Hello tout le monde.

Et nous voilà pour le premier chapitre de l'année pour cette fic. Et en plus je suis ravie de vous annoncer que j'ai fini de l'écrire et de la relire. Il vous reste encore quatre chapitres pour en profiter (dont celui-là).

Les choses ont avancé dans le dernier chapitre, et comme promis à certains dans mes réponses à leur reviews (d'ailleurs mille milliard de mercis à vous tous), nous allons voir ce que Charles en pense.

Bonne lecture à vous.


Charles était saoul. Il ne l'aurait jamais avoué à personne et sa mutation lui permettait de le cacher aux gens autour de lui, mais il n'était plus tout à fait maître de ses décisions.

Ce devait être l'unique raison pour laquelle il était appuyé contre un des murs de la cafétéria, en train de mater l'œuvre d'art qu'était Erik Lehnsherr. Non pas que ce soit une activité qu'il n'ait jamais pratiqué, mais il était beaucoup plus discret quand il était sobre.

D'un autre côté, comment lui en vouloir ? Il avait encore les veines saturées par l'adrénaline de leur combat, le cerveau empli des images qu'il avait reçu de son copilote pendant la dérive. Et pour la première fois depuis que le groupe de mutants était arrivé dans la base, Erik était resté pendant les festivités organisées après chaque victoire.

Il se tenait un peu à l'écart, une bouteille de bière à la main, et il discutait avec Emma et Azazel. Il ne se mélangeait pas au reste des habitants du complexe, mais au moins il n'était pas enfermé dans ses quartiers.

Charles était tellement fasciné par la manière dont sa sa pomme d'Adam bougeait alors qu'il avalait une goulée de sa boisson qu'il ne remarqua pas tout de suite que le regard d'Erik était posé sur lui.

En fait, c'était la présence de Raven dans son esprit, son Tu es tout sauf discret, Charlesqui lui fit lever les yeux. Il sentit le rouge lui monter aux joues à la seconde où son regard croisa celui bleu acier de son copilote. Ce dernier leva sa bouteille vers lui et Charles fit de même avec son verre.

Il le vida ensuite d'un trait.

Il fallait qu'il arrête de boire en présence d'Erik. Il ne faudrait pas qu'il laisse libre court à ses envies. Leur amitié était bien trop importante pour la réussite de leur mission. Il était hors de question de la compromettre parce que Charles rêvait chaque nuit de son coéquipier.

ooOoo

Malheureusement cette petite fête n'était pas la dernière fois où Charles se retrouva dans une situation compromettante.

Et il n'avait pas l'alcool à blâmer cette fois.

Non.

Il n'avait que lui-même, son manque de concentration et sa maladresse habituelle pour ça. Et puis aussi son imagination débordante qui l'avait mis dans cette position pratiquement toutes les nuits. Ou durant sa douche. En buvant son café matinal. Ou celui de dix heures.

Il ne savait pas comment, ni pourquoi Erik avait élu domicile dans son esprit à la seconde où Charles n'était pas occupé, mais il s'était installé et n'avait pas l'air de vouloir en bouger.

Le fait d'être, en ce moment même, allongé sur le dos, le corps d'Erik pressé sur le sien n'allait pas aider à l'en déloger.

Tant pis si les raisons qui les avait amené dans cette position n'étaient pas celles que Charles espérait. Tant pis si sa chute, puis celle de son coéquipier allaient lui laisser des bleus sur une bonne partie de sa peau.

Être immobilisé par le poids d'Erik, le voir se redresser sur ses avant-bras, sentir la pression de son bassin contre son entrejambe augmenter avec le changement de position, avoir son souffle qui caressait ses lèvres. Tout ça valait bien quelques douleurs.

Il espérait juste que son ami ne se rendrait pas compte de l'effet qu'avait leur proximité sur sa libido. Encore que vu la vitesse à laquelle son sexe se gorgeait de sang, il ne lui faudrait qu'un léger mouvement pour que le pot-aux-roses soit découvert.

Charles se concentra sur son érection, tentant de lui expliquer que ce n'était pas le moment, qu'elle n'obtiendrait pas ce qu'elle voulait et qu'elle serait probablement privée de toute activité ludique dans les semaines à venir si elle ne se tenait pas bien.

