Chapitre 17 : Nouveau domicile.

Le Poudlard Express partait à 11h.

- Non mais franchement ! Quelle idée de donner un bal et de nous faire nous lever tôt le lendemain ? pesta Sab qui tentait de faire sa valise.

- Quelqu'un a vu ma deuxième chaussure ? demanda Daphnée

- Courage vous allez y arriver. Bon voyage et bonne nuit, leur dit Sevina à moitié endormie dans son lit.

- Oh non, hors de question ! Si on doit subir le fait de se lever alors toi aussi ! s'indigna Sabriana

- M'enfin ! C'est vous qui avez un train à prendre, pas moi !

- Je m'en fous, debout !

- Sale tortionnaire. Aucun respect pour le sommeil des autres, grommela Sevina en se levant à contre cœur et commença à s'habiller en prenant les premiers vêtements qui lui tombaient sous la main.

- Quelqu'un a vu mon pull prune ? demanda Sab

- Et est ce que quelqu'un a vu ma deuxième chaussure ?

- Daphnée, utilise le sortilège d'attraction, répondit Sevina

- Pas con. Accio, lança Daphnée et une chaussure sortit du dessous de son lit.

- Mais pourquoi est-ce qu'on n'a pas fait nos valises avant ? râla Pansy

- Parce qu'on était occupées avec le bal... répondit Sab depuis la salle de bain. Tiens Millie, ta crème hydratante était sur le lavabo.

- Ha oui, merci.

- Voilà, valise finit.

- Daphnée, comment tu fais pour toujours être aussi rapide ? Tu prends des doses quotidiennes de potion de célérité ou quoi ?

- Ha ha, non Sab. Rapidité, efficacité, sourire, noblesse et beauté. Bienvenue chez les Greengrass.

- Oui, on la connait ta famille mais ça n'explique quand même pas comment tu fais pour te coiffer, te maquiller, t'habiller, manger et préparer tes affaires aussi rapidement.

- Question d'habitude. Et pour ma valise, question d'organisation. Je l'avais déjà faite en grande partie.

- Ha c'est ça. Bon, c'est bien mais en attendant, je n'ai pas fini et je n'ai toujours pas retrouvé mon pull !

- J'ai cru le voir quelque part mais j'ai un blanc de mémoire, intervint Millicent

- Si ça se trouve, tu l'as déjà mis dans ta malle mais tu ne t'en souviens plus. Aïe, commenta Pansy qui se cogna le pied contre sa malle.

- Ha le lendemain de la veille se fait sentir, ria Daphnée

- Tu peux parler, tu as perdu l'équilibre en sortant de ton lit ! se moqua Pansy

- C'est ça, je vais prendre mon petit déjeuné. Mes affaires sont prêtes et je meurs de faim. À plus tard.

- À plus Daphnée.

- Sab, pour ton pull, utilise un Accio. Ça sera beaucoup plus simple que de vider et remplir ta malle 3x, non ?

- Et beaucoup plus drôle, Sévi. Beaucoup plus drôle...

- Je ne savais pas que voir des objets voler te faisait rire.

- En soi, non. Mais ça va être hilarant étant donné que mon pull est sur toi...

- Hein ? Hey mais ce n'est pas à moi, ça !

- Non, c'est mon pull que je cherche depuis 2h.

- Ha je me disais bien que je l'avais vu ! j'avais juste oublié que c'était sur Sevina...

- Pas grave Millie

- Désolé, Sab. J'ai mis les premiers trucs qui me sont tombés sous la main. Tiens, lui dit-elle en lui rendant son pull.

- Merci. Et voilà, c'est terminé.

- Moi aussi

- Pareil.

- Ok on est go, alors.

- Yep j'arrive, dit Sevina en enfilant un autre pull lui appartenant, cette fois.

Elles descendirent dans la Grande Salle où elles retrouvèrent Daphnée. À peine 3 minutes plus tard, les garçons les rejoignirent à leur tour. Ils mangeaient tranquillement jusqu'à une certaine question de Blaise. Les garçons voulaient absolument avoir une réponse, histoire de nourrir leur égo et de flatter leur fierté masculine.

- Hey les filles, on en a encore discuté ce matin.

- De quoi ? De ton sang de strangulot ? Répondit machinalement Sab

- Mais non, strangulot toi-même, espèce de dinde à la tête de nifleur. On ne parvient pas à se rappeler de votre réponse, hier soir.

- De notre réponse ?

- Oui, vous savez, le gagnant du concours ! On se souvient quand vous nous avez dit bonne nuit mais avant ça...

- Avant ça, il n'y avait rien. On n'a pas répondu.

