Chapitre 7 : Investigations et Découvertes.
Les jours passèrent depuis l'annonce des 4 champions et les murmures ne diminuaient pas. Sevina avait l'habitude et elle s'en moquait complètement. Sabriana avait bien voulu la croire quand elle disait qu'elle n'avait pas mis son nom. En effet, elle avait vu l'incompréhension totale et la surprise sur son visage qui était toujours visible les deux jours suivant l'annonce. Elle en avait parlé aux autres qui, petit à petit, avaient bien voulu la croire innocente, à l'exception de Pansy et de Millicent.
- C'est vrai qu'il faut prendre les choses du bon côté ! déclara joyeusement Blaise un soir.
- C'est-à-dire ? demanda Draco
- Ben réfléchis ! Serpentard represent !
- T'es sérieux là ? L'accent américain ?
- Oh vous êtes pas marrant, se plaignit Blaise
- Non mais tu as raison ! Serpentard est dans la course à la victoire ! Et Potter à aucune chance contre Sevina, ajouta Draco
- Pfff. Depuis qu'elle est là, elle ne fait que son intéressante, comme Potter ! Ils ont surement dû monter tout ça à deux ! hurla Pansy interrompant leur conversation.
- Oui ça cohère pas bien son histoire ! ajouta Millicent. C'est sûr que c'était prémédité ! Mais peut-être qu'elle n'était pas au courant, fit-elle réfléchissant à voix haute comme elle le faisait souvent.
Pansy la foudroya du regard lui sommant d'arrêter de dire des sottises pareilles. Car bien entendu, il était parfaitement inconcevable pour Pansy que ce n'était pas un plan de Sevina. Son regard sur elle ne changeait pas. Une autre chose qui ne changeait pas était la haine que Sevina et Severus entretenaient. Et elle en avait fait la démonstration pas plus tard que ce matin même au cours de potion.
Ils entrèrent en classe et le professeur Rogue leur annonça :
- Aujourd'hui, vous allez être en équipe de deux. Ne sautez pas de joie, j'ai fait les équipes. Malfoy-Potter, Zabini-Weasley, Parkinson-Granger, Goyle-Thomas, Crabbe-Finnegan, Sevina-Bullstrode…
Sevina retint un soupir. 2h à côté de cette dinde. Enfin, c'était toujours mieux que Parkinson, Londubat, Crabbe ou Goyle. Mais ses remarques stupides la désespéraient. Elles commencèrent leur potion. Millicent se contenta de préparer la préparation des ingrédients tandis que Sevina finissait de le faire comme il le fallait. Elle laissa quand même Millicent mettre quelques ingrédients dans la potion.
- Millicent ? Il faut que la poudre d'asphodèle soit rajoutée quand l'eau est en ébullition. Tu peux me prévenir quand c'est le cas ?
- Ok…. Ça y est l'eau ébullitionne ! annonça-t-elle au bout de quelques minutes
Sevina stoppa son mouvement. Ce n'était pas possible…
- Zut on dit éboullionner… Déso parfois, ma langue fourche un peu. L'eau éboullionne, on peut rajouter la poudre d'asphodèle !
Sevina soupira et lui tendit le bol avec la poudre. Le cours continua comme ça dans le silence et le calme saupoudré de phrases et remarques stupides de Millicent. Elles étaient au ¾ de leur potion quand Pansy qui était à la table à côté se pencha vers Sévi :
- Tu es contente de ton coup ? Tu t'es encore fait remarquée.
- La ferme Parkinson. Si j'étais toi, je regarderais plutôt ma potion et prendrait rendez-vous avec un chirurgien esthétique.
- Sevina !
- Oui professeur ? demanda-t-elle innocemment.
- Retenue ce soir.
- Ben voyons. Et évidemment, l'autre bouledogue n'en a pas.
- Une semaine de retenue ! C'est moi le professeur ici. Je décide qui va en retenue ou pas !
- Et bien sûr cette personne est… oh surprise général, moi. Faudrait changer un peu vos habitudes, ça devient lassant.
- SEVINA ROGUE !
- NE M'APPELEZ PAS ROGUE ! JE N'AI JAMAIS PORTE CE NOM ET JAMAIS JE LE PORTERAI !
