BON ! Après un an et demi, voici la suite de La Poisse. Toujours une crackfic! toujours bourrée de fautes (très probablement. Y en a plein dans le chapitre 1, il y en a forcément dans celui-là), toujours à quatre mains sans retouche.
On va être fair-play cette fois et ne pas faire de chantage à la review, seulement préciser qu'il y aura probablement une partie 3, et qu'elle arrivera quand elle arrivera (ce qui est ma devise ces derniers temps)
Bonne lecture, j'espère que vous allez sinon rire, au moins sourire devant nos pitreries !
Soleil
La Poisse
Chapitre 2
Soleil
Obvy
La particularité du gang des Porsche était qu'une partie de la surveillance se passait sur le Darkweb. Les Porsche volées servaient systématiquement à des délits filmés, qui atterrissaient sur une plateforme de vidéos en ligne. C'était l'équipe de Coulson qui se chargeait de ce volet de l'affaire.
Sam pilota donc Stark jusqu'aux bureaux du chouchou de Fury pour que le milliardaire leur donne les infos des puces GPS planquées dans ses affaires.
En entrant dans l'antre des geeks, Stark fronça le nez.
"Les gars, c'est pas avec ces bécanes que vous allez coincer les criminels."
Coulson eut l'air d'avoir avalé un truc pas frais.
"C'est avec ces bécanes que nous avons démantelé-"
Il ne put continuer, Stark lui coupa la parole.
"Je vais en parler au Maire. J'ai des ordinateurs à donner de toute façon. Me remerciez pas.
Je n'en avais pas l'intention, répliqua Coulson vexé."
Tony regardait les vieux Lenovo avec un air affligé. Ils avaient si peu de moyens à la NYPD ?
"Et donc, le gang des Porsche ? Ils en ont revendues plusieurs ?
C'est bien ça le pire, soupira son inspecteur en s'approchant d'une parodie d'ordinateur. Ils ne les revendent pas."
Il afficha une vidéo sur une plateforme - DarkTube, quel manque d'originalité - où l'on voyait deux personnes masquées au volant d'une Porsche, roulant à toute vitesse sur une plage le soir. Les masques étaient ceux de Chewbacca et Dark Vador. L'inspecteur avança jusqu'à la fin, où on les voyait se garer devant un commissariat et partir discrètement.
"On table sur une dizaine de personnes. Leur dernier méfait consistait en un parcours GTA dans New-York. Ils ont mis des tremplins et des obstacles dans tout Manhattan."
Sam se délecta de l'expression faciale outrée de Stark.
"Ils font ça pour des vues ? s'exclama-t-il.
Et pour l'argent. A chaque direct, les spectateurs peuvent envoyer des dons. C'est de l'argent propre. On ne peut pas utiliser légalement cet argent pour les retrouver. C'est aussi pour ça qu'ils ne revendent pas les Porsche.
Monsieur, intervint une des geeks, une dénommée Skye. Ils sont en direct.
Déjà ? s'exclama Sam ahuri."
Sur l'écran, on pouvait voir deux personnes portant pour l'un un masque de Barack Obama et pour l'autre de Michelle Obama, au volant d'une Porsche personnalisée.
"Est-ce qu'on voit l'ordinateur ? demanda Stark anxieusement.
Non, la caméra reste pointée sur la route, répondit Skye."
Stark jura si fort que Sam se sentit obligé de le rassurer.
"En aussi peu de temps, ils n'auront pas eu le temps de le vendre. On peut tenter de le pister en attendant. On sait où ils sont ? s'enquit l'inspecteur à son collègue. On devrait pouvoir les attraper cette fois.
Trop tard, marmonna Coulson impuissant, les yeux rivés sur le direct."
Barack Obama avait donné un coup de volant qui l'envoya défoncer la vitrine d'un Starbucks. Atterré, Tony vit les deux braqueurs sortir du désastre carrossier qu'était devenue sa voiture et lancer :
"Les mains en l'air et tous tes muffins myrtille chocolat blanc ! Et si tu me demandes mon prénom, je t'éclate façon guerre en Irak !"
Les braqueurs s'enfuirent avec leur larcin, et le direct se termina. Le silence s'installa dans le bureau.
"Casanova, balbutia Stark. Tombée dans un braquage à la voiture bélier. Pour des muffins."
Compatissant, Sam lui tapota l'épaule, avant de réaliser.
"Vous avez appelé votre voiture Casanova ?