- Ha c'est pour ça ! S'exclama Draco

- Je me disais aussi qu'on n'avait pas assez bu pour oublier un truc pareil. Commenta Théo

- Alors c'est quoi votre réponse ? Demanda Draco

- En tout cas, pas Blaise !

- M'enfin, Sévi ! Tu n'as pas aimé danser avec moi ?

- En plein milieu d'une danse, je me suis retrouvée avec Andreï pendant que tu dansais joyeusement avec Daphnée tout en discutant comme si de rien n'était !

- Je me disais bien que j'avais dansé avec elle !

- Quoi, tu avais oublié ?

- Non Daphnée, justement ! Je me souvenais d'avoir dansé avec toi mais je ne me souvenais pas de t'avoir invité à danser donc un moment je pensais juste que c'était mon imagination. C'était vers la fin de la soirée, certaines choses sont un peu floues... mais je me souviens parfaitement de notre danse ! Rajouta-t-il

- Ça va Sévi ? Demanda Draco

- Oui, j'ai juste l'impression d'oublier quelque chose. Un truc que je devais faire mais je sais plus quoi. Un truc en rapport avec une vache...

- Je croyais que tu n'aimais pas les vaches ? S'étonna Blaise

- Qu'est ce qui te fait dire ça ?

- La girafe ! S'exclama Théo

- Hein ?

- On parlait d'une girafe hier soir...

- Ok... On va oublier cette histoire, tout de suite...

- Quelqu'un a trop abusé du whisky pur feu ? ria Draco

- Je n'en sais rien, j'étais trop soûl pour le remarquer, lui répondit Blaise

- Oui ça on a vu, lui dit Draco. Oh je viens de ma rappeler d'un truc !

- Quoi ? Demanda Théo

- Hier soir, Sab a fait un slow avec Goyle !

- Quoi ? fit Daphné surprise

- Nooon ! J'ai loupé ça ? s'exclama Théo

- Et alors Sab ? demanda Sevina

- Ben il m'a écrasé au moins trois fois les pieds mais c'était moins pire que ce que à quoi je m'attendais.

- C'était surprenant en tout cas mais sympa de ta part Sab ! Lui qui n'avait pas de cavalière, lui dit Théo.

- Vous ne savez pas comment j'ai fini là ? leur demanda Sab

- Non.

- Et bien voilà comment ça s'est passé…

Flash back

Pendant une heure, elles alternaient la danse effrénée et les verres d'eau et de jus de citrouille pour s'hydrater.

Un slow retentit et la piste de danse se vida un peu. Sabriana et Sévi retournèrent s'assoir un peu, rejoignant Draco et Blaise. Draco et Sevina discutèrent un peu tandis que Blaise et Sabriana faisaient de même. Ils virent les professeurs surveiller de loin les élèves sur la piste de danse tandis que Dumbledore se promenait au milieu des élèves. Ce dernier s'approcha de Blaise et de Sabriana

- Dansez, dansez, dansez. Amusez-vous, leur fit Dumbledore

- Danse... Danse avec Goyle, dis Blaise à Sabriana alors que Goyle venait de s'assoir à côté d'eux avec Crabbe.

Sabriana posa sa main sur l'épaule de Goyle qui était assis à côté d'elle. Il se retourna et Blaise dit :

- Elle veut danser avec toi.

- Hein ? Répondit Goyle.

- Sabriana veut danser avec toi.

- Tu veux danser avec moi Sab ? demanda Goyle.

- - Je n'ai pas osé te demander, lui dit-elle.

Ils se levèrent et commencèrent le slow. Quand Sabriana fut face à Blaise, elle lui fit un doigt d'honneur. Alors que Goyle regardait dans la direction opposée.

Fin flask back

Ils explosèrent tous de rire. C'était bien le genre de Blaise tout ça !

