Bonjour tout le monde.

Me revoilà de retour pour l'avant-dernier chapitre de cette fiction. J'espère que vous avez apprécié celui de la semaine dernière, parce qu'on va voir ce Charles en a pensé, lui.

L'épilogue sera publié la semaine prochaine. J'ai vraiment adoré écrire cette histoire et il n'est pas exclu que j'y revienne dans un futur plus ou moins proche.

Avant de vous laisser découvrir la suite, je vais vous obliger à passer par un petit moment de pub complètement assumé : j'ai ouvert une page FB afin de pouvoir échanger avec mes lecteurs plus facilement, ou différemment. Pour le moment, elle ne contient que le planning des publications du mois et je mets un petit teaser de chaque chapitre un peu avant de le publier. Mais j'ai d'autres projets et on pourrait y voir un espace de discussions sur les derniers chapitres publiés. Ou y mettre nos suggestions de lecture. Enfin ça peut devenir plein de choses, on va voir comment ça évolue dans le temps.

Si vous voulez m'y rejoindre, cherchez la page "Lanae's world - Fanfiction", je vous y attends avec du café, du thé et des craquelins au chocolat.

L'instant pub est terminé (désolée de vous avoir infligé ça). Maintenant... Charles.

Bonne lecture.


Merde.

Malgré tous ses efforts, les marques qu'Erik avait laissées sur sa peau étaient pleinement visibles. Même un de ses pulls à col roulé n'arrivait pas à totalement camoufler celle juste en dessous de son oreille. Et puis il faisait au moins 30 degrés dehors. Il attirerait beaucoup plus l'attention avec ce vêtement que s'il se baladait avec toutes ces traces parfaitement visibles sur son cou. Et ses épaules. Et ses clavicules.

Pour la centième fois depuis la veille, il se maudit d'avoir laissé l'adrénaline et son désir prendre le dessus sur sa réflexion.

Il avait su, à la seconde où Erik l'avait acculé dans cette cabine de douche, que c'était une très mauvaise idée.

Mais il n'avait rien pu faire.

Pas quand Erik l'avait regardé avec ce besoin, cette envie.

Pas quand lui-même avait l'esprit encore rempli des images de destruction qu'il avait volé dans le cerveau des créateurs des Kaijus. Pas quand son sang bouillonnait de l'envie de simplement vivre, plus vite, plus fort, avant que cet avenir ne les rattrape. Pas quand ils avaient enfin une solution pour refermer cette faille et échapper à ce que le futur leur réservait.

Et il devait maintenant vivre avec les conséquences de son manque de volonté.

La première étant qu'il avait désespéramment envie de recommencer. Maintenant. Tout à l'heure. Aussi souvent que possible.

Il avait toujours pensé que le sexe avec Erik serait incroyable. Maintenant, il le savait. Sans l'ombre d'un doute.

Et c'était pire.

Pire parce que le comportement de son partenaire avait été très clair. Il n'avait pas dit un mot. Il était juste sorti de la cabine, de la salle de douche et du vestiaire, sans se retourner une seule fois ou hésiter. Et Charles avait entendu chaque porte se refermer avec un bruit sourd et définitif.

Le laissant seul, trempé, glacé et abattu.

La colère, plus contre lui et son comportement que contre Erik, lui fit jeter son pull sur le lit.

Il avait une réunion dans dix minutes. Erik serait présent. Et sa sœur et Hank et Moira. Strycker. Et il avait le cou constellé de suçons et de traces de dents. Très professionnel. Il n'était pourtant pas étranger aux coups d'un soir, il savait qu'une des premières règles était : pas de marque visibles.

Mais il avait légèrement perdu la tête. Erik lui avait fait perdre la tête. Avec ses mains immenses, avec son agressivité naturelle, ses yeux durs comme de la glace.

Il fut tiré de ses pensées par la porte de ses quartiers qui s'ouvrait. Seule Raven se permettait de rentrer sans toquer et il maudit sa malchance. Il était torse nu, au milieu de sa chambre, et il n'avait aucune chance de lui cacher l'étendue des dégâts.

Il s'attendait à ce qu'elle se moque de lui, mais il devait y avoir quelque chose sur son visage, dans son regard, parce qu'elle referma la porte derrière elle sans un mot. Elle se dirigea vers son armoire, en sortit une de ses chemises et lui tendit.

"Habille toi, je reviens dans deux minutes."

Il venait de fermer son dernier bouton quand elle réapparut, un tube de fond de teint à la main.

"Assied toi. Je vais arranger ça."