C'est mieux que Titine, répondit Stark. Et ça va mieux à une Porsche.
Skye, envoyez une patrouille pour sécuriser les lieux, ordonna Coulson.
Je vais sur place avec Stark, annonça Sam. Il est le seul à pouvoir utiliser son ordinateur."
Stark parut soudainement surexcité.
"Je vais être autorisé à aller sur une scène de crime ? Est-ce que vous pourrez dire "Il est avec moi" avec un air badass au planton ?"
Quel âge mental avait ce type au juste, songea Sam en lui marmonnant que non même pas en rêve, et que s'il continuait, il le laissait dehors.
Ils furent au Starbucks en quelques exaspérantes minutes pour contempler l'intolérable : Casanova encastrée dans le logo vert et blanc de l'enseigne.
"L'ordinateur n'y est pas, les informa Skye avec une expression exaspérée.
Tout va bien vieux ? fit Sam qui trouvait au milliardaire un air de crapaud coincé avec une cigarette, sur le point d'exploser.
Ils m'agacent ces enfoirés, on se croirait à l'époque de Nerve."
La mine de l'inspecteur s'assombrit et Tony se sentit obligé de demander :
"Nerve ?
Une application illégale. Ca avait foutu une pagaille pas possible à l'époque. Gagner des sous en faisant des gages de plus en plus dangereux."
Stark n'insista pas, occupé à retourner toute la voiture dans l'espoir de retrouver son foutu ordinateur. Il finit par sortir et pousser un cri de rage.
"Ces petits salopiots ne s'en sortiront pas comme ça !"
A l'incrédulité de Sam, Stark le força plus ou moins à le suivre chez lui pour, il citait "traquer ces enfoirés avec du vrai matos et pas deux bouts de silicium en fin de vie", fin de la citation.
C'est ainsi que Sam se trouva dans le penthouse de la Tour Stark, la tour la plus clinquante de NYC.
Tony savoura l'expression impressionnée de l'officier de police. C'était sa Tour et, symbole phallique ou pas, il en était fier.
"Suivez-moi, on va prendre mon ascenseur privé."
Tony salua le réceptionniste en se dirigeant droit vers un miroir, entre les autres ascenseurs. Perplexe, l'inspecteur le vit apposer son index au centre du miroir, déclenchant l'ouverture en deux de la paroi réfléchissante. Le milliardaire entra dans l'ascenseur caché avec l'air très satisfait de lui-même, et l'inspecteur se résigna à le suivre. Les portes se refermèrent sur eux.
"Vous regardez vraiment trop de films d'espionnage, soupira l'inspecteur alors qu'ils s'envolaient dans les étages.
-C'est très cool et je peux le faire, pourquoi je me le refuserai ? fit l'homme d'affaires avec un sourire impeccable."
Enfant gâté, songea le policier en refoulant de toutes ses forces son admiration.
Avant d'ouvrir les portes, l'ascenseur annonça qu'ils étaient arrivés à l'Atelier (notez que la majuscule s'entendait à l'oral). L'endroit était la caverne d'Ali Baba de toute personne passionnée de technologie. Il y en avait pour des dizaines de millions, mais c'était un bordel monstrueux.
Stark s'avança dans la pièce avec assurance, alors que Sam faisait attention à ne rien toucher, de peur de marcher sur quelque chose qui valait l'entièreté de son salaire annuel.
"Si vous voulez quelque chose à boire, il y a un bar sous le tuyau d'aluminium, par là-bas, dit Stark en agitant la main dans une direction vague."
Il n'avait pas besoin d'être très précis, puisqu'il était impossible de louper l'énorme tuyau brillant posé sur une surface déjà encombrée par toutes sortes d'outils inconnus de Sam. Il se dirigea vers l'endroit, envisagea de se servir un verre, s'aperçut qu'il aurait à bouger trop de choses pour ce faire, et abandonna l'idée.
Pendant ce temps, Stark pianotait à toute allure sur un clavier, un écran totalement futuriste devant les yeux. Il parlait aussi tout seul.
"JARVIS, entre les données de la caméra, et donne moi toutes les adresses IP par lesquelles elle transite. Il y aura forcément un maillon faible.
Bien monsieur, répondit une voix sortie de nulle part."
Sam sursauta violemment.
"Qui est là !"
L'ingénieur le regarda avec un sourire indulgent, de ceux qu'on réserve aux très jeunes enfants qui découvrent le téléphone.
"C'est mon IA. Intelligence Artificielle.