Sevina repensa à la soirée de la veille. Tout avait si bien commencé et ça s'était dégradé tout le long de la soirée... Vive les effets de l'alcool. Elle pensa aussi à l'évolution de sa relation avec ses amis. Oui, elle les désignait comme tel désormais. Elle trouvait ça cependant toujours bizarre. Au final, ils ne la connaissaient pas si bien que ça. Mais ils l'avaient accepté avec le temps. Pourquoi ? Ils l'avaient accepté, ils l'avaient cru après l'annonce des champions, s'étaient inquiétés pour elle quand elle avait disparue, étaient revenus vers elle après qu'elle leur ait crié dessus, l'avaient convaincue d'aller au bal. Ils ne la laissaient pas seule même s'ils respectaient son silence, son passé et ses moments de tranquillité en solitaire. Ils l'avaient accepté telle qu'elle était sans trop poser de questions. Les Serpentards sont patients, ils savent attendre qu'on leur donne les réponses. Et aussi, cela semblait être une sorte de règles d'or chez les serpents, pas de questions trop personnelles, trop familiales, trop intimes. Tous ont des secrets, certains plus lourds que d'autres. Mais tous le cache, personne ne les harcèle pour savoir quoi. Il y a un profond respect pour cela. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas de l'indifférence. Mais personne ne veut en parler alors ils ne font pas parler les autres. C'était quelque chose que Sevina avait remarqué. Mis à part des questions sur d'où elle venait, pourquoi elle arrivait qu'en 4ème année, elle n'eut pas beaucoup de questions de la part de ses camarades de maison. Ils semblaient avoir sentis qu'elle ne voulait pas parler de son passé et ils ont respecté son silence. Les autres maisons en revanche, on ne pouvait pas en dire pareil au grand désespoir de Sevina.

Et puis, elle avait remarqué qu'elle l'avait aussi ressenti pour ses camarades. Les Serpentards semblaient avoir une sorte de détecteur aux passés lourds de secret douloureux qu'il ne fallait pas remuer. Comme si c'était quelque chose qui arrivait systématiquement à chaque élève et qui forgeait leur caractère de fait qu'ils deviennent ambitieux et rusés. Sabriana, Theo, Draco, Blaise, Daphné. Tous avaient eu leur lot de malheurs. Et tous le cachait, l'enfouissait, le dissimilait au plus profond d'eux-mêmes. Ils ne voulaient pas que cela se sache, qu'ils aient des faiblesses. Non, un Serpentard est fort, il est maitre de ses émotions, de sa vie, sous toute les coutures. Même si tous savaient que tout le monde se cache. C'était une chose très compliquée chez les serpents. Avec les autres maisons, ils sont froids, dédaigneux et moqueurs. Entre eux, ils sont naturels, comme ils sont, mais ils se cachent quand même derrière un masque que seuls rares personnes savent enlever. C'était en quelques sorte la malédiction des Serpentards. Ils sont condamnés par leur égo et leur fierté de ne pas s'exposer entièrement tel qu'ils sont réellement. Ils ont un statut à tenir, ils doivent garder leur honneur, ils doivent jouer un rôle en permanence. Ils finissent du coup, par faire semblant de ne plus avoir de masque mais ils l'ont encore. Seul leurs plus proches amis les connaissent réellement, ceux en qui ils ont toute confiance, une confiance aveugle, à qui ils se sont confiés ouvertement sans retenue. Les serpents sont fiers et ne font pas confiance facilement…

Elle resta perdue dans ses pensées tout en mangeant ses fruits. Puis une douce et mélodieuse voix la ramena sur terre :

- D'abord, je ne suis pas ton petit coco. Je ne suis le petit coco de personne ! Est-ce que j'ai une tête de petit coco ! vociféra Draco à Sabriana qui leva les yeux au ciel devant l'exagération de son ami.

- Oh mais on s'en fout ! Et répond à la question.

- Oui ben que veux-tu que je te dise ?

- Répond à la question Dray ! Et ne pense même pas pouvoir y échapper !

Un rire sonore éclata.

- Blaise, si tu n'arrêtes pas de rire au bout de deux mots, je n'arriverais jamais à comprendre ce que tu essayes de me dire, soupira Théo de l'autre côté de la table

- Non mais c'est trop drôle, réussit à articuler Blaise prit d'un fou rire.

- Ça en a l'air en tout cas

- Elle a gonflé et puis et puis… commença Blaise mais il repartit dans un fou rire incontrôlable.

Théo soupira avant de proposer du jus de citrouille à Daphné.

- Draco tu étais là, raconte, toi, demanda Blaise. La fois au lac chez toi, tu sais, ajouta-t-il devant l'air interrogateur de son ami

- Ha oui ! C'était hilarant ! ria Draco à son tour ! Ma tante et ma cousine étaient de visite au manoir un été, il faisait beau, on est allé au lac au bout de la propriété.

- Ta Tante et ta cousine côté Malfoy qui vivent en France ? demanda Théo

- Oui. Et donc on était au bord du lac et Blaise était là et puis…

Draco explosa de rire mais ne s'arrêta pas pour autant de raconter son histoire. Si bien que la suite en devint incompréhensible mis à part quelques mots qu'ils parvinrent à saisir tels que « eau », « cousine »

- … et donc devant ma cousine… ria toujours Draco

Théo et Sabriana n'avait rien compris à part le fait qu'ils étaient dans l'eau avec la cousine de Draco.

