Le retour du passé

Finalement, Persée avait réussi à mener à bien sa mission : il avait enfin tranché la tête de la gorgone et était prêt à la ramener. Mais ayant eu vent du sacrifice de la fille de Cassiopée, le demi dieu n'hésita pas une seule seconde : il sauverait la vie de cette pauvre innocente !
Persée s'élança sur la plage avec la tête de Méduse à la main, à la recherche du monstre sanguinaire qui habitait ces lieux.

Ce qui se passait ne semblait qu'à moitié normal aux yeux de Flamme. Si certes le sacrifice lui paraissait habituel, au contraire il semblait inimaginable que le monstre qui ait été lâché sur Androméde ait agi de sa volonté.

Toujours perdue dans ses pensées elle ne se réjouissait pas du fait que la belle soit enfin tirée d'affaire et que sa mission soit enfin accomplie. Non quelqu'un d'autre tirait les ficelles, quelqu'un qu'elle avait l'impression de connaître.

La petite salamandre dressa l'oreille percevant le bruit de pattes d'insectes avant de laisser ses compagnons. Pour parvenir vers la colonne d'un endroit tombant à demi en ruines.

-J'aurais du me douter que tu étais derrière tout cela Arashi ! Gronda elle à l'adresse d'un écureuil vêtu d'une cape vert un arc et des flèches dans le dos qui la toisait d'un regard méprisant.

-Tu devines bien, ça faisait longtemps dis moi, remarqua le nouvel arrivant. Tiens tu es toujours seule ? Bah, c'est bien la preuve qu'on se ressemble toi et moi que tu le veuilles ou non.

-Non, dit Flamme d'un ton froid fermement décidée à ne plus se laisser blesser par quiconque. Moi au moins je sais réfléchir, mais toi, malgré toutes les occasions, tu n'as toujours pas appris.

-Quel dommage que mon petit compagnon n'ait pas pu te faire un peu plus souffrir, soupira l'écureuil. Mais à ce moment précis, il évita une pierre lancée dans sa direction puis une seconde.

-Essaie de t'en prendre à elle et tu devras aussi nous affronter déclara bravement un nouvel arrivant.

Une espèce de bouffon présomptueux vite rejoint par une salamandre binoclarde... C'était vraiment trop drôle !

-Tu fais honneur à ton habit toi, lança Arashi à Yoyo. Mais croyez vous vraiment que je sois seul ? Voyez, mes amis ont absolument tenu à m'accompagner ajouta il tandis que de grandes fourmis commençaient à encercler le trio.

Alors que Yoyo ramassa un bout de bois et tenta de s'en servir comme d'une épée, l'une des fourmis cracha sur l'arme de fortune et la carbonisa en quelques secondes tandis que deux autres se glissaient derrière Flamme.

-Ne t'imagine pas que les choses vont durer. Ce n'est qu'illusion ma pauvre chérie et ni ta précieuse Brume ni eux ne te méritent. Oh oh ne me dis pas que je t'ai froissé, ce que tu peux être susceptible pire qu'une gamine ! Ajouta Arashi sur un ton doucereux rempli de fiel.

Pris au piège Yoyo et Doc regardaient d'un regard plus que furieux et meurtrier l'étranger et essayèrent de le faire taire. Mais Flamme leur intima le silence d'un geste de la main.

-Tes paroles me laissent de marbre, déclara Flamme en lançant un coup de pied aux deux fourmis géantes avant de s'avancer vers son ennemi d'un pas assuré. Cette fois elle rassemblerait toute sa volonté, son courage et ne se cacherait pas. Terminé la petite gardienne peureuse et gentille qui souffrait à cause des autres et du destin.

-Parce que toi, tu crois vraiment avoir autant de pouvoir que tu le souhaites ? Ne me fais pas rire, tu n'as que des sous fifres monstrueux à ta disposition. Mais tu es comme moi, sinon comment vas tu dans d'autres histoires ?

-Je te conseille de te... gronda l'écureuil en tendant son arc dans sa direction

-De me morfondre à cause de la solitude comme toi ? Ou de pleurnicher parce que mon travail a été un échec ? Oh tiens donc c'est encore ce qui s'est passé semble il ! Malgré toute ta puissance, tu ne seras jamais quelqu'un, JAMAIS, cracha la gardienne avec tout le mépris et la rage possible dont elle était capable. Tout en lui disant le fond de sa pensée, elle avait évité une attaque lâche et dangereuse de son ennemi. A présent elle lui tenait fermement la main avant de la repousser violemment. On entendit juste le bruit d'une arme tombée au sol.