Merci, j'ai vu I Robot, grommela l'inspecteur de police, ses yeux inquiets fouillant le plafond. Et donc ? Quand est-ce qu'elle détruit le monde ?
Il n'y voit pas grand intérêt. Pas vrai JARVIS ?
Nullement monsieur.
Tu ne vas nullement conquérir le monde, ou nullement oui ?
Affirmatif, monsieur, fit l'IA avec un semblant de sourire transparaissant dans sa voix."
Cette controverse linguistique faisait affluer l'angoisse et une bonne migraine chez Sam, aussi il tenta de changer de sujet.
"Vous pensez réussir à localiser votre ordinateur sous quel délai ?
Tout dépendra des informations que collecte JARVIS. J'espère que d'ici ce soir, j'aurai une localisation à vous donner.
Ce soir ? s'étrangla Sam. Mais je fais quoi en attendant ?
Discutez avec moi, je suis plus efficace quand je babile. Et puis, dès qu'on aura la localisation, on fonce.
Pas de nouvelle de votre puce GPS ? Ce serait tout de même plus simple."
Le regard de Stark se fit noir.
"Apparemment, la poisse me poursuit. La puce semble ne pas fonctionner. Ou alors quelqu'un l'a trouvée, et l'a détruite."
Sentant qu'ajouter quelque chose ne ferait que jeter du sel sur la plaie, Sam préféra changer de sujet.
"Quel est le rôle de JARVIS alors ?
Tu sais, tu peux t'adresser directement à lui, il comprend tout.
J'ai été créé pour assister Monsieur Stark dans tous les domaines, que ce soit la recherche ou juste lui couler un bain."
Les sourcils de Sam crevèrent le plafond, alors que Stark rayonnait.
"JARVIS est l'IA la plus perfectionnée du monde, avec prise d'initiatives, et tout.
C'est une chance que vous ne l'ayez pas baptisé Skynet, railla Sam.
J'y ai pensé, mais Pepper, mon assistante, me l'a formellement interdit."
Sam poussa un énorme soupir. Ce type, malgré sa plastique, n'était pas un cadeau. Pourtant, l'inspecteur appréciait son sens de l'humour… la plupart du temps.
"Ca fait longtemps que vous êtes dans la police ? renchérit l'ingénieur sans le regarder, ses doigts pianotant Rhapsody in blue sur ses claviers.
Six ans cette année, fit Sam après avoir décidé que la question n'était pas si intime.
Ca commence à faire. Vous tenez le coup ?"
Sam cligna des yeux, n'ayant pas anticipé l'afflux de souvenirs qu'avait apporté la question.
"Je… Il y a eu des hauts et des bas, répondit-il prudemment.
Moments difficiles ? s'enquit Stark.
Brigade antigang de New York. Evidemment que oui."
L'ingénieur devina qu'il était en train de trifouiller dans des plaies douloureuses, aussi il n'insista pas. Il était cependant curieux, et laissa s'écouler quelques secondes de silence pesant, montrant par là qu'il n'était pas contre une histoire moche. L'inspecteur tritura son col d'uniforme, prit une clef anglaise pour la faire tourner dans sa main, la reposa, la reprit, puis s'enquit :
-Vous vous souvenez des Italiens, l'année dernière ?
- Ouaip. J'ai été au gala de charité pour le flic tombé dans la fusillade, pour soutenir sa famille. C'était le maire qui avait organisé ça.
- Riley, le flic en question, on était partenaires. Depuis mes débuts. C'est lui qui m'a tout appris. Je déteste les galas. C'est pas de galas dont on avait besoin, merde, s'énerva Sam. Ce sont de meilleurs équipements, des gilets pare-balles plus efficaces, et une putain de législation contre le port d'arme !"
Sam se concentra. Il devait desserrer les poings, prendre de longues inspirations. Dix mois plus tard, et l'absence de Riley pesait toujours autant. Il y avait encore des jours où il s'attendait à le voir en entrant dans son bureau, mais c'était Steve qui était là.
Steve était très bien. Il était efficace, il avait d'excellents réflexes en opération et faisait peur aux petites frappes à cause de sa musculature improbablement parfaite. Mais il n'était pas Riley.
"Désolé, dit Stark."
Il semblait excessivement sérieux, ce qui ne lui allait absolument pas. Sam se força à sourire.
"C'est du passé.
Vous n'avez pas envisagé de, je sais pas, raccrocher ?
