Texte 2 : La première fois
Fandom : X-Men - UA avec pouvoirs
Ship : Cherik
Rating : M
Il va sans dire que pour toi, Nalou, je ne pouvais pas passer à côté d'un Cherik, mais j'ai voulu essayer un genre un peu différent de ce que j'ai déjà fait avec ce couple. Du coup, cet OS est né comme le pendant de Une seule fois, bien qu'ils puissent parfaitement se lire l'un sans l'autre.
J'espère, chère Nalou, que ce petit texte te plaira. Merci d'être toi, avec ton sourire, ta franchise et ta bonne humeur.
Je te souhaite une excellente Saint-Valentin.
La première fois
Je descends et me mêle au gratin new-yorkais. Le carillon tinte, il est quatre heures. Le soleil n'est pas levé. Beaucoup ne se sont pas couchés. Tous sont outrageusement bruyants, opulents. La migraine me saisit aussitôt entré dans l'immense salon. Les pensées, fanfaronnes, coquines, m'assaillent et me harcèlent, ma garde est baissée. Je relève les palissades, les voix se calment. La cacophonie baisse de quelques octaves. Je me détends et rouvre les yeux. J'ai besoin d'un verre.
Je me fraie un chemin vers le buffet hors d'âge et me serre un whisky que je descends d'une traite. L'alcool me brûle la gorge et m'arrache une grimace le temps que je m'en serve un second.
Je lève alors les yeux et, à travers la brume capiteuse, un charme terrible me foudroie. Je suis cloué au chêne séculaire tant le choc est violent. Mon cœur s'emballe. Je te vois, toi. Toi. Je ne saurais justifier pareille impression, ni même la décrire sans la ternir. C'est si extraordinaire.
Droit, marmoréen, comme fait de métal. Tu te tiens dans l'embrasure de la porte comme si le monde entier était à tes pieds. Et comme je meurs d'envie de m'y jeter ! Ton esprit est aussi impénétrable que le diamant, il brille si fort qu'il me fait mal alors que je l'effleure du mien. Tes défenses sont infranchissables, je ne puis les briser.
D'un coup, tes yeux de vif argent coulent vers moi et me transpercent comme des fers de lances. Mon souffle se coupe, mon cœur semble se ratatiner dans ma poitrine. Je déglutis.
Tu as un si beau visage. Tes cheveux blond vénitien le couronnent avec splendeur. Ton nœud papillon cache des merveilles, j'en suis convaincu. J'en rêve.
Tu me dévisage pendant un temps immensurable et, soudain, tu me souris. Je me sens fondre. Oui, tu me souris, d'un sourire aussi charmant que carnassier, presque squalide. Je frissonne, mon sang est à la fois glacé et bouillant. Je souris à mon tour. Mes joues sont rouges, je le sais, la chaleur irradie à travers tout mon corps. Je dois avoir l'air ridicule.
Pourtant, tu approches. Tes traits germaniques se précisent. Tu es taillé à la serpe, mais seul un sculpteur de génie pourrait oser prétendre à une telle œuvre. Tu t'approches encore. J'en suis certain désormais, c'est bien moi que tu regardes. Tes yeux me détaillent, courent sur mon corps qui tremble à leur contact, remontent vers les miens.
Je me noie dans l'océan tumultueux de tes iris. Ils sont comme la mer après la tempête. Aussi terribles que fascinants. Ils m'attirent irrémédiablement.
Tes lèvres s'étirent. Tu te penches vers moi, je lève la tête. Nos visages se frôlent.
Un geste. Un regard. Le salon disparaît. Le reste de la nuit est pour toi. Pour moi.
L'étreinte est violente, passionnée, avide. Elle nous manquait de toute la force de sa réalité.
C'est la première fois.
Celle où, ivres d'amour et de joie, nos deux âmes se fondent.
Créant ce nous merveilleux qui, toujours, sera.