-Moi au moins peut être suis je seule, mais j'ai eu des amis ! Et ils me donnent la force de continuer !

Il la contempla avec surprise : ce n'était plus vraiment la petite peureuse qu'il avait connu et qui n'aimait pas se battre. Qu'avait il bien pu se passer ? Mais elle était toujours aussi idiote pour agir sans trop réfléchir à ses yeux. Pourtant elle devenait… plus intéressante à observer. Il lui lança un coup de pied dans les jambes qui la fit tomber, claqua des doigts et à ce moment une cercle de flammes l'entoura.
-Je ne peux pas perdre plus de temps avec toi et des minables comme eux. Ce n'est que partie remise, Flamme mais sois sûre que nous nous retrouverons.
Aussitôt les flammes montèrent très haut dans le ciel avant d'exploser en une pluie d'étincelles.
-Est ce que tout va bien ? tu n'as pas mal ?
-Non, ça va, merci Doc. Flamme se releva en grimaçant un peu à cause du coup reçu. Et Persée et Andromède ?
-Partis au temple pour se marier et Persée a dit qu'il voulait absolument offrir à Athéna son bouclier ! Tu parles d'un beau cadeau s'exclama Yoyo. Au fait qui c'était cet affreux ?
-Arashi, notre pire ennemi à Brume et moi. Il semble servir les forces du mal et peut libérer n'importe quel monstre. Une fois il avait lancé un sphinx sur Thèbes !
-Charmante personne, commenta Doc.
Persée revînt peu de temps après pour les inviter aux festivités, étrangement cette fois ci aucun portail ne s'ouvrit, comme si le livre des mythes acceptait de leur offrir un répit.
L'invitation déclencha l'allégresse générale.


