Petit résumé ? Maximilien s'est échappé de Beauxbâtons pour secourir son mentor et il a échoué. Il suit les dernières instructions de celui-ci : prévenir les autres fabricants de baguettes magiques. Après avoir rencontré un mage irlandais, des allemands, deux sorcières scandinaves, il se fait attaquer chez Gregorovitch, le fabricant russe.

Bonne lecture


Beauxbâtons, octobre 1996

La porte du réfectoire s'ouvrit à la volée laissant passer le professeur de Défense contre les Arts Obscurs, Thomas Delorme. Toute la salle s'arrêta de manger et reporta son attention sur l'enseignant. « Il est vivant, annonça-t-il aux professeurs ainsi qu'aux étudiants. Villefort est vivant !

— Est-ce qu'il va bien au moins ? demanda Alexandre en se levant immédiatement.

— Oui ne t'en fais pas, il n'a rien eu, répondit Delorme avec sourire crispé.

— Comment ça il n'a rien eu ?

— Il était chez un fabricant de baguette russe il y a encore une heure.

— Gregorovitch ? demanda Guillaume.

— Oui, c'est bien le nom que les aurors ont mentionné. Il était chez lui et des mangemorts ont débarqué. Mais tout va bien, les mangemorts pensaient ne trouver que Gregorovitch et son apprenti, un letton je crois, dit-il en haussant la voix pour couvrir les chuchotements.

— Oui et ?

— Et alors, il y avait Maximilien, sa tante, l'ancienne auror, mais aussi un mage allemand et une sorcière danoise, tous les deux fabricants de baguettes. Les mangemorts ont été pulvérisés ! Et je pèse mes mots, annonça le professeur en dissimulant à grand peine un sourire dégoulinant de satisfaction. Ça a été un carnage. Sur les quatorze mangemorts, onze ont été tués pendant l'attaque et en face, une seule blessure légère.

— Et les autres mangemorts ? demanda Guillaume avec une curiosité morbide.

— D'après les aurors russes, deux autres sont décédés de leurs blessures mais apparemment il faut plutôt interpréter "morts durant l'interrogatoire…" Les aurors russes ne sont pas réputés pour leur douceur et les fabricants sont sans doute passés par là avant. Il n'en reste qu'un au ministère russe et il parait qu'il est dans un sale état.

— Et où est Villefort maintenant ? demanda Madame Maxime, la directrice pour couper court à la conversation malsaine.

— Apparemment, seul Gregorovitch est resté en Russie pour se faire soigner et remettre les mangemorts au ministère russe. Les aurors m'ont dit qu'il était fou de rage. Enfin les autres, dont Villefort, poursuivent la tournée de l'Europe.

— Et politiquement que va-t-il se passer ? Quelles conséquences pour cette bataille ? demanda Hector, un autre ami de Maximilien.

— Eh bien, quatre puissantes lignées de mages viennent officiellement d'affronter l'armée des ténèbres, répondit la directrice. Ce ne sont d'ailleurs pas n'importe quelles lignées. Ce sont des sorciers puissants et qui contrôlent une activité stratégique. Habituellement, ils refusent de prendre parti lors des conflits, et c'est mieux ainsi, car les rares fois où ils ont pris les armes, ils ont fait des ravages… »


Grèce, octobre 1996

« A ton avis ça veut dire quoi si la maison était vide ? demanda Maximilien à sa tante.

— Soit ton hongrois s'est fait enlever comme Ollivander et il va se faire torturer, soit il a réussi à fuir mais j'en doute, soit il est passé à l'ennemi. Choisis !

— Bon espérons que nous arrivons à temps pour prévenir les Cristatos.

— Et ils sont comment ceux-là ? demanda Tatiana pleine de méfiance.

— Aucune chance qu'ils collaborent avec les mangemorts ! Je les connais bien, nous allions les voir de temps en temps avec Lucien. »

Cette fois-ci, c'était Maximilien qui guidait ses compagnons. Ils avaient atteint le domaine familial des Cristatos, une île située au sud de la Crète. Ils montèrent rapidement un étroit chemin pavé. C'était facile, les Cristatos étaient installés au sommet. En tête, Maximilien suivait prudemment l'unique chemin qui menait à la maison des Cristatos quand soudain une ombre apparue sur le chemin, lui intimant en grec de s'arrêter et de s'identifier. Maximilien n'eut pas le temps de réagir qu'il fut tiré magiquement en arrière par Alexéis qui se rua en avant et bloqua le sortilège de l'inconnu. Deux autres inconnus attaquèrent le groupe de côté mais une défense coordonnée de la part de Tatiana, Mickael et Elena eurent raison d'eux en quelques secondes. Leurs tenues en cuir sombre rappelaient beaucoup les tenues d'intervention des aurors. Tatiana les identifia grâce au petit éclair doré brodé au niveau du cœur, des aurors grecs. Mickael en réveilla un, s'excusa et expliqua qu'ils devaient parler de toute urgence aux Cristatos. Trop tard ! Les cinq artisans de la famille venaient d'être enlevés

