Trois mois après son accouchement, Connie était prête à reprendre le travail. Mike et elle avaient décidé conjointement qu'il serait préférable de prolonger de quelques semaines le congé maternité. Une part d'elle était enchantée à l'idée d'enfin retravailler et de retrouver la stimulation de son métier même si une autre part d'elle appréhendait la séparation avec son fils. Alors qu'elle était confortablement installée dans le fauteuil à bascule de sa chambre pour le nourrir, elle ferma les yeux et repensa aux premiers jours de Gabriel à la maison…
Dès les premiers jours Mike avait été d'une aide précieuse, prenant son nouveau rôle de père très au sérieux. Il participait à toutes les tâches, des plus agréables comme le bain aux plus désagréables comme le changement des couches. Il aimait observer sa femme donner le sein à leur fils et partager ce moment si intime. Chaque soir il aimait lui lire quelques pages d'une histoire, le livre dans une main et Gabriel niché dans le creux de son autre bras.
En observant attentivement leur fils, Mike et Connie avaient essayé de repérer en lui les traits physiques de chacun d'eux. Et Connie devait le reconnaître, Gabriel était le portrait craché de son père…
Lorsque Jack était venu les féliciter, Mike et Connie n'avaient pu s'empêcher de noter l'émotion sincère que leur ami ressentait alors qu'il tenait dans ses bras ce tout petit bout d'homme.
- Eh bien mes amis, je dois dire que vous avez fait du beau travail. Votre fils est magnifique. Dieu vous garde Connie, si en plus du physique de Mike, Gabriel a hérité de son caractère…
Alors que Connie éclata de rire, Mike rougit.
- Jack, nous voulions vous demander quelque chose. Vous comptez énormément pour nous et nous voudrions savoir si vous accepteriez de devenir le parrain de Gabriel.
Jack les avait regardé tous les deux, rempli de fierté.
- J'en serais très honoré.
A ce moment-là, Gabriel commença à s'étirer et à émettre quelques sons signifiant qu'il avait faim. Jack repassa l'enfant à Connie, qui se dirigea vers la chambre pour l'allaiter.
Les parents de Mike étaient également venus, ensemble. Incertain de la réaction de Mike à son égard, Bill avait préféré attendre quelques jours que la nouvelle famille trouve ses repères et que Connie se repose avant de rencontrer son premier petit-fils. Mais si Connie l'avait accueilli chaleureusement, Mike l'avait froidement remercié après ses félicitations et s'était montré nerveux lorsqu'il avait pris Gabriel dans ses bras.
Un pas en avant, deux pas en arrière, avait alors pensé Bill.
Environ deux mois après la naissance de Gabriel, lorsqu'elle s'était réveillée après une sieste plus que nécessaire, Connie avait surpris Mike, leur fils dans les bras, en train de lui lire doucement une histoire. Ne voulant pas les interrompre, elle était restée là, dans l'encadrement de la porte, à les admirer, un large sourire éclairant son visage.
- Je pense que je ne me lasserai jamais de vous voir tous les deux.
Mike avait relevé la tête et rendu son sourire.
- Excuse-moi, je voulais profiter du fait qu'il soit éveillé et surtout je voulais te laisser te reposer.
- Tu n'as pas besoin de t'excuser, Mike. Je crois qu'il adore t'écouter. Tu pourrais lui dire le Code Pénal qu'il serait tout autant attentif.
- Hum je pense que ce serait un bon moyen de l'endormir. N'est-ce pas mon pote ? Tu sais, Connie, quand Gabriel est né, j'ai ressenti tellement d'amour en moi, pour lui, pour toi. Vous représentez tout pour moi et je sais que je serai prêt à tout et n'importe quoi pour vous.
- Oh Mike… Ce sentiment je le ressens également. Je crois maintenant savoir pourquoi tu étais si distant avec ton père le jour où il est venu après la naissance de Gabriel…
- Je suis désolé… Je n'arrive toujours pas à le comprendre et à lui pardonner.
Connie se rapprocha d'eux et passa tendrement la main dans les cheveux de son mari, et resta quelques instants encore avant de sortir de la chambre. Elle n'y revint que quelques minutes plus tard et tendit un petit biberon à Mike.
- Tiens Papa, je pense qu'il est temps pour toi d'essayer de nourrir Gabriel. Il faut qu'il s'habitue à autre chose que mon sein comme je vais bientôt reprendre le travail...
Mike était resté quelques secondes bouche bée avant de s'en saisir.
- Tu… tu es sûre que ce n'est pas trop tôt ? Il va savoir que je ne suis pas toi.
- Non, ne t'inquiète pas. J'ai déjà testé cette semaine de remplacer deux ou trois allaitements par des biberons. Il l'accepte bien.
