par un très vieil homme avançait en effet vers la rive tout en repoussant de sa rame des âmes qui s'approchaient de sa barque.
-N'espérez pas monter à bord qui que vous soyez, âmes bonnes ou méchantes ! Vous devez me payer la traversée avec une obole ! Je suis Charon le passeur de l'Enfer. Malheur sur vous que je viens chercher car je vous emmène vers Hadès le seigneur tout puissant de cet endroit qui décidera de votre sort.
Et vous là, que venez vous faire ? Vous n'êtes pas morts, repartez vite d'où vous venez, ce monde n'est pas le vôtre.
Orphée s'avança d'un pas.
-J'apprécie votre mise en garde vieux et noble Charon, mais je suis venu pour retrouver ma bien aimée et je repartirais pas d'ici sans elle. Je veux que vous m'emmeniez sur l'autre rive.
-Si tu es vivant et que tu n'as pas d'argent c'est absolument hors de question !
-Vous ne comprenez donc pas ?! Eurydice est toute ma vie, elle est mon unique amour, ma moitié ! En la perdant, j'ai presque perdu la vie moi aussi et le monde d'en haut n'a plus aucune saveur.
-Regarde donc autour de toi musicien, dit le passeur en tendant la main. Ici et là bas, des enfants morts trop jeunes, des pères morts laissant derrière eux des orphelins ou des veuves éplorées, des victimes innocentes. Tu n'es pas le seul à être frappé par l'injustice, c'est cruel mais c'est comme ça.
-Bon écoutez, ça suffit comme ça, tout ce qu'on veut c'est monter à bord ! s'exclama Yoyo qui commençait à perdre patience. Attendez un peu, ah voilà, je savais bien que j'avais un peu de monnaie, dit il triomphalement en sortant de sous son bonnet une pièce d'argent.
-J'ai aussi quelque chose pour le voyage et souverain contre la fatigue, dit Doc en sortant un gateau au miel et aux amandes.
L'austère nocher semblait commencer à fléchir devant l'argent et le gateau. Quand la petite salamandre jusque là muette prit la parole.
-Charon, ne vous démenez pas on va ainsi là où on peut, ce que l'on veut et ne demande pas d'avantage. Les joues laineuses du passeur alors s'apaisèrent et Orphée commença à jouer une mélodie sur sa lyre.
-Et bien, soit. Je n'ai pas le droit habituellement de mener sur l'autre rive des vivants mais devant ton abnégation et la beauté de ta musique, je ferais une exception, grommela Charon. La première et la dernière, maintenant, montez !
L'eau du Styx était étrange, songea intérieurement Doc : grise boueuse et elle semblait coller aux rames, pourtant la barque filait bon train. Encore quelques minutes et l'esquif accosta sur l'autre rive.
A cet endroit, un embranchement vers deux directions. Par chance, Némésis qui passait par là, vola à droite leur indiquant ainsi le chemin.
Au fur et à mesure qu'ils avançaient, ils virent et entendirent Tantale se désespérer de ne jamais boire ou manger, entendirent le bruit de l'eau qui s'échappait du tonneau des Danaides ou le rocher de Sisyphe qui venait de dégringoler.
Doc et Yoyo n'étaient vraiment pas rassurés par l'ambiance, mais au moins ils étaient ensemble et ici au moins, ils ne verraient pas le diable ! Ca pouvait être pire.
Pour sa part, Flamme marchait non loin de ces étranges personnes qu'elle venait de rencontrer tout en croisant les doigts pour que cette histoire se termine bien.
C'était la seconde fois qu'elle revenait en Enfer, et bien que la sensation de froid, les gémissements des damnés et la dureté du sol la dérangent également, elle avait moins peur que la première fois et puis, ils seraient vite dehors.
Quand soudain, ils débouchèrent dans une vaste salle souterraine avec des trônes.
Etrangement il y faisait un peu plus chaud et un brasier crépitait.
« Une fois de plus me voici en face d'Hadès mais à présent je rencontre son épouse. »
Elle s'arrêta et s'inclina sur le sol.
De leurs côtés, Orphée Yoyo et Doc avaient été surpris en découvrant la salle éclairée par des torches, les deux trones et les victuailles, quand un couple s'avança vers eux. Ils s'agenouillèrent également à moitié terrorisés par la présence du dieu des morts. Personne n'osait parler, ce fût Hadès qui brisa le silence.

