Salut salut ! Comment va ? Me revoici avec le chapitre 6 ! Oui je sais, les notes d'auteur, c'est pas fou...


Clarke : - Salut, nous sommes le lundi 17 septembre et - chose rare ! - je filme au réveil pour une fois. Bon ok, il est 3h42, donc peut-on vraiment parler de réveil à l'heure-là..? Et non, je sais ce que vous vous dites, mais je ne suis pas debout de si bonne heure à cause d'un zomcident, néologisme qui sera employé à partir de maintenant pour désigner un incident impliquant une brune sexy à s'en damner dévorant un être humain. Non je suis debout parce qu'après mon dernier podcast, je me suis endormie pour dormir plus de 48 heures d'affilé. Je me suis réveillée il y a environ 2 heures, j'ai dévoré l'intégralité du frigo, pris une douche, répondu au demi-million de textos que j'avais reçu d'à peu près tous mes contacts, concernant soit feue ma grand-mère, soit mon rencard - mon absence de rencard du coup - avec Lexa, soit les deux, et je n'ai plus du tout envie de dormir maintenant.

Ce qui au final n'est pas plus mal parce que, touchée par la Grâce j'imagine, je me suis soudainement souvenue que j'avais une dissert' de philo à rendre. J'ai compris 20 minutes après avoir commencé que la philo n'était clairement pas mon truc et j'ai renoncé. Lâche que je suis, au lieu de demander au prof un délai pour travailler sérieusement sur ce devoir que j'aurais probablement eu vu les circonstances, j'ai harcelé Laura jusqu'à ce qu'elle se réveille, ce qui n'a pas été chose facile à 3 heures du matin, et ai supplié le cher et tendre cadavre qui partage son lit de faire ma dissert' à ma place. Pratique d'avoir une belle-sœur de plus de 300 ans qui a eu, je viens de l'apprendre, l'équivalent de deux licences, quatre masters et un doctorat en philo au cours de sa longue vie. Je ne me vais pas mentir, j'ai complètement échoué à la persuader et encore moins à la convaincre d'écrire quatre pages sur le désir comme marque de notre imperfection à 3 heures du matin, et ai eu droit pour toute réponse de sa part à "Succomber à mon désir de monter dans le prochain avion pour venir t'arracher les doigts serait absolument parfait et satisfaisant pour moi" - ahah, très spirituel la suceuse de sang ! -, mais il a suffit que Laura lui chuchote quelques mots à l'oreille pour qu'elle accepte de me rendre ce service.

Après avoir donc probablement prostitué ma sœur, j'ai récupéré une demi-heure plus tard un devoir absolument nickel qui me vaudra sans doute un A et laissé ma sœur et sa vampire se rendormir, ou faire ce que Laura avait promis à sa petite-amie, je ne sais pas, et ne veux pas savoir.

[L'imprimante se met en marche au fond de la chambre, Clarke se lève pour récupérer le fruit de son travail - enfin de celui de Carmilla - et revient s'assoir.]

Parfait. Bon, plus que 3 heures à tuer avant de migrer vers la maison de Lexa. C'est long la nuit en fait, quand on ne dort pas... Mais heureusement mon meilleur ami Netflix est là.

[220 minutes, soit 10 épisodes, de The Good Place plus tard. Une sonnerie de téléphone se fait entendre. Clarke met sur pause et attrape son portable, souriant comme une collégienne de 13 ans en voyant le nom à l'écran.]

Salut Lex', déjà deb... Comment ça qu'est-ce que je fais ? J'ai dormi pendant 2 jours d'affilé, je n'ai plus trop envie de dormir malgré l'heure et... 7h40 ?! Comment ça 7h40 ?! Merde ! J'arrive !

[Clarke bondit de sa chaise, se cogne l'orteil contre la table dans le coin de la pièce, insulte la famille du meuble tout en enfilant une veste et attrape son sac avant de sortir en arrachant presque la porte. Et de revenir toujours dans la précipitation éteindre la caméra.]


[Caméra s'allume. Clarke apparait à l'image.]

Clarke : - Hey, désolée d'être partie en panique ce matin, je n'ai pas vu le temps passer. Nous sommes toujours le lundi 17 septembre, et il est 17h42, je viens de rentrer des cours. La journée s'est plutôt bien passée, mais rien de bien transcendant ou particulier. Oh si, mon prof de philo était étonné que je lui rende mon devoir à temps, je me suis bien gardée de lui dire que je n'avais aucun mérite là-dedans.