Les aurors grecs les guidèrent de mauvaise grâce jusqu'à l'habitation des Cristatos. Quand ils pénétrèrent dans la pièce principale, Maximilien ne reconnut que trois personnes : deux hommes de la famille, mais qui n'étaient pas du métier, et surtout son amie Artemis. Tous trois portaient des marques légères de combat. L'un des hommes, le plus âgé, terminait de faire soigner son bras par un guérisseur. Deux aurors interrogeaient la jeune fille et l'autre homme. « Maximilien ? Qu'est-ce que tu fais ici ? » lui demanda Artemis, les yeux encore rouges d'avoir pleuré. L'un des aurors s'interposa et demanda à l'adolescente si elle pouvait les identifier avec certitude. Elle s'approcha du jeune français et lui demanda avec une pointe de dureté le nom de la licorne qui avait fourni le cœur de sa baguette. Maximilien haussa un sourcil, la question aurait pu être une plaisanterie en temps normal, mais aujourd'hui était absolument tout sauf un jour normal. « Elari n'est pas une licorne mais une sirène dont l'œuf a éclos au large de la Crète. Sa tribu a migré jusqu'ici il y a près de huit ans. Elle a fourni un seul cheveu pour une seule baguette, la mienne. » murmura-t-il à son amie. « C'est bien lui, Maximilien de Villefort. » clama-t-elle aux aurors en se jetant dans les bras de son ami.

« Vous aussi, vous avez été attaqués alors, lui dit Maximilien d'une voix éteinte.

— Oui, ces salauds nous ont attaqués par surprise et ils ont enlevé ma mère, mon grand-père enfin tous ceux qui fabriquent nos foutues baguettes ! cracha-t-elle. Enfin pardon, je sais que tu veux en faire mais là… Et puis mon oncle et ma grand-mère ont été tués et plusieurs autres ont été évacués vers l'hôpital magique d'Athènes. Mais enfin pourquoi tu es venu et qui sont ces gens-là ?

— Vous n'êtes pas les seuls à avoir subi des attaques de mangemorts ces dernières heures, lui annonça Elena d'une voix douce. Lucien et Jéor de Villefort sont… décédés il y a…

— Assassinés ! Inutile de prendre des gants ! enragea Tatiana. Et Maximilien nous a convaincu de prévenir ses collègues. On est arrivé suffisamment vite pour aider Gregorovitch et Kolcheck à casser du mangemort mais pas assez pour prévenir les enlèvements du hongrois et de ta famille, termina-t-elle.

— Vous voulez dire que ce n'est pas un attentat isolé ? demanda l'homme au bras bandé en se dégageant du guérisseur.

— Non. Les Villefort ont juste eu le temps de prévenir Seamus O'Brien, la famille Zaubholz et Marcia pour que nous prenions des mesures, commença Elena.

— Bien nous avons plus urgent pour le moment, l'interrompit Alexéis. Il faut traquer les mangemorts avant qu'ils n'obtiennent les informations qu'ils cherchent des Cristatos.

— Mais comment ? demanda Artemis, avec un sursaut d'espoir. Vous avez des trucs de magie ancienne pour les retrouver ?

— Peut-être, répondit le slave. Pour enlever cinq personnes, les portoloins ne sont vraiment pas pratiques, ils ont dû transplaner.

— Oui ils n'ont pas pu aller très loin, intervint un auror, mais même en supposant qu'ils sont encore dans un rayon de cent kilomètres, c'est beaucoup. Et aucun des survivants n'a lancé de sortilège de traçage sur un mangemort, alors… Nous attendons des informations de nos espions mais…

— Mais ça prendra trop de temps ! Trop longtemps ! clama Tatiana avec fureur.

— J'ai peut-être une autre solution à vous proposer. Connaissez-vous le rituel des enfants perdus ? souffla Alexéis.

— De la magie noire ! asséna l'auror outré.

— Pas vraiment. C'est de la magie ancienne en fait, répondit doucement le slave. J'imagine que vous ne connaissez que la version pervertie du rituel. A la base, il a été conçu au quatrième siècle par le père et l'oncle d'un enfant qui s'était égaré en forêt. Ils ont utilisé les liens du sang pour guider leurs esprits jusqu'à l'enfant. Un rituel compliqué mais qui a intéressé des mages noirs deux siècles plus tard. Ils ont combiné ce rituel avec un précurseur de l'imperium pour forcer des victimes à livrer la position des membres de leurs familles.

— Et alors c'est quand même de la magie noire ! cracha Tatiana.

— Non, la différence entre les rituels c'est l'autorisation d'utiliser le lien familial. Si la famille est volontaire pour risquer le rituel, c'est de la magie ancienne mais si elle est forcée c'est le rituel version magie noire, c'est bien ça ? demanda Elena.

— Exactement ! Peu se souviennent qu'à la base, on peut le réaliser sans imperium. Et plus le lien du sang est fort, plus le rituel est efficace. Par exemple si l'un des artisans enlevé est un enfant, dit-il en regardant le vieux Cristatos, ou un parent, en regardant Artemis. Cela marcherait sans aucun doute. Et sans magie noire, termina-t-il.

— Ma mère a été enlevée ! intervint l'adolescente. Vous pouvez la retrouver ? Vous pouvez faire ce rituel avec moi ? demanda-t-elle d'une voix suppliante.

— Oui, lui répondit Alexéis sans hésitation.

— Un instant, s'interposa Maximilien. Elena a parlé de risques. Quel est le danger ? Il y a déjà eu assez de dégâts comme ça. On ne va risquer en plus la vie d'Artemis.

— Bonne remarque, Villefort ! Il y a toujours des risques avec les rituels. En l'occurrence, celui de ne jamais retrouver le chemin de nos corps et donc de nous tuer si le rituel est interrompu, ou pire, mal réalisé. C'est un rituel de haut niveau mais je te garantis que je suis capable de l'exécuter correctement. En plus, je fais confiance à Mickael pour veiller à ce que personne ne dérange notre rituel.

