Je ne m'attendais pas à écrire une suite si rapidement… Les bonnes nouvelles reçues aujourd'hui ont surement aidée… Qui sait ?
Et avec ce chapitre, je vous invite à rentrer dans le vif du sujet de cette histoire !
J'en profite pour un petit moment de PUB.
Connaissez-vous la chanteuse Oonagh ? C'est une chanteuse allemande qui a fait pas mal de chansons sur l'univers de Tolkien (mes préférées sont Fëanor – Herr des Lichts, Eldamar, et Aulë und Yavanna). Et vous savez quoi ? Quelques refrains sont en elfiques !
Bonne lecture !
A Wolf under the Mountain
III
Kíli est un sale gamin intrépide qui apprend rarement de ses erreurs. Oìn se rappelle du nombre de blessures que le jeune prince nain a pu recevoir au cours de son enfance dès le moment où il a su marcher. Fíli était déjà intenable, son frère était pire. Les deux n'aidaient pas leur oncle à ne pas se faire de cheveux blancs.
En toute honnêteté, bien qu'il dévoile le secret médical, Oìn avoue sans problème que si Kíli est toujours en vie pour cette aventure, c'est un véritable miracle que leur accorde le roi du Mandos.
Oìn avait déjà voulu étrangler le gamin à mainte reprise pour son insubordination et son incapacité à rester en place plus de cinq minutes. Ces idées noires s'évaporaient toujours bien vite, car les enfants sont rares au sein de leur peuple. Et quel guérisseur viendrait à tuer l'un de ses patients, outre pour abréger ses souffrances ?
Quand il a vu l'archer s'élancer sans arme ni la moindre protection sur les orcs pour rouvrir la grille garantissant leur liberté, son cœur s'est soudain serré. Il n'y avait pas une ou deux créatures des ombres, mais tout un groupe, une cinquantaine à bas mot. S'en sortir seul face à temps relevait d'un autre miracle.
Ou du suicide.
Au loin, avant même que son tonneau ne frappe celui de ses frères d'armes, il devinait Fíli tendu, à appeler son frère en boucle, et Thorín, plus pâle qu'un mort, à scruter la roche du regard, comme s'il pouvait la transpercer et apercevoir son neveu.
Mourir sur un champ de bataille est un honneur sans borne. Mais si jeune ? Si proche de leur but ? Non. Non. Oìn ne peut pas –ne veut pas- l'imaginer…
Le vieux nain ne voit pas une forme distincte. Il ne sait pas avec exactitude ce qu'il voit. Une masse grise et blanche, dont il craint le pire à l'apercevoir se jeter sur le plus jeune neveu de son roi.
Un cri se meurt dans sa poitrine…
Pour que son souffle ne se libère l'instant d'après dans sa poitrine. Quelque chose à protéger Kili d'une flèche. Il ne sait d'où, il ne sait de quel orc, et ni ce qui l'a protégé. Le fait est qu'il est sauf.
L'éclair gris et blanc s'est volatilisé aussi vite qu'il était apparu, jetant à l'eau la flèche criminelle.
Ce n'est pas comme s'il eut le temps de scruter le paysage avec une attention plus particulière et inspecter la scène en sortant de son tonneau et nager jusqu'à la rive la plus proche. Kíli s'est accroché à la barre, la grille s'est ouverte et les eaux les entraînent.
Les nains ne verront pas l'arrivée des elfes.
Une lame de Morgul. Il grince des dents : l'odeur autant que le goût est horrible.
Sans rester à un point fixe, il bouge, sautant sur les orcs qu'il rencontre et ne les laissant jamais en vie au moment où il leur saute dessus. Il ne laisse derrière lui, que des cadavres gargouillant et des éclaboussures de sang noir.
Il est vif et rapide. Invisible et imprévisible.
Et il court, il court et court…
Le vent le guide, autant que le bruit de la rivière.
Il talonne les orcs, comme les elfes les talonnent.
Il s'arrête aux frontières.
Les elfes ont encore une aide à jouer en sa faveur, il ne peut donc aller plus loin.
D'un regard impassible, il observe les nains poursuivre leur course le long de la rivière. Lui, s'occupe de monter la garde. S'il ne peut les suivre, il tuera les créatures qui veulent les suivre. À ses pieds, quelques cadavres s'entassent déjà.
Un bruit derrière lui le force à se retourner.
Un sourire soudain carnassier étire le bout de ses lèvres. Des frissons parcourent son corps à l'en faire trembler d'excitation.
Ce ne pouvait pas mieux tomber…
_ Toi… gronde l'orc
Quelques insultes en langue noire sont prononcées sans qu'il ne fasse vraiment attention au sens. Il s'en fiche juste. Il a l'occasion de se venger, il n'hésitera pas une seconde.
Alors il joue un peu avec son épée de fortune avant de s'élancer, d'un pas souple, sur son ennemi.
Il est rapide, vif. Le fer se croise et claque.
Ses blessures lui font mal, parfois la force du choc le fait reculer et lâcher prise. La lame entaille sa joue ou son bras. Il n'en a que faire…
Ce n'est qu'un détail et il tient bon.
Ce n'est qu'une question de vengeance personnelle.
Legolas ne cache pas sa grimace de dégoût.
Il ne peut aller plus loin que les frontières récupérer les nains. Son père ne lui en n'a pas donné l'autorisation. À lui comme à ses confrères.
Si le prince de Mirkwood était sûr de ne pas rattraper la Compagnie de Nains et de devoir se débarrasser des derniers orcs –avant que ces derniers ne passent les frontières- il ne s'attendait pas à trouver aligné à ses pieds, suivant la ligne imaginaire des bordures du territoire, les têtes tranchées des créatures infâmes.
Avec, au milieu, planté sur une branche morte celle de Bolg, progéniture d'Azog le Profanateur.
Une sur quatorze. (Une sur quinze s'il comptait le magicien.)
Ce n'était pas beaucoup.
Mais il est patient. Il sait qu'il y a encore un tas de moment où il pourra intervenir.
Sa dette, il la payera, quel que soit l'endroit et le moment.
C'est une promesse qu'il a faite. Il la tiendra.