J'ai proposé à Lexa de venir passer la soirée à la maison, comme c'est toujours elle qui m'invite, mais elle a décliné l'offre. Elle n'est pas très à l'aide à l'idée de s'enfermer dans une maison autre que la sienne, apparemment elle a peur d'être prise d'une bonne fringale et de n'avoir personne d'autre sous la main que son hôte. Perso je n'y crois pas trop, son excuse ne tient pas la route vu qu'elle a l'air complètement à l'aise au lycée comme dans tout autre lieu public. Non je pense plutôt qu'elle n'est pas à l'aise à l'idée d'être seule avec moi, la veille de notre premier rendez-vous. Vous allez me dire que c'est stupide vu le temps qu'on passe ensembles, et peut-être que ça l'est et que je me fais complètement des films, mais au final ce n'est pas plus mal. Si on avait été seules toutes les deux, j'aurais probablement fini par essayer de l'embrasser - voire réussir -, ce qui foutrait en l'air le concept du premier rencard.

Ceci dit, même si c'était probablement un énorme mensonge, tout n'est pas à jeter dans son excuse. Il est vrai qu'elle ne peut pas vraiment se trimballer avec un demi-cadavre sur elle en permanence, et encore moins stocker de la viande morte dans le frigo de mes parents comme elle le fait chez elle, c'est pourquoi je viens de commander... roulements de tambour... ceci !

[Clarke montre la photo d'un congélateur sur un magazine quelconque.]

516 litres, 1785 mm de longueur, 688 de profondeur et 845 de hauteur, livré chez moi dans la semaine, pour un peu moins de 800 dollars ! D'où sortent ces 800 dollars me demanderez-vous ? C'est simple, des portefeuilles des derniers repas de mon amie zombie, qui se trimballaient avec pas mal de billets verts. Quelle erreur de conserver autant de cash sur soi. Pour me remercier de l'aide apportée dans les récents déplacements de cadavres, Lexa m'a donné tout ce qu'ils avaient sur eux.

Notre nouvel ami le congélateur, que nous allons nommer Guillemotine en référence à mon premier chien Guillemoton - oui d'accord c'est très long et ridicule comme nom pour un chien, mais j'avais 4 ans ! -, va... Bon si vous voulez la vraie raison, Guillemotine ça me faisait penser à guillotine, et comme les deux outils ont un lien avec des cadavres, ça m'a fait rire. Oui je sais, il n'y a que moi que ça fait rire ! Bref, Guillemotine disais-je, va donc résider là-bas...

[Clarke désigne le fond de la chambre, un petit renfoncement sur la gauche de la porte.]

... et accueillera ce que Lexa voudra y stocker. D'ailleurs je suis en train de réaliser que je ne vous ai jamais fait visiter ma chambre. Elle se trouve au sous-sol, vous allez comprendre pourquoi. Donc ici c'est ma chambre à proprement parler, avec mon lit, une table de chevet, la télé et mes consoles, l'armoire et la commode sur la droite, enfin la gauche pour vous, le bureau sur lequel je suis installée actuellement et qui me sert essentiellement à bosser et trainer sur mon ordi, à droite, vous avez la table sur laquelle je dessine, le chevalet que j'utilise pour peintre, tout mon matériel est méticuleusement rangé dans l'étagère dans le coin que vous ne pouvez pas voir, et derrière mon coin dessin, il y a un mini-frigo, un placard à gâteaux et enfin le renfoncement dans lequel ira le congélateur. Vous ne le voyez pas mais sur le mur en face de moi, il y a une porte menant à la salle de bain et à la buanderie où il y a une petite machine à laver.

Je sais, ma chambre est plus un appartement qu'une chambre, et les seules choses qu'ils "manquent" sont un four et un micro-ondes. J'ai manifesté très jeune le désir d'avoir une certaine indépendance, comme tous les gamins du monde j'imagine, et mes parents ont pris ça au pied de la lettre : quand j'ai eu 14 ans, ils ont déménagé leur chambre à Londres au rez-de-chaussée pour me laisser l'étage, à condition qu'en contrepartie je sois vraiment indépendante au niveau du ménage et de la lessive. Sachant qu'ils bossent la majeure partie du temps depuis aussi longtemps que je me souvienne, j'étais déjà souvent toute seule, donc autant pousser le vice jusqu'à avoir mon propre étage. Le mini-frigo, la télé, le petit atelier dans le coin, ce sont des extras pour se déculpabiliser de n'être jamais là j'imagine. Quoiqu'on en dise, l'argent achète le bonheur, en partie. Quand mon père a trouvé cette maison, il a flashé en partie grâce au sous-sol, il a tout de suite décidé que ça serait "mes appartements" comme ils disent.

