Avant tout, désoler pour le temps que j'ai mis à publier ce chapitre.
Pour la peine, je pense faire des chapitres un peu plus long pour la suite.
Bonne lecture, et aussi bonne rentré scolaire à tous!
_Ce sont mes enfants et je les garde.
Les paroles de Laito n'avaient été qu'un murmure, mais tous l'avait entendu. Yui dû retenir une exclamation de joie.
_Très bien, déclara Shū. Cette maison est donc aussi la leur dès à présent. Aucun mal ne devra leur être fait.
Si elle n'avait pas tenu l'un des enfants, Yui aurait sauté au cou du vampire blond pour l'embrasé.
_Maintenant que la question est réglée, continua l'aîné en s'adressant à Laito, trouve leur une chambre assez grande pour y installer des berceaux et tout le nécessaire à leur bien-être.
_Bon, la messe est dite, dit Ayato en se levant.
Il tenait une de ses nièces endormie. Il sortit de la pièce, suivi des autres à l'exception de Reiji et Shū.
Le blond regarda son frère. Reiji semblait quelque peu inquiet, ce qui était rare chez lui.
_Tu as l'air préoccupé. Ma décision te déplaît à ce point ?
_Non. Je me demandais seulement comment tu allais annoncer ça à notre père. Tu sais aussi bien que moi qu'il peut les tuer.
Shū médita ses paroles quelques instants.
_Ce qu'on ignore ne fait pas de tort. Il n'en saura rien. Du moins pas tant que ses enfants ne seront pas en âge de se défendre.
_Vous êtes sûre qu'elle est par là ?
Subaru ne reconnaissait pas le couloir censé les conduire à la chambre d'enfant. Devant lui, Kanato se tourna pour répondre à la question de l'argenté.
_Oui, pourquoi ?
_Je ne reconnais rien, avoua-t-il.
_C'est normal Subaru-kun, tu avais une autre chambre. Nous étions tous les trois, il fallait une grande pièce. Comme tu étais seul, il ne te fallait pas autant de place.
Pour le coup, le benjamin de la famille se serait bien passé des explications de Laito.
_De toute façon, enchaîna Ayato, notre chère mère ne l'aurait jamais accepté. Et puis si je me souviens bien, Christa ne supportait pas de t'avoir loin d'elle.
_Hein ?!
Subaru tiqua en entendant le nom de sa mère. D'habitude, leurs mères à tous étaient un sujet tabou. Mais au lieu d'être en colère comme ça aurait dû être le cas -comme quoi les miracles sont toujours possibles- l'argenté était plutôt surpris. Voir désarçonné. Il n'avait aucun souvenir où sa mère prenait vraiment soins de lui. Elle l'aimait un peu, bien sûr, mais Subaru se rappelait surtout des crises de démence de la pauvre femme. Traumatisée par le viol qui avait donné naissance à Subaru, elle était devenue très instable. Il lui était même arrivée de lever la main sur son fils.
_Ah, nous y voilà !
De sa main libre -puisqu'il tenait toujours sa fille- Laito ouvrit une porte qui donnait sur une pièce effectivement immense. Elle devait bien faire la moitié du salon du rez-de-chaussée. Il y avait largement la place -au moins- pour une quinzaine de berceau. Les murs étaient tapissés de bleu, et quelques meubles étaient restés avec un drap par-dessus pour les protéger de la poussière.
_Je suppose que le reste a été rangé au grenier.
_Ayato, tu es décidément très doué pour énoncer les évidences.
Tous les regards se retournèrent pour voir Shū debout dans l'encadrement de la porte.
_Et bien, pour un paresseux tu arrives au bon moment.
Tout en parlant, le rouge marcha droit sur le blond.
_Tiens, prend la. Je ne vais pas ramener tout se bazar du grenier avec une seule main.
Shū prit délicatement le bébé dans ses bras. La petite remua un peu dans son sommeil. Le vampire posa ses yeux saphir sur la petite créature qu'il tenait.
