Chapitre 3 Un Retour fort improbable
Disclaimer : le petit personnage qui apparaît dans ce chapitre (et reviendra surement dans ceux à venir) est Ordy l'héroïne d'une merveilleuse série télé scientifique qui s'appelle « Ordy ou Les Grandes Découvertes » dans ce dessin animé, des enfants pour savoir comment marche quelque chose interrogent un ordinateur et cette petite créature surgit de l'écran pour leur expliquer et aller à la rencontre des savants.
Au moment où le passage se referma, les lueurs rougeâtres, orangées et dorées dans le ciel indiquaient que la nuit ne tarderait guère à tomber.
Tandis que le soleil rougeoyait, commençant à disparaître, la lumière blanchâtre semblable à de l'eau disparaissait laissant ainsi Doc, Yoyo et Flamme dans un nouvel endroit inconnu.
-Décidément, pesta Yoyo, même quand on est pas chez nous il faut qu'on ait droit à des atterrissages douloureux !
-Sans être entièrement de mauvaise foi, je dois avouer qu'en plus de ce voyage très désagréable, tomber par terre n'est vraiment pas pour me plaire.
Bon sang, qu'a il bien pu se passer ? J'ai eu l'impression d'éclater en morceaux et d'être recollé.
-Comme si on était des puzzles ! s'indigna une fois de plus Yoyo. Bon ! Comme la nuit risque de vite tomber, pourquoi ne pas rester camper ici ?
-Bonne idée, approuva Flamme qui ne semblait pas plus que ça souffrir du récent voyage.
C'est toujours comme ça les premières fois, vos corps s'habitueront, ajouta elle au duo avant de commencer à chercher des pierres pour le foyer.
Il ne fallût que peu de temps pour que Yoyo et Doc réussissent à trouver du bois pour le feu ainsi qu'un endroit à l'abri du vent pour passer la nuit. Yoyo se proposa d'aller inspecter les alentours
Flamme avait sorti de son sac deux couvertures en laine, ainsi que du pain, des figues des olives et du fromage séché et s'affairait à présent à allumer le feu.
De son côté, Doc avait lui aussi sorti de son sac une couverture, des assiettes yoyo finit par revenir ravi d'avoir trouvé une rivière : boisson et poisson pour ce soir.
Mais le dîner se déroula dans un silence quasi total. Personne ne semblait vraiment d'humeur loquace ce soir, c'était plus les soucis et la tristesse qui dominaient.
Yoyo et Doc se demandaient si ils allaient rester là indéfiniment ou pas, si le livre parviendrait à les retrouver ou pas, est ce que de nouveaux héros de contes devaient encore avoir besoin d'eux ?
Et si ils ne trouvaient pas de solution, pourraient ils trouver quelqu'un qui accepterait de les aider ?
Tant de questions, sans réponses. Ils avaient cru en voyant ce portail qu'ils pourraient rentrer chez eux, hélas non.
Les choses s'annonçaient plus compliquées que prévu.
Flamme de son côté essayait du mieux possible de dissimuler sa tristesse devant ses compagnons d'infortune. « cache tes ressentis, n'en parle pas, fais attention sois la bonne gardienne que tu as toujours été, pas d'états d'âme, pas de tourments de sentiments ! »
La nuit était tombée, une superbe nuit d'été avec de nombreuses constellations qu'on pouvait distinguer dans le ciel, une température douce et le chant des cigales...
Quel endroit agréable et si surprenant en même temps, pensa Doc en regardant les Belles d'été.
Quand un air de musique le sortit de sa rêverie. Ce n'était pas de la flute, ni un bruit de tambour mais plutôt une lyre.
L'air était lent, mélancolique ondulant tel une rivière; c'était apaisant et ça sonnait aussi comme une complainte avant de s'arrêter pour recommencer.
A côté de lui, Yoyo était emmitouflé dans la couverture en laine et semblait ne rien avoir entendu.
Que c'est beau et triste, qui donc pouvait jouer de la sorte ? Sans attendre une réponse à sa question, Doc Croc écouta la mélopée et arriva près d'un tronc d'arbre abattu. Et là, se tenait Flamme en train de jouer de la lyre.
Elle jouait vraiment très bien, mais c'était lui ou elle était un peu triste?
A cet instant précis, les notes cessèrent et elle leva la tête vers lui.
-Doc, que me vaut votre visite?