-Ainsi voilà le si célèbre sur terre musicien : Orphée. Quel courage d'oser venir ici dans mon royaume ! Serais tu fou ou inconscient ? Et en plus tu entraines dans ton entreprise des innocents.
-Oui Majesté Hadès je suis fou, répondit Orphée. Fou d'amour pour Eurydice, elle est ce qui m'est de plus précieux. Je ne peux pas imaginer la vie sans elle et même si la sagesse me commandait de prendre une autre femme, jamais je ne commettrais une telle ignominie car ce serait une insulte à sa mémoire.
Et si vous aimez autant que moi votre épouse, vous devez savoir… Que si elle était séparée de vous, tout ce qu'elle souhaiterait le plus au monde c'est revenir vers vous !
-Oui, dit Perséphone en posant la main sur le bras de son époux. Pour te retrouver si pareil événement se produisait je suis prêt à tout.
-Dans ce cas là, pourquoi ne t'es tu pas laissé mourir ?
-Parce que ce n'est pas envisageable, la vie est bien trop précieuse et on a pas le droit de choisir la lâcheté et la facilité, seigneur Hadès.
Je sais parfaitement que mon souhait est égoïste, mais je vous le demande : rendez la vie à celle que j'aime, je vous en supplie.
Sur ces paroles, une fois de plus Orphée saisit sa lyre, gratta les cordes et entama une mélopée

« La joie de t'avoir rencontré est si profonde et si vivante, elle illumine le chemin devant nous. En pensant à toi, je retrouve le bonheur, la douceur, le réconfort, ton sourire qui m'apaise.
Peut on vivre sans couleurs, sans fleurs, ou sans lumière ?
Doit on juste se souvenir d'une fleur fanée qui ne redonnera pas de bourgeons ? D'une bougie consommée n'éclairant plus ?
Le printemps et le renouveau peuvent ils revenir et faire naitre des éclats de rires des caresses ou des baisers ?
Notre cœur peut il continuer à aimer ? Nos bras à étreindre et à protéger l'être cher ?
Les miens sont grand ouverts tâtant le vide à la recherche de celle que j'aime.
La joie de t'avoir rencontrée est si profonde, si vivante, elle me donne des forces, tu es telle les muses et la lune : si loin et proche. Mais n'aie crainte je resterais près de toi. Car je t'aime
»

Et la chanson se termina. Hadès éclata d'un rire tonitruant tandis qu'un peu partout dans l'Enfer des applaudissements crépitaient tous avaient été émus jusqu'aux larmes par cette musique cette voix et ces paroles.
Puis le silence revînt et le dieu des morts reprit la parole.
-Jamais je n'aurais cru être aussi ému par un simple mortel. Tu as réussi un prodige Orphée, alors pour te remercier de m'avoir fait écouter une si belle musique, je vais exaucer ton vœu.
-C'est vraiment gentil de votre part, grâce à vous, ils seront les plus heureux du monde, dit Doc en esquissant un sourire alors que Yoyo sautillait de joie.
-Cependant, continua Hadès, j'y mets une condition : Ne regarde JAMAIS en arrière tant que tu ne seras pas sorti des Enfers. Si par malchance ça devait se produire Eurydice resterait ETERNELLEMENT dans mon royaume.
M'avez vous bien compris ?
-oui, oui, ne vous en faites pas, on fera très attention, promit Yoyo surpris par l'impatience d'Orphée.
-Que votre route soit douce et sereine, acheva Perséphone en les regardant s'éloigner.
De son côté Flamme ne savait pas pourquoi mais un mauvais pressentiment s'était emparé d'elle.

En entendant Hadès donner son approbation pour qu'Eurydice puisse repartir de son monde, tous ou presque étaient heureux. Flamme ne partageait pas la joie de ses amis, lemauvais pressentiment persistait mais elle préféra ne rien dire. Le chemin de retour était bien plus facile qu'à l'aller et même l'endroit semblait plus gai quand on est auprès de celui ou celle qu'on aime, on voit les choses différemment.
Pourtant, le trajet était long, voire interminable et il y avait tellement de croisements qu'il était aisé de se perdre même si Doc avait sorti de son sac une carte.
Après avoir à nouveau traversé le Styx, harassé et inquiet Orphée demanda à s'arrêter, il fallait qu'il sache.N'y tenant plus, Orphée ne pût se retenir malgré les imprécations et se retourna : juste à temps pour voir la silhouette de sa bien aimée lui adresser un sourire triste larmes aux yeux.
-Orphée, mon amour, pourquoi as tu fait ça ? Cette fois je suis obligée de partir, et toi de remonter dans le monde des vivants. Quelle tragédie mon amour, hélas !
Il fallut que Cerbère gronde après nos voyageurs et menace de les mordre pour qu'ils franchissent la porte des Enfers.
La porte se referma et se verrouilla solidement.
A cet instant précis, tous éclatèrent en sanglots devant la triste tournure des événements, anéantis par cette malchance et le fait que cette histoire était destinée à mal se finir.
Yoyo et Doc étaient très ébranlés : c'était la première fois qu'ils étaient confrontés à ce genre de situation et même si ils avaient fait tout leur possible, l'issue était différente.
-C'est tellement triste !
-Oui, vraiment et cette fois, ils ne peuvent plus se revoir ! Quel malheur, Dit Doc dont les larmes continuaient de pleurer comme celles de son amie et de la salamandre non voyante.
Alors qu'Orphée rongé de chagrin les remercia une dernière fois avant de les quitter, Yoyo observa Flamme. Elle aussi les avait laissés seuls et s'était assise sur un rocher la tête dans les mains, comme happée par un puissant tourment.