Cette dernière réplique avait fait frémir la classe entière. Sabriana s'en souvenait encore très bien. Elle avait remarqué que Sevina ne signait jamais par son nom de famille. Sur ces devoirs, elle inscrivait uniquement Sevina. Visiblement, elle reniait ses origines, sa famille. Rien que quand elle avait hurlé que Rogue n'était pas son frère le montrait. Mais la question était pourquoi ? Était-elle adoptée et elle le refuse ? Une chose dont Sabriana était presque sûre était que comme ils avaient une grande différence d'âge, ils n'avaient probablement pas grandi ensemble. Et pourquoi cette rancœur ?
Des questions, des mystères et une multitude de surprises volant en permanence autour de Sevina depuis son arrivée à Poudlard.
XXX
Un après-midi, quelques professeurs trainaient dans la salle des professeurs avec une tasse de thé et discutant des dernières âneries de leurs élèves. Puis la salle se vida petit à petit, ne laissant qu'une seule occupante à l'intérieur. Le professeur Dumbledore entra à son tour.
- Oh bonjour Septima, lança-t-il joyeusement
- Bonjour professeur Dumbledore, répondit-elle distraitement.
- Septima, puis-je m'entretenir avec toi quelques instants ?
- Bien sûr, lui répondit le professeur Vector toujours regardant dans le vide.
Dumbledore s'installa dans le fauteuil situé en face du professeur d'arithmencie.
- C'est au sujet de votre demande de transfert à Ilvermorny pour vos recherches et spécialisation.
Vector ne répondit rien, toujours aussi absente. Dumbledore, quant à lui, était un peu frustré de voir partir un de ses professeurs et essayait de la convaincre de rester.
- Vous savez, je peux mettre un laboratoire à votre disposition et la grande bibliothèque vous est bien entendu ouverte. Vous pouvez vous entourer de toutes les personnes que vous voulez, les faire venir à l'école. Vous êtes intelligente et je suis sûr que vous pouvez apporter beaucoup à l'école.
Vector, sortant enfin de ses pensées, tourna lentement la tête et planta ses yeux, droit dans ceux du directeur et lâcha :
- Et en plus de cela, vous pouvez dire que je suis enceinte. Juste au moment où je prends une décision importante pour ma carrière, paf ! Je ne pars pas je suis enceinte, sinistre imbécile.
Dumbledore resta silencieux et un peu interdit quelques instants avant d'enfin déclarer :
- Félicitation. Vous en êtes à combien ?
- 2 mois.
- Oh pour le mois de mai. Pour le printemps, c'est merveilleux.
Vector resta silencieuse, toujours dans ses pensées.
- Septima, vous ne me semblez pas ravie de la nouvelle, s'inquiéta Dumbledore
- Si, si. Bien sur que oui. J'ai toujours voulu des enfants mais ce n'est pas le meilleur moment. Enfin bref, on va, bien sur, s'adapter et l'accueillir comme il le faut.
- Bien quoiqu'il en soit, sachez que si vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas à demander.
- Ben il faudra me remplacer en mai-juin en tout cas. Et peut-être en avril.
- Bien sûr, je vous trouverai un remplaçant. Encore félicitation.
Et Dumbledore se leva et sortit de la salle des professeurs, laissant Vector seule, plongée dans ses pensées.
XXX
Les journées poursuivirent malgré tout leur cours habituel. Ils se trouvaient dans la Grande Salle pour le déjeuner. Un attroupement de filles s'était formé à la table des Serpentards poussant des cris d'émerveillement. Daphné Greengrass retint un soupir d'exaspération et passa à côté sans y jeter un regard. Elle s'assit à sa place légèrement contrariée. Elle savait très bien ce qui avait provoqué cet attroupement. C'était sa jeune sœur Astoria qui avait encore emportée son chaton avec elle dans la Grande Salle. En effet, la jeune sœur Greengrass avait reçu de leur parents un petit chaton siamois de pure race qui devait être le plus mignon qui soit. « Pour avoir si brillamment passer sa première année » avaient dit ses parents. Daphné avait dû se retenir de rire. Brillamment ? Astoria avait fini sa première année dans la moyenne basse de sa promo ! Alors qu'elle-même avait toujours bien réussi ses années, avec les félicitations de ses professeurs pour son travail si soigné, appliqué et assidu. De plus, elle avait fait la demande pour avoir un chat à de nombreuse reprise durant des années. Il lui a toujours été refusé. Et là Astoria en fait la demande une seule fois et le lendemain, ils étaient partis chez un éleveur privé pour choisir le plus beau de tous. Donc oui Daphné fulminait un peu en voyant sa sœur se pavaner avec son chaton. Mais elle savait très bien pourquoi elle n'avait pas eu le sien. Ses parents le lui ont dit à de nombreuses reprises. Elle décida donc de travailler plus dur. Elle se ressaisit, sorti sa maudite frangine de sa tête et commença son déjeuner.
