Hello tout le monde !

Miracle des miracles, je publie enfin quelque chose. Ça fait au moins deux mois que ça n'est pas arrivé.

Je pourrais vous donner des tonnes d'excuses, mais la vérité c'est que j'avais la flemme de me relire. Et puis, il y a eu le NaNo le mois denier, et ça m'a pris beaucoup de temps.

Je vais essayer de reprendre un rythme de relecture / publication normal, donc misez sur un chapitre tous les quinze jours.

Encore désolée pour le retard.

Bonne lecture.


Erik jeta son casque contre le mur. La violence du coup laissa une renfoncement dans le plâtre. La visière se brisa en deux.

Il était furieux.

Il sortait tout juste de son Jaeger et la colère qu'il utilisait habituellement pour le piloter parcourait encore ses veines lorsque Shaw était apparu. Il lui avait annoncé qu'il devrait rester à la base durant un mois au minimum, voire deux.

Son supérieur lui avait promis quinze jours de repos - qu'il aurait passé à traquer et tuer les responsables de la mort de sa femme et sa fille - dès que son équipe de pilotes serait apte à combattre.

Il y avait trois mois de cela.

Ils étaient aptes.

Depuis des semaines.

Mais il devait rester, car ses incapables de collègues n'étaient absolument pas fiables. Le gouvernement russe, auxquels Shaw avait vendu leurs services, se moquait bien des effets que pouvaient avoir la dérive sur le cerveau de ses pilotes. Il les changeait quand c'était nécessaire. Les rangs de l'armée regorgeaient de volontaires prêt à donner leur vie pour la mère patrie.

Mais pour le moment, Erik était le seul à pouvoir piloter sans danger.

Il n'avait pas besoin du retour d'information du Jaeger afin de combattre efficacement. Sa mutation lui permettait de ressentir tout le métal qui composait la machine. Il savait donc si quelque chose était bloqué ou cassé. Il pouvait même ressentir quand la bave ou le sang acide des Kaiju attaquaient la peinture. Il lui suffisait d'entrer dans une demie-dérive où seuls ses ordres passaient.

C'est pour toutes ces raisons que ces idiots avaient besoin de lui. Et ils payaient Shaw une petite fortune pour être certain qu'il restait à leur disposition.

Après sa dispute avec son supérieur, personne n'avait osé le suivre. Il avait même gardé sa tenue de pilote. Qu'ils aillent se faire foutre. Ils en fabriqueraient une nouvelle. Ou l'un d'entre eux finirait peut-être par avoir assez de couilles pour lui faire face.

Mouais. Aucune chance.

Il s'était assuré que tout le monde sache ce qu'il arrivait à ceux qui osaient lui tenir tête. Le jeune officier qui avait osé le braver marchait encore avec des béquilles. Deux mois après leur petite confrontation.

Il entra dans les vestiaires.

Les quelques personnes à l'intérieur le regardèrent avec surprise. Les portes des casiers métalliques se mirent à vibrer. Il observa les premiers occupants attraper précipitamment leurs affaires et sortir de la pièce. Il était enfin seul. Il fit s'immobiliser les casiers. Il plia ensuite les gonds de la porte. Il fit de même avec la serrure.

Personne ne pourrait rentrer à moins de l'attaquer au pied de biche. Et personne n'oserait en sachant qu'il était à l'intérieur.

Il enleva sa combinaison de pilote sur le chemin des douches.

Il devrait peut-être ne pas tirer autant de plaisir à l'idée que tout le monde le craignait. Mais la vérité était qu'il s'en fichait. Ce que les gens pensaient de lui avait cessé d'être important quand sa famille lui avait été arrachée. Leur haine et leur peur les gardait à distance et c'était tout ce qui lui importait.

Il abandonna le vêtement sur le sol carrelé et mouillé. Il savait que la technologie intégrée à la tunique ne supporterait pas l'eau. Dommage.

