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Chapitre 2
Chacun son chemin
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Sac de course dans une main, stroopwafel dans une autre, et livre épais sous le bras, Allen fixait avec envie le joyeux marchand qui faisait cuire des cuisses de poulet tout en discutant gaiment avec sa femme. Il fut tant concentré sur la délicieuse odeur et ses bras si chargés que lorsque Timcanpy vint percuter son crâne sans avertissement, il fut incapable de se réceptionner correctement.

Il laissa échapper un cri de surprise et s'écrasa face contre terre, ses pommes roulant sur la chaussée près des fiacres et sa gaufre se perdant sous le stand du marchand de viandes.

« T-… Tim' ! Tu es déjà de retour ? » s'exclama le maudit en se redressant, scrutant avec incrédulité son fidèle compagnon.

En effet, le golem voletait tranquillement au-dessus de lui, loin d'être troublé par la vision de son maître poussé au sol par sa faute. Cela faisait pourtant à peine deux jours qu'Allen avait donné son message de réponse à Timcanpy, et le revoilà déjà de retour, avec plus surprenant encore, une enveloppe pliée en deux entre les dents.

Et pour couronner le tout, le golem ne paraissait pas plus fatigué que ça. Après tout, contrairement aux deux voyages précédents, il avait fait beau soleil de Londres jusqu'aux Pays-Bas.

Mais Allen passait de surprise en surprise, si bien qu'il resta un instant assis sur les dalles à fixer Tim'.

« Est-ce que vous allez bien ? » fit une voix derrière lui.

Allen se redressa illico, se rendant soudain compte dans quelle position il se trouvait –c'est-à-dire, assis sur les fesses au milieu de la chaussée- et croisa le regard doux et préoccupé de la femme du marchand. Ses beaux cheveux blonds se gonflaient au gré du vent, et Allen la trouva très jolie.

Dans ses mains se trouvaient les pommes qui avaient roulé sur la route, ainsi que la cuisse de porc fermement emballé qui avait subi le même sort. Allen la remercia alors sans tarder en ajoutant à ses mots une petite courbette et récupéra ses biens.

Puis, la jeune femme se pencha pour récupérer le grimoire ancien et le resitua au blandin non sans jeter un coup d'œil curieux à la couverture, là où un nom de famille était gravé en lettres capitales.

« D. Campbell ? Vous avez un lien de parenté avec cette famille ? » l'interrogea-t-elle, amusée par l'agitation de l'Anglais.

« Uh… Non, non, » répondit aussitôt le concerné en serrant le livre contre sa poitrine. « Il s'agit juste de… Une thèse ! Oui, une thèse concernant les familles les plus influentes de la fin du siècle. »

Cette jeune femme n'était pas un Akuma –son œil l'aurait averti- mais elle pouvait tout aussi bien être un Broker –étant les partisans du Comte Millénaire qui avaient passé un contrat avec lui et qui lui fournissaient des âmes fraiches- ainsi, Allen ne souhaitait pas élever les soupçons chez elle.

« Oh je vois, » fit-elle, index contre son menton, paraissant réfléchir.

« Chérie, lui as-tu dit que le fils du palefrenier de cette famille loge à quelques kilomètres d'ici ? » ajouta le marchand, avant-bras contre le rebord de son échoppe, qui jusque-là avait observé curieusement ce jeune garçon aux cheveux blancs dissimulé derrière un bandana.

L'oreille du blandin fut aussitôt attirée par cette information, ignorant totalement Timcanpy qui depuis tout à l'heure, battait des ailes sous son nez pour qu'il daigne récupérer l'enveloppe. Mais ses heures de recherches avaient enfin payé. Il était persuadé que cette famille avait un lien avec cette partie du pays, et il comptait bien en apprendre davantage.

« Justement, c'est ce dont j'essayais de me rappeler, » avoua la belle femme en se tournant vers son mari, frappant son poing dans le plat de sa main. « En effet, mon garçon, je peux te fournir l'adresse si tu le souhaites, » reprit-elle en se tournant vers Allen.

Un élan de soulagement vint frapper l'être tout entier du blandin qui en trois mois s'était vu mettre des bâtons dans les roues de toutes sortes.

« Ce serait avec plaisir, » sourit-il poliment.