Sevina vit une tourte fourrée d'une sorte de purée d'un ingrédient parfaitement inconnu.
- C'est du butternut, lui expliqua Théo
- Du quoi?
- C'est une sorte de potiron qui a la couleur du melon en forme de poire.
Sevina le regarda quelques instants avant de se tourner vers un autre plat moins flippant. À savoir du poisson et quelques légumes qu'elle apprit à goûter et à apprécier. Sab et Blaise se ruèrent sur un plat que Sévi ne connaissait pas. Elle les regarda exaspérée. Ils se disputaient la cuillère et en mettait partout à côté.
- Oui au moins on a eu la présence d'esprit d'arrêter de se battre contre eux pour un misérable bout de poulet curry, intervint Théo
Ainsi donc ce machin jaune était du poulet curry. Ok. Mais elle s'en foutait éperdument.
- Mais c'est trop bon ! s'écria Blaise. Et je me battais jusqu'au bout pour avoir ma part !
- Et moi je me battrai pour avoir ne fut ce qu'un bout avant que tu n'ais tout engloutis, répliqua Sab
- Hey ! Je suis pas un goinfre à ce point là ! Quoique... pour du poulet curry, peut être bien, lâcha-t-il après réflexion. Son poulet si tendre et ce goût légèrement relevé par cette divine épice. T'en pense quoi Sévi ? J'exagère pas hein ?
Elle le regarda indifférente. Mais qu'est-ce qu'elle en avait à faire de son poulet jaune canari. À la tête qu'elle faisait, Blaise failli faire une attaque.
- T'aime pas le poulet curry ? Que Morgane te maudisse ! Et Salazar aussi.
- J'ai jamais dis ça.
- Ha tu me rassures. Alors ?
- Alors, j'ai rien dit parce que je n'ai aucun avis.
- Évidemment, tu passes ton temps à te gaver de poisson...
- Comme toi, tu passes ton temps à te gaver de poulet.
- Poulet curry ! S'il te plaît.
- Oui, peu importe, si tu veux !
- Non pas peu importe ! Au curry ! Sans ça, il poulet est si terne, triste, sec et sans intérêt...
Sévi leva les yeux au ciel.
- Comme si ce bête curry pouvait faire passer un poulet sans intérêt à un incontournable de la gastronomie et de ta routine alimentaire.
- Ben oui ! s'exclama-t-il les yeux ronds. Tu ne vas pas me dire que le curry n'ajoute rien au goût du poulet ! Parce qu'alors là, ça serait comme si tu me disais que Salazar n'était pas un Serpentard !
Sévi ne dit rien, se contentant de hausser les épaules.
- Sévi ? intervint Sab avant que Blaise ne fasse une attaque. Tu as déjà goûté du poulet curry ?
- Tu me demandes ça comme si j'étais une attardée... Ce plat est si incontournable que ça ?
- Tu n'en as jamais mangé ? lui demanda Blaise hébété
- Il n'y en avait pas là ou j'ai grandi...
- Et où tu as grandi ? demanda sèchement Pansy
- Peu importe. Quelque part où il n'y a pas de poulet curry.
Ils se turent et Sévi continua son repas tranquillement tout comme Draco et Théo. Blaise était resté interdit, la bouche légèrement ouverte. Il ne pouvait pas croire qu'il y avait un endroit sur terre où le poulet curry n'existait pas.