Il déposa sa serviette sur un des bancs contre le mur à sa droite. Il se dirigea ensuite, complètement nu, vers la cabine la plus éloignée. La pièce ressemblait à n'importe quelle autre salle de douches communes, il aurait presque pu se croire à la piscine, avec l'odeur chlorée qui saturait l'air.

Il entra dans le box du fond sans prendre la peine de refermer la porte derrière lui.

Il alluma l'eau. Le jet glacial lui coupa le souffle. Peu à peu, l'eau se réchauffa.

Il se pencha en avant et la laissa s'abattre contre sa nuque. Il sentit la tension quitter ses muscles lentement. Il posa les deux mains sur le carrelage froid du mur. Il aurait presque souhaité que le martèlement de l'eau sur ses épaules, son ruissellement le long de son dos puisse émousser sa fureur aussi facilement qu'elle adoucissait son corps.

Enfin une partie de son corps.

Parce que l'adrénaline de son dernier combat n'avait pas complètement disparu de son organisme. Et que l'excitation de la bataille, d'avoir gagné avait maintenant pris une tournure beaucoup plus charnelle.

Il ouvrit les yeux et fixa son sexe, fièrement dressé entre ses cuisses. Il n'hésita pas longtemps. Il saisit sa verge de sa main droite. Le froid de sa paume, transmis par le mur carrelé, le fit frissonner autant que le plaisir procuré par la pression autour de son érection.

Il commença un mouvement de va-et-vient, précis, presque mécanique. Ça faisait bien longtemps qu'il ne cherchait plus à prolonger son attente, à augmenter son désir, petit à petit, jusqu'à ce que son orgasme le laisse haletant, les genoux supportant à peine son poids. Maintenant, chaque geste était efficace, calculé pour en terminer au plus vite, comme lorsqu'il se lavait, mangeait, s'habillait. Comme tout ce qu'il faisait depuis des années, ces choses nécessaires à sa survie, mais dont il ne tirait plus aucun plaisir.

Il se connaissait bien. Il savait très exactement quelle pression appliquer, quel endroit toucher, quel rythme suivre.

Il garda son esprit vide. Il ne voulait pas souiller les souvenirs de sa femme, de leurs étreintes passionnées, en les conjurant à cet instant. Il assouvissait un besoin primal, né d'un surplus d'adrénaline et d'agressivité, qui n'avait rien à voir avec la communion de deux corps qui s'aimaient.

Il jouit rapidement, une main toujours posée sur le mur froid, l'eau battant sur sa nuque. Cette même eau emporta rapidement le liquide blanc qu'il venait de faire tomber entre ses jambes.

Il lâcha son sexe à nouveau flasque. Il ne restait déjà plus aucune trace de son orgasme. Ni au sol, ni sur ses mains, ni même dans ses veines et son esprit. Un besoin physique maintenant assouvi et qui ne méritait pas que l'on s'y attarde.

Le reste de sa douche se termina de la même manière. Moins de dix minutes après être entré dans la cabine, il en ressortit. Il s'avança, encore complètement nu, au milieu des vestiaires. Il s'y habilla avant de débloquer la porte et de sortir. Il rentra dans ses quartiers sans même récupérer sa combinaison de pilote. Quelqu'un passerait s'en occuper. Ou pas. C'était sans importance.

ooOoo

Un mois après son dernier combat, Shaw les convoqua dans la salle de commandement du complexe. Il avait une nouvelle à leur annoncer.

Tout le monde était déjà présent quand il entra. Azazel et Emma étaient installés à l'immense table au centre de la pièce, Angel était dans un coin et leur supérieur trônait, comme à son habitude au bout de la table.

Erik referma la porte derrière lui. Il s'appuya contre la chambranle et croisa les bras sur sa poitrine. Après un dernier regard de reproche - il était en retard de cinq minutes - Shaw prit la parole :

"Bien, maintenant que vous êtes tous ici, nous pouvons commencer. Nous avons un problème. Petit pour le moment, mais qui pourrait devenir gênant. Le dôme de la côté-ouest des états-unis a peut-être trouvé une solution aux effets secondaires de la dérive."