Alors que dans le palais les convives buvaient du vin dansaient et s'amusaient, que des plats de nourriture se vidaient rapidement, trois invités s'enfuirent pour se retrouver dans les jardins.
A cette heure ci, ils étaient déserts et les étoiles avaient commencé à se lever. La pleine lune offrait un peu de clarté.
Le trio s'arrêta près d'une fontaine avec des bancs et des rosiers derrière. Yoyo engloutit un dernier gâteau au miel tout en regardant avec amusement Flamme et Doc qui s'étaient assis sur le même banc. Ca lui donnait une idée !
-Ces fêtes sont fastueuses et très belles mais ils manquent d'imagination ! Que diriez vous de jouer à « Action ou Vérité » ? Allez quoi ajouta il devant le regard réprobateur de son meilleur ami, je parie que Flamme n'y a jamais joué.
-Non en effet, avoua la petite gardienne. C'est quoi le but, demanda elle curieuse.
-C'est pas dur, tu dois demander à quelqu'un de choisir entre l'action et la vérité ! et tu peux lui demander ce que tu veux ! Si il refuse, il a un gage ! voilà, résuma Yoyo avec un sourire éclatant.
-Ca a l'air drôle en effet, je veux bien jouer.
-Flamme ! Oh nooon, soupira Doc. Vous n'avez vraiment rien trouvé de mieux que ce genre de jeux stupides pour passer le temps ?
-Je suis sûre qu'on va bien rire au contraire, argumenta la salamandre intéressée et désireuse d'essayer tout de suite. Yoyo, tu commences ?
-Très bien, alors je choisis…. Doc ! Action ou vérité.
Le lézard réfléchit rapidement, certaines vérités n'étaient pas toutes bonnes à dire c'est pourquoi il opta pour l'action.
-Tu dois faire un bisou à Flamme ! s'écria Yoyo avec malice. Ca leur donnerait un coup de pouce au moins !
-Si c'est une blague, je ne trouve pas ça drôle du tout ! Vraiment pas !
-Tu penses que tu es plus fort pour résoudre des théorèmes et faire des recherches que pour donner un simple petit bisou, le taquina le bouffon. Tu me surprends tu sais !
Croc fusilla son ami du regard, ah il allait lui payer cette farce de mauvais goût ca c'est certain ! Il regarda son amie qui ne s'était pas outrée devant l'annonce. Bon après tout ce n'était qu'un bisou rien de plus, une marque d'affection.
Croc prit son inspiration, passa une main sur l'épaule de Flamme et déposa délicatement un baiser sur sa joue. La salamandre eût un adorable sourire et lui rendit son baiser.
-Bon et bien… Flamme, action ou vérité ?
-Vérité.
-Quelle a été la mission où tu t'es le plus amusée ?
-Quand on a rencontré le roi Midas. J'ai jamais vu quelqu'un d'aussi idiot et borné. Il n'a même pas réfléchi quand il voulait tout changer en or. Finalement ses oreilles d'âne lui allaient bien, dommage qu'il n'aime pas les chardons, il était si têtu !
Tous trois se mirent à rire devant cette comparaison. Puis Flamme donna un léger coup de pied à Doc pour lui faire comprendre qu'ils allaient lui rendre la monnaie de sa pièce. Croc d'ailleurs ne se priva pas pour demander à son meilleur ami de faire le tour de la fontaine en marchant sur les mains.
Yoyo s'amusa tellement qu'il n'eût pas envie de trouver autre chose.
Ce fût à nouveau au tour de Flamme de lui demander de choisir entre action et vérité. Il choisit vérité, après tout les grands aventuriers cherchent souvent la vérité, c'était bien connu.
-Avant de connaître Croc, as tu déjà eu un meilleur ami ?
La question de Flamme changea immédiatement l'atmosphère. Le petit bouffon étonné de cette demande se sentit mal à l'aise.
-Alors ? demandèrent ses compagnons escomptant une réponse. D'autant plus que c'était l'occasion idéale pour mieux se connaître les uns les autres.
-Oui, répondit après un long moment Yoyo. Il s'appelait Liam et, c'était plus qu'un meilleur ami pour moi. C'était… Comme un frère. En esprit, il se revit courir aux côtés d'un chaton blanc et roux de son âge et d'un autre chaton noir et blanc. Tous les trois se poursuivaient dans une prairie et s'amusaient comme des petits fous.
Devant cette réponse, Doc et Flamme devinrent à nouveau sérieux et se turent pour ne pas interrompre le récit que le petit bouffon allait commencer.
« Je l' ai connu depuis que je suis tout petit, lui et sa famille. Il avait une sœur Amber. Et ses parents étaient les plus gentils que j'ai jamais connus, même si ils étaient exigeants et intransigeants. On allait tout le temps de ville en village, de village en ville montrer nos tours. »
-Attends, l'interrompit Doc particulièrement surpris. Ca signifie que, que tu n'as jamais connu tes parents ?