-Sans vouloir être intrusif, en entendant ta mélodie je n'ai pas pu résister à l'envie de venir l'écouter d'un peu plus près. Mais comment as tu deviné que c'était moi?
-Rien de plus facile, ton pas est aisément reconnaissable. Merci, ajouta elle en posant sa flute, mais il faut que je la travaille davantage.
-Depuis quand en joues tu?
-Depuis longtemps, bien longtemps. La Muse de la musique m'a appris les bases et Apollon lui même m'a montré les différents instruments.
Après, j'ai du apprendre moi même à savoir jouer les airs à l'oreille. Tu veux essayer?
-Ma foi, je me demande si cela est raisonnable, répondit croc en prenant la lyre et pinça les cordes produisant un son guère harmonieux. Il aurait du s'en douter, mais Flamme pouffa de rire
-C'est souvent comme ça au début, avec de la pratique ça ira mieux.
-Hé bien je crois que c'est mal parti, il y a des choses dans lesquelles on est plus ou moins doués.
-Oui en effet, répondit Flamme. Et parfois pour compenser, on affûte certaines qualités et aptitudes alors qu'on aurait jamais cru en être capable, dit elle avec une légère amertume dans la voix. Elle reprit sa lyre, rejoua un accord avant de ranger son instrument dans son sac.
A présent, si tu veux bien m'excuser, dit elle en se levant. Je suis fatiguée, j'avais besoin d'être un peu seule, jouer me détend.
-Oh! alors e excuse moi, je ne pouvais pas savoir! t tu veux sans doute que je te laisse, bredouilla Doc embarrassé devant cette situation.
Bonne nuit, quand même, Flamme! et il repartit quelque peu gêné ne comprenant qu'à moitié cette envie de solitude.
-Oui, bonne nuit, répondit Flamme en reprenant sa lyre, ses doigts courant sur la corde pour chasser le chagrin qui s'infiltrait en elle. Devoir rester seule, ça pouvait aller elle s'était habituée à cette douleur. Mais de les deviner aussi proches, aussi unis ces deux étrangers... Ca lui fendait vraiment le coeur! pourquoi devait elle subir ça? Pourquoi? Elle joua encore un moment avant de soupirer et de se pelotonner dans les couvertures se jetant enfin dans les bras de Morphée.
Quelques heures plus tard, le soleil s'était levé et bien que ce soit le petit jour, il commençait déjà à faire chaud.
Alors que Doc et Flamme dormaient à poings fermés, Yoyo se réveilla mollement et fût très surpris, rejetant la couverture, apeuré par quelque chose.
-C'est pas possible, je dois encore rêver! Allez je me réveille, Aaaaah non le fantôme est encore là! s'écria il en reculant, réveillant doc au passage.
-Mais enfin qu'est ce que... Yoyo,! Ca ne va pas non? tu n'as rien trouvé de mieux à faire pour commencer la journée?! Grommela le lézard en pestant intérieurement contre les gamineries incessantes de son ami.
-Mais non! Y a un fantôme! Répéta Yoyo en s'accrochant au cou de son ami.
-Oui, on dirait. Mais sans vouloir être irrespectueux, peut être est ce autre chose pour voler dans les airs, raisonna Doc mais néanmoins pas rassuré.
Devant eux la petite créature blanche aux étranges cheveux- mains roses les regarda d'un air boudeur.
-Fantômes, vous mêmes! Je suis bien vivante et en chair et en os. Hmmm, grossiers personnages! ajouta elle quelque peu vexée.
Flamme finit par se lever également et tourna la tête dans la direction du boucan.
-Qu'est ce qui se passe encore…? Ordy? Ordy mais c'est bien toi? s'étonna elle son visage s'éclairant d'un sourire. Elle avait immédiatement reconnu la voix de la petite créature enthousiaste et curieuse de tout.
-Oui, hop là! dit la dénommée Ordy en sautant sur le sol et se mettant devant la salamandre. Bonjour Flamme, je ne me serais jamais attendue à te revoir! Ordy faisait la moitié de la taille de Flamme
-Moi non plus, je suis très contente! Tu cherches encore Pythagore? demanda Flamme qui connaissait le goût des sciences d'Ordy.
Arrêtez, c'est quelqu'un comme vous et moi de très gentil, elle s'appelle Ordy! Soupira Flamme car Yoyo et Doc étaient encore inquiets, ça s'entendait au bruit sur le sol qu'ils faisaient.