Je mentirais si je disais que je n'y ai pas songé à un moment. Mais jamais sérieusement. Riley m'aurait arraché la tête si j'avais fait ça."
Cette fois, ce fut un vrai sourire qui éclaira tristement son visage.
"Monsieur, excusez-moi de vous importuner, mais j'ai une piste, dit JARVIS faisant inévitablement sursauter Sam qui s'était laissé déconcentrer.
Tony se détourna à regret des yeux plein de fantômes de l'inspecteur. La conversation avait laissé ressortir des points importants, et ce sur plusieurs plans. Il allait définitivement faire don d'équipement numérique à la brigade. Et il allait aussi chasser Yinsen de son esprit.
-Accouche, mon chéri, dit-il à son I.A.
-Il y a une similitude dans le codage qui m'a redirigé en Albanie, à Singapour, en Ethiopie et finalement dans Hell's Kitchen, New York.
-Bien sûr que les raclures qui m'ont volé Casanova habitent à Hell's Kitchen, marmonna Stark en serrant les dents.
Sam se mordit la langue pour ne pas rire ou faire un commentaire sur le nom de la voiture. Il savait également que l'immatriculation était personnalisée évidemment : STRK1CSNV. C'était le dossier le plus ridicule de sa carrière, et il en avait vu des choses.
"Affiche-moi tout JARVIS, ordonna Stark sans se douter que Sam riait sous cape derrière lui. Bordel, qui a crypté ce réseau ? C'est le bordel ! Tu m'étonnes qu'il y ait des redondances. Et c'est quoi ce code ?"
Il pianota encore quelques instants avant d'arborer un sourire satisfait.
"Je te tiens ! Encore un petit effort ! Ah, merde ! J'ai été repéré ! JARVIS, un peu d'aide !
Tout de suite, monsieur."
Stark continua à donner des ordres, alors que Sam, silencieux, tentait de comprendre ce qu'il se passait à l'écran, mais tout allait trop vite, et les caractères abscons ne lui disaient strictement rien.
"Ahah ! Triompha Sark après une longue lutte. J'ai une adresse et un nom. C'est parti !"
Sam sursauta.
"Wouha wouha, attendez, on ne peut pas faire ça comme ça, il y a des procédures-
On s'en branle des procédures. Je suis Tony Stark. Je viole les lois depuis que j'ai onze ans. On est partis !"
Sam passa le trajet au téléphone avec Steve pour tenter d'obtenir un mandat avant qu'ils n'aillent voir cette hackeuse de Hell's Kitchen. Mais la procureure n'avait jamais été une grande fan de Fury, et allait mettre du temps avant de leur obtenir, d'autant qu'ils avaient fait appel à un consultant non officiel pour obtenir cette adresse IP.
Le problème étant que Sam était davantage concentré sur la route que sur son coup de fil, car Tony conduisait Don Juan (sa Maserati, donc) de manière assez sauvage. A vrai dire, on aurait pu croire qu'il venait de braquer l'agence bancaire locale.
-Ralentissez, Stark, où mes collègues de la circulation vont nous prendre en chasse.
-Sam - je peux vous appeler Sam ?- vous râlez pour la forme, ou vous pensez sérieusement qu'une Maserati est faite pour rouler à cinquante à l'heure ?
-Non, vous ne pouvez m'appeler Sam, et non, mais je suis sérieux à propos de mes collègues.
Avec un sourire suffisant, Stark appuya sur l'accélérateur, et Sam raffermit sa prise sur l'accoudoir.
"Bordel à queue Stark ! Vous allez nous tuer ! vociféra-t-il alors que la procureure décrochait enfin son téléphone.
Vous pouvez rappeler si vous êtes occupé, inspecteur, répondit Mme Hogarth.
Pardon madame. J'ai besoin d'une autorisation de perquisition dans le cadre de l'enquête du gang des Porsche. Nous avons localisé un maillon de la chaîne de… comment déjà ?
J'ai localisé une adresse par laquelle transite le flux de données du direct de DarkTube. L'adresse est dans Hell's Kitchen, un appartement au nom d'une certaine Jessica Jones."
Stark avait parlé suffisamment fort pour être entendu. Il y eu un blanc sur la ligne.
"Vous avez bien dit Jessica Jones ? demanda la procureure Hogarth.
Affirmatif madame, répondit Sam.
Vous avez le feu vert."
Sans autre forme de cérémonie, elle raccrocha.