« Tout en espérant qu'il soit rentré de son voyage en Autriche, » se permit d'ajouter le marchand en levant son index. « Si jamais tu ne trouves personne chez lui, attends quelques jours, il est près de rentrer. Il se fait vieux à présent, il ne reste jamais bien longtemps loin de chez lui. »

Parfait, pensa Allen qui accepta le papier de l'adresse en question que lui dressèrent le marchand et sa douce femme. Il le rangea avec précaution derrière la première de couverture du livre qu'il venait d'emprunter à la bibliothèque un peu plus tôt ce matin, et pour remercier les deux occidentaux, leur acheta trois cuisses de poulet avec le reste de ces faibles économies.

« À la revoyure, p'tit bonhomme ! » lui fit le marchand en le saluant de sa main, suivi par sa femme.

Cette hospitalité si singulière qu'il avait rencontrée en arrivant dans cette ville calme ainsi que la générosité de ces habitants l'avaient troublé, et continuaient de le bouleverser. Lui qui jusqu'à présent avait vécu une vie de déserteur, se cachant, passant d'hôtel à hôtel, et évitant de sortir le plus possible, se retrouvait presque à faire un bond en arrière.

Et son cœur se serra.

Il en oublia le surnom ridicule qu'utilisa l'homme d'âge moyen, et répondit à leur salut, puis reprit sa route dans les rues néerlandaises, profitant de la joie et la bonne humeur des habitants qui dégustaient cette rare journée sans pluie.

Timcanpy s'écrasa férocement contre la joue de son maître pour qu'il lui pait attention, et Allen en sursauta presque.

« Est-ce encore une lettre de Kanda ? » lui demanda donc Allen qui continuait de marcher, scrutant alors l'enveloppe dans sa bouche avec espoir.

Le golem hocha la tête tout en suivant son maître et fut incapable de louper les lueurs jubilatoires qui brillèrent dans les yeux d'Allen. Le maudit pour sa part, était lui aussi loin de s'imaginer que le bretteur bougon lui réponde, ou du moins, si rapidement. Il remarqua à peine que sa marche dans les rues éclairées d'Anjum avait pris en ardeur.

Une fois dans sa chambre d'hôtel aux carreaux sales de poussière, Allen déposa le sac de course contre la chaise en bois, jeta son manteau contre le lit, dénoua son bandana et ouvrit l'armoire. Une centaine de papier en tous genres était accroché dans ce meuble dénué de tous vêtements –les seuls habits du maudit étant sur lui actuellement-, ainsi que des journaux datés et des idées griffonnées sur des feuilles volantes.

Au sein de ses recherches, il déposa le livre épais, et referma l'armoire pour ensuite se retourner vers Timcanpy qui avait repris sa place habituelle près de la fenêtre. Attendre d'ouvrir cette lettre était devenue une réelle torture, étant le seul et unique lien qu'il avait encore avec ses amis.

Mais quand il tenta de récupérer le message qui lui était destiné, le golem prit un air boudeur et garda l'enveloppe enclavée dans sa mâchoire –si bien que le maudit espéra un instant qu'il ne l'avait pas déchiré sous ses canines aiguisées-.

« Tim' fait pas ta mauvaise tête, » le pria Allen en tirant plus fermement sur l'enveloppe.

Cependant, la petite boule dorée ne semblait pas vouloir céder.

« Je te laisserai grignoter l'os du jambon, » lui assura-t-il, sachant que son compagnon raffolait de mâchouiller même s'il n'avait pas besoin de se sustenter. « C'est promis. »

La réaction fut immédiate. Tim' lâcha l'enveloppe, et sous la force qu'avait administrée Allen pour maintenir son bien, manqua de tomber fesses contre le parquet. C'est ainsi qu'assis, dos au mur, Allen ouvrit l'enveloppe dépourvue d'encre, et sortit un papier moins froissé que le premier.

« Hello, Kanda, » dit-il tout bas, dans la pénombre de la pièce, doux sourire aux lèvres.

« Évidemment que je n'allais pas crier sous tous les toits que tu avais envoyé une lettre, idiot ! Et si mon orthographe te plaît pas, arrête de m'écrire. Et puis j'te fais dire que ton écriture à toi est ignoble. Tu tiens ton crayon de la main gauche ou quoi ? »

Aucune formule d'appellation pour saluer son récepteur et directement des remontrances injustes. C'était tout lui. Et ce fut ce qui fit sourire l'Exorciste aux cheveux blancs. Kanda était l'une des seules personnes qui ne le ménageait pas même après toute cette histoire de Quatorzième Noé, de trahison et la mort de Cross. Non, il restait égal à lui-même et c'était ce qui était le plus important pour Allen.

Ainsi, il avait l'impression de toujours vivre.

« Tu iras serrer Lee dans tes bras tout seul.