- … et puis, elle s'est mise à gonfler comme ça, imita, Draco, un ballon de ses mains. Paf ! Puis elle a éclaté, c'était horrible ! finit enfin Draco mort de rire.

- Horriblement hilarant, commenta Blaise ouvrant enfin la bouche, toujours mort de rire.

Daphné, Sabriana et Théo se regardèrent horrifiés. Il parlait de sa cousine et puis… mais qu'est ce qui avait explosé ?

- Mais quelle horreur ! s'horrifia Daphné portant ses mains devant sa bouche.

- Mais non c'était si drôle ! rigola Draco

Mais cependant il remarqua que lui et Blaise était les seuls à rire. Il les regarda un instant avant de leur dire :

- Ben quoi ? Rho les gars, ce n'était qu'une grenouille !

- Quelle grenouille ? s'étonna Sabriana

- Mais vous n'avez rien écouté !

- On n'a rien compris tellement tu te marrais surtout, expliqua Théo

- Blaise a attrapé une grenouille qu'on a mise sur une pierre à côté de ma cousine puis on a réussi à la faire exploser, ria Draco

- Elle est vite partie chez sa mère couverte de viscères de grouille, ajouta Blaise

Theo, Sabriana et Daphné levèrent les yeux au ciel dans un parfait ensemble. D'eux tous, Blaise et Draco était les plus immatures Ils finirent leur petit déjeuner et sortirent en direction de la gare de Pré-au-Lard.

- Bonnes vacances !

- À toi aussi, Sévi !

Elle regarda ses amis qui disparaissaient au loin avec leur malle, puis lorsqu'ils furent hors de vue, elle rentra à son dortoir. Il lui paraissait étrangement vide et silencieux. Lily et Tracey étaient également rentrées chez elles. Mais ce n'était pas pour lui déplaire. Même si elle s'était habituée au remue-ménage incessant, le calme paisible était le bienvenu. Elle entreprit de ranger ses affaires de la veille puis de faire son programme pour les vacances. Elle avait deux semaines de liberté excepté le soir qu'elle devait toujours passer en retenue avec le maitre des potions. Alors, ranger ses affaires, c'était fait. Elle décida de faire ses devoirs de vacances en premier comme ça, elle en sera débarrassée. Ensuite, elle devait peaufiner des plans pour Rogue et il y avait ce maudit œuf aussi. Elle l'avait oublié celui-là...

XXX

Les trois jours passèrent sans grand intérêt. Sevina avait finit ses devoirs et avait passé ses soirées en retenue. Rogue n'avait évidemment pas oublié de la maudire, de l'accuser de tous les maux, d'être un déchet, une incapable, une moins que rien, de l'engueuler pour tout et n'importe quoi même quand cela n'était pas de sa faute. Surtout, quand ce n'était pas sa faute. Elle n'avait rien répondu, se contentant de regarder par terre avec un air dépité, pitoyable et effondré. Elle lui montrait que ce qu'il disait l'atteignait. Oh bien sur, ça l'atteignait mais très peu. Elle s'était ressaisit et avait décidé que les paroles du maitre des potions lui passeraient au dessus de la tête. Elle voulait que Rogue pense qu'il ait le dessus, elle faisait exprès de sursauter légèrement lorsqu'il criait, d'un peu trembler.

Ayant décidé de montrer à Rogue qu'il n'avait plus aucun effet sur elle vers la fin de ses retenues, elle voulait mettre un de ses plans en action dans la première semaine de la rentrée. Elle devait donc absolument le finir. Mais elle devait faire des recherches supplémentaires et elle n'avait rien trouvé dans les livres de la bibliothèque. Peut-être dans ceux de la réserve ? Mais il lui fallait une autorisation écrite d'un professeur. Elle fit la liste des potentiels professeurs qui pourraient la lui fournir et elle trouva. Elle chercha partout mais impossible de trouver le professeur en question. Elle se traita mentalement d'idiote, elle ne cherchait pas au bon endroit. C'était pourtant évident. Elle se dirigea vite vers la sortie du château, traversa le parc enneigé et arriva devant les serres de botanique.