-Non en effet. Ils m'ont abandonné au pied d'une maison, peu après ma naissance avec une lettre. Ils avaient écrit qu'ils étaient trop pauvres avaient déjà beaucoup d'enfants à nourrir et ne pouvaient pas me garder. Etonnamment, Yoyo ne semblait pas plus que ça attristé par ce qui lui était arrivé.
Ils m'ont recueilli et m'ont élevé comme si j'étais leur propre enfant, même si j'étais tombé au beau milieu d'une famille de chats. Ils faisaient partie d'un petit groupe de bateleurs…
Liam était blanc et noir et c'est la personne la plus agile et la plus douée pour les bêtises que j'ai jamais connu. Quant à Amber, elle était blanche et rousse et elle n'avait pas son pareil pour réciter de très beaux textes ou faire des tours de magie, surtout avec les foulards, soupira il rêveur.
Nous dressions toujours une tente quand on s'arrêtait quelque part, et dans notre chariot il y avait juste le strict minimum et notre matériel d'artistes. C'est comme ça que j'ai appris à jongler, à faire le clown, à faire des sauts périlleux ou la roue.
C'était vraiment merveilleux, continua il des étoiles dans les yeux. Bien sûr on ne réussissait pas toujours à attirer du monde, des fois on était chassés mais au moins on était ensemble et tous très heureux. Comme une vraie famille, finalement ce n'est pas le sang qui compte c'est l'attachement qu'on a pour les autres qui est le plus important et de savoir s'accepter avec ses défauts et ses qualités.
Voilà qui expliquait beaucoup de choses sur la tendance malicieuse et gamine de son partenaire et aussi meilleur ami. Quoi de plus logique après des années sur la route et participé à d'innombrables spectacles. Croc resta à nouveau silencieux, il ne s'était jamais trop engagé à discuter de leurs passés respectifs à tous les deux. Ils se connaissaient, ils s'appréciaient avaient une absolue confiance l'un en l'autre c'est tout ce qui comptait. Le passé, avait on vraiment besoin de l'étaler si il était douloureux ou qu'on avait une nouvelle vie ?
Tout en ne quittant pas des yeux la fontaine afin de dissimuler sa gêne devant ces confidences si intimes, Croc se demanda si il devait ou non poser la question qui lui brûlait les lèvres : « pourquoi les avoir quittés si il était si heureux avec eux ? »
-Mais malheureusement, la vie réserve souvent de mauvaises surprises. Des surprises qui feront changer vos vies du tout au tout.
Un soir nous étions arrivés dans un château fantastique, on nous avait convié pour cinq jours de fêtes payés dix pièces d'or, une véritable petite fortune. Alors on a accepté sans se poser de questions, très grossière erreur. Il y avait un traficant malhonnête qui n'avait aucun scrupule à détourner les richesses, étant devenu assez riche, il a cherché un coupable pour brouiller les pistes.
C'est ainsi que sans qu'on s'en rende compte, il a caché des pièces et des pierres précieuses dans nos affaires et nous a dénoncés au châtelain. Ce dernier était fou de rage, n'a rien voulu entendre et nous a fait enfermer au cachot. Moi, j'ai réussi à m'évader, je ne voulais pas mais Liam et sa mère m'ont forcé à partir car sinon… je partagerai leur sort.
Au prix de nombreux efforts j'ai essayé de retrouver cet infâme abject horrible type ! Sans succès. Quant à mes amis… j'ai appris plus tard que l'ordre avait été donné de les pendre. Voilà.
son regard se voilà immédiatement de tristesse, la nuit donna l'impression d'être encore plus froide que d'habitude.
Jamais je n'ai été aussi triste que ça, j'avais tout perdu, j'avais vraiment envie de mourir. Au début, j'essayai de gagner ma vie avec quelques tours mais ça ne marchait pas. Alors la mort dans l'âme je me suis mis à travailler dans des ports et à essayer de trouver un travail de mousse.
Voilà vous savez tous, acheva Yoyo qui semblé écrasé par le poids de la tristesse. Maintenant, excusez moi, mais je vous laisse, je suis éreinté.
-A attends tu veux peut être que je t'accompagne demanda précipitamment Croc très inquiet après ce qu'il venait d'apprendre.
-Non, c'est gentil mais je veux être seul. Laisse moi tranquille, doc, le rabroua yoyo en arrachant son bras de la main du lézard rouge et rose. Et ne me regarde pas avec cet air affligé, c'est moi qui ai choisi de tout vous raconter.
Flamme, continua il à l'adresse de la salamandre tout aussi mal à l'aise. Je ne t'en veux pas, tu n'as rien fait de mal avec ta question. De toutes façons si je n'avais pas eu envie de vous en parler, je vous aurai seulement donné le nom de mon meilleur ami ou dit oui, point final.
Bonne nuit, acheva il en les laissant interdits devant ces révélations.