- Ne le prend pas mal Sévi mais ne m'invite jamais chez toi !
- Pas de soucis !
Blaise resta encore un peu en silence jusqu'à ce qu'il daigne reporter son attention sur son plat fétiche.
- Hey ! Sab !
- Quoi ?
- Tu manges !
- Ben oui, c'est pour ça que le déjeuner est fait, je te signale.
- Oui mais tu manges tout MON poulet curry !
- Primo, il n'est pas à toi. Et deuxio, j'ai pas tout manger, il t'en reste encore, rétorqua Sab qui avait profité du moment d'absence de Blaise pour se servir à son aise.
- Il reste à peine plus de la moitié !
- Ben va falloir t'en contenter.
Blaise ronchonna quelque chose que Sab ne chercha pas à savoir et se servit du reste de poulet curry.
- T'es pire qu'Enguerrand parfois.
- Rho ça va n'exagère pas quand même ! lui répondit Sabriana.
- Si !
- Lui, il en aurait pris quasi la totalité pour ne pas tout manger et il t'aurait renversé le plat sur la tête !
Sevina qui était assise en face fronça des sourcils. Mais de qui parlaient-ils ? Blaise qui avait vu sa tête éclaira sa lanterne
- Je te souhaite de ne jamais rencontrer Enguerrand.
- Mais c'est qui ?
- Son frère. Il est en 7ème à Serpentard, expliqua Sabriana
- Je savais pas que tu avais un frère.
- Demi-frère, rectifia Blaise. Et on est quatre. Il y a Enguerrand, puis moi. De deux pères différents. Et après il y a Christophe et Katie Rayknolls. Autres demi-frère et sœurs mais eux deux sont du même père. Christophe est en 3ème à Serdaigle et Katie est en première à Serpentard.
- Katie est ta sœur ? Je l'ai rencontré en début d'année. Enfin, plutôt croisée.
- C'est vrai que t'as eu droit au rite de passage aussi, fit Blaise.
- Oui et du coup, j'ai rencontré quelques 6ème et 7ème aussi.
- Ah oui c'est vrai. Ben tu as surement déjà rencontré alors Enguerrand. Il adore s'occuper des bizutages. Il est noir de peau comme moi, cheveux bruns, assez massif, lui décrit Blaise
- Je crois qu'il faisait parti des 3 ainés en charge de l'épreuve de la salle de classe, réfléchis Sevina
- Euh possible. On ne connait pas du tout le programme. Il change chaque année et seuls les 6ème et 7ème sont au courant.
- En tout cas, il avait pas l'air ravi qu'on ait réussi en se foutant de leur tronche en prime. Enfin si c'était lui.
- Il y a des chances. Il ne supporte pas qu'on le piège et qu'on se moque de lui.
- Oups. Quel dommage, ironisa Sevina en buvant son jus de citrouille, ça ne l'inquiétait pas plus que ça.
- Ça y est, j'ai plus faim, fit Blaise en finissant enfin son assiette.
- Tu veux du dessert ? lui demanda Sabriana tandis que ceux-ci apparaissaient sur la table.
- Oui !
XXX
Les oiseaux gazouillaient gaiement, le vent faisait chanter les feuilles et un rayon de soleil illuminait son visage à travers les branchages. Le léger remous de l'eau qui coulait à côté était reposant. Bref, c'était une belle journée tranquille et relaxante.
Puis soudain un crac sonore se fit entendre. Elle sursauta et ressentit immédiatement une violente brulure sur poignet droit. Aussitôt, elle se redressa.
Le dortoir des filles de 4ème année de Serpentard était plongé dans le noir complet, rien d'inhabituel pour une milieu de nuit. Et pourtant, une jeune fille aux longs cheveux noirs était assise sur son lit, se tenant le poignet droit et calmant sa respiration qui s'était accélérée à la fin de son rêve. Elle tendit l'oreille mais son dortoir était calme excepté les quelques marmonnements de Millicent. Sevina prit une profonde respiration avant de se recoucher et de se rendormir.