-Oh, dans ce cas, nous sommes désolés. Nous ne voulions pas vous vexer, s'excusa Doc en ôtant son chapeau.
-Comme tu volais dans les airs sans difficultés, on a cru tu vois... bégaya Yoyo avant de reprendre: Pythagore? Tu apprends les maths?
-Non, répondit Ordy en s'élançant dans les airs à nouveau. J'aime tout: l'astronomie, la physique, les secrets des volcans, des pyramides... Y a tellement à découvrir! et j'ai entendu parler d'un certain Archimède. Saviez vous qu'il est à l'origine de la physique?
-Bien sur, sa loi est célèbre, dit Doc prêt à discuter de physique .
-Hé oui!
-Tu resteras un peu avec nous ou tu dois vite partir? demanda Flamme qui se doutait un peu de la réponse.
-Hélas je peux pas maintenant, répondit d'un air triste la créature blanche et rose. Mais peut être se reverra on encore une fois, Flamme. Prends bien soin de toi, au revoir vous et n'oubliez pas: je ne suis pas un fantôme mais Ordy!
-Nous n'oublierons pas, bon voyage! s'écria Yoyo en voyant la petite Ordy partir on ne sait où.
-Et il faudrait peut être songer à repartir d'où nous sommes.
-Oui, si tu trouves le moyen de nous ramener chez nous, génie, rappela Yoyo.
-Parce que tu crois que tu sais comment repartir et reprendre notre travail ? Je ne le savais pas, mais si tu as une idée, je t'écoute, répondit Doc.
Mais ni l'un ni l'autre n'avaient d'idées, de suggestions, ils étaient perdus et incapables de retrouver leur chemin.
Flamme de son côté se mit devant eux pour leur faire ses adieux.
-Il est à présent temps de se quitter. Ne perdez pas espoir même si votre retour paraît illusoire, je suis sûre que vous réussirez à revenir chez vous, il suffit d'y croire.
Yoyo, j'ai été étonnée de te rencontrer la première fois, Doc… ce fût un plaisir de vous connaître.
-Nous avons nous aussi été ravis de faire ta connaissance, répondit Doc.
-Attends ! Mais, où vas tu ? s'écria Yoyo.
-Mener à bien la nouvelle mission qui m'a été confié, répondit Flamme qui marchait sur un chemin sans se retourner. Adieu !
Et voilà, ils étaient à nouveau seuls, cette fois sans savoir comment se sortir de ce pétrin, ne connaissant personne, ni les lieux.
Si seulement ils pouvaient trouver un village, une maison, ou un humain…
En voyant Flamme disparaître, ils avaient considéré ça comme normal : après tout ils passaient leur temps à rencontrer et à quitter bon nombre de personnes.
Pourtant cette séparation n'était pas anodine un mal être et une sensation de perte s'empara d'eux.
Et puis… elle aussi veillait au déroulement des histoires.
-Il faut absolument qu'on la rattrape ! s'écria Yoyo qui pour une raison inexplicable voulait la revoir, lui parler.
-Mais comment ? Et même si nous la retrouvons, acceptera elle de nous parler ? Doc repensait encore à la façon dont elle l'avait laissé la nuit dernière.
Ca faisait bien deux heures que Flamme marchait, attendant un élément pour lui permettre de savoir ce qu'elle devrait faire cette fois.
Au diable la compagnie ! Elle devait savoir ce qui se passerait aider les héros de son mieux, peu importe le dénouement bon ou mauvais.
C'était son travail, ce pourquoi elle était là depuis si longtemps et avait été choisi. Que ce soit près de Rama ou d'Isis et Osiris, de Viracocha ou de Bélisama et d'Epona, elle devait aller d'un mythe à l'autre, jusque probablement à la fin de sa vie, ainsi en serait il.
Elle éprouvait un soulagement à l'idée d'être à nouveau seule. C'était mieux d'être seul même si ce n'était pas drôle du tout, du tout.
Et puis comme ça, pensa elle avec amertume, pas besoin d'être avec quelqu'un qui ne tient jamais en place et qui invente souvent plein de bêtises.
Brume… Murmura elle en serrant son poing et en marchant plus vite.
Elle finit par arriver à un village où il y avait beaucoup d'activités, à gauche d'un palais, on construisait une tour.