Pas de nouvelle de Lavi. »

Son cœur se serra en lisant ces mots. Son ami Lavi était toujours introuvable, ça faisait des mois qu'il avait disparu avec son grand-père, et même de son côté, Allen n'avait obtenu aucune information quant à leur capture. Il espérait de tout son cœur qu'ils étaient tous deux encore en vie.

« Ouvre la bouche, et crache le morceau. T'es où ? »

« Ah ça, tu peux toujours courir, Bakanda. »

Pourtant, il mourrait d'envie de tous les revoir. Il mourrait d'envie à retourner au Q.G. et entendre Reever lui dire « bienvenue à la maison, » et Johnny l'inspecter sous toutes les coutures pour trouver des améliorations à faire concernant son uniforme.

Écouter Lavi lui raconter une anecdote tout bonnement hilarante au sujet de lui et son grand-père. Voir le sourire positif de Lenalee. Partager un repas avec Krory qui découvrait tous les jours des nouveaux plats. Offrir des mots de soutien à Miranda qui travaillait dur. S'enguirlander avec Timothy qui lui aurait encore rentré dedans sur le haut de ses rollers. S'entrainer vigoureusement contre Marie. Et peut-être même échanger quelques mots avec Link qui lui manquait un peu, c'est dire.

Et puis… Kanda…

« Qui aurait cru que ta figure de constipé me manque à ce point ? » murmura-t-il en dissimulant son visage dans l'une de ses mains, se tassant dans l'ombre de la pièce.

Timcanpy l'observa étrangement du lit sur lequel il avait pris racine, mais n'osa le déranger. Il vérifia du coin de l'œil –s'il en possédait même un- qu'Allen était toujours maître de son corps –auquel cas sous ordre du Japonais, il devait avaler la lettre- et c'était tout. Il le laissa au sein de ses sombres pensées, le cœur pourtant lourd.

Sans se mentir, c'était Allen qu'il préférait.

« PS : Je hais la France pour leur stupide concept. N'ont-ils jamais entendu parler d'espace personnel ?

K. »

Allen parvint à terminer sa lecture au moment où il se remit à pleuvoir. De sa position, Tim' pouvait voir les nuages qui cachaient désormais le soleil.

Intrigant. Allen aurait mis sa tête à couper que le kendoka aurait ignoré son premier post-scriptum qui stipulait la bise française –ou il avait pensé que Kanda lui aurait dit qu'il n'en avait rien à faire de ces anecdotes futiles-. C'était un bon point à prendre.

« T'as pas été très loquace cette fois-ci, » se permit tout de même à dire tout haut le maudit pour ensuite se lever. « 'Fin bon, je pense que je peux m'estimer heureux. »

Alors que Timcanpy quitta sa place pour plonger tête baissée dans le sac de course à la recherche du jambon, Allen s'installa au bureau décrépit de la pièce, glissa un papier jauni devant lui, et s'empara d'une plume abimée.

Lorsque le golem parvint difficilement à s'échapper du sac, crocs plantés dans la viande à travers son emballage, il eut à peine besoin d'une inspection du côté de son maître pour remarquer les couleurs qui se répandaient sur son visage tandis qu'il rédigeait sa réponse.

Pour la première fois depuis trois mois, Allen Walker paraissait vivant.

O

Lenalee Lee lui adressa un regard froid et passa près de lui dans les couloirs de la Congrégation sans engager la conversation, ce qui était anormal venant de la jeune femme. Et Kanda savait pertinemment pourquoi il avait le droit à ce traitement de la part de la Chinoise, mais il pouvait vivre avec.

« Elle semble toujours t'en vouloir, » lui glissa Noise Marie qui marchait à ses côtés dans le couloir en question.

Tous deux revenaient d'une séance d'entrainement intense qui les avait sali et éreinté, mais la sensation de progression que ça leur procurait tous les deux compensait tout le reste. Néanmoins, la fatigue mettait toujours Kanda de très mauvais poils.

« C'est pas ma faute si elle s'est décidé à passer ses nerfs sur moi, » siffla-t-il entre ses dents, Mugen contre l'épaule. « Le temps l'a rendu si rancunière, c'est pas croyable. »

« Ne dis pas ça. Elle s'inquiète pour Allen. Et la disparition de Lavi est d'autant plus douloureuse. »

Contrairement aux croyances populaires, lui aussi s'inquiétait pour l'Exorciste démis de ses fonctions depuis peu. Mais Kanda lui glissa un bref regard et un « tss » méthodique pour ensuite fixer à nouveau la direction qu'il prenait jusqu'à l'aile des dortoirs.