[Quelqu'un frappe à la porte.]

Jake : - Je peux entrer ?

Clarke : - Oui bien-sûr !

[La porte s'ouvre, Jake entre dans la chambre.]

Clarke : - Tu es rentré depuis longtemps ?

Jake : - A l'instant. Je te dérange ? Tu étais en train de discuter avec Raven ?

Clarke : - Non. Une prof de Londres m'a conseillé de tenir un journal intime. Je n'aime pas spécialement écrire, du coup je tiens un journal vidéo.

Jake : - C'était déjà ce que tu faisais la veille de la rentrée ?

Clarke : - En effet.

Jake : - Et tu nous as menti parce que ?

Clarke : - Parce que l'idée était nulle et que je me sentais ridicule.

Jake : - Et plus maintenant ?

Clarke : - L'idée est toujours nulle et je me sens toujours ridicule, mais je l'assume.

Jake : - D'accord. Dis, j'ai trois questions pour toi. Déjà, tu restes ici ce soir ?

Clarke : - Yep, Maman est de garde ?

Jake : - Non elle devrait rentrer dans une petite demi-heure. Par contre elle est de garde demain soir, ce qui m'amène à ma deuxième question : tu restes à la maison demain soir ?

Clarke : - Non désolée, je sors avec une amie.

Jake : - Une amie amie ou une amie j'aimerais qu'elle soit plus qu'une amie ?

Clarke : - C'est un rencard avec une fille que j'apprécie beaucoup, tu as ta réponse, passons à autre-chose.

Jake : - Tant mieux pour toi, bonne chance alors ! Du coup, question 2 bis, ton amie à Londres qui était souvent à la maison, Niylah ? C'était vraiment juste une amie ?

Clarke : - On était ensembles, tu as ta réponse, passons à autre-chose.

Jake : - D'accord d'accord je ne cherche pas plus loin. Dernière question donc, j'ai eu un appel d'un certain Mr Quint, qui me demandait si c'était bien chez nous qu'il devait livrer le congélateur dans la semaine, ainsi que les chaines en acier et le cadenas, dois-je m'inquiéter ?

Clarke : - Oh oui, je voulais t'en parler. Lexa et moi...

Jake : - Lexa ?

Clarke : - La fille avec qui j'ai rencard demain. Elle est dans le même cours d'art que moi, et on doit bosser sur un support qui sort de l'ordinaire. On va tenter la sculpture sur glace, d'où le besoin d'un congélateur de cette taille. Elle a payé, je le garde ici, selon elle c'est équitable.

Jake : - Et les chaines ?

Clarke : - Personne ne doit ouvrir ce congélateur à part elle et moi, sinon ça risque de bousiller notre travail. Les chaines, c'est pour s'en assurer.

Jake : - Cette famille ne cesse de me surprendre... Mais bon, on a déjà vu plus bizarre. Je te laisse tranquille, essaye de faire acte de présence vers 18h30.

Clarke : - Oh je monte dans 5 minutes, j'enregistre la vidéo et j'arrive.

[Clarke se retourne vers l'écran.]

Jake : - Oh au fait, tu te souviens du voisin avec qui j'avais quelques soucis ?

[Les yeux de Clarke s'écarquillent.]

Clarke : - Ooouuuiii...

Jake : - Sa femme vient de le déclarer portée disparue, elle ne l'a pas vu depuis deux semaines. Les flics étaient chez elle quand je suis rentré.

[Les yeux de Clarke crient de panique tandis que celle-ci blémit.]

Clarke : - Ah... Vrai... Vraiment ? Et qu'est-ce que la police en pense ?

Jake : - Pas grand-chose. N'en parle pas autour de toi parce que le policier avec qui j'ai discuté n'était pas supposé m'en parler, mais ça n'a pas l'air d'étonner grand-monde. Apparemment, il est de notoriété publique qu'elle comme lui sont assez... libertins. La police est quasiment certaine qu'il s'est juste barré de chez lui pour s'enfuir avec une midinette de 22 ans ou quelque chose comme ça. Et sa femme n'a pas l'air plus inquiète que ça et était en train de flirter avec le stagiaire, donc bon, ça n'ira pas très loin. Enfin bref, je te laisse, à tout de suite !

[Jake referme la porte, le visage de Clarke se détend d'un seul coup.]

Clarke : - Bénis soient les adultères !

[Image et son se coupent.]


A la prochaine !

Kisses - DW.