La petite salamandre surprit des bribes de conversation : « est ce la seule solution ? » « les oracles sont bien funestes, pauvre Danaé ! » « quelle grande tour, mais ça restera une prison ! » « c'est sur qu'ainsi plus jamais elle ne pourra voir de monde »
Danaé, une jeune fille sans doute et qui allait être emprisonnée ? Pourquoi ? Pour avoir défié les dieux ? Parce qu'elle apporterait le malheur ou la mort ?
Perdue dans ses réflexions, Flamme ne se rendit pas tout de suite compte que deux personnes étaient derrière elle.
Elle se retourna brusquement et eût un mouvement de recul.
-On a finalement réussi à te retrouver ! Je suis soulagé !
-Sans vouloir nous montrer envahissants, je partage l'avis de Yoyo. Nous ne savions vraiment pas où tu étais partie, ce fût difficile de trouver le bon chemin.
-Est ce là vraiment tout ce que vous avez à faire ? demanda Flamme d'un ton agacé. Vous ne voulez donc plus revenir chez vous, revoir vos amis, votre famille qui vous attendent impatiemment ?
Vous préférez imposer votre compagnie sans vous soucier de l'avis de l'autre. Je ne suis pas une bête curieuse ou un joli objet ! cria elle à leur adresse.
Et j'ai autre chose à faire que d'être avec vous, alors laissez moi tranquille !
-Non mais dis donc, en voilà des manières ! s'indigna Yoyo.
-J'avoue que j'ai du mal à comprendre moi aussi. Pourquoi te montres tu si cassante alors que nous ne t'avons rien fait de mal ? Croc se sentait à la fois outré et perplexe devant cet accueil auquel il n'avait pas songé.
-Parce que j'ai du travail, que je ne peux pas… Continuer à ne rien faire et rester avec vous, car je négligerais mon travail, voilà pourquoi ! répondit Flamme après avoir un peu hésité pour choisir ses mots et ne rien dévoiler sur elle.
-Alors dans ces cas là, dis nous : qu'est ce qui t'empêche de le faire avec quelqu'un d'autre, demanda Yoyo intrigué. On est meilleurs quand on fait un travail à plusieurs, tu le sais ?
-Oh oui… Je le sais parfaitement, murmura la petite salamandre. Mais je sais aussi que quand on est à plusieurs, on se gêne, on a souvent des désaccords et on fait plus facilement des erreurs ! Alors que quand on est seul on peut planifier tranquillement nos taches et on fait moins d'erreurs et on est tout à fait capable de faire aussi bien qu'entouré de gens ! cracha elle avec hargne.
Tandis qu'elle parlait, elle ne se rendait pas compte qu'elle s'était mise à trembler ça n'avait pas en revanche échappé à nos deux amis. Qu'avait elle donc pour être dans cet état ? Cachait elle donc un secret ? Vu son comportement, ça en avait tout l'air.
Une fois de plus, après avoir réussi à se reprendre, elle tendit un doigt et lâcha :
J'espère vraiment que cette fois, c'est la toute dernière fois qu'on se voit !
-Juste encore une chose, une toute dernière chose, précisa Yoyo en la rattrapant et posant sa main sur l'épaule de la jeune aveugle qui l'enleva aussitôt.
-Oui, quoi ?
-Tu ne saurais pas où on peut trouver des renseignements ?
-Vous pouvez toujours essayer d'aller au temple consulter les oracles. Habituellement il n'y en a qu'un vers Delphes mais il y a beaucoup de pythies ou de devins, répondit elle en s'éloignant et en surprenant une conversation entre deux marchands qui devaient se rendre au palais.
Sans hésiter, elle tâtonna et chercha le bord du chariot pour s'y installer. C'était au palais sans aucun doute qu'elle saurait enfin pourquoi cette Danaé devait être enfermée.
De leur côté, Doc et Yoyo demandaient de temps en temps à des artisans où se trouvait le temple. Jusqu'à ce qu'ils aperçoivent un majestueux monument avec des colonnes, un grand couloir extérieur orné de fleurs et de guirlandes. Ils croisèrent également trois jeunes gens avec de la nourriture ou des fleurs dans les mains, d'après ce qu'ils disaient c'étaient des offrandes pour que le dieu les écoute.
Bon, puisque c'était semble il le protocole…
Tous deux trouvèrent rapidement des figues, des amandes et deux oranges, peut être que ça suffirait.
En suivant l'allée principale, ils tombèrent devant un autel d'une blancheur immaculée et un vieil homme qui balayait. Ce dernier quand il les vit lâcha son balai et leur souhaita la bienvenue.