Il suivit avec beaucoup d'application les indications de sa femme et s'émerveilla de cette grande première. Son regard, rempli d'amour, faisait des va et vient entre sa femme et son fils. Connie en profita pour immortaliser la scène avec son téléphone et l'envoyer à son mari.
- Qui aurait pensé voir un jour l'EADA Michael Cutter, connu pour son manque de pitié lors de ses débuts auprès du DA, donner le biberon à son fils ?
- Tout le monde change, Connie…
Elle envoya la photo de son mari en train de donner le biberon à son fils à Susan, et sachant que Mike ne prendrait pas l'initiative de le faire, à Bill également…
Connie rebascula dans le présent alors qu'un sourire nostalgique s'affichait sur son visage. Aujourd'hui, il ne lui restait encore qu'un ou deux kilos de grossesse à perdre et elle était fière de pouvoir enfin entrer de nouveau dans ses anciens vêtements. Quelques séances de fitness et de course à pied serraient encore nécessaires mais surtout elle se sentait de nouveau prête à avoir des relations sexuelles avec son mari. Ces moments de tendresse partagés avec Mike lui manquaient et elle savait qu'il était impatient lui aussi. Ses menstruations n'avaient pas encore repris mais elle savait que cela arriverait rapidement, tout comme une certaine autre discussion…
Alors ce vendredi Mike et elle avaient décidé de confier Gabriel aux parents de Connie et de ne le récupérer qu'en fin de soirée, à la fois pour tester sa propre réaction à l'absence de son fils, pour que ses parents prennent leurs marques avec leur petit-fils puisque dès le lundi suivant ils seraient chargés de sa garde quand Mike et Connie iraient travailler mais également pour permettre aux époux de s'offrir leur première soirée en tête à tête depuis la naissance de leur fils. Voulant s'occuper l'esprit et s'empêcher de téléphoner toutes les cinq minutes à sa mère afin de s'assurer que tout allait bien pour Gabriel, Connie avait pris rendez-vous chez le coiffeur puis chez l'esthéticienne avant de s'offrir quelques moments de shopping qui, elle en était certaine, raviraient Mike au plus haut point. Elle fit également quelques courses alimentaires et passa l'après-midi à cuisiner, anticipant les repas de la semaine qui allait suivre. En fin d'après-midi elle reçut un message de Mike lui annonçant son empressement de rentrer à la maison. Il ne lui restait donc plus que 30 minutes environ pour se préparer. Après une rapide douche, elle enfila la lingerie achetée le matin même et qu'elle s'était dépêchée de laver. Elle opta pour la robe rouge qu'elle portait lorsque Mike l'avait demandé en mariage à Paris, ravie que ses kilos de grossesse ne soient pas un problème. Elle mit un léger rouge à lèvre, du mascara et pour la première fois depuis plusieurs semaines se parfuma. Elle se regarda dans le miroir, satisfaite du résultat. Elle était encore dans la chambre lorsqu'elle entendit Mike ouvrir la porte d'entrée…
Les lumières étaient tamisées et la table du salon était joliment dressée. Mike leva les yeux lorsqu'il entendit sa femme descendre les escaliers pour le rejoindre et cacha le bouquet de roses dans son dos. Une nouvelle fois sa respiration fut coupée lorsqu'il aperçut sa femme avancer vers lui dans cette robe rouge.
- Mon dieu Connie, tu es absolument superbe…
Connie lui sourit et ses yeux s'éclairèrent lorsqu'il lui tendit le bouquet.
- Oh Mike, elles sont magnifiques ! Merci.
Connie déposa le bouquet sur la table avant d'enlacer son mari et de l'embrasser langoureusement.
- C'est moi ton repas ce soir ?
- Non… Tu es juste le dessert.
- Cela a toujours été ma partie préférée du repas, répondit malicieusement Mike au sous-entendu de sa femme.
Ils s'installèrent à table pour savourer ce dîner romantique.
- Alors comment as-tu vécu cette journée ?
Connie savait évidemment à quoi Mike faisait référence.
- Etrangement bien, mentit-elle. C'était difficile ce matin mais après je me suis habituée…
- Combien de messages ?
- Pardon ?
- Combien de messages as-tu envoyé à ta mère pour t'assurer que Gabriel allait bien ? répéta Mike en riant.
- Seulement deux… mentit de nouveau Connie.
Mike arqua un sourcil.
- Tu te souviens que je suis procureur et que je sais reconnaître quand les gens mentent…
- Ok, bien. 8 peut-être 9…
- 9 messages ?
- Bon tu as gagné, 12 ! … Et j'ai dû appeler quelques fois aussi…
- Connie ! Mike riait de bon cœur.