XXX
Le temps maussade, gris et pluvieux s'était invité et les élèves qui croulaient sous les devoirs passaient la plupart de leur temps dans les salles d'études, la bibliothèque ou leur salle commune. Pourtant une élève était dans les couloirs, à cette heure-là, il n'y avait aucun souci. C'était Sevina qui explorait encore le château et qui, par la même occasion, se cherchait un endroit tranquille où aller lorsqu'elle voulait réfléchir à son aise au calme. Chose impossible à faire dans la salle commune avec Draco qui criait après tout le monde avec son air supérieur, avec cette cruche de Parkinson répétait tout avec sa voix criarde et qui harcèle Draco alors que celui-ci s'en foutait éperdument. Quelle dinde, elle ne s'en rendait même pas compte. Habituellement, Sevina allait dehors mais avec le mauvais temps et l'automne qui s'installait de plus en plus férocement, elle avait préféré se trouver un endroit au chaud.
Tandis qu'elle parcourait les couloirs, elle croisa deux élèves de Gryffondor.
- Mon père dit que tu ne tiendras pas une heure dans le tournoi avant de rentrer en pleurant comme une fillette ! s'exclama le premier
- Voyez-vous ça ! répondit Sevina d'un ton mi-railleur mi-détaché
- Mon père n'est pas de cet avis, intervint le deuxième
- Un homme sage, fit Sevina cachant sa surprise
- Ouais, il dit que tu vas mourir.
Sevina soupira d'exaspération et continua son chemin tandis que les deux Gryffondor s'en allèrent riant bêtement. Cela lui fit encore plus réfléchir à sa nomination au Tournoi. Il était évident que quelqu'un lui voulait du mal dans cette histoire… ou alors pourquoi se casser la tête à la faire inscrire et choisir contre les règles de limitation d'âge ? Ou peut être une simple blague ? Un peu gros pour une blague… Non, celui qui avait fait ça, lui en voulait vraiment. Maintenant, la question était qui. Au début, elle avait songé à son « cher frère ». En effet, il était le coupable parfait, il ne l'aimait pas, elle ne l'aimait pas, il menait sa petite vie tranquille et elle venait tout bousculer et lui mener la vie dure. Mais après réflexion, elle écarta cette possibilité. Elle ne le voyait pas trafiquer la coupe, elle ne savait pas exactement pourquoi mais quelque chose lui disait que le coupable n'était pas aussi évident. Surtout qu'il y avait Potter aussi. Elle ne pensait pas à ce que ce soit une coïncidence, ça serait un peu gros. N'ayant trouvé ni de potentiel coupable ni de lieu tranquille (mis à part de vieilles classes désaffectées et poussiéreuses), elle retourna dans les cachots. Elle décida tout de même de chercher une salle malgré le fait qu'elle aurait préféré un local avec de grandes et belles fenêtres.
Alors qu'elle arpenta les cachots seule dans le calme le plus parfait, elle perçut au loin des pas qui se rapprochait. Par réflexe, elle se tint sur ses gardes tout en continuant son chemin jusqu'à ce qu'on l'interpelle :
- Sevina, que faites-vous là ? demanda Rogue de sa voix froide
- Je marche dans les cachots, répondit-elle tout à fait naturellement.
- Ne soyez pas insolente ! Je vous en ai déjà parlé. Je suis votre professeur, vous devez me témoigner un minimum de respect.
- Oh mais je vous témoigne le respect que vous méritez, Monsieur, répondit-elle faussement polie et en insistant sur le « monsieur ».
- Ne me cherchez pas ! Ou ça risquerait de mal tourner.
- Serait-ce des menaces ? Pas digne d'un professeur ça…
- Je ne vous menace pas. Je vous avertis que dépasser les limites est très fortement déconseiller. Surtout avec moi.
Sevina eut un rictus moqueur, puis fit demi-tour et continua son chemin.