— Alors il est quand même plus prudent que ce soit moi qui participe au rituel, intervint le vieil homme.

— Avez-vous un lien avec l'un prisonniers ?

— L'un d'eux est mon frère.

— Ça n'est pas un lien assez direct. Le rituel consommerait beaucoup plus d'énergie. Vous êtes déjà blessé et affaibli. Le risque est beaucoup trop élevé. Il vaut mieux un lien direct.

— Et vous ? demanda le slave en se tournant vers le dernier sorcier grec. Quels sont vos liens avec les fabricants ?

— Je ne suis pas un Cristatos, mon épouse en est une.

— Fait-elle parti des artisans ?

— Non. Elle est hospitalisée à l'heure où nous parlons.

— Impossible pour vous alors. Il vaut mieux utiliser l'enfant. Je suis capable de réaliser ce rituel sans risque. »

Il se tut pour laisser aux Grecs le temps de se décider. Le silence fut de courte durée.

« Assez perdu de temps maintenant ! Qu'est-ce que je dois faire pour ce rituel ? demanda Artemis en se jetant littéralement sur Alexéis.

— D'abord tu te calmes, murmura Kolcheck en desserrant l'étreinte de la jeune fille. Ensuite tu vas te remémorer un souvenir que tu partages ta mère. Un souvenir fort émotionnellement. J'en ai besoin pour me guider car le rituel va m'indiquer la piste de chacune des personnes de ta famille proche. Le souvenir nous orientera vers ta mère et seulement vers elle. »

Il lui posa une main sur l'épaule et la força à s'agenouiller. Il lui ordonna de l'avertir lorsqu'elle aurait le souvenir en tête. Pendant ce temps, il sortit de sa poche ce qui ressemblait à une pierre blanche, de la craie. Il la brisa en plusieurs morceaux puis les imprégna de magie. Les morceaux lévitèrent jusqu'au sol et commencèrent à tracer des arabesques sur le plancher de bois.

Laissant les morceaux de craie poursuivre leur œuvre, le slave balaya la pièce du regard et ses yeux s'arrêtèrent sur une chaise brisée lors de l'enlèvement. D'un geste de sa baguette, il l'attira à lui. Il sélectionna quatre débris qu'il métamorphosa en quatre bougies noires, des bougies de rituel. Sans un mot, Elena s'approcha et lui en pris deux et ils commencèrent à les ensorceler. Maximilien était soufflé, enchanter des bougies de rituel était strictement réglementé car très dangereux. Une erreur pouvait facilement tuer les participants d'un rituel. Mais les deux sorciers semblaient maîtriser cette magie avec assurance. Méfiante, Tatiana insista pour vérifier la qualité des bougies. Le niveau de risque n'autorisait aucune erreur et personne ne contesta sa requête.

Alexéis prit place face à Artemis au milieu des lignes de craie entrelacées. Par magie, il déposa ses bougies. Une entre la jeune fille et lui-même, une seconde excentrée sur sa gauche et les deux dernières, dans le dos d'Artemis. Une se trouvait juste derrière elle et l'autre beaucoup plus loin sur le dernier coup de craie du rituel. Alexéis prit le temps de vérifier chaque ligne, chaque croisement et la position de chaque bougie. En rituel, chaque erreur pouvait être fatale et le slave était prudent, ce qui rassura légèrement Maximilien. Puis lorsqu'il fut satisfait, Kolcheck s'agenouilla face à l'adolescente.

« As-tu un souvenir assez fort ? » lui demanda-t-il. La jeune fille hésitait, elle n'était pas sûre qu'il convienne. « Montre-moi. » lui ordonna-t-il. Maximilien sentit la signature magique de la légilimencie, il vit le slave hausser un sourcil surpris mais il déclara simplement que cela conviendrait. Il lui dicta de fermer les yeux et de se calmer en pratiquant des respirations abdominales et précisa à la jeune fille qu'il lui faudrait bien se concentrer sur le souvenir jusqu'à ce qu'ils aient repéré Athena Cristatos. « Le souvenir est une boussole » termina-t-il.

Le slave et la jeune grecque fermèrent tous deux les yeux et le rituel commença. Alexéis se mit à articuler des incantions latines et bientôt la bougie qui se trouvait à sa gauche s'alluma d'une flamme rouge. Des lueurs partirent de la bougie et suivirent chaque ligne du rituel. Lorsque toutes les lignes furent rougeoyantes, Mickael murmura, satisfait, que le rituel était correctement activé. La bougie située entre Alexéis et Artemis s'alluma à son tour, sa lueur semblant les relier tous les deux. Kocheck se tut. Mickael expliqua à Maximilien que les esprits quittaient leurs corps, à ce moment la bougie située dernière l'adolescente s'alluma, puis celle qui se trouvait à l'extrémité du rituel s'enflama à son tour.

« C'est bon, ils sont partis, murmura Elena soulagée.

— Combien de temps ça va mettre ? grogna Tatiana.

— Ça dépend de plein de choses, répondit Mickael, la distance à parcourir, la puissance du souvenir et aussi la concentration de la jeune fille.

— On n'est pas près de les revoir alors » conclut-elle sans dissimuler son inquiétude.