"Charles ? Ça va ?"

Son regard se fixa sur le visage d'Erik. Il paraissait inquiet.

"Oui, bien sur. Pourquoi ?"

"Ça fait trois fois que je t'appelle et tu ne réponds pas. Tu t'es cogné la tête ?"

C'était possible.

Ça pourrait expliquer la lenteur à laquelle ses pensées réagissaient. Remarque, la quantité de sang qui avait arrêté d'irriguer son cerveau pour se déplacer plus bas était une possibilité plus vraisemblable.

"Je ne sais pas. Je ne pense pas."

Ses mains se posèrent automatiquement sur les épaules d'Erik lorsque ce dernier commença à se relever.

Charles allait le retenir quand il se rappela pourquoi ce n'était pas une bonne idée. Il laissa avec regret son ami s'éloigner et prit la main qu'il lui tendit. Elle était chaude et faisait pratiquement disparaître la sienne.

"Tu es sûr que tu n'as pas besoin d'aller à l'infirmerie ?"

"Oui, certain."

Erik le regarda, les sourcils froncés mais n'insista pas. Il insista par contre pour arrêter là leur séance d'entraînement et pour le raccompagner jusqu'à sa chambre avec l'ordre de se reposer un peu.

ooOoo

La suite ne fut qu'une longue descente aux enfers pour Charles.

Raven se rendit compte du léger béguin de son frère. Pourquoi il avait cru pouvoir lui cacher était un mystère. Et bien entendu, elle s'empressa de prévenir Hank.

Les deux amis passèrent les semaines qui suivirent à l'asticoter, à faire des remarques de moins en moins discrètes devant Erik et à trouver des excuses de plus en plus idiotes afin de laisser les deux hommes seuls.

Leur dernier méfait en date avait été de transformer un des labos non utilisés en salle de projection. Ils y avaient traîné Charles, lui annonçant qu'Erik et le reste de son équipe seraient là. Ils avaient même joué la carte « apprendre à mieux se connaître ». il avait été incapable de refuser.

Lorsqu'il entra dans la pièce et vit la lumière tamisée, les chaises inconfortables entourant le seul et unique canapé, il sut qu'ils l'avaient piégé.

"Raven."

Il essaya d'utiliser son ton le plus menaçant mais sa sœur resta à le regarder avec un sourire bien trop innocent pour être vrai.

"Oui, Charles ?"

"A quoi tu joues ?"

"A rien, Charles."

"Ne te moque pas de moi."

"Jamais je n'oserai, Charles."

Il allait faire demi-tour et sortir quand Erik entra. Son regard se posa immédiatement sur lui et il lutta de toutes ses forces pour ne pas rougir. Saleté de mauvaise habitude. Le nouvel arrivant leva un sourcil interrogateur et Charles se retourna vers sa sœur pour la fusiller du regard.

Je n'en ai pas fini avec toi.

Le sourire qui fendit ses lèvres démontra à quel point elle n'était pas inquiète de ses menaces. Elle s'approcha d'Erik et le manœuvra sans qu'il s'en rende compte vers le canapé. Elle fit un clin d'œil à Charles avant d'aller s'asseoir sur une des horribles chaises.

Hank était en train de tripatouiller quelque chose derrière eux. Bien. Ils pouvaient être plusieurs à jouer à ce petit jeu. Il n'était pas obligé de faire ce que sa traîtresse de sœur attendait de lui. Il se dirigea vers une des chaises.

N'y pense même pas, Charles. Tu vas t'asseoir à côté de lui ou je vais ressortir tous mes vieux dossiers sur toi.

Et elle en avait des tonnes. Charles ne survivrait pas à la mortification si Erik apprenait certaines anecdotes de son adolescence. Cette teinture blonde. Ces shorts bien trop courts. Ces souvenirs de soirées perdus à tout jamais dans les limbes de l'alcool.

J'ai même des photos.

Cette dernière remarque finit de le décider et il s'installa à côté d'Erik. Il fit très attention à rester sur son coussin, mais il n'y avait pas beaucoup de place sur le canapé. Sa position, pas du tout naturelle, eut pour effet de lever un des sourcils d'Erik ainsi qu'un coin de sa bouche.