Elle ne le questionna pas pendant qu'elle masquait chaque marque de son cou avec la crème.

Quand ils entrèrent dix minutes plus tard dans la salle de meeting, Charles avait récupéré son calme habituel.

Merci.

Raven lui sourit avant de prendre sa place autour de la table.

Il s'installa sur la chaise à côté d'elle. Il était face à Erik et il vit les yeux de ce dernier se diriger vers son cou. Charles releva le menton et la mâchoire de son copilote se serra ostensiblement lorsqu'il remarqua qu'aucune marque n'était visible.

Stryker entra à ce moment et démarra le meeting. L'attention de Charles quitta Erik. Il allait certainement devoir répondre à des questions sur le rapport écrit qu'il avait remis la veille.

Le colonel commença à parler :

"Je suppose que vous avez tous lu les documents que nous vous avons apporté hier soir. Si les informations que nous a ramenés Xavier sont correctes, nous connaissons maintenant l'objectif de ces monstres. Nous savons également pourquoi toutes nos attaques sur la faille ont échouées. Je pense que le plus simple est de laisser Xavier nous expliquer ce qu'il a vu dans la dérive. J'aviserai ensuite pour trouver un plan."

Charles avait l'habitude de parler en public, il avait fait assez de conférence dans le passé pour ne plus être dérangé par le regard des foules sur lui, mais celui d'Erik avait un poids qu'il ne pouvait complètement ignorer.

Il réprima un frisson.

Il ne devait pas le laisser avoir autant d'effet sur lui. Ce qu'il s'était passé était une erreur. Ça n'arriverait plus. Même s'il en avait envie.

Ignorant du mieux qu'il put le regard bleu acier qui hantait ses rêves, il commença son exposé :

"Les Kaijus que nous combattons sont des soldats-machines, créés pour nous attaquer. C'est pour ça qu'ils sont tous différents et qu'ils évoluent à chaque nouvelle apparition, c'est afin de mieux nous combattre. Comme je l'ai noté dans le rapport, ils veulent nous exterminer et s'approprier notre planète. Ils ne s'arrêteront pas tant qu'ils n'auront pas réussi. Mais créer la faille leur demande une grande quantité d'énergie, si nous arrivons à la fermer, ils iront ailleurs. C'est le seul moyen de les arrêter. La question est : comment faire ?"

Erik fut le premier à répondre :

"Pourquoi prendre des risques à refermer cette faille ? Nous arrivons à arrêter ces monstres sans trop de difficultés maintenant. Autant miser sur le projet Jaeger."

Erik n'avait jamais fait mystère de ce qu'il pensait du programme Jaeger. Il détestait piloter, d'autant plus quand cela nécessitait de former un pont neuronal. Il était bizarre que ce soit lui qui cherche à le prolonger. Et puis il y avait une gêne dans son esprit, comme s'il cachait des informations et ne croyait pas totalement ce qu'il disait.

Ce fut Hank qui intervint cette fois :

"Nous y arrivons pour le moment. Mais ce que Charles a ramené de la dérive confirme ce que mes analyses avaient prédits. Les Kaijus sont de plus en plus gros, de plus en plus spécialisés et leur vitesse d'apparition va augmenter jusqu'à ce que leur nombre soit ingérable. Nous devons refermer cette faille."

Erik allait insister mais son regard croisa celui de Charles. Ce dernier vit un éclair passer dans ses yeux, un sentiment qu'il ne réussit pas à nommer. Mais il disparut très vite et Erik referma la bouche sans rien ajouter.

Stryker se leva et éteignit les lumières. Il fit apparaître une carte sous-marine de la faille sur un écran derrière lui.

"Nous avons plusieurs relevés de la zone, nous pouvons organiser une mission pour fermer cette faille définitivement."

Charles reprit parole :

"Le soucis c'est qu'elle est protégée par un champs de force, qu'ils ouvrent depuis leur côté. Nous n'avons aucun moyen de passer cette barrière. Et donc aucune chance de la faire traverser par quelqu'un. Nous pourrions profiter de son ouverture lorsqu'un Kaiju la franchit. Mais je ne pense pas que ça soit la bonne méthode. J'ignore complètement les conditions de vie de l'autre côté, l'air y est probablement irrespirable et aucun plongeur n'est capable de plonger si profondément sans un équipement lourd qui deviendra forcement handicapant. Un sous-marin ou un Jaeger serait immédiatement détecté et il leur suffirait de garder leur barrière active pour empêcher toute tentative de franchissement."