Une longue nuit de sommeil serait la bienvenue après toutes ces péripéties. Plutôt bien de pouvoir enfin dormir dans une belle chambre avec un grand lit moelleux.
Morphée ne fût pas long pour étreindre de ses bras bienveillants le gardien des contes qui rêva pour la première fois du passé.


Le chemin était long et boueux, bordé par des collines et des montagnes, mais il n'avait aucune hésitation à le suivre. Quelque chose lui disait qu'une fois arrivé à destination il aurait les réponses à ses questions et surtout la chance inouïe de revoir des personnes chères à son cœur.
Effectivement, on racontait beaucoup de rumeurs sur le lac Haldanorn, des histoires terrifiantes qui en décourageaient beaucoup. Car non seulement on prétendait le lac hanté, mais aussi mortel pour quiconque essayait d'y mettre une main ou un pied. Autour, il n' y avait pas un brin d'herbe, pas une fleur, pas un oiseau.
Seul restait près du lac le squelette d'un chêne mort depuis des lustres et des pierres de granit d'un brun quelque peu doré.
Yoyo observa la surface du lac pour le moment tranquille sous la lune décroissante et les étoiles qui commençaient à parsemer le ciel.
Il se contenta de s'approcher de la surface de l'eau tendant une main vers le lac, espérant silencieusement que ce soit le bon endroit car la peur le paralysait presque.
Puis lentement, des remous se manifestèrent vers la berge et l'eau s'agita voletant en furieuses goutelettes et de ses profondeurs, une boule de lumière. De ces profondeurs et cette lumière sortit une silhouette.
Une silhouette que le petit bouffon aurait reconnu entre mille, Liam !
Bien que translucide et faîte d'eau et d'écume, le chat venu de l'au delà se tourna vers la rive.
-Il y a donc encore quelqu'un pour se souvenir de moi, malgré tout ce temps.
-Bien sûr, je ne vous ai jamais oublié ! Comment aurais je pu faire une chose pareille ? Tu étais mon frère !
L'ombre pointa sur lui un doigt presque menaçant.
-C'était le passé Yoyo, une époque maintenant révolue. La vie est cyclique et le temps efface bien des choses, y compris les souvenirs. Mais ne te sens pas entravé par le passé, car à présent, je suis complet.
-Si cela était possible, j'aurais tant aimé vous rendre la même liberté qu'à moi. Mais je n'ai hélas pas même en grand aventurier le pouvoir de plier à ma guise la fatalité, soupira tristement Yoyo.
Vous me manquez tous toujours. Te souviens tu du jour où s'était cachés dans un arbre creux ? Et de celui où on avait pris un bain forcé après avoir joué près d'une fontaine ?
-Je m'en souviens parfaitement, répondit le chat transparent.
Sans crier gare des bulles montèrent à la suface libérant une quantité incroyable de souvenirs enfouis si profondément.
Yoyo se revit enfant apprenant à jongler et commencer une bataille à coup de balles avec Liam, des fous rires sous la couette alors qu'ils étaient censés dormir tous les trois, des applaudissements, une tente qu'on démontait. Puis le lac revînt dans son champ de vision. Une amertume qu'il avait déjà éprouvée se répandit peu à peu dans ses veines.
-J'aurais tant voulu rester avec toi, avec vous ! Et je ne veux pas revivre tout ça, assez !
Pourquoi remuer un passé qu'il avait été si dur d'enterrer ? Sans comprendre pourquoi, il se revit enfant dans un bourg avec Liam non loin d'une place de marché.
-Liam, tu es mon frére mon meilleur ami !