- Très cher, dois-je vous rappeler que vous-même lorsque vous avez repris le travail, m'avez appelé 3 fois… au moins ?
- Hey ! Ce n'est pas juste ! Toi tu pouvais rester avec lui… Tu veux que l'on appelle tes parents pour s'assurer que tout va bien ?
- Non Mike, ma mère m'a envoyé un message quelques minutes avant que tu ne rentres. Gabriel va très bien. La journée s'est bien passée et de toute manière on doit le récupérer dans quelques heures.
Connie tendit son téléphone à Mike. Accompagnant le message, il y avait une photo de leur bébé visiblement heureux de prendre son bain. Le reste du repas se déroula agréablement bien, les deux époux étaient ravis de pouvoir profiter l'un de l'autre, pour la première fois depuis la naissance de Gabriel. Quand tout avait été rangé et nettoyé, Connie s'était rapprochée sensuellement de son mari…
- Tu es prêt pour le deuxième dessert ?
Mike, le regard brûlant de désir, embrassa passionnément sa femme.
- Et on aura le droit de se resservir ?
- Huuuuum Mike… Il faut qu'on parle avant.
Mike s'arrêta et regarda sa femme d'un air interrogateur.
- Même si mes menstruations n'ont pas encore repris, j'ovule de nouveau. Nous devons reprendre nos précautions si nous ne voulons pas que je retombe enceinte…
- Je crois que c'est la conversation la plus romantique que nous ayons jamais eu… Plus sérieusement, je dois t'avouer que je ne me suis pas posé la question… Je veux dire, on vient d'avoir Gabriel…
- Je sais Mike... A un moment, j'ai bien cru ne jamais pouvoir tomber enceinte alors avoir notre fils… Je suis heureuse comme ça Mike, pour l'instant…
- Je sais que tu rêves d'une famille nombreuse. Et quand je te vois avec tes frères et sœurs et tous leurs enfants, je veux qu'on ait cela aussi, que Gabriel ait cela aussi. Mais nous pouvons attendre…
Connie sentit les larmes envahir ses yeux lorsque Mike avait parlé d'agrandir leur famille.
- Merci... Je n'ai pas encore repris le travail et je veux qu'on puisse profiter de notre fils, de notre vie, juste tous les trois.
- Nous reprenons la pilule alors ?
- Nous ?
Tous les deux se souvenaient parfaitement de la discussion qu'ils avaient eu après leur lune de miel et éclatèrent de rire avant que Connie n'entraîne son mari vers leur chambre…
Connie retrouva avec plaisir la sensation des caresses de Mike sur son corps, des frissons qui la parcouraient à ce moment-là ainsi que de ses longs baisers irrésistibles.
- Tu es encore plus belle qu'avant…
- Flatteur !
- Non je t'assure, tu as un truc en plus…
- Embrasse-moi idiot !
Lentement Mike avait ouvert sa robe et l'avait laissé tomber à ses pieds, révélant ainsi la fine lingerie en dentelle noire.
- Dieu, Connie… Tu es à couper le souffle.
- Hum hum…
Tout en embrassant son mari, Connie l'aida à déboutonner sa chemise et à défaire le reste de ses vêtements. Mike bascula sa femme sur leur lit avant de prendre tout son temps pour redécouvrir chaque centimètre de sa peau…
Après, la tête de Connie reposant sur son torse, un large sourire aux lèvres, Mike lui caressait le dos.
- Merci Mike…
- Pourquoi ?
- Pour me faire sentir de nouveau être une femme… Depuis que Gabriel est né, j'ai l'impression de n'être qu'une mère, entre le fait de m'occuper de lui, tirer mon lait, faire le ménage, la lessive ou préparer les repas. Je veux que toi et moi, nous restions des amants, en gardant des moments intimes comme avant. Je veux que tu me désires comme avant, que tu exprimes tes envies et non que tu prennes sur toi parce que tu penses que je suis fatiguée ou je ne sais quelle autre raison. Je ne veux pas simplement être une mère…
Mike se positionna au-dessus de sa femme et la regarda intensément dans les yeux.
- Oh Connie… Jamais je ne pourrai te considérer comme cela. Tu es la femme la plus désirable que je connaisse et tu le seras toujours. Tu me rends fou et mon désir pour toi est intact. Et si je peux contribuer à te maintenir en forme…
Et Connie pouvait sentir toute la sincérité de son mari contre elle. Elle roula au-dessus de lui en riant avant de se pencher pour l'embrasser.
- Je t'aime Mike.
- Je t'aime aussi… Tu crois qu'on pourrait reprendre de ce fabuleux dessert avant d'aller chercher Gabriel ? arriva à articuler Mike entre deux baisers.
Ils s'abandonnèrent de nouveau l'un à l'autre, heureux de se retrouver.