-Etes vous venus pour seulement honorer le dieu ou avez vous aussi une question à lui poser ? Parlez donc étranges créatures, ne soyez pas timides.
-Heu, ben oui. On est perdus et il faudrait qu'on sache comment revenir chez nous, expliqua Yoyo en tendant les fruits.
Sans dire mot, le vieil homme les prit, ouvrit avec un couteau les oranges, les figues, répandant les morceaux de fruits sur l'autel avant de brûler la peau d'une orange et deux amandes. Une fumée grisâtre monta s'échappant en spirale d'où s'échappaient des lambeaux de fumée. Puis la spirale se stabilisa dans l'air avant qu'un coup de vent ne l'emporte.
Le vieil homme avait observé avec beaucoup d'intérêt la scène et remua ensuite les cendres tout aussi attentivement et prit la parole :
-Vous êtes venus par le chemin des tourments, envoyés ici suite à une querelle. Vous ne pouvez repartir chez vous de sitôt, de nombreuses épreuves vous attendent avant, tout comme des découvertes.
Sachez de plus que si un jour vous repartiez, cela sera par le chemin des cieux, quand la lune le soleil et la terre seront en parfaite harmonie.
« Comme une éclipse, alors » , songea Doc.
Mais depuis que vous êtes arrivés en ces lieux, que vous le souhaitiez ou non, vous y êtes liés.
Tout comme vous êtes liés à cet endroit magique qui vous est si cher, continua le prêtre.
Ne restez pas seuls, n'oubliez pas que quelqu'un ici doit vous attendre. Telle est la parole du dieu Apollon, maintenant, partez et méditez sur sa réponse.
Merveilleux ! Cela signifiait donc qu'ils allaient être bloqués en ce royaume pendant encore un très bon moment ! Ca faisait vraiment plaisir à entendre tiens !
Il restait à espérer que le temps s'écoule au même rythme que quand ils partaient dans le monde de Simsala où au maximum une année équivalait juste à une nuit et une journée.
A espérer aussi que personne ne monte dans le grenier se rendant compte de leur absence, que des enfants déplorent que deux de leurs jouets avaient disparu, même si cela il y avait une chance sur cent pour que ça se passe.
Un autre lieu au cœur des Andes
Une petite hermine au pelage de neige vêtue d'une tunique nordique verte et jaune, avec une épée à la ceinture et chaussée de bottes en cuir brun observait le jeune inca.
Il fallait à présent qu'ils se mettent en route et ce dernier avait amené un lama pour porter les provisions. Sans crier gare, ce maudit animal cracha sur l'hermine.
« Quand les lamas se fâchent… »
« Oui, oui je sais ! Quand les lamas se fâchent, ils font toujours ainsi ! Ils crachent ! Ce ne sont plus des animaux mais des jets d'eaux ambulants ! Bon allons y, marmonna Brume, car tel était son nom.
Pour elle, rien de très surprenant à être seule. Aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle avait été choisie comme gardienne des mythes sur le globe entier et ainsi arpentait tous les pays.
Elle avait juste croisé quatre ou cinq fois un lézard ou une salamandre qui s'appelait Flamme. Mais elle ne l'avait jamais vraiment connu.
Du moins c'est ce qu'elle pensait réellement, ne se doutant pas que quelqu'un avait agi sur sa mémoire. Que plusieurs souvenirs lui avaient été ôtés ou modifiés, il restait tout de même la joie l'insouciance.
Mais son cœur lui, avait plus de mal à tout oublier. Sinon, pourquoi rêverait elle de temps en temps d'une inconnue aveugle ?
-Non mais vraiment, c'est n'importe quoi ! Comment peut on croire qu'un enfant tuera son propre grand père ? Et oser abandonner une femme avec son bébé, c'est lamentable ! Flamme ne pouvait s'empêcher d'être en colère devant la cruauté de cette homme sourd aux suppliques de sa fille et au pleurs du bébé.
Elle ne pouvait pas les laisser seuls ! par chance un cordage ave un nœud dépassait du coffre. Après l'avoir tâté, elle s'y accrocha alors que la fragile embarcation était poussée à la mer sans qu'on sache si elle arriverait ou non à bon port.
Ce que personne n'avait remarqué, c'est qu'un dauphin suivait ce cortège, ce même dauphin portait aussi deux étranges petits animaux sur son dos sans que ça ne le gêne.