-Toi aussi, s'écria le petit chat qui tendit sa main tout euphorique par ce bon moment. Entre nous c'est à la vie à la mort. Tu seras mon meilleur meilleur ami pour toujours, à la vie à la mort !
-Oui, s'écria le petit chien bleu surexcité. J'aurais jamais d'autre meilleur ami que vous deux, jamais c'est promis ! Et on restera toujours ensemble !
Et après quand vous avez disparu, j'ai perdu le goût de la vie, j'étais si triste et en colère… Les choses ont pris un autre tournant…
Ma vie d'aventurier et de grands chemins était terminée, il y avait une seconde chance une autre vie qui s'offrait à moi… Celle de gardiens de contes.
Vous savez, je détestai vraiment la personne que j'ai rencontrée et avec qui je devrais apprendre à travailler. J'aurai souhaité qu'elle disparaisse, qu'elle parte ! Elle n'était pas drôle, même ennuyeuse et prétentieuse avec ses connaissances. Et surtout, surtout je n'aurai jamais d'autre meilleur ami que toi.
Il était hors de question qu'un inconnu te vole ta place ! On m'avait déjà ôté ta présence, c'était déjà bien assez ! Alors personne ne te remplacerai jamais, jamais !
Pourtant, continua il face à l'ombre qui l'écoutait attentivement, on a fini par s'apprécier, avoir de la complicité. J'ai trahi ma promesse, et je t'avais presque oublié ! hurla Yoyo atterré par ce qui finalement s'était crée. Cette fois, il n'y avait aucun doute, Liam ne le verrait plus jamais de la sorte.
Assez.
Des gouttes volèrent un peu partout tandis que la silhouette s'approcha du seul être vivant jusqu'à le frôler.
-Tout au long de sa vie une personne voit de nombreux êtres aimés le quitter plus ou moins tard. Il en est allé ainsi pour moi et pour toi, il en est de même pour les autres. La vie est faite de perpétuelles rencontres, de bonjour et d'au revoir.
Même si nous ne sommes plus dans le même monde, nous sommes toujours autant liés, par la puissance de nos souvenirs et de notre affection.
Je suis toujours ainsi qu'Amber et nos parents dans ton cœur, Yoyo mon frère. Ecoute ton cœur et laisse le te guider. Tant que quelqu'un se souvient, on est toujours avec lui.
Je ne t'en veux pas.
Non je ne t'en veux pas, répéta le chat fantôme à son ami. Tu ne pouvais pas te morfondre éternellement, c'est mieux si tu as repris le goût de la vie, le bonheur dans tes mains que si tu étais resté inconsolable et fermé à tout même si tu as agi de la sorte par affection pour moi.
-Merci, souffla le petit bouffon en pleurs alors que le lac fût secoué de vaguelettes aveuglantes.
-Regarde à tes pieds. Une petite pierre verte translucide plate et de forme ronde était à présent sur le sol.
Tant que tu l'auras avec moi, nous ne serons jamais loin l'un de l'autre. Elle te protégera. A présent, je dois repartir, le répit que m'avait offert le lac se termine. Dors en paix, acheva il avec un sourire incroyablement chaleureux.
-ATTENNNDS ! Mais il était trop tard, et déjà la silhouette disparût dans les profondeurs du lac, alors qu'il ramassait la pierre un vent se leva. Deux secondes plus tard, il se retrouva aux côté de Liam et Amber, incrédule au début il se rendit compte qu'ils étaient bien en chair. Une chamaillerie aurait pu débuter mais une chatte d'une incroyable beauté se pencha vers eux pour leur faire un câlin et leur chanter une chanson comme tous les soirs avant de dormir.
Don't lose your way