Erik intervint encore :

« Donc on ne fait rien pour le moment. »

Charles le regarda, les yeux plissés. Il y avait quelque chose qui n'allait pas chez Erik. Il était bien trop empressé de laisser la situation telle qu'elle était actuellement.

Hank se leva, visiblement frustré :

« Ce n'est pas envisageable. Nous devons fermer cette faille. J'ai longuement étudié les ondes qu'elle émet. Elles sont de plusieurs natures et j'ai toujours supposé qu'elles formaient une seule et unique signature énergétique. À aucun moment, je n'ai pensé qu'elles pouvaient provenir de deux sources différentes. Suite aux informations procurées par Charles, j'ai à nouveau analysé mes données cette nuit. J'ai réussi à séparer les ondes qui forment probablement la barrière. Elle est plus psychique que physique. J'ai besoin de plus d'informations et de tests mais je pourrais peut-être trouver un moyen de la perturber afin que quelque chose réussisse à passer à travers. À bous de voir ce que vous voulez y envoyer. »

Stryker apporta une nouvelle information :

« Je peux vous obtenir une bombe H assez puissante pour la faire effondrer. D'ici deux jours. »

Hank grimaca :

« Je ne sais pas si je pourrai trouver en moyen d'ici là. Il me faut plus de temps. »

Temps qu'ils n'avaient pas. Si Charles avait pu entrer dans l'esprit de la ruche, il y avait une très forte probabilité que l'inverse soit vrai. Ça lui avait demandé une bien trop grande quantité d'énergie et de pouvoir pour que toutes ses barrières soient restées imperméables.

« Je peux l'ouvrir. »

Tous les yeux se tournèrent vers lui. Il continua :

« Je peux l'ouvrir. Si elle est d'origine psychique comme tu le dis, je dois pouvoir l'ouvrir. "

Mais pour ça, il fallait qu'il s'approche de la faille. Et que quelqu'un l'y accompagne. Quelqu'un capable de piloter le Jaeger seul pendant qu'il s'occuperait de la barrière.

Il regarda Erik. Celui-ci le fixait également, l'expression de son visage indéchiffrable. Ils avaient certainement perdu hier tous les progrès qu'ils avaient obtenus dans leur relation. Mais il n'y avait personne d'autre.

Le tension monta. Puis Erik hocha la tête. Une seule fois.

Ils n'avaient plus qu'à décider de leur plan.

ooOoo

Comme Stryker l'avait promis, il lui fallut moins de deux jours pour leur obtenir une bombe H. La suite était simple, enfantine même.

Charles et Erik, aux commandes du Cerebro, s'approcheraient de la faille. Ils seraient soutenus par Azazel et Emma, ainsi que Sean et Amanda.

Les rôles de chacun étaient clairs : Charles devait ouvrir la barrière qui entourait la faille, avec l'aide d'Emma si besoin, pendant que les autres s'occupaient d'éventuels Kaijus. Ils espéraient tous qu'ils n'auraient pas à combattre, mais il valait mieux être prudent.

Dès que la barrière serait ouverte, Erik lancerait la bombe de l'autre côté de la faille. Ça devrait suffire à la sceller et à arrêter l'invasion.

Enfin c'était la théorie.

Parce qu'en pratique, Charles n'était pas du tout certain de réussir à travailler avec Erik. Et l'avenir du monde reposait sur leur capacité à le faire. C'était pourquoi il avait pris son courage à deux mains et s'était rendu dans les quartier de son coéquipier.

L'homme avait ouvert sa porte sans un mot et l'avait laissé rentrer.

Le télépathe s'était arrêté au milieu de sa chambre, mal à l'aise. Erik avait refermé la porte et appuyé son dos contre le métal qui la formait.

Ils étaient ainsi depuis déjà plusieurs minutes. Le silence devenait de plus en plus pesant et la tension ne faisait que monter.

Après une profonde inspiration, Charles prit la parole :

"Nous sommes tous deux des adultes responsables. Ce qui s'est passé est une regrettable erreur. Mais nous avons une mission à accomplir. Je ne vais pas tourner autour du pot : est-ce que tu seras capable de la mener à bien avec moi ?"

Erik fronça les sourcils.

"Tu penses que c'était une erreur ?"

Charles fut surpris de sa réponse. Il fut encore plus surpris quand il sentit les vagues de colère, de regret et de douleur qu'émettait son interlocuteur. Erik avait toujours réussi à contenir ses émotions et à ne projeter que calme et sérénité.

Charles avait espéré ne pas avoir à entrer dans les détails, mais si l'autre homme avait besoin d'en parler pour laisser cet instant derrière lui, il le ferait.