Sam, légèrement surpris, resta à contempler son téléphone. De toute sa carrière, il n'avait jamais obtenu un mandat de perquis' aussi facilement. Puis il manqua de se prendre le front sur le tableau de bord, suite à un coup de frein tout aussi subtil que le reste du trajet.
-Nous sommes arrivés, chantonna Stark dans une caresse sur son volant. Ecoutez, j'ai un dilemme, d'un côté, il y a laisser mon bébé sans surveillance dans ce quartier infâme, et de l'autre, il y a votre "Il est avec moi", lança le milliardaire avec une voix ridiculement grave et des sourcils trop froncés.
-Je vous ai déjà dit qu'il n'était pas question que je dise ça, affirma Sam en quittant cet engin de mort.
Il espéra un instant que l'amour de Stark pour sa voiture le laisse mener cette perquisition tranquillement, mais le milliardaire le suivit quelques secondes plus tard. Avant de monter à son tour les marches crasseuses de l'immeuble, il verrouilla la Maseratti en chuchotant :
-Si quelqu'un te touche, tu cries, d'accord ?
L'immeuble était comme tous les immeubles de ce quartier. En briques, mal entretenu, aux couloirs assombries par l'absence de luminaire fonctionnel, et dont les portes en enfilade donnaient plus l'impression d'un établissement pénitentiaire que d'un immeuble d'habitation.
L'appartement visé était celui au bout d'un couloir, dont la vitre avait été remplacée par du papier kraft, sur lequel quelqu'un avait écrit au marqueur noir : J. Jones Détective privée.
Attendez, quoi ?
Sam n'eut pas le temps de se poser plus de question, les deux agents qui devaient l'aider à perquisitionner arrivaient, alors que Stark le pointait du doigt en disant
"Je suis avec lui, mais il veut pas le dire."
Sam leva les yeux au ciel, et frappa à la porte de trois coups polis.
-Mme Jones ? NYPD, brigade antigang.
Etait-il bien raisonnable de garder du papier kraft en guise de fenêtre dans un quartier comme celui-ci, même pour un bureau de fonction ?
Plus important, pourquoi une détective privé s'amuserait-elle à s'afficher sur le darkweb en train de bousiller des Porsche ? Il y avait tout de même d'autres moyens pour arrondir ses fins de mois, comme travailler au coffee shop du coin, livrer des pizzas, ou vendre de la beuh, à la rigueur.
La porte s'ouvrit sur une jeune femme irradiant la mauvaise humeur, avec une haleine de Jack Daniels et des cernes lui arrivant presque au menton.
-'Jour. Vous avez rendez-vous ?
-Non, mais vous, oui, affirma Sam en brandissant son mandat de perquisition.
L'inspecteur ne le vit pas, mais derrière son dos, le milliardaire jaugeait sa réplique d'une moue sceptique.
-Vous auriez pu faire mieux, glissa-t-il à l'inspecteur.
Sam prit une grande inspiration, répéta intérieurement comme un mantra qu'il devait rester professionnel.
"Qu'est-ce que j'ai fait encore, grommela Jones en n'ouvrant pas la porte.
Activité illégale sur le web, relai de diffusion de crime par le darkweb, association de malfaiteurs, appartenance au gang des Porsche, récita Sam en vrac.
Han merde ! jura Jones en ouvrant enfin la porte. Montrez-moi ça voulez-vous?"
Elle arracha le papier des mains de Sam, puis jura à nouveau.
"Putain ! Jeri, sale pute !
Vous connaissez la procureure Hogarth ? s'étonna Sam.
Je bosse pour elle, répondit la femme. Entrez, je vais vous expliquer. Elle n'a pas dû apprécier que je couche avec sa maîtresse. Mais je n'ai rien à voir avec le gang des Porsche. Enfin si, mais pas comme ça."
L'appartement sentait le renfermé, le whisky et la cigarette magique. Une merveille. Mais c'était à peu près rangé. C'est ce que se dit Sam avant que Jones n'ouvre un placard et que des dossiers lui tombent sur les pieds.
Tony leva les yeux au ciel alors que son inspecteur se retrouvait embourbé jusqu'aux mollets sous de la paperasse. Il contourna le bureau de la détective pour jeter un oeil par la fenêtre pour vérifier que sa Maserati n'avait pas été volée, elle. Rassuré, il fit volte-face, et se pencha sur le mac de la détective.
-Eh, vous, l'interpella la jeune femme. De un, éloignez-vous de mon ordinateur. De deux, vous ne seriez pas Tony Stark ?
-Lui-même, vilaine hackeuse.