Le silence revint dans la pièce. Tout le monde attendait, les yeux rivés sur le rituel. Une minute passa puis une seconde, interminable. Tout le monde bougeait, un peu, avec inquiétude. Puis, à nouveau, Tatiana brisa le silence. Elle grogna qu'il faudrait se préparer à partir vite dès qu'ils seraient revenus. Elle proposa aux aurors grecs de former deux groupes d'intervention, un pour faire diversion et un pour récupérer les prisonniers. Celui qui semblait diriger les aurors approuva et ajouta qu'il fallait prévenir d'autres guérisseurs au cas où. L'un des aurors dévoila un bracelet gravé dont il modifia les symboles à la baguette. Tatiana, Mickael, Elena et les cinq aurors se répartirent en deux groupes prêts à quitter la demeure Cristatos. Les deux Cristatos encore présents avaient une légère altercation en grec sous les yeux interrogateurs du reste de l'assemblée. Le plus jeune de deux se porta volontaire pour suivre les aurors. « Je suis briseur de sorts et je sais me battre. Je peux vous aider. » annonça-t-il. Les aurors hésitèrent mais l'acceptèrent. Les minutes continuaient de s'écouler, la tension montait, chacun jouant nerveusement avec sa baguette.

Soudain Artemis se mit à trembler violement, elle convulsait au milieu des lignes et menaçant de s'effondrer. « Qu'est-ce qui se passe ? » demanda durement un auror à Mickael. « Il a raté son rituel ? »

« Non impossible, répondit l'allemand. Les deux convulseraient dans ce cas et Alexéis est immobile.

— Alors leurs esprits ont été repérés et attaqués ? siffla Tatiana menaçante.

— Même réponse ! trancha Mickael qui essayait visiblement de réfléchir.

— Ils ont dû trouver sa maman mais elle doit être dans un sale état, proposa Elena horriblement pâle.

— Ça c'est tout à fait possible, lui répondit-il. Il faut qu'on stabilise le rituel pour s'assurer qu'ils puissent réintégrer leurs corps.

— Mais Alexéis n'avait pas dit qu'il ne fallait pas interférer avec le rituel ? demanda Maximilien très inquiet.

— Surtout pas avec de la magie moderne, expliqua l'allemand. Il faut tenter d'accompagner et de renforcer le rituel sans interférer. Seule la magie ancienne peut nous aider à faire ça, dit-il en tournant le regard vers Elena puis vers Maximilien.

— Hors de question qu'il prenne des risques, s'interposa Tatiana.

— Je vais stabiliser le rituel, dit l'Allemand en ignorant la guerrière. Elena tu vas te concentrer pour maintenir Artemis et éviter sa chute. Il faut qu'elle reste à sa place. Sinon le rituel tombera avec elle ! Et il faut s'assurer que les bougies continuent à brûler. Je peux le faire mais ça serait mieux que Maximilien le fasse.

— Trop risqué ! Quand ils reviendront il ne faut pas qu'il y ait d'autres esprits que les leurs à l'intérieur du rituel.

— Nous les sentirons revenir quand nous serons dans le rituel et nous pourrons nous retirer, répondit Elena qui s'installait en tailleur juste à côté du rituel et se préparant à exécuter sa mission.

— Nous avons besoin de toi Maximilien car tu maîtrises aussi la magie ancienne. Tu ne t'occuperas que des bougies. »

L'allemand et la danoise entrèrent en transe sans plus attendre. Maximilien défia le regard incendiaire de Tatiana.

« Je dois les aider à revenir, lui dit-il. C'est très proche des exercices que je faisais avec Lucien ! »

Tatiana grommela, elle le menaça puis finalement céda. Maximilien s'assit aux côtés des deux mages pour s'immerger dans le rituel. Il sentit aussitôt le soulagement et la reconnaissance des deux autres. Le rituel était complexe, trop difficile à comprendre, Maximilien se concentra donc sur sa mission. Il comprit pourquoi l'Allemand lui avait demandé son aide. La bougie centrale ne menaçait pas de s'éteindre, elle unissait les deux esprits et Maximilien sentait parfaitement qu'Alexéis la contrôlait bien. Mais la bougie excentrée canalisait toute l'énergie qui circulait. Mickael ne parvenait pas à réguler complètement les flux qui la traversait. Quant aux deux dernières bougies, elles vacillaient elles aussi. Leur rôle serait de guider Alexéis pour le retour. Maximilien se concentra sur ces trois bougies et tenta de contenir les flux magiques désorganisés. Petit à petit, Maximilien sentit que Mickael reprenait le contrôle du rituel et qu'Elena parvenait à atténuer les convulsions d'Artemis, ce qui allégea la charge de chacun.

Maximilien perçut que la magie du rituel commençait à changer. Les présences d'Alexéis et d'Artemis étaient lointaines mais elles commençaient à se rapprocher. Leurs magies grandissaient, ils revenaient. Il remarqua qu'Elena se retirait, puis Mickael alors Maximilien se retira prudemment à son tour. Maximilien émergea du rituel épuisé et en sueur. En ouvrant les yeux, vision d'horreur, il eut un mouvement de recul. Tatiana était à quelque centimètres de son visage et l'inspectait. « Ils reviennent ! » clama Mickael déjà relevé. En effet, Alexéis et Artemis ouvraient des yeux étourdis. « Qu'est-ce qui s'est passé ? » lui demanda aussitôt Elena. Kolcheck ne lui répondit pas mais projeta mentalement un souvenir dans toute la pièce. Maximilien reconnu immédiatement Athena Cristatos attachée à une table hurlant de douleur sous la torture.

« Pourquoi tu ne voulais pas aller les chercher ? hurla Artemis en se ruant sur Alexéis.

— Pour repérer les lieux et attaquer correctement, petite adolescente stupide. Tu as failli nous tuer en essayant de revenir. Et s'ils n'avaient pas stabilisé le rituel, nous serions morts tous les deux. Ça aurait sans doute rendu un grand service à ta mère !

