Texte 3 : Amants séléniens
Fandom : Sherlock
Ship : Johnlock
Rating : M (smut, BDSM très light)
Cet OS-ci est pour toi, Hamish. Je n'ai pas du tout l'habitude de manier le Johnlock, mais ça m'a plu d'écrire ce texte et ça me fait plaisir de te l'offrir. J'espère qu'il te plaira. Merci pour ta spontanéité et ton honnêteté. Always be yourself.
Je te souhaite une excellente Saint-Valentin.
Amants séléniens
La neige couvrait Londres d'un lourd manteau blanc. Les sons de la ville étaient étouffés sous les cristaux aux formes innombrables. Le temps semblait s'être arrêté.
Même au 221B Baker Street, rien ne bougeait. Aucune lueur ne filtrait entre les rideaux qui, pourtant, n'étaient pas tirés.
La lumière des réverbères, tamisée par la neige qui s'y accumulait, pénétrait jusque dans la chambre, caressant furtivement les draps froissés, les jambes nerveuses, les corps frissonnants.
Aveuglé par le tissu flou, John n'avait de cesse de frémir, de tressaillir ou de sursauter tant les gestes de Sherlock étaient inattendus et fulgurants.
La douceur de la pulpe des longs doigts fins de son détective cédait régulièrement la place à la sensation rêche du vieux cuir du martinet qu'il se contentait de promener sur la peau sans jamais la cingler.
À ce contact, le corps du médecin tremblait de désir, d'anticipation. Il savait qu'il devrait attendre. Il savait que Sherlock ne cèderait pas à ses suppliques. Que lui seul déciderait du moment où la jouissance pourrait s'emparer de John.
Et John savait que le pouvoir qu'il lui donnait sur lui transcendait Sherlock.
Ses sensations, décuplées par son incapacité à voir, l'assaillaient de toute part. Il ignorait tout des futurs mouvements de l'homme qui, pourtant, n'avait de cesse de le frôler.
Un sursaut accompagna le glaçon lorsqu'il se posa près de son nombril. La langue de Sherlock suivit l'eau froide dans le puits et John gémit. La tête lui tournait tant son amant semblait partout à la fois.
Les lèvres du détective s'arrondirent pour embrasser la peau fine du bas-ventre. Il s'arrêta. John attendit. Non. Pas encore. La langue douce se posa à nouveau sur lui et descendit le long de la ligne sous le nombril. Le souffle de John se coupa brusquement.
Là. Ils y étaient presque.
Le glaçon remonta entre les abdominaux, les redessina suavement, arrachant moult frissons au médecin éperdu tandis qu'une chaleur terrible naissait dans les recoins les plus intimes de son corps.
La pièce argentée résonnait des suppliques lascives du captif volontaire, ponctués çà et là de légers bruits humides, incroyablement obscènes.
La langue agile de Sherlock s'insinuait partout, brûlante comme une anguille enflammée.
Le minuscule iceberg ne pouvait contrebalancer pareil brasier, il n'était plus qu'une minuscule marre tiède entre les muscles.
Brutalement, un nouveau frémissement rompit la tension de surface, un spasme engendra un raz-de-marée qui fit jaillir des gouttelettes tous azimuts, constellant la peau tendue d'une myriade de billes translucides.
Elles se mirent bientôt à dégringoler le long de cette falaise instable, bondissant en tous sens comme si elles étaient subitement devenues folles. Les côtes se contractaient, les hanches ondulaient.
La réalité se dérobait sous le corps brûlant de John. Le souffle lui manquait. La tête lui tournait. Sherlock était un virtuose.
« Oh mon di… »
D'un coup, tout son être se tendit comme un arc prêt à se rompre et un gémissement lui échappa. Long. Sonore. Terriblement lascif. Il le laissa alanguis, terrassé. Ô combien heureux.