"Ce que je pense n'a pas d'importance, Erik. Tu as été très clair sur ce que tu pensais, toi. En partant sans te retourner. En claquant chaque porte entre toi et moi, jusqu'à tes quartiers."

"Tu ne réponds pas à ma question."

Qu'est- ce qu'il cherchait ? À lui faire avouer qu'être un coup d'un soir n'avait jamais été son intention ? Qu'il tenait à Erik, beaucoup plus que ce dernier le méritait ? Qu'il avait été blessé par son comportement ?

Il n'ignorait pas que le mercenaire pouvait être quelqu'un de cruel, mais il avait également toujours su que c'était un moyen de se protéger du monde qui l'entourait. Il devait y avoir autre chose. Il agissait bizarrement depuis quelques temps, avant même leur petite indiscrétion.

Il lui cachait des informations, c'était évident. Charles fut blessé qu'il ne lui fasse pas assez confiance pour lui en parler. Il lui avait montré, à plusieurs reprises, qu'il était son ami, mais ça ne semblait pas être suffisant.

Erik était toujours en train de l'observer, silencieux. Il attendait une réponse. Ils n'avanceraient pas sans ça et ils n'avaient pas de temps à perdre.

Charles avait deux solutions devant lui.

Mentir.

Ou bien, il prenait un risque. Un de plus. Il mettait ses cartes sur table et il espérait qu'il ne s'était pas trompé au sujet de l'homme dont il était tombé amoureux.

En vérité, il n'avait jamais eu deux solutions. Il refusait de mentir.

Il prit une profond inspiration et se jeta à l'eau.

"Non, je ne pense pas que c'était une erreur."

Les mots traversèrent l'espace qui les séparait. Pendant quelques secondes, Charles crut qu'il avait fait une erreur. Il allait se retourner et partir quand deux mots l'arrêtèrent :

"Charles, attend."

Erik s'était enfin mis à bouger. Il faisait les cent pas dans la pièce et passait périodiquement ses mains dans ses cheveux. Pas une seule fois, il ne leva les yeux vers son invité. Quelques phrases, inintelligibles, de l'allemand peut-être sortaient de sa bouche.

Charles attendit patiemment comme on lui avait demandé. Il fut récompensé de sa patience lorsque Erik se dirigea vers lui.

"Tu fais beaucoup trop confiance aux gens, Charles."

"Nous en avons déjà discuté, Erik. Je préfère prendre le risque d'être blessé que l'alternative."

"Même si cela veut dire saboter le beau projet que tu mènes ici ?"

C'était bien trop spécifique pour être un coup à l'aveugle.

"C'était donc ça que tu me cachais depuis le début."

Il n'allait pas mentir et dire que l'idée qu'Erik était venu ici dans le seul but de détruire tout ce pour quoi il avait travaillé ces derniers mois ne le faisait pas souffrir. Mais Erik n'avait encore rien fait. Il aurait pu, à de nombreuses reprises, mais il n'avait rien fait.

Et maintenant, ils avaient enfin un plan qui leur permettrait de refermer cette faille. C'était plus important que le sentiment de trahison qui se solidifiait dans sa poitrine.

Erik le fixait de ses yeux dur comme l'acier.

"Tu t'en étais rendu compte ?"

"Bien entendu. Je suis télépathe. Je reçois parfois des idées, des sentiments, sans pouvoir les bloquer."

"Pourquoi est-ce que tu n'as pas fouillé dans mon esprit alors, si tu savais que je te cachais quelque chose ?"

"Justement parce que tu le cachais. Je refuse de me servir de mon pouvoir ainsi, Erik. Et ça me peine que tu utilises le tien avec si peu de regard sur la moralité de tes actes."

"Je t'interdis de me juger. Tu ne sais rien de moi."

"Je pense au contraire que j'en sais assez. Assez pour ne pas t'avoir pressé de questions. Assez pour ne pas t'avoir suivi quand tu es parti. Assez pour ne pas essayer de te retenir ou de te dicter ta façon d'agir. Assez pour savoir que tu feras en fin de compte ce qui est juste, parce que malgré ce que tout le monde essaie de te faire croire, toi le premier, tu es quelqu'un de bien."

Charles n'attendit pas qu'Erik lui réponde et il quitta ses quartiers d'un pas décidé.

Il se dirigea immédiatement dans le laboratoire où l'attendaient Hank et Raven. Leur mission devait débuter dans moins de quatre heures, ils avaient des derniers réglages à effectuer.

Il espérait vraiment ne pas s'être trompé sur Erik Lenhsherr, l'avenir du monde reposait sur sa décision.