A l'extérieur de la maison, on percevait des bruits de pas dans la neige fraichement tombée alors qu'à l'intérieur non loin du foyer, une douce chaleur régnait et le crépitement du bois produisait une agréable musique.

Une salamandre écoutait avec fascination le récit du scalde jusqu'à ce que la soirée prenne fin.

Repensant à l'épopée, elle tourna la tête avant de soupirer.

-Brume! A quoi tu joues encore?

-Je ne joue pas, je me remets dans la peau du héros, répondit une hermine au poil blanc qui tenait dans sa main une épée. Un jour je suis sure qu'on ira aussi trouver Vanamoinen le scalde à la lyre magique et qu'on trouvera le Sampo!

-Bien sur, mais n'oublie pas Louhi la sorcière. Elle a de très grands pouvoirs et on ne pourrait pas si facilement reforger le Sampo.

Même si Ilmarinen essayait de le faire, ajouta Flamme.

-Dans ce cas peu importe, on partira à l'aventure, toutes les deux ensemble! Et on sera toujours ensemble malgré les difficultés.

-Partir à l'aventure, devoir accomplir des exploits. C'est tout ce à quoi tu penses? Tant que tu y es tu ne veux pas une statue, ajouta moqueuse Flamme avant de s'écarter du foyer.

Etre un héros ne servait pas plus que ça, c'était mieux de connaitre les faits et de les écrire ou de les conserver précieusement.

Elle réfléchit encore un court moment avant de se sentir prise au piège par une boule d'énergie nommée Brume.

-Du moment que j'ai ma meilleure amie, tout va bien, dit la jeune hermine. Si un jour on était séparées, je ne le supporterais pas.

-C'est très improbable, alors ne dis pas n'importe quoi. Il te faut quelque chose pour reprendre tes esprits, songea Flamme avant de se lever et de chercher à tâtons la porte.

-Où vas tu?

-suis moi pour le savoir, répliqua la salamandre qui était dehors et lança à la figure de son amie de la neige. S'ensuivit une bataille dans la neige.

L'ultime heureux événement avant que peu de temps ensuite ce qu'avait prédit Brume se réalise : sans savoir pourquoi et très injustement, deux êtres très proches furent sans préambule séparés l'un de l'autre.
Aucune explication, aucune chance pour se revoir, aucun espoir à l'horizon. Et juste du désespoir, seulement du désespoir, des larmes et de la tristesse.
Une blessure infligée gratuitement destinée à faire du mal. A ne plus donner l'envie de sourire à celui qui souffrait.
Et Flamme comprenait parfaitement ce que ressentait en ce moment le musicien. Elle ne le comprenait que trop bien mais préféra ne pas se mettre à pleurer elle aussi.
Cette histoire était vraiment éprouvante, pourvu que le passage s'ouvre vite. Car revivre cette horreur n'était en rien agréable.
Et un cercle de lumière blanche éclatante surgit devant eux, prêt à les emmener vers un autre endroit.
Décidée à quitter ce triste lieu tout comme ses nouveaux amis, si elle pouvait les appeler ainsi, la main tendue, elle se dirigea vers le portail.
Quand au moment de le franchir elle sentit une main dans la sienne et la voix de Yoyo
-Nous sommes ensemble, et puis tu sais on dit qu'après la pluie vient le beau temps ! Ne sois pas triste !
Avec un petit sourire, accompagnée des deux gardiens des contes de fées, elle franchit la porte des étoiles en direction d'un nouveau mythe.

A suivre