- Professeur Chourave ? L'appela Sevina dans la serre n°3

Elle n'obtint aucune réponse. Tout comme dans les deux autres serres. Zut, elle qui était si sûr de la trouver ici. Elle s'apprêta à partir quand elle entendit du bruit au fond de la serre. Sûrement une quelconque plante qui essayait de bouffer sa voisine… Mais il n'en était rien ! Ce n'était pas une plante. C'était son professeur de botanique qui remontait la serre accompagnée d'un charriot, chargé de plante, qui avançait tout seul. C'est beau la magie quand même. Le professeur Chourave aperçut Sevina, lui fit en grand sourire et se précipita vers elle en retirant des vieux cache-oreille qui apparemment vu, l'intérieur, était rose bonbon dans le temps. Ils étaient désormais, euh et bien, une sorte de mélange de brun, gris et noir. Bref, ils étaient très sales. Pourquoi ne changeait-elle pas de pair ? Ou plus, simple, pourquoi ne les nettoyait-elle pas ? Sevina se posait de drôle de questions n'est-ce pas ? Eh bien, en réalité, ces questions n'avait fait qu'effleurer son esprit. Une seule question beaucoup plus simple y avait immédiatement pris la place. Pourquoi portait-elle donc des caches-oreilles ? D'accord dehors, il faisait glacial, le mois de décembre avait décidé de ne pas se faire oublier. Mais l'intérieur de la serre était magiquement chauffé, il y faisait bon. Elle fut interrompue dans son interrogation pas le professeur Chourave qui était finalement arrivée devant elle avec son air enjoué.

- Oh Miss Sevina, bonjour ! Vous êtes arrivée il y a longtemps ? L'accueillit chaleureusement la sorcière joufflue comme à son habitude.

- Non, je viens tout juste d'arriver.

- Tant mieux ! Heureusement que vous n'êtes pas arrivée 5 minutes plus tôt. Pour une fois qu'aucun des deuxièmes années ne s'est évanouit avec le cri de la mandragore ! S'exclama Chourave en désignant les plans qu'elle avait amenés. Et qui bougeait dans leur pot !

Sevina cligna 2-3 fois des yeux en fixant les plantes. Ok, donc maintenant, on pouvait se faire assommer par le cri d'une plante ? Tout allait parfaitement bien… Mais en même temps, est-ce que quelque chose pouvait encore réellement étonner Sevina ? Elle n'en était pas sûr. Elle connaissait bien sur la mandragore mais dans les potions. Elle ignorait totalement cet aspect-là de la plante. La directrice de Poufsouffle ne sembla pas remarquer ce moment de surprise chez Sevina et continua la conversation.

- Vous êtes seule ?

- Oui, ils sont tous rentrés chez eux pour les vacances.

- Je vois. Que me vaut votre visite ?

- C'était pour demander une autorisation écrite pour aller dans la réserve de la bibliothèque.

- Et bien, tout dépend de votre raison, Miss ?

- C'est pour la 2ème tache du tournoi…

- Ne m'en dites pas plus ! J'essaie de garder la surprise des tâches ! Cela est possible lorsqu'on ne requiert pas mes services. Rajouta Chourave devant l'étonnement de Sevina qui savait très bien que les professeurs aidaient dans la préparation du tournoi. Très bien. Voilà l'autorisation. Lui donna-t-elle avec grand sourire.

- Merci professeur.

Tout compte fait, ce tournoi avait du bon. Elle se précipita dans la réserve de la bibliothèque après avoir montré son autorisation à Madame Pince septique mais la laissa passer, afin de voir si ce qu'elle cherchait s'y trouvait. Elle passa toute une série de livre en revue et enfin elle trouva. Le sort n'était ni complexe ni vraiment offensif. Elle se demanda pourquoi ce livre était dans la réserve jusqu'à ce qu'elle en lise le reste. Bon ok, certains sorts étaient un peu effrayants... Ayant noté la formule qui l'intéressait, elle quitta la bibliothèque pour rejoindre son sanctuaire afin d'achever son plan.

XXX

Le lendemain matin, Sevina se leva, seule dans son dortoir, s'habilla et descendit. Elle resta quelques secondes, stupéfaite par ce qu'elle vit dans la salle commune. Des décorations partout et un sapin tout décoré trônait dans un coin. Elle haussa les épaules et sortit en direction de la Grande Salle. Elle ne vit pas que sous le sapin, des cadeaux portant son nom l'attendaient. Une fois dans la Grande Salle, elle commença son petit déjeuner, d'autres élèves arrivèrent petit à petit.

- Joyeux Noël Sevina. Lança un Serpentard de 5ème année, un ami de Daphnée.

Noël... C'était bizarre. Bien sûr elle connaissait Noël mais ça n'avait jamais eu de sens pour elle. Elle ne l'avait jamais fêté, ça avait toujours été un jour normal... Des décorations partout, tout le monde joyeux qui lançait des « Joyeux Noël » à tout le monde. Elle ne voyait pas vraiment l'intérêt. Elle finit son petit déjeuner et alla à la bibliothèque en passant par sa salle commune afin de chercher son œuf d'or. Il était temps de percer ce mystère. La deuxième tâche n'avait lieu que 2 mois plus tard mais elle préféra profiter du fait qu'elle avait du temps libre, ne sachant pas ce qu'il allait encore lui tomber dessus plus tard.