Comme lui avait indiqué Allen dans sa dernière lettre, il avait assuré à leurs amis Exorcistes qu'il allait bien en reprenant les mots exacts du maudit sans pour autant leur montrer la lettre. Il leur avait fait aussi promettre avant toutes choses de ne pas chercher à savoir comment il s'était procuré ces informations, pour la simple et unique raison qu'il les enverrait bouler.

Et Lenalee n'avait pas du tout apprécié.

« Vas-tu me dire pourquoi tu souhaites demeurer silencieux vis-à-vis du moyen que tu as utilisé pour entrer en communication avec Allen ? » lui demanda finalement Marie une fois qu'ils furent tous les deux arrêter devant la porte de chambre du bretteur.

Les Exorcistes mis au courant par Kanda de l'état dans lequel se trouvait actuellement le Moyashi avaient tout de suite compris que oui, leur fournisseur d'informations avait d'une façon ou d'une autre, réussi à entrer en contact avec Allen Walker. Et ça n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne remarquent que Timcanpy n'était pas tous les jours présent dans l'enceinte.

Mais Kanda refusait de cracher le morceau, tout d'abord pour des raisons personnelles qui à y réfléchir, le faisaient enrager et aussi pour quelque chose de plus dangereux. Depuis la fuite d'Allen, le Central surveillait de près les Exorcistes proches du maudit, conscient qu'ils tenteraient de le retrouver. Ils se faisaient tous interroger de façon poussée et Kanda savait que rien ne pouvait arrêter cette sombre organisation s'il comprenait qu'un des petits zigotos du groupe savait comment entrer en contact avec le fugitif.

Alors que lui, Yû Kanda, suite à son statut, était moins surveillé…

« Kanda ? » appela soudainement Marie en le sortant de ses pensées.

« Le Central ne doit en aucun cas mettre ses pattes sur lui. Je sais ce que je fais, Marie, » fut l'unique réponse du kendoka qui abaissa la poignée de sa porte.

Devinant qu'il n'obtiendrait pas davantage aujourd'hui, l'aveugle hocha la tête de façon entendue, assuré qu'il pouvait faire confiance à Kanda sur ce coup-là.

Il en était persuadé. Après tout, il était capable d'entendre le bruit de son cœur.

Lorsque Kanda entra par la suite dans sa chambre éclairée par le doux soleil matinal, il eut un temps d'arrêt en remarquant une petite boule dorée déposée sur le rebord de sa commode. Derrière lui, les rideaux se gonflaient du vent que laissaient passer les fenêtres qu'il avait laissées ouvertes dès son réveil suite à la chaleur de fin de printemps qui commençait à se faire ressentir.

Mais ce qui excéda le brun sans tarder, ce fut que ce foutu golem aux habitudes de débauches mâchouillait à ce moment même les feuilles d'une plante qu'il avait déposée près de la fenêtre dès les premières éclaircies du printemps.

Il lui planta aussitôt Mugen sous ce corps rondouillet et Timcanpy recracha les restes de la fleur sensitive pour se carapater sous le lit non sans lui tirer la langue au passage. Quel sale gosse. Quand ce n'était pas Allen qui lui cherchait des noises, c'était le compagnon miniature de ce dernier.

Kanda examina un instant la Mimosa Pudica qui était à demi croquée par le golem d'Allen, et lui décocha un regard on ne peut plus noir.

« T'as pas intérêt à être venu ici les mains vides, » le menaça Kanda tout en faisant craquer la jointure de ses poings.

Si Timcanpy pouvait blêmir, il l'aurait fait. Il n'était pas bête, il savait qu'un coup de sabre bien placé pouvait le couper en deux comme s'il était un morceau de beurre insignifiant, et il serait de retour à la case section scientifique pour les prochains jours à venir.

Ainsi, de sa position, Tim' récupéra une enveloppe qu'il avait glissée sous le lit après son arrivée dans la chambre, et la jeta sans mal aux pieds du Japonais excédé de si bon matin –fatigué par son entrainement intensif, qui plus est-.

Finalement, une fois Mugen sur le matelas, ses bottes retirées et rideaux poussés sur le jardin fleuri du quartier général, Kanda s'installa sur le siège rouge de sa chambre, et entreprit sa lecture, poing contre sa joue.

La douche pouvait bien attendre encore un peu, elle n'allait pas s'envoler.