Voilà une nouvelle intéressante. Si elle était vraie.

La guerre froide avait beau être terminée depuis longtemps, il restait entre les deux anciens ennemis une culture de l'intox assez envahissante.

Mais le monde avait décidé de s'unir contre ce nouvel ennemi apparu du fin fond du Pacifique. Rien ne laissait croire que les informations ou les avancées scientifiques et technologiques que chacun annonçait n'étaient pas réelles.

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle signifiait que les russes auraient moins besoin de lui. Il pourrait retourner à sa propre quête. Mais il comprenait la raison de l'inquiétude de Shaw. Ce que ce dernier confirma lorsqu'il continua son discour :

"S'ils peuvent envoyer n'importe qui piloter, ils n'auront plus autant besoin de nous. Je ne vous apprends rien en vous disant que le contrat que j'ai passé est extrêmement lucratif. Alors vous allez faire le nécessaire afin que nous restions indispensables. Si vous voyez ce que je veux dire."

Ils voyaient tout à fait.

Pour le moment, seul Erik pilotait efficacement son Jaeger sans en payer les conséquences.

Emma arrivait, en utilisant sa mutation, à limiter les dégâts. Mais elle perdait énormément en maîtrise. Son pouvoir n'était pas assez puissant pour la protéger tout en transférant les données nécessaires au pilotage de son Jaeger.

Quant à Azazel, son esprit ne fonctionnait pas comme celui des humains. Aucun chercheur n'avait trouvé d'interface efficace. Il pilotait, mais certains ordres ne passaient pas bien. Angel ne les avait rejoins que dernièrement et elle en était encore à la phase d'entraînement.

Ils allaient devoir s'améliorer. Ou trouver d'autres moyens de se rendre utile.

Emma se leva. Alors qu'elle quittait la pièce,, elle ouvrit un peu plus la fermeture éclair qui courrait le long de son décolleté. La méthode qu'elle avait choisi ne faisait aucune mystère. Erik aurait presque plein le pauvre homme sur lequel elle avait jeté son dévolu.

Azazel disparut dans un plop et Angel sortit sans un bruit. Erik allait la suivre quand Shaw l'interpella :

"Lehnsherr ! Plus de bagarre. Plus d'insultes. Et essaie de te montrer un minimum civil."

Il ne répondit même pas et claqua la porte derrière lui. Il ne voulait pas être ici. Il ne restait que parce que Shaw détenait les informations dont il avait besoin. Seule sa vengeance était importante.

ooOoo

Il fallut encore attendre un mois pour que la nouvelle soit officialisée.

L'équipe scientifique de la côte ouest des Etat-Unis avait bien trouvé un moyen de contrer les effets secondaires de la dérive. Ils avaient partagé leur découverte avec le reste du monde. Ils avaient même envoyé les plans de leurs prototypes. Leur combinaison et leur casque permettaient de former un pont neuronal entre deux personnes.

Chacun des complexes anti-kaiju disséminés dans le monde commençait à chercher et à former des paires de pilotes. Shaw était furieux. Il était en train de perdre un de ses contrats les plus juteux.

Erik, quant à lui, aurait pu être ravi s'il savait encore comment ressentir des sentiments positifs. Ce qui n'était, évidemment, pas le cas. Il ne souhaitait qu'une chose, que cette solution soit mise en place le plus rapidement possible.

Deux mois plus tard, il participait à son premier combat en compagnie d'un Jaeger dirigé par un duo de pilotes. Se battre avec le frère et la sœur, embrigadés par Shaw quelques semaines auparavant, ainsi qu'Azazel et Emma avaient rendus la victoire presque trop facile.