— On s'expliquera plus tard, intervint Tatiana alors qu'Artemis allait répliquer.

— Nous avons besoin de trois équipes » annonça Kolcheck les dents serrées.

Il projeta l'image mentale à tous d'une petite ferme grecque. Il proposa qu'une équipe attaque par la porte d'entrée pour faire diversion, dont il projeta l'image à la ronde. Il suggéra à Mickael et Elena d'anéantir un pan de la maison par magie ancienne pour faire comprendre aux mangemorts ce qui allait leur tomber dessus et il termina en se proposant pour aller récupérer discrètement les prisonniers pendant les deux autres assauts. Tatiana eut un sourire cruel et approuva le plan. Elle se tourna vers les aurors et leur demanda « Qui d'autre que moi a déjà pratiqué l'infiltration et l'extermination silencieuse ? » Un auror sortit du rang. Il fut aussitôt décidé que Kolcheck, Tatiana et cet auror iraient évacuer les prisonniers. Mickael, Elena, le briseur de sorts et un auror d'un côté, les quatre autres aurors de l'autre feraient de puissantes diversions chacun à leurs manières. Kolcheck rappela aux trois équipes leur destinations de transplanage puis tout le monde se rua vers l'extérieur de la demeure Cristatos.

Il ne resta bientôt que Maximilien, Artemis, le vieux Cristatos et les deux guérisseurs. L'un vint tout de suite examiner la jeune fille épuisée mais il conclut rapidement qu'elle n'était que secouée. Le Français voulut savoir ce qui était arrivé pendant le rituel pour provoquer de tels tremblements. Au lieu de répondre, la jeune Grecque fondit en larmes. L'ancien se rapprocha et posa doucement une main sur son épaule. Maximilien reconnut de la magie ancienne, il offrait à la jeune fille paix et amour.

Artemis se calma progressivement et tenta d'expliquer qu'ils avaient trouvé Athena en train d'être torturée et qu'elle avait tenté de rejoindre et d'aider sa mère. Mais Kolcheck l'avait fermement maintenue mentalement à ses côtés et avait commencé à repérer les environs calmement. La jeune fille avait été furieuse puis inquiète puis avait tout simplement craquée. Le slave avait dû finalement la contraindre mentalement pour l'empêcher de tenter quoique ce soit. Il avait en même temps, et non sans mal, terminé méthodiquement sa reconnaissance des lieux et des protections magiques avant de revenir. Lorsqu'elle eut terminé son histoire, elle se remit à pleurer. L'un des guérisseurs finit par lui tendre une racine fortifiante à mastiquer. Pour la première fois, elle reprit quelques couleurs.

« Est-ce que tu crois qu'ils vont réussir à nous les ramener ? Est-ce qu'ils ne vont pas se faire tuer aussi ? » demanda Artemis, les larmes aux yeux. Pour la première fois, Maximilien réussit à sourire et d'un sourire particulièrement mauvais. Il expliqua comment il avait vu sa tante, le Slave et l'Allemand massacrer les mangemorts en Russie. Il ajouta non sans satisfaction qu'elle devrait plutôt s'inquiéter pour les mangemorts car rien ne pouvait les préparer à l'ouragan qui déferlait sur eux. Artemis éclata d'un rire nerveux, même les guérisseurs et le vieil homme s'autorisèrent de discrets sourires tristes.

Soudain, il y eut du mouvement à l'extérieur, d'autres médicomages venaient d'arriver en renfort de l'hôpital grec. Ils se coordonnèrent avec leurs homologues et, sans plus attendre, dressèrent des lits de camps en attendant le retour des combattants et des prisonniers. L'attente reprit, chaque instant paraissait durer une éternité.

Artemis s'était réfugiée dans les bras de Maximilien et commençait tout juste à se détendre quand Tatiana se matérialisa à l'entrée en maintenant magiquement deux corps inconscients. Elle les confia immédiatement aux guérisseurs qui commencèrent à les examiner. Artemis bondit et échappa à Maximilien pour aller prendre des nouvelles. Le jeune Français n'hésita pas, il utilisa la magie ancienne pour l'enlacer et la ramener de force à l'intérieur. Il ignora les insultes de son amie et la maintint de force dans la pièce. Il fallait laisser les guérisseurs travailler. Un auror apparut à son tour en soutenant Athena. C'était elle sans aucun doute possible. Le vieil homme se leva à son tour mais s'arrêta sur le seuil de la porte, il se contenta d'observer inquiet.

Kolcheck fit enfin son apparition. Il confia l'un des prisonniers libérés aux guérisseurs mais lorsqu'ils se tournèrent vers le second, il hocha négativement la tête. Le vieil homme était mort. Le slave leva les yeux vers Maximilien et les deux grecs qui se tenaient à l'entrée. Les trois reçurent une vision mentale d'Alexéis et découvrirent distinctement le visage du mort. Le vieil homme défaillit, c'était son frère. Maximilien et Artemis s'empressèrent de soutenir le vieux mage et l'aidèrent à s'installer dans un fauteuil. Il ne chercha pas à retenir ses larmes. Tatiana s'approcha du trio, elle présenta ses condoléances aux Grecs puis elle les informa qu'il était mort avant l'assaut et que le corps ne portait pas de marque de torture. « Son cœur a dû lâcher avant. Il n'a pas souffert. » finit elle un peu pâle. Le vieux Grec la remercia d'un souffle. « Et comment vont les autres ? » demanda Maximilien. Sa tante haussa juste les épaules, elle ne savait pas, puis quitta la pièce à grands pas.