« Cher camarade,

Je suis ambidextre Kanda. Rappelle-toi. Et c'est cette foutue plume qui bave, je n'ai pas trouvé plus pratique, tu m'en vois désolé.

J'ai d'ailleurs déjà essayé d'écrire des deux mains en même temps, le calvaire. Tu devrais essayer, c'est impressionnant de voir ce que le cerveau peut te faire faire. »

Se retenant à lever les yeux au ciel en imaginant cette pauvre pousse de soja tenter l'expérience, Kanda sentit Timcanpy se déposer sur le haut de son crâne pour faire un somme, et le bretteur le laissa faire. Après tout, cette espèce de golem malicieux était son unique intermédiaire avec Allen Walker.

« Aujourd'hui, mes attentes ont enfin brillé. Je pense être sur une bonne piste quant à l'histoire de ce fameux Quatorzième. Toi aussi tu devrais d'ailleurs lire, ça te cultiverait un peu, tu sais (et améliorerait ton orthographe par la même occasion). »

« Connard… » maugréa Kanda sans bouger de sa position.

« Dis-moi, à part ça, comment vont les autres ? Link s'est pas trop fait taper sur les doigts par Luber' ? Miranda n'a pas encore incendié la bibliothèque ? Chao Ji, s'est-il remis de ses blessures ? Et toi, comment tu te portes ? »

Kanda savait qu'un jour ou l'autre, il aurait affaire à toutes ces questions existentielles pour le Moyashi. Ça le faisait clairement suer de lister entièrement les membres des Exorcistes pour finalement lui dire que tout allait bien pour chacun -hormis Lavi qui n'avait toujours pas donné signe de vie-.

Décidément ce blandinet. Toujours à s'inquiéter pour les autres, même pour ce foutu Chao Ji qui avait si peu d'estime pour lui.

« PS : As-tu déjà entendu parler du Waterzoï ? C'est un pur délice. Il s'agit d'un plat belge, mélangeant poulet et bouillon liés à de la crème. Tu devrais tenter un de ces jours, histoire de briser ta routine soba.

A.W. »

Pas de crainte à avoir, avec chaque post-scriptum du maudit, il était sûr de sortir du Q.G. plus cultivé.

La dernière phrase rédigée à l'encre de pauvre qualité lui arracha tout de même un sourire.

Néanmoins, toujours pas d'indication quant à sa position, ni même d'indices trop conséquents. Il parlait de la France dans le dernier message, et maintenant de la Belgique. Il ne pouvait pas avoir traversé le pays en si peu de temps sans utiliser l'Arche qui le ferait repérer à coup sûr.

Il rangea soigneusement la lettre par-dessus la toute première, dans le dernier de ses tiroirs et reposa sur le tas un bouquin quelconque en japonais qui irait faire voir ailleurs n'importe quel fouineur.

Mais lorsqu'il prit en main sa plume et déboucha le flacon d'encre noir, un traqueur vint toquer à sa porte, et Timcanpy fila aussitôt se planquer derrière le pot de la plante à moitié grignotée.

« Maréchal Kanda, une mission pour vous ! »


La plante qu'a Kanda dans sa chambre, c'est une plante dites sensitive, c'est assez ouf, je sais pas si vous connaissez. Si vous passez votre main sur ses feuilles, elles se recroquevillent toutes aussitôt. D'où son nom Mimosa Pudica xD J'ai d'ailleurs ajouté cette plante dans la chambre de Kanda pour la simple et unique raison que j'en reviens toujours pas quand je vois à chaque coup d'œil dans le guide que l'une de ses passions, c'est le jardinage.

Écrivant des deux mains, j'ai aussi testé comme Allen d'écrire en même temps des deux mains. Et c'est impossible, enfin, le résultat est pas ultra concluant. Le cerveau nous fait faire de ces conneries. D'un coup un « s » va être à l'envers, ou on va écrire quelques lettres en mode « miroir ». C'est épatant je trouve. Voilà quelques bribes de mon temps perdu que je partage avec vous : )

Merci pour tous vos retours, ça fait super plaisir, et j'espère que ce chapitre a été à la hauteur de vos attentes. À très vite, ciaoooou !

PS (moi aussi j'en fait, allez) : J'ai modifié la mise en page du premier chapitre concernant les lettres (la même qu'ici, où les phrases des messages sont centrées au milieu pour plus de clarté) parce que je n'avais pas remarqué que le site ne prenait pas en compte les tabulations, et c'était pas très beau, ça se noyait avec le dialogue. Donc à présent, ça doit être plus fluide ; )