Severus tenta de se calmer. Oh comme elle pouvait l'énerver ! Mais, il avait très bien compris ce qu'elle recherchait. Lui faire péter les plombs. Eh bien, elle allait voir. Il était en position de force. Il était professeur et elle, élève. Et il retourna dans son labo tout en réfléchissant à un plan diabolique pour sa chère « sœur ». Il repensa aussi à sa nomination au tournoi et ainsi qu'à celle de Potter. Quelqu'un dans l'enceinte du château avait trafiqué la coupe. Oh bien sûr, il avait pensé à Sevina. Elle en savait beaucoup sur la magie alors que c'était la première fois qu'elle venait à Poudlard. Où avait-elle appris tout ça ? Ses connaissances pouvaient très bien s'étendre à la magie noire. Puis, il repensa à la scène de ce matin. Elle ne voulait pas être appelée Rogue. Lui-même l'appelait Miss ou Sevina, jamais Rogue. Pourtant, c'est Sevina Rogue qui était sorti de la coupe. Là, il sût que c'était quelqu'un de bien plus dangereux qui avait modifié la coupe. Jamais Sevina n'aurait mis son nom de famille. Puis, il y avait Potter aussi. Par merlin, qu'est-ce que c'est énervant le fait que ce gamin se fourre toujours dans des situations pas possibles. Tout en maugréant sur cet insupportable Potter, il entra dans son labo pour finir la commande de Madame Pomfresh.
Sevina arpentait les couloirs des cachots tout en ressassant ses plans pour son « frère ». Elle en avait plusieurs dont certains qui restaient encore à peaufiner. Pour l'instant, elle n'en avait mis aucun à exécution. Rogue pensait qu'il avait tout vu ? Il se trompait mais largement. Il avait eu droit à rien du tout excepté des regards moqueurs et provocateurs, à de l'insolence et à du mépris total dans son comportement et ses paroles. Le tout en étant excellente en potion bien sûr.
Au détour d'un couloir, elle tomba sur un cul de sac particulièrement sombre, froid et crasseux. Ce couloir faisait froid dans le dos et fit remonter des souvenirs qu'elle aurait préféré oublier. Il y avait 3 portes.
« Si les pièces sont dans le même état que le couloir, ça n'en vaut pas la peine » pensa-t-elle. Mais elle décida tout de même d'aller jeter un coup d'œil. Se rappelant d'une expérience passée.
« On ne sait jamais ».
1ière porte, un vieux débarras encombré, minuscule.
2ème porte, une salle un peu plus grande mais quand même assez petite avec quelques tables, une armoire et une vieille tapisserie au mur.
« Limite si je nettoie, il y a de la place et personne ».
3ème porte, de même taille que la 2ème mais encore plus encombrée.
N'ayant rien trouvé d'autre, elle décida de retourner dans la 2ème salle pour l'inspecter plus en profondeur. Ce n'était pas la salle rêvée. Elle n'était ni confortable, ni accueillante mais il y avait une armoire pour cacher ses affaires et des tables où confectionner ses plans. Elle s'approcha de l'armoire et l'ouvrit. Il y avait une étagère de tombée mais facile à remettre, sinon elle était assez grande. À côté, se trouvait la tapisserie sur le mur. Les couleurs étaient passées et elle était tellement sale qu'on ne voyait même plus ce qu'elle représentait. Sevina s'en approcha pour l'examiner et eut un frisson dans le dos. Ne lui inspirant pas confiance, elle s'en éloigna lorsqu'elle vit un coin inférieur gauche bouger. Elle avait pourtant fermé la porte, il n'y avait donc pas de courant d'air… Elle retourna à la tapisserie et la souleva délicatement. Elle vit un nombre incalculable de toiles d'araignées concentré au milieu de la tapisserie. Bizarre. Elle jeta un Lumos et vit que derrière les toiles, se trouvait un passage sombre et très étroit. Elle retira toutes les toiles et se glissa dedans. Il était tout juste assez large pour elle. Après quelques mètres, elle tomba sur une pièce plus grande que celle qu'elle venait de quitter. Elle avait trouvé. Sa pièce. Il y avait trois tables, une petite et deux grandes, un canapé un peu déglingué mais facilement réparable, une armoire plus petite que celle de l'autre pièce mais suffisamment grande pour ses affaires. Et surtout, chose qui lui fit aimer cette pièce dès la première seconde, une fenêtre qui donnait dans le lac. Les rayons de soleil le traversaient sur quelques mètres.
Il lui restait encore un peu de temps avant le dîner, elle entreprit donc la remise à neuf de la salle. À part un peu de poussière et le canapé à réparer, le reste était correct.