De toutes façons, il faisait ce que Calliope la muse de l'écriture lui demandait.
Et après trois longs jours de traversée en mer, le coffre échoua sur une île. Les pleurs du bébé ne tardèrent pas à alerter des gardes et un noble. Par bonheur, celui ci décida d'adopter la jeune mère et le nourrisson.
Puis un vent et de la pluie se levèrent. Des phénomènes magiques pour faire avancer ceux dont on avait besoin dans le temps.
Ainsi sans qu'ils le sachent, Doc Croc, Yoyo et Flamme malgré eux se reverraient, ils avaient aussi fait un bond de quinze ans dans le futur.
Le petit bébé est devenu un courageux adolescent du nom de Persée, habile au maniement des armes, coulant des jours heureux. Il a même fait la connaissance de cet étrange lézard non voyant qui de temps en temps vient lui rendre visite. Tout serait dans le meilleur des mondes si le roi de l'île cessait de courtiser sa mère, ce qui ne plait pas du tout au jeune garçon.
La journée est déjà bien avancée, Persée et Danaé profitent de la douceur du jardin du palais, c'est alors que surgit le roi.
Tapis dans le feuillage d'un oranger, Yoyo et Doc écoutent l'échange, tout comme Flamme qui s'est dissimulée derrière le tronc d'un olivier.
-Quand donc me laisserez vous en paix, soupire Danaé, lasse des avances répétées de cet homme.
-Quand vous m'aurez fait l'illustre honneur de m'accorder votre main. A moins qu'un jour je ne puisse faire autre chose pour qu'enfin vous soyez une femme vraiment comblée, répond d'un détestable ton doucereux le roi. C'est alors que Persée intervient.
-Et si je vous donnais quelque chose de très précieux, quelque chose de formidable, accepteriez vous enfin de laisser ma mère en paix ? Un cadeau pour vous remercier de votre hospitalité et vous prouver que l'un comme l'autre vous auriez enfin raison d'être fier de moi.
« Je n'y crois pas, non mais il est devenu fou ou quoi ? » se demande la petite salamandre en se frappant la main sur le front. Si ça c'est pas être très stupide ou alors fou à lier…
De son côté le roi a un sourire calculateur, il n'aurait jamais pu rêver mieux ! Persée lui offre lui même l'occasion de se débarrasser de lui et sur un plateau d'argent en plus ! Les dieux semblent enfin être de son côté.
-Bien… Puisque tel est vraiment ton souhait Persée, je n'ai qu'un désir : ramène moi la tête de Méduse ! Peu importe le temps que ça prendra ramène là moi, tel est mon seul souhait.
-Noble roi, répond Persée. Il en sera fait selon vos désirs, je ne vous décevrai pas faîtes moi confiance.
Plus tard dans la soirée, une dispute éclate entre Persée et Danaé : éclats de voix, cris pleurs, supplications et bravades… Mais Persée veut absolument partir.
De leur côté, Doc et Yoyo ont réussi à retrouver la petite salamandre noire et jaune.
Cette dernière a un soupir d'agacement en les retrouvant une fois de plus.
Rien que de les voir aussi complices, se chamailler, comme deux grands amis la rend triste, jalouse et en colère, mais elle tente de réfréner ces sentiments malsains, ça ne mènera à rien.
-Je sais que je n'ai pas vraiment le choix, donc nous partirons demain tous ensemble. Par contre, je vous préviens : ce sera plus périlleux que la dernière fois.
-Qu'y aurait il de vraiment périlleux là dedans ? Il s'agit seulement de rapporter la tête d'une méduse, note Doc. Et par chance, dans ces mers chaudes, il y en a à foison, rien de plus simple !
Qu quoi ? qu'est ce que j'ai dit ? demande il devant le petit hmm méprisant de Flamme.
-Ce n'est pas la tête d'un animal que le roi veut, c'est la tête d'une créature nommée ainsi. Elle est dotée de terrifiants pouvoirs et on raconte que sa chevelure est faite de multiples serpents, elle est aussi très cruelle et nul ne sait où elle habite.
La réponse qu'elle leur donne les laisse un peu embêtés. Bah de toute façons, le danger ils le connaissent après toutes les aventures vécues dans le monde de Simsala.
-Au moins, je suis content de savoir qu'une fois de plus, on sera ensemble ! s'exclame Yoyo enthousiaste en donnant une tape amicale à la petite salamandre.