Au bout d'un moment Elena émergea dans la pièce qu'occupait toujours Maximilien et les Grecs. Elle tenta un léger sourire qui se voulait rassurant et les informa qu'Athena et un autre prisonnier allaient s'en sortir sans problème. « Ils seront sur pieds dans deux ou trois jours. » précisa-t-elle mais elle refusa de commenter l'état des deux derniers mages. Comme Artemis essayait de la faire parler, Elena s'approcha et posa délicatement une main sur le front de l'adolescente en souriant et celle-ci s'endormit aussitôt, au grand soulagement de tout le monde. Elena attira à elle une chaise et s'effondra dessus, épuisée et triste mais satisfaite.

Le mage grec finit briser le silence qui s'était installé. Il demanda à la Scandinave ce qui s'était passé lors de l'assaut. Elle chercha ses mots avec difficulté mais réussit à se faire comprendre. Les fabricants grecs avaient été séquestrés dans une vieille ferme isolée et abandonnée, probablement moldue. Avec Mickael, le briseur de sorts grec et l'auror, ils avaient forcé les protections de la ferme, puis unissant leurs magies, ils avaient fait exploser une aile entière de la demeure. Pendant ce temps, l'équipe d'aurors avait investi les lieux depuis l'opposé. Les mangemorts avaient été violemment maîtrisés et la ferme sécurisée. La grange où les fabricants subissaient l'interrogatoire avait été tout d'abord investie par le trio formé de Kolcheck, de Tatiana et du dernier auror. Les prisonniers avaient déjà été évacués lorsqu'Elena y était rentrée mais elle refusa d'en décrire la scène. Son frissonnement horrifié parlait pour elle ; les mangemorts y avaient été brutalement massacrés. Ils étaient ensuite revenus chez les Cristatos et Elena avait participé, malgré son épuisement, aux soins de quelques blessures légères subies par les aurors. Pour terminer sur une note plus joyeuse, Elena dit à Maximilien qu'elle trouvait mignon le couple qu'il formait avec Artemis. Elle dormait toujours dans ses bras. La Danoise, impitoyable, ajouta qu'il ne manquait qu'un élégant filet de bave pour parfaire le tableau. Elle s'autorisa un sourire en coin et le vieux mage grec se dérida, il ne put retenir un éclat de rire sous le regard incendiaire du jeune Français.

Le lendemain matin, las de tourner en rond seul dans la demeure des Cristatos, Maximilien avait demandé la permission à une patrouille d'auror pour aller se promener dans l'île. Sa requête avait été évidemment rejetée mais le Français ne l'entendait pas de cette oreille. Il tira profit sans états d'âme des passages secrets qu'il utilisait habituellement avec Artemis pour déjouer la surveillance d'Athena et Lucien.

Il s'était aussitôt dirigé vers la petite crique où il rencontrait habituellement Elari. Elari était une jeune sirène qu'il avait rencontré avec Artemis lors d'une sortie nocturne à l'insu des adultes. Coïncidence la nuit en question, Elari nageait près des côtes malgré l'interdiction de sa tribu. Une charmante amitié qui avait donc débuté sous le signe de la désobéissance. Maximilien avait rencontré d'autres sirènes par la suite, il en avait conclu qu'Elari était la plus mal élevée, la plus insupportable et la plus attachante des sirènes. Preuve de leur amitié, elle avait accepté de donner à Lucien un de ses cheveux pour fabriquer la baguette de Maximilien. Arrivé sur les rochers, Maximilien plaça ses mains dans l'eau et puisa dans sa magie pour lancer l'appel habituel. Il déchaussa ses bottes, dégrafa sa cape et puis trempa paresseusement ses pieds dans l'eau tiède. Elari pouvait prendre son temps pour venir, quand elle daignait venir bien sûr.

Soudain les sens de Maximilien, aiguisés par la magie ancienne, l'avertirent que deux personnes se dirigeaient vers lui. Il dégaina sa fine baguette en bois d'ébène. Puis il amorça une discrète et prudente retraite vers la demeure des Cristatos en utilisant sa connaissance des lieux et les techniques de déplacements silencieux enseignées par Lucien. « Tu n'es pas encore prêt d'arracher le crin d'une licorne ! » lui lança une voix amusée qu'il reconnut aussitôt. Athena émergea de la végétation suivie d'un auror. « Enfin ce n'est déjà pas mal, tu aurais berné la plupart des mangemorts et même beaucoup d'aurors ! Mais pas moi, ajouta-t-elle.

— Mais vous n'êtes pas sensé vous reposer ? demanda Maximilien impressionné.

— Tu es pire que ma fille. Cela fait deux heures qu'elle me propose du thé, de rectifier la position des oreillers et qu'elle m'interdit de bouger ! Enfin je peux me déplacer, j'utilise juste plus de magie au lieu des muscles c'est tout, commenta-t-elle en lévitant un peu plus haut pour passer une racine.

— Vous avez réussi à déjouer sa surveillance facilement ? demanda Maximilien avec un grand sourire.

— Bien sûr, vous êtes si prévisibles les enfants mais j'ai quand même demandé à un auror de m'accompagner. Je ne suis pas exactement en état de me battre. Et toi ? Tu voulais juste t'amuser avec ton odieuse petite sirène ou donner des sueurs froides à nos aurors qui te cherchent partout ? Heureusement que vous vous retrouvez toujours au même endroit.

— Navré, s'excusa Maximilien en s'adressant à l'auror avec fort peu de sincérité.