Erik n'avait pas suivi comment ce miracle avait eu lieu, mais la télépathie d'Emma semblait lui permettre de se lier à n'importe qui. Sa présence aidait également l'esprit d'Azazel à former une meilleure connexion avec leur Jaeger. Ils avaient donc pris l'habitude de piloter ensemble.

Quoi qu'il en soit, Shaw lui avait promis qu'il le laisserait partir pour trois semaines dès que le reste de leur équipe serait opérationnelle. Ils venaient de prouver qu'ils pouvaient se débrouiller sans lui.

Il se dirigea vers les quartiers de son patron dès qu'il sortit de la douche. Il entra dans la pièce sans même attendre que Shaw réponde à son coup sur la porte. Il le trouva au téléphone. Le général Assapov, qui dirigeait la base, était à ses côtés.

L'homme lui fit signe de s'asseoir sur l'unique chaise libre et de se taire. A en croire l'accent de leur interlocuteur, ils parlaient avec un américain. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre qu'ils discutaient d'une mission conjointe et qu'une équipe de deux Jaegers serait envoyée d'ici peu sur la côte pacifique.

Il était déjà debout et furieux avant même que la conversation ne se termine. Shaw prit le temps de remercier son interlocuteur et d'accompagner Assapov à la porte avant de se tourner vers lui.

Erik éructa alors que son supérieur ouvrait la bouche :

"Hors de question."

"Ce sera la dernière."

"C'est ce que vous m'avez annoncé la dernière fois, et la fois d'avant. Ça fait pratiquement quatre mois que je bosse sans arrêt. Nous avions un contrat. Je vous aide et, en échange, vous me fournissez des données sur les hommes que je cherche et surtout, vous me laissez du temps pour moi."

"Les circonstances sont particulières. Je vous promets que si vous réussissez cette mission, je vous libère un mois entier. Et j'ai trouvé le chef de patrouille. Celui qui a donné l'ordre. "

Erik se figea. Il cherchait cet homme depuis trois ans. C'est lui qui avait mené la patrouille, qui avait fait le choix de venir le chercher chez lui. Il était responsable. Et il allait payer.

Shaw sourit. Il le tenait. Et il le savait.

Il enchaîna :

"Maintenant que nous avons éliminé cette petite incompréhension, j'ai des nouvelles à vous donner. Et des ordres. Qui doivent rester secrets."

Erik s'assit sur la chaise et se pencha en avant, concentré.

"Commencez."

"J'étais au téléphone avec le responsable du dôme de la coté ouest. Ceux qui ont trouvé le pont neuronal. Ils ont peut-être un moyen d'obtenir des informations sur les Kaijus . Ils ont eux aussi ce pilote qui est capable de combattre seul, comme vous. Et c'est un mutant. Ils ont besoin de vous pour former une équipe et mener cette mission."

"Pourquoi moi ?"

"Vous vous souvenez que Emma a essayé de lire dans le cerveau d'un kaiju ? Comment leur esprit de ruche était trop puissant pour elle ? Comment elle a failli perdre le contrôle d'elle-même ? Il semblerait que ce mutant peut faire de même. A la différence qu'il est plus puissant. Il arrive à se protéger. Mais il a besoin de quelqu'un capable de piloter le Jaeger pendant ce temps là. Et de former un pont neuronal avec lui, pour l'aider à supporter la charge de la ruche."

"Envoyez Emma."

"Non. Elle n'est pas assez douée. Je ne vous envoie pas que pour cette mission. J'ai une tâche secondaire à vous confier. Une tâche extrêmement importante. Je veux que vous la meniez à bien. Et je vous promets que si vous réussissez, je vous libère le temps de terminer votre quête."

"Qu'est ce que vous voulez que je fasse ?"

Le sourire de Shaw s'élargit mais la lueur dans son regard devint sinistre.

Quand Erik sortit préparer son sac trente minutes plus tard, il avait des ordres officiels et d'autres beaucoup moins.