-Moi aussi, ça me fait plaisir. Tout comme de découvrir des choses que j'ignore et que tu connais, dit il à l'adresse de Flamme. Tu as vraiment l'air très intéressante : tu as une ouïe incroyable, tu joues bien de la lyre et tu sais semble il foule de choses.
Devant ce petit compliment, la salamandre noire et jaune rougit un peu. C'est bien la première fois que quelqu'un lui montre vraiment qu'il l'apprécie pour autre chose que ses services.
Dans son esprit, remonte le souvenir d'un songe.
Comme toujours il n'y a que du néant, aucune forme, aucune fumée, aucun personnage. Juste des voix comme d'habitude. Mais cette fois, la voix qu'elle entend est différente : elle est forte, porteuse de quelque chose de divin.
-Flamme, flamme ? Flamme ! Enfin, je peux te parler, toi dont j'ai eu écho, l'une des gardiennes des mythes qui a tenté de raisonner Arachné, les Danaides et qui fera probablement d'autres faits notables.
-Qui qui êtes vous ? Etes vous donc une déesse ? oui, sans aucun doute, ô grande déesse, je ne mérite pas vraiment que vous vous intéressiez à une créature aussi quelconque que moi, dit Flamme.
-Tu as raison et tort en même temps, jeune Flamme. Ecoute, Ecoute bien, car je suis Artémis celle que les chasseurs honorent, que la lune suit fidèlement ! Mais tu n'es pas insignifiante, loin de là.
Tout comme les deux étrangers que tu as rencontrés, poursuit Artémis.
Cependant, il est nécessaire que tu comprennes et que tu acceptes : tu dois te faire à avoir des compagnons de voyage dans tes quêtes. Tel est le choix de l'univers !
-Punissez moi si vous voulez pour mon insolence divine Artémis, jugez moi si vous le voulez mais comment osez vous dire ça ?! Comment ose on m'imposer pareille décision ?
Se délecte on donc de ma souffrance ? Non contents d'avoir brisé en éclats une amitié, vous seriez alors prêts à rejouer ce même jeu ?! Je m'y refuse, protesta violemment Flamme qui était cette fois en colère.
Une vague de fumée se souleva sous ses pieds la faisant tomber tandis qu'une autre la ramenait sur semble il un coussin. Chose inconcevable, malgré ces paroles, la déesse ne semblait guère en colère.
-Ton courroux est justifié, pauvre enfant. Mais ce n'est pas moi ni Zeus ou les dieux de l'Olympe qui avons ordonné ton sort.
Tout comme le passé ne se répète pas nécessairement. Le passé est passé, le présent reste à écrire et peut receler aussi des bonnes choses.
Accepte de faire confiance en ceux qui te veulent du bien, mon enfant. Tu ne trahiras pas ton amie en te remettant à nouveau à tisser des amitiés.
De plus ces deux malheureux, as tu songé à eux ? Ils sont perdus, loin de chez eux sans espoir de retour dans un monde qu'ils ne connaissent absolument pas… Sans rien ni personne, sauf toi peut être.
Vos trois destins sont étroitement liés, que tu aimes ou non la nature de ce lien, c'est ton droit mais ne nie pas les événements et apprends à vivre à leurs côtés.
-Comme si j'avais réellement le choix, marmonne Flamme dubitative.
-Si, si tu l'as ce choix. Celui d'agir en bien ou en mal, tout dépend de ce que te dicte ton cœur et si tu l'écouteras. Adieu, adieu jeune gardienne. Et la voix s'éteint la laissant seule.
Ce songe était un message divin, et elle l'avait compris. Donc même si cela lui pesait, elle essaierait de travailler avec cet exubérant Yoyo et l'insaisissable Doc Croc.
Pour l'heure, elle a besoin d'être un peu seule.
-Tu veux aller jouer de la musique, demande Yoyo une grappe de raisins à la main.
-Oui, ça me fera du bien, mais je ne serais pas longue, elle a un sourire légèrement figé voire triste.
Et si elle n'était pas mal élevée ? Si il y avait quelque chose d'autre ? Toujours est il que le petit aventurier ferait son possible pour qu'elle finisse par se sentir à l'aise et ne les évite plus ainsi.
En son for intérieur, Doc s'était fait exactement la même promesse.
A suivre.
Petit bonus : voici le lien de la mélodie que je mentionne.
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