Et il n'avait pas encore prononcé un mot.

Charles allait tuer sa sœur.

Hank devait être en train de lancer la vidéo car lorsqu'il vint s'asseoir à côté de Raven, l'écran devant eux s'anima. Il fallut moins de deux secondes à Charles pour reconnaître le film.

Je vais te tuer.

Mais non, Charles. Tu adores cette histoire.

Ce n'est pas la question.

La voix d'Erik coupa leur petite conversation privée.

"On devrait attendre Emma et Azazel."

L'expression de surprise sur le visage de Raven était parfaite. Tout le monde se serait fait avoir. Tout le monde sauf son frère qui sentit la joie irradier de l'esprit de la jeune femme.

"Ho oui. J'allais oublier. Je vais aller les chercher. N'arrêtez pas le film, je fais vite."

Elle se dirigea ensuite vers la porte et se retourna au moment de sortir :

'"Hank, viens avec moi. Ça ira plus vite à deux."

Le scientifique jeta un regard désolé vers son ami et sortit à son tour. Ils ne reviendraient pas. Charles le savait.

Et il allait devoir rester, seul, à côté d'Erik pendant tout le film. Rimbaud Verlaine. Et ses scènes très très explicites.

Il ne savait pas si c'était cette pièce allait se transformer en paradis ou en enfer.

ooOoo

Cette nuit là, Charles s'endormit difficilement.

Regarder ce film, à côté d'Erik, s'était apparenté à de la torture. Parce que très rapidement, l'objet de ses fantasmes s'était penché vers lui, et son souffle chaud avait porté ses remarques et ses questions jusqu'aux oreilles de Charles.

Plongé dans l'obscurité, les grognements et gémissements issus du film lui étaient apparus plus bruyants qu'ils ne l'étaient réellement. Il ne savait pas s'il avait imaginé la tension qui était montée entre lui et Erik, mais la manière dont ce dernier l'avait regardé avant de prendre congé, avait créé un frisson qui avait remonté tout son dos.

Plus tard, dans la solitude de son lit, il avait fini par céder et par saisir son érection. Son orgasme fut rapide et le laissa bien loin d'être satisfait, mais ça lui permit d'enfin s'endormir, vers deux heures du matin.

Il se réveilla, groggy, au son de l'alarme anti-kaiju et de son téléphone. Un rapide coup d'œil a l'horloge lui apprit qu'il était 2H30. Super. Il allait devoir combattre avec moins de trente minutes de sommeil.

Il s'habilla rapidement et rejoignit Erik afin de passer sa tenue de pilote. La fatigue ne l'empêcha pas de remarquer que ce dernier avait de profondes cernes sous les yeux. Ils feraient peut-être mieux de laisser une autre équipe s'occuper de cette sortie.

Il allait en faire la proposition à Hank quand ce dernier s'approcha, complètement excité.

"C'est le bon."

Charles referma la bouche. Ils attendaient un type de Kaiju particulier pour mettre leur plan à exécution.

Les recherches menées sur les cadavres avaient montré qu'à partir d'une certaine taille, les monstres possédaient un second cerveau, plus petit. Ce deuxième centre nerveux permettait au corps de bouger sans surcharger l'organe principal.

Toute l'équipe de chercheurs du dôme supposait que se connecter à ce cerveau secondaire serait moins risqué tout en leur apportant les informations dont ils avaient besoin. La difficulté était qu'il ne fallait pas que le Kaiju soit trop gros et dangereux. Erik devait être capable de le battre seul tout en étant lié à Charles pendant la dérive.

Ce Kaiju était le premier depuis des mois à correspondre à ce besoin particulier. Ces montres avaient tendance à grossir à chaque apparition et bientôt ils n'auraient plus le choix.

Ils allaient devoir combattre, même fatigués.

Hank les accompagna jusqu'à leur cockpit. C'est lui qui harnacha Charles, tout en lui parlant à voix basse :

"Tu seras prudent. Promets moi que si la pression neuronale est trop importante, tu couperas la connexion."

"Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer."

"Promets moi."

Hank était son ami depuis des années, son meilleur ami même. Et c'est lui qui l'avait entraîné dans toute cette histoire. il savait que le jeune scientifique s'en voudrait toute sa vie s'il lui arrivait quelque chose.