Deux jours étaient passés et elle n'avait toujours pas réussi à trouver ce que cachait ce maudit œuf. Elle avait voulu réécouter le contenu et s'était immédiatement maudit en se souvenant que c'était une très mauvaise idée. Le bruit qui en sortait était toujours ce long cri strident, affreux et insupportable pour les oreilles. Vraiment insupportable. Pour ses oreilles. Ses pauvres petites oreilles humaines. Et si... et si ce son n'était pas destiné à des oreilles humaines ? Et si c'était des bruits, un langage destiné à des créatures magiques ? Après tout, ils avaient dû affronter un dragon. Mais à quelle créature cela pouvait correspondre ? Des gobelins ? Des scroutts à pétards ? Des niffleurs ? Ce fut avec ces interrogations en tête que Sevina regagna son dortoir désert. Elle alla s'assoir sur son lit, déplaçant des paquets posés dessus pour les mettre par terre. Pris ses cheveux, les rabattit d'un même coté. Attend. Quels paquets ? Elle s'en ressaisit immédiatement et les reposa sur son lit. Il y avait cinq paquets et un bout de parchemin. Elle le prit et le lut :

« Chère Sevina,

Ces paquets se trouvaient sous le sapin de ta salle commune.

J'ai préféré les transférer dans ton dortoir avant que tes camarades de Serpentard ne s'en saisissent voyant qu'ils restaient là.

Je te souhaite encore un très Joyeux Noël,

Albus Dumbledore. »

Elle leva la tête vers les paquets. Des cadeaux ? Mais de qui ? Et pourquoi ? Elle prit le premier de la pile et l'ouvrit. Elle découvrit un coffret de maquillage de la part de Sabriana. Le deuxième renfermait un livre sur des spécialités culinaires et un paquet de bonbons de chez Honeyduckes. Il n'y avait que Blaise pour lui faire un cadeau pareil. Théo lui avait envoyé un joli pull, Draco des boucles d'oreilles en forme de feuille d'arbre et Daphnée deux livres, un sur la mode et les tendances d'aujourd'hui et le second sur l'art de se coiffer élégamment mais rapidement. Elle regarda tous ses cadeaux. Ses amis lui avaient envoyé des cadeaux pour Noël. Elle ressentit un mélange bizarre d'émotion. De la joie, de la gêne, de la surprise et de l'étonnement. Elle avait 14 ans et aussi loin qu'elle s'en rappelle, c'était la première fois qu'on lui offrait des cadeaux. Alors, Noël était une fête pour se donner des cadeaux ? Ses amis avaient pensé à elle mais elle n'avait rien à leur offrir...

XXX

Sevina se dirigea vers sa table avec une pile énorme de livres. Cela faisait combien de jours qu'elle passait à éplucher tous les livres de la bibliothèque ? 4-5 ? Ça ne devait pourtant pas être plus compliqué que ça à trouver, non ? Au début, elle s'était contentée de regarder dans les livres de créatures magiques mais cela n'avait rien donné alors elle avait élargi son champ de recherche à.… la bibliothèque entière ! Sortilège de changement de voix, texte récité à l'envers… Elle empruntait toutes les pistes qu'elle trouvait mais sans succès. Elle avait bombardé son œuf de sort de détection et autres sorts pouvant l'aider à révéler quelque chose mais rien. C'était un vrai casse tête. Peut-être qu'elle ne s'y prenait pas correctement. Peut-être que la réponse était juste sous son nez. Peut-être qu'elle était complétement à côté de la plaque. Elle en avait marre de la bibliothèque... En plus, en y venant tous les jours, elle devait supporter cette Granger qui venait étudier accompagné de Viktor Krum. Ils étaient silencieux, là n'était pas le problème. Mais l'énorme groupe de groupie qui suivant sans cesse Krum, l'était nettement moins. Elles gloussaient comme des pintades cachées derrière les rangées de livres. Elle n'en pouvait plus. Elle prit les trois derniers livres qu'elle n'avait pas encore lu, rangea les autres et alla s'inscrire chez Madame Pince pour emprunt. Et c'est là qu'elle le vit. Un livre dont le titre l'intéressait particulièrement. « Créatures mystérieuses, comment leur dire bonjour ? ». Elle regarda le nom de l'emprunteur « Graham Montague ».