— Bon peu importe. Retournons à ta crique. En attendant qu'elle arrive, il faut que nous parlions avec elle aussi. »

Le trio revint à la crique où Maximilien récupéra sa cape et ses bottes. Puis Athena prit la parole. « Je voulais te remercier pour tout ce que tu as fait. » lui dit-elle. Le jeune homme tenta de nuancer sa faible contribution au rituel. La Grecque l'interrompit, elle avait apparemment déjà parlé à Tatiana et à ses collègues étrangers. « Je tiens à te remercier pour avoir tenu à tous nous prévenir et surtout d'être venu entouré de quatre talentueux sorciers. Sans toi, nous serions encore tous prisonniers de ces ordures !

— J'ai juste suivi les dernières indications de Lucien, marmonna Maximilien triste.

— Même en mourant, il veillait encore sur nous tous, soupira Athena. Je suis désolée pour tous les pertes que vous avez subies. Ta mère, tes mentors, ton chef de clan et bien d'autres.

— Vous en avez perdu aussi, votre père… Qu'est-ce que nous allons devenir sans eux ? demanda Maximilien en se laissant tomber sur une souche pour masquer ses larmes.

— Nous allons vivre Maximilien. Ils sont morts pour nous permettre de vivre. Nous allons les honorer ensemble, en survivant, en faisant perdurer leur activité et en les vengeant.

— Vous allez aussi nous rejoindre dans cette guerre ?

— Tu en doutais peut-être ? Même sans avoir été attaqué, nous vous aurions soutenus. L'affront contre notre profession était déjà énorme alors maintenant…

— Je me demande combien vont effectivement nous suivre.

— Parmi les autres fabricants tu veux dire ? Nous verrons bien. J'ai envoyé un hibou à Gregorovitch pour que nous rassemblions au plus vite une session extraordinaire de l'assemblée des fabricants. Il faudra que tu sois présent et avec un représentant majeur de ton clan, précisa Athena.

— Je peux emmener Tatiana ? demanda Maximilien en éclatant de rire.

— Pour qu'elle tente de tuer ceux qui refuserons de nous suivre ! Nous allons éviter ! répliqua-t-elle en souriant. Il faut que nous parlions aussi de la fin de ta formation. Ollivander possédait la magie la plus proche de celle de ton clan mais étant donné les circonstances…

— Tobias Zaubholz m'a proposé de me former si j'en ai besoin.

— Je ne le connais pas, reconnut la sorcière grecque. Mais sache que nous te formerons sans hésiter. Outre les similitudes de nos magies, nous te devons bien ça. La porte de notre demeure sera toujours ouverte aux Villefort. Il y a encore quelques siècles, j'aurais pu te proposer la main de ma fille pour te remercier, plaisanta Athena. Mais ce n'est pas sûr que… »

« Eh bien j'aimerais bien voir sa réaction ! » pouffa une petite voix pleine d'ironie. Les trois mages sursautèrent. L'auror brandit sa baguette mais Athena lui dévia le bras pour protéger la sirène. Le sort manqua de peu la nouvelle venue qui lui tira la langue puis se moqua de lui. Athena s'empressa de préciser au guerrier que la sirène était une amie de la famille. L'auror grogna mais rengaina sa baguette. « Eh bien Maximilien depuis le temps que tu n'étais pas revenu. Je commençais à croire que tu m'avais oubliée !

— C'est vrai que je ne suis pas revenu ici depuis longtemps, reconnut l'étudiant en lui accordant un pâle sourire.

— Bien ! coupa Athena. Navrée d'interrompre vos retrouvailles mais nous sommes venus t'avertir que ni Artemis ni Maximilien ne te reverront avant plusieurs mois voire plusieurs années. Tout à fait désolée.

— Et qu'est-ce qui vous permet d'interdire si injustement mes amis de venir me voir, grogna-t-elle en sortant un peu plus de l'eau et s'allongeant paresseusement sur un rocher.

— Est-ce que tu sais qu'il y a en ce moment un grand conflit chez les êtres humains ? interrogea la sorcière sans s'émouvoir.

— Oui, Artemis m'a dit que c'était une guerre horrible mais que votre famille ne serait jamais attaquée.

— La situation a changé Elari, soupira Athena. La famille de Maximilien et la mienne ont été brutalement attaquées. Nous allons quitter l'île et Artemis ne pourra plus venir te voir. Même la nuit en cachette comme ils ont l'habitude de te le faire, ajouta-t-elle en voyant que la sirène allait répliquer.

— Vous saviez que ? intervint Maximilien dansant sur deux pieds, mal-à-l'aise en rougissant.

— Bien sûr, lui répondit aussitôt Athena. Tu imaginais peut-être que je laisserais ma fille unique s'évader de la maison sans être informée. C'est mal me connaître.

— Vous auriez dû les voir, s'exclama la sirène. Ils étaient tous fiers de sortir en cachette sans que Lucien et vous ne le sachiez. Mais dîtes moi, lança-t-elle amusée. Vous étiez au courant de tout ? Absolument de tout ? ajouta-t-elle en jetant un regard malveillant à un Maximilien horrifié.

— Non pas tout, répondit-elle avec un sourire léger. Du moment qu'ils ne quittaient pas l'île, je ne me suis pas trop préoccupé de leurs, hum, aventures.

— Mais vous avez quand de bonnes idées sur leurs activités » continua Elari impitoyable.