-Pas que j'en ai quelque chose à faire, je ne savais juste pas que vous étiez consultant pour la NYPD. Rassurez-moi, vous avez pris le bus pour venir ici ?
Comme si les malfrats avaient attendu cette inquiétude pour commettre leur larcin, un vrombissement familier les interrompit, et Tony sentit tout son sang quitter son visage.
-Dom Juan, chuchota-t-il. Pas toi.
L'inspecteur se précipita à la fenêtre pour regarder la Maserati effectuer un dérapage, et porta un regard désolé sur le milliardaire. Quand il posa une main compatissante sur son épaule, Tony affirma :
-C'est définitif, je ne sortirai plus jamais de chez moi.
-Non, parce que vous allez vous faire électrocuter par votre grille-pain. Croyez-moi, il faut soigner votre karma, c'est urgent.
- Vous radotez, inspecteur Sam.
- Parce vous ne profitez pas suffisamment de ma sagesse insondable. Allez, au boulot ! On a une perquiz à mener !
- Holà ! Attendez ! intervint Jones. Pas si vite ! Je dois vous expliquer deux trois choses avant ça !"
Sam haussa un sourcil et fixa la femme aux valises sous les yeux. Elle avait l'air de n'avoir pas dormi depuis trois mois et vingt-neuf jours.
"On vous écoute.
Je suis effectivement en lien avec le gang des Porsche, mais dans le cadre d'une mission de Jeri Hogarth. Je travaille pour elle de temps en temps. Vous pouvez lui demander. De toute façon, je refuse la perquisition. Secret des sources, tout ça tout ça. Mais je peux vous donner quelques tuyaux.
Je vais d'abord vérifier votre histoire. Stark, remettez-vous bon sang ! Vous en avez d'autres des Maserati !"
Romeo et Giulietta sont moins belles que Dom Juan, marmonna le milliardaire.
C'est ça, c'est ça, je suis sûr que vous pouvez racheter la même demain en cash. Bien, madame Jones, vos coordonnées, et je vais vous demander de ne pas quitter New York dans les jours qui viennent.
Le retour fut particulièrement serré, à quatre dans une voiture de police qui respectait les limitations de vitesse. Stark regardait par la fenêtre avec les bras croisés, semblant contrarié et pensif.
-Ils sont bons, finit-il par marmonner. J'avais des systèmes antivols très perfectionnés sur cette voiture, les mêmes que sur ma Porsche.
-Vous croyez que c'est mon gang qui vous a volé votre Maserati ? réagit Sam.
-Peut-être…
-Ca divergerait de leur mode opératoire.
-On le saura dans quelques heures, je suppose. Si c'est eux, ils vont encastrer ma voiture dans un Hard Rock Café pour voler du cheese-cake.
-Ne soyez pas si défaitiste.
-Parce que vous me trouvez chanceux, ces derniers temps, peut-être ?
Quelques secondes passèrent, puis le milliardaire s'enquit :
-Au fait, pourquoi vous donnez des lettres aux semaines, à la brigade ?
- Pardon ? fit Sam interloqué
- Oui, Fury a sorti un truc comme "semaine du S". Ca signifie quoi ? Semaine du stagiaire ? Du sucre ? De la sieste ? De la sodomie...
- Vous vous souvenez de ce que j'ai dit au commissaire pour être collé à l'accueil ?
- Le coup du donjon BDSM… Ooooooh ! La vache ! J'étais proche en fait avec sodomie.
- C'est bon Stark. On a compris, râla Sam.
- Tony. Si je peux vous appeler Sam, vous devez m'appeler Tony."
Les deux flics qui les accompagnaient se taisaient, se faisant tout petit à l'arrière du véhicule, à la place habituellement réservée aux prévenus.
"Bon, c'est quoi la suite ? demanda Stark en voulant rompre le silence gênant qui s'était installé.
On vérifie les dire de la dame, puis si elle dit vrai, on lui demande de coopérer. Si j'ai bien compris, elle a infiltré le gang via un ami à elle qui leur file un coup de main de temps en temps. Ca ne va pas être évident de la convaincre de faire la liaison entre eux et nous, mais on devrait y arriver. Avec un peu de chance, le gang a toujours votre ordi.
Ouais, ben excusez-moi si je ne compte pas trop sur la chance. De toute façon, j'ai toujours JARVIS qui cherche de son côté."
N'hésitez pas à laisser un avis aussi peu constructif que l'est cette histoire !
Merci, bisous !