with each passing day

You've come so far

Don't throw it away

Live believing

Dreams are for weaving

Wonders are waiting to start

Live your story

Faith, hope and glory

Hold to the truth in your heart

If we hold on together

I know our dreams will never die

Dreams see us through to forever

Where clouds roll by, for you and I

Souls in the wind

Must learn how to bend

Seek out a star

Hold on to the end

Valley...Mountain

There is a fountain

Washes our tears all away

Words are swaying

Someone is praying

Please let us come home to stay
La voix était si belle, si douce et rassurante… C'était quelque chose qu'il n'avait pas oublié et qui lui procurait toujours la même sérénité et joie. Alors que la mélodie résonnait, il se sentit apaisé et basculer dans le sommeil.


Les rayons du soleil lui chatouillèrent les yeux. La pièce était toujours la même : une chambre de palais et un lit moelleux. Près de l'oreiller, reposait quelque chose qui n'y était pas le soir précédent : une petite pierre verte ronde translucide. Etait ce finalement juste un rêve ?
A ce moment précis, alors que Doc et Flamme le rejoignirent pour un bon petit déjeuner, ils se retrouvèrent projetés dans un nouveau mythe.

Du sable et des dunes à perte de vue, ah non, il y avait une oasis avec des dattiers et un petit point d'eau, des chameaux. Un peu plus loin, on apercevait une ville avec un grand portail et un palais.
La chaleur était encore plus forte qu'en Gréce.
-Nous sommes en Egypte ?
-Bravo, bien deviné, Flamme ! T'es impressionnante tu sais, s'exclama Yoyo. Ouah ça donne envie de faire des trous et des châteaux !
-Ah oui, et comment comptes tu trouver des algues ou des coquillages ? En plus regarde moi ça, rouspéta Doc. Ce sable est bien trop sec et ne tiendrait pas ! Qu'est ce que je disais ?
Effectivement le sable qu'avait essayé de regrouper le petit bouffon se dispersa.
Flamme essaya de faire comme si elle n'avait rien entendue, déçue de ne pas pouvoir partager ce plaisir avec Brume.
Je me demande bien ce qui nous attend ici cette fois, se demanda elle d'un ton un peu mélancolique.
A cet instant, une femme somptueusement habillée et portant un sac fit son apparition avant de s'adresser à ces bizarres créatures.
-Bonjour. Que la paix soit sur vous petits êtres amusants. Avez vous vu un morceau de corps quelque part ?
-Ha non, désolé, aucune main aucun pied ou autre chose, et tant mieux ! J'espère qu'i pas d'ogres ou que…. Doc laissa sa phrase en suspens pour éviter de blesser la femme.
-Quel dommage, merci, soupira elle en reprenant sa route.
-Attendez ! s'écria Flamme. Quelqu'un aurait il blessé vos enfants ?
La déesse se tourna vers eux à nouveau avant de répondre lentement :
-Non, moi Isis cherche mon bien aîmé Osiris. Par une ruse abjecte et vile, Seth a découpé en quatorze morceaux son corps. Mais si il croit que ça m ' arrêtera, il se trompe ! Dussé je remonter le Nil, soulever grain de sable après grain de sable, je retrouverai Osiris et lui rendrai la vie !
-Alors vous ne serez pas seule dame Isis, nous vous accompagnerons, promirent Doc Flamme et Yoyo.
-Combien de morceaux avez vous déjà retrouvé ? demanda Flamme avec intérêt.
-Sept, répondit la déesse en sortant de son sac une boîte visiblement magique. A présent, hâtons nous et remercions Râ de sa lumière !
En voilà une nouvelle mission périlleuse et difficile !
Par chance, une odeur désagréable leur monta aux narines. Il devait y avoir un morceau à proximité. Les faits leur donnèrent raison et avec la chaleur, du sang avait séché sur le sable

Pour ne rien arranger, un peu plus loin des vautours faisaient du bruit en se disputant.

-On devrait essayer d'aller voir si il y a un autre morceau, suggéra Yoyo.

Ca semblait très improbable, mais pourquoi pas? Il tendit à Flamme son sac que cette dernière mit sur son épaule avec espoir.

-Allons y alors.

Mais en arrivant au pied du dattier, ce fût une amère désillusion: ce n'était que le corps d'un enfant d'à peine six ans qui avait été abandonné là avec d'énormes boutons un peu partout sur le corps.

"Laisse moi mourir seule!"

"Non, je ne peux pas, je ne peux pas te laisser!"

"Mais tu m'as déjà laissée sinon je ne serais pas malade"

Doc s'était retrouvé au même âge que ce triste défunt. pas loin de lui un autre petit lézard le regardait avec tristesse peur et incompréhension.

-Ne me quitte pas s'il te plait.

-Ne dis pas de bêtises Amira! Tiens bois un peu plus.

Comment te sens tu?

-Un peu mieux enfin je crois. Dis ça va me guérir? demanda elle en observant le jus d'orange.

-Oui, c'est un jus magique, répondit il d'un ton rassurant. Et bientôt on rejouera ensemble, je te le promets.

Puis la scéne s'évapora, il se retrouva près d'elle son corps inerte. Et sa voix qui retentit dans un silence de mort.

-Je ne t'aimerai plus jamais! Tu n'es qu'un menteur! Tu m'as dit que je guérirai, que ça irait mieux.

J'ai essayé.

-Tais toi, laisse moi. De toutes façons là où je vais je ne te reverrai jamais. Adieu.

Amirrrraaaaa, noooon!

Croc revînt rapidement à la réalité, détourna les yeux du cadavre et s'agenouilla dans le sable.

Ses deux amis avaient compris ce qu'ils avaient à faire et l'aidèrent à creuser la tombe.

Alors qu'il remettait des poignées de sable et cherchait des pierres, il sentit une main sur son épaule.

-Ne sois pas aussi tourmenté. Tu n'es pour rien dans ce qui s'est passé, lui dit Flamme d'une voix douce et apaisante. Cet enfant nous dirait merci.
Le passé était revenu en un éclair.

En voyant la petite salamandre, il eût soudain un écho de tout ce qu'il avait depuis longtemps oublié. Pour tromper sa tristesse, il se mit à la recherche de pierres assez lourdes.

Pourquoi, oui pourquoi le passé revenait et deux images: passé et présent se superposaient elles?
Doc détourna le regard et marmonna un « oui surement »

A suivre.