- Tiens, il sait lire ? Et il sait qu'on en a une bibliothèque et même où elle se trouve ? Se questionna-t-elle surprise.

Elle fila dans sa salle commune en espérant que celui-ci s'y trouverait. Bingo, il était dans les fauteuils près du feu avec ses amis.

- Hey Montague.

- Salut Sevina. Qu'est ce que tu veux ?

- J'ai besoin du livre sur les créatures mystérieuses que tu as emprunté à la bibliothèque.

- Hein ? Quel livre ? Je n'ai jamais rien emprunté ! Fiche-moi le camp d'ici. Rétorqua-t-il violement tandis que ses amis étaient morts de rire.

- C'est pourtant ton nom qui figure sur le registre des emprunts.

- Quelqu'un a dû me faire une mauvaise blague, c'est tout.

- Dans ce cas pourquoi il n'est plus à la bibliothèque ?

- Mais j'en sais rien !

- Alors, tu as intérêt à le retrouver parce que souviens-toi, ceux qui se dressent en travers de mon chemin, seront carbonisés par mon puissant jet de flamme de dragon. Tes propres mots, tu te souviens ?

- Oui mais c'est pas moi, alors fous moi la paix !

- Bien. Répondit-elle simplement en s'éloignant.

Elle s'installa plus loin dans un autre fauteuil et entama sa lecture. Bien qu'elle n'ait toujours pas mis la main sur ce livre, elle avait toujours ceux qu'elle avait ramenés de la bibliothèque. Du remue ménage se fit entendre et Sevina vit que c'était simplement Montague et ses amis qui s'en allaient Salazar sait où, laissant Sevina seule dans la salle commune déserte. Après quelques minutes, Montague ayant prétexté avoir oublié quelque chose, revint dans la salle commune, monta à son dortoir et en redescendit rapidement. Il se dirigea vers Sevina et lui tendit un livre.

- Si tu en parles à qui que ce soit, je te fais la peau. Dragon ou pas.

Et il s'en alla aussi vite qu'il était venu. Sevina quant à elle, se plongea immédiatement dans le livre qu'il venait de lui remettre, abandonnant sans aucun scrupule le livre qu'elle était en train de lire. Elle dû malheureusement abandonner sa lecture pour se rendre au banquet dans la Grande Salle. Étant le 31 décembre, il y avait un banquet spécial et tous était prié de s'y rendre. Elle arriva dans la Grande Salle, les quatre tables étaient toujours en place contrairement au bal de Noël. Cependant certains élèves de Dumstrang et de Beauxbâton étaient présents. Elle alla s'installer à sa table lorsqu'Andreï, le cavalier de Daphnée, lui fit signe de savoir près de lui. Le dîner se passa bien, ils discutèrent un peu de tout. Andreï lui demanda si tout les autres étaient rentrés chez eux, elle lui répondit que oui. Exceptionnellement, le couvre feu était repoussé jusqu'à minuit trente pour le passage à la nouvelle année. Ayant de tout de façon retenue, Sevina ne comptait pas s'y rendre et en attendant celle-ci, elle décida de renter dans sa salle commune et de finir sa lecture. Une fois rentrée, elle tomba sur Montague seul dans celle-ci.

- Salut Montague

- Qu'est ce que tu veux encore ?

- Rien. Juste te demander si j'ai raison de penser que tu t'intéresse aux créatures magiques.

- Et bien non.

- Bien sur, c'est pour ça que tu te trimballais avec ce livre.

- J'en avais besoin pour un devoir.

- C'est ça...

- Bon ok, je m'y intéresse mais je n'aime pas que ça se sache !

- T'inquiètes, je ne suis pas du genre à balancer le secret des autres. Sauf si on me cherche.

- Tu jures que tu diras rien !

- Bien sûr que non ! Je préfère garder le moyen de te faire chanter. Répondit-elle d'un ton narquois.

Des bruits se font entendre et la bande de Montague fit son entrée dans la salle commune.

- Alors t'as trouvé ton livre ! S'exclama l'un d'entre eux

- Oui, cette vieille sorcière de Madame Pince n'avait pas été foutue de le ranger correctement, il était dans une énorme pile derrière son bureau. Apparemment, il n'avait jamais quitté la bibliothèque.

- Ok. À un moment on a vraiment cru que ce cher Graham s'intéressait aux créatures ! Ria-t-il

- Dites pas n'importe quoi... répliqua Montague

- Bon à plus Sevina.

- C'est ça.