L'auror l'interrompit au grand soulagement de Maximilien. Il se moquait bien des embrassades d'adolescents. Il ordonna aux deux fabricants de rentrer. Maximilien salua son amie avec un regard de reproche. La jeune sirène lui adressa une moue triste puis l'éclaboussa joyeusement avant de plonger dans les eaux cristallines.

De retour à la demeure Cristatos, ils tombèrent sur une Tatiana, aussi souriante que d'habitude. Qu'est-ce qui allait encore lui tomber dessus ? pensa Maximilien. Elle l'informa qu'ils quitteraient la Grèce dans une heure pour retourner en France.

Athéna le guida sans hésitation jusqu'à un petit salon. Elle y entra sans frapper. Mickael y faisait les cent pas, tendu. Alexéis était nonchalamment installé dans un fauteuil confortable, il regardait l'allemand avec indifférence. Elena se tenait debout légèrement inquiète. « Ah vous voilà » dit-elle lorsqu'Athéna et les Français entrèrent.

« Je viens de recevoir un hibou de mon père, annonça Mickael. Il y a eu une intrusion chez nous mais les mangemorts ont été repoussés.

— Des victimes ? demanda simplement la magicienne grecque.

— Juste un blessé, évacué à l'hôpital. Heureusement que ma famille était préparée !

— Une seule question maintenant. Qu'allons-nous faire ? demanda le slave d'une voix qui trahissait sa colère.

— Je suppose que nous allons réunir une assemblée extraordinaire, annonça Athéna.

— Et qu'est-ce que c'est que ça ? grogna Tatiana.

— Les fabricants de baguettes magiques se réunissent de temps en temps, expliqua Elena. Nous réorganisons périodiquement l'approvisionnement de baguettes en Europe. Si une zone a perdu un fabricant, nous en formons un nouveau par exemple.

— Et parfois nous réunissons une assemblée exceptionnelle pour adopter une ligne de politique commune face aux grands conflits, termina Athéna.

— Pour conserver votre foutue neutralité ! assena Tatiana.

— Oh parfois c'est pour maintenir l'approvisionnement d'un pays quand un fabricant rejoint un mage noir ou se fait assassiner. Il y a carrément eu des cas où nous avons fait sauter notre traditionnelle neutralité. »

Maximilien savait pourtant que la neutralité était rarement abandonnée. Certes il y avait eu des précédents, mais ça restait rare. Les fabricants avaient pris les armes contre Grindelwald. Lucien et Ollivander s'étaient rapprochés en combattant aux côtés de Dumbledore. Par contre il n'avait jamais été question d'y renoncer pendant la première guerre contre Vous-savez-qui.

« Vous pensez qu'il y a des chances pour que vous combattiez à nos côtés ? demanda Maximilien.

— On ne peut pas vraiment savoir à l'avance ! répliqua Alexéis.

— Tu penses qu'ils vont être indifférents à l'absence d'Ollivander et de Lucien ? La hargne de Marcia, celle de Gregorovitch et la nôtre ? répondit Athéna.

— Si nous avons effectivement le soutien des Villefort et celui des Zaubholz, nous aurons sans doute assez de poids pour orienter les décisions de l'assemblée, conclut Elena.

— Pour ma famille, je ne sais pas. Une prise de position ouverte contre les mangemorts serait défavorable à nos affaires, expliqua Mickael. Nous n'avons pas seulement les baguettes, ajouta-t-il en voyant Tatiana ouvrir la bouche. Si ça ne tenait qu'à moi, ce serait oui évidemment. Mais c'est probable que l'attaque qui vient d'avoir lieu va les faire réfléchir.

— Ils n'auront pas tellement le choix, j'imagine. Tu as déjà combattu à nos côtés en Russie et participé à l'extraction des Cristatos. Vous êtes officiellement grillés, ricana Alexéis. Et côté Villefort ? demanda-t-il. J'imagine que ça dépendra de votre nouveau patriarche ?

— Pas seulement, reconnu Tatiana. Victor reprendra sans doute le clan. Il voudra se venger. Sa fiancée est morte durant l'attaque du manoir, précisa-t-elle. Mais il y a plusieurs personnes qui préféreraient adopter un profil bas. Ils ont peur que les mangemorts viennent terminer le travail. Qu'ils essaient ces salauds ! »

Tatiana mis rapidement fin à la discussion avec sa politesse habituelle. Ils devaient partir. Elle exigea d'être tenue au courant de la suite des événements par hiboux. Athéna lui promis que le clan Villefort serait représenté et qu'elle s'arrangerait pour organiser l'assemblée le plus rapidement possible. Elena intervint amusée. L'assemblée pouvait attendre un peu. Il valait mieux se préparer pour influer dans la « bonne direction » avec des « gens diplomatiques ». Elena immédiatement s'attira les regards noirs d'Athéna et de Tatiana.


octobre 1996 (la date du récit) correspond au livre Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé. En fait l'histoire commence peu de temps après le retour officiel de Celui-dont-je-n'écrirai-pas-le-nom ^^

Même si l'histoire se passe en France, je ferai des petits parallèles avec l'Angleterre et ça nous laisse le temps de nous amuser avec presque deux ans de conflit pour Maximilien. Retenez juste que Maximilien est en 7ème année (et la plupart de ses amis aussi) alors que Harry n'entre qu'en 6ème année. Autrement dit, il ne sera pas enfermé à Beauxbâtons jusqu'à la fin de la guerre…

N'hésitez pas à me dire les personnages que vous préférez. J'ai d'assez bonnes idées pour les événements à venir mais je peux donner de l'importance aux personnages qui vous plaisent.

A bientôt