"Je te promet. Pas de comportement héroïque. Enfin pas plus que d'habitude."

Hank sourit légèrement mais il redevint rapidement sérieux.

"Ne m'oblige pas à annoncer à Raven que tu es mort ou que ton cerveau a frit."

Il se tourna ensuite vers Erik et grogna :

"Fais au moins une chose de bien dans ta vie et ramène le vivant."

Pendant quelques secondes, Charles crut qu'Erik allait le rembarrer. Mais le regard de son copilote se posa brièvement sur lui avant de se figer dans celui d'Hank.

"Il ne lui arrivera rien. Pas tant que je serai vivant."

Charles essaya de ne pas laisser son imagination s'emballer en entendant ses mots, mais il ne put rien faire contre le rouge qui lui monta aux joues. Il s'empressa de fermer la visière de son casque et attendit le signal pour former le pont neuronal.

Il fit encore plus attention que d'habitude à ne rien laisser passer à travers la connexion. Ce n'était vraiment pas le moment qu'Erik se rende compte du béguin d'adolescent idiot que Charles avait pour lui.

Comme Hank l'avait prédit, le Kaiju était assez grand et possédait un cerveau secondaire. Charles effleura son esprit avant de s'assurer qu'Erik était prêt.

"Ça va aller de ton côté ?"

"Je sais piloter un Jaeger seul. Il n'y aura pas de problème."

"Je vais essayer de te protéger le plus possible de leur ruche mais je ne peux rien te promettre."

Il sentait que quelque chose n'allait pas chez Erik. Il l'avait sentit dès qu'ils avaient formé le pont neuronal. Quelque chose qu'il essayait de lui cacher.

Il supposa que c'était cette mission qui le mettait mal à l'aise. Erik était le genre de personne à cacher ses doutes et ses craintes. Et ce n'était certainement pas le moment de se concentrer sur autre chose que le monstre de plusieurs tonnes qui se jetait sur eux.

L'impact fut, comme toujours, violent et Charles attendit qu'ils arrivent à bloquer le monstre avant d'abandonner le contrôle du Jaeger à son coéquipier.

Il plongea ensuite dans le cerveau du Kaiju.

Il sentit immédiatement la pression de milliers d'esprits liés les uns aux autres. Moins forte que lorsqu'il avait tenté d'entrer dans le système nerveux principal, mais assez nombreux pour le faire grimacer.

Il renforça ses défenses mentales du mieux qu'il put et il se mit à la recherche d'informations.

Il appris que le monstre qu'Erik combattait n'était qu'un soldat, à peine plus qu'une machine, avec juste assez d'intelligence pour suivre les ordres qui lui étaient donnés. Mais ses maîtres, ses créateurs en réalité, formaient une espèce évoluée.

Ils visitaient les mondes en ouvrant des failles et quand ils étaient viables pour eux, ils les envahissaient. Les humains n'étaient qu'une gêne, un obstacle à détruire et éradiquer avant de prendre possession d'une nouveau monde.

Ils n'arrêteraient que lorsqu'ils auraient réussi.

Une violente secousse lui fit perdre sa concentration. Les esprits auxquels il était lié en profitèrent pour passer ses barrières mentales. Il entendit Erik grogner à ses côtés.

"Charles."

"Je sais. Deux secondes."

Il posa deux doigts sur sa tempe et entreprit de repousser la présence qui envahissait son cerveau. Il avait conscience d'Erik et de son pouvoir dans chacun des atomes métalliques qui formaient le Jaeger. Il le sentait libérer sa rage et sa colère afin d'augmenter sa puissance.

Ils n'avaient plus beaucoup de temps. Charles se remit à la recherche des informations dont ils avaient besoin. Il se battit contre les centaines d'esprits qui étaient derrière le monstre qu'Erik affrontait.

Et puis il entendit un cri :

"Charles ! Sors de là ! Maintenant !"

Il n'avait pas totalement quitté l'esprit du Kaiju lorsque la connexion se coupa. Seul son harnais l'empêcha de tomber au sol. La dernière chose qu'il vit avant de sombrer dans l'inconscience était la masse inerte du monstre. Erik l'avait terrassé.