Elle s'installa dans son fauteuil et repris sa lecture. 20h approchait et elle devait se rendre à sa retenue, elle n'en avait vraiment pas envie. Pas envie du tout même. Certes, elle s'y rendait toujours à contre cœur (comme toute personne normale) mais c'était d'autant plus vrai à ce moment en particulier car elle avait atteint un passage particulièrement intéressant...

XXX

Son bain était prêt, bien chaud, mousseux. Bon c'était le matin et alors ? Il n'y avait aucune règle sur les horaires pour en prendre un ! Elle espérait que ça marche, non elle savait que ça allait marcher. La veille, elle était rentrée de sa retenue après minuit et s'était immédiatement jeté sur le livre pour finir le fameux passage. Elle avait lancé un Ventus sur l'œuf mais les cris étaient toujours aussi insupportables bien qu'un peu différents. Elle sût alors qu'elle s'approchait du but et continua jusqu'au chapitre suivant où elle lança alors un Aguamenti cette fois-ci et elle n'avait rien entendu. Elle avait donc décidé de s'immergé dans son bain avec son œuf. Elle rentra dedans, prit l'œuf qu'elle avait mis à porter de main, le mis dans l'eau et l'ouvrit. Aucun son. Moment de vérité, elle plongea sa tête. Une douce mélodie parvint à ses oreilles.

« Descends nous visiter et entends nos paroles

Nous devons pour chanter être au-dessous du sol.

À présent, réfléchis, exerce ton esprit,

Ce qui t'est le plus cher, nous te l'avons ravi,

Pendant une heure entière il te faudra chercher

Si tu veux trouver ce qu'on t'a arraché.

Après l'heure écoulée, renonce à tout espoir

Tes efforts seront vains car il sera trop tard »

Elle sortit sa tête de l'eau. Ok, ça marchait, c'était ça ! Elle avait enfin trouvé comment déchiffrer cet œuf. Maintenant, comprendre les sens de ses paroles. Et elle replongea.

XXX

Depuis la veille, elle cherchait un moyen de respirer sous l'eau. C'était la partie qu'elle avait réussi à comprendre. Elle savait que c'était des sirènes car dans le livre de Montague, elle avait trouvé le son qu'elles produisaient et qu'on le comprenait sous l'eau. Elle se doutait que la tâche allait se dérouler dans le lac noir, c'était le seul point d'eau dans les environ et il était déjà assez conséquent. L'idée de devoir plonger dedans la terrifiait cependant. Car Sevina du haut de ses 14 ans, ne savait pas nager. Elle n'avait jamais eu l'occasion d'apprendre. Alors comment était-elle supposée plonger dans cet immense lac à la profondeur inconnue et s'y promener une heure entière ? Et qu'est-ce qu'on allait lui enlever ? Elle n'en avait pas la moindre idée mais elle se pencherait sur la question plus tard, la priorité était de pouvoir respirer. Une fois de plus, elle était à la bibliothèque fouillant tout les livres possible et imaginable. Un pas claudiquant résonna derrière et semblait se rapprocher.

- Bonjour professeur Maugrey

- Bonjour Sevina, on ne peut rien te cacher, dis-moi. Aurais-tu un œil comme moi pour voir dans ton dos ?

- Non, l'ouïe m'a suffi. Ce n'est pas pour vous vexer mais entre votre jambe de bois et votre canne, vous n'êtes pas vraiment discret.

- Vrai, vrai. Grogna Maugrey de sa voix rauque

Il regarda le titre des livres poser près de Sevina et repris la parole.

- Alors comme ça, tu as percé le mystère de l'œuf, bravo.

- Oui mais ça ne me sert à rien si je ne trouve pas un moyen de rester sous l'eau une heure entière.

- L'eau et l'air sont des magnifiques éléments, tu ne trouves pas ? Et dis-moi, Potter, il cherche plutôt dans quoi ?

- Potter ? Je n'en sais rien, je ne lui parle pas. Je ne pense même pas qu'il ait encore cherché à décrypter le contenue de l'œuf.

- Un brave garçon, si tu veux mon avis. Loyal et il a le souci de l'équité.

- Vous me dites ça parce qu'il m'a prévenue pour les dragons ?

- Exact

- Et donc vous insinuez que je devrais lui dire pour l'œuf ? Alors qu'il n'a rien fait pour le découvrir ?

- Tu fais ce que tu veux ma petite.

Et il s'en alla toujours en claudiquant. Il lui avait parlé de l'eau et de l'air. Bien sur, c'était les deux éléments auxquels elle allait être confrontée. Le premier, elle allait en avoir trop et le deuxième pas assez. Existait-il un sortilège pour changer l'eau en air ? Après tout, dans l'H2O, il y avait de l'O2. Et elle se remit au travail.