_Oi, chichinashi ! Viens nous aider ! Kanato, Laito, on n'va pas tout faire tout seul !
Yui confia la petite qu'elle portait à Subaru, tandis que Laito confiait sa fille à Shū. Le blond et l'argenté se retrouvèrent seul avec chacun deux enfants dans les bras. Le silence entre eux dura quelques minutes, avant que Subaru ne pose une des questions que tout le monde se posait sans doute depuis que Laito avait officiellement reconnu ses enfants.
_Tu crois vraiment qu'il va les élevé ?
_Hum… Je pense que oui. Tu l'as entendu tout à l'heure, il refuse d'être comme notre père. Il aura peut-être du mal au début, mais il ne les laissera pas tomber. Tout pervers qu'il est, il n'a jamais manqué à sa parole pour quoi que ce soit.
_C'est justement son côté perverti qui m'inquiète.
_Subaru, sais-tu pourquoi il est devenu ce qu'il est ?
_Pas vraiment. Je suppose qu'il a toujours était un peu dérangé.
Shū regarda son jeune frère. De toute évidence il ne savait rien.
_Cordelia.
Subaru le regarda sans comprendre. Il savait que cette femme était la pire des trainées que l'on puisse imaginer, mais il ne voyait pas où Shū voulais en venir.
_Elle a abusé de lui. Elle lui faisait croire que c'était quelque chose de normal, et elle en a fait son joué de luxure malgré lui.
La mâchoire de l'argenté s'était décroché sous le choc. Il n'aurait jamais imaginé qu'une telle horreur soit possible.
_Alors… quand notre père l'a jeté aux cachots…
_Oui, il avait tout découvert. Mais Laito a était le seul à être punis pour une horreur dont il n'avait pas conscience. Et le lendemain elle était descendue le voir avec notre oncle pour… lui démontrer que ce n'était qu'un jeu pour elle.
De toute sa vie, Subaru n'avait jamais été autant dégouté. C'était une monstruosité innommable. Il en restait sans voix.
_Et toi, qu'est ce qui te tracasse depuis tout à l'heure ? Je t'ai entendu juste avant que vous n'entriez dans cette pièce. C'est d'ailleurs pour ça que je suis venu au départ : j'ai cru que tu allais te mettre en colère.
Subaru fixa son aîné. De tous ses frères, le blond était le seul pour lequel il ne ressentait ni dégout ni mépris. Le seul aussi qu'il appréciait. Lorsque ses frères provoquaient trop l'argenté, s'était toujours Shū qui intervenait pour calmer le jeu. Peut-être que s'était uniquement parque les cris "gâché la musique" -comme il disait- mais par la même occasion il prenait aussi la défense de Subaru. Et -que ce soit volontaire ou non- ce dernier lui en était reconnaissent. Il lâcha un soupir. S'il voulait se confier, c'était maintenant.
_Tout à l'heure, Ayato a dit quelque chose au sujet de ma mère…
_Ah.
_Il a dit… qu'elle ne supportait pas que je sois loin d'elle…
_Et tu n'en a aucun souvenir, c'est ça ?
Silence. Subaru avait beau remuer tous ses souvenirs d'enfance, rien de tel ne lui revenait en mémoire. Il ne se rappelait que des crises et des hurlements de cette pauvre femme qu'était devenue sa mère.
_Non, lâcha-t-il finalement.
_Le contraire m'aurais étonné. Tu n'étais qu'un bébé après tout.
Les prunelles de rubis et de saphir se fixèrent, avec une sorte d'espoir noyé dans la confusion pour les premières, et un calme impassible pour les secondes. Voyant que son cadet était trop confus pour parler, Shū s'expliqua :
_Elle avait trop peur que quelqu'un te fasse du mal. Tu as dû passer plus de temps dans ces bras que dans ton berceau. Elle refusait que qui que ce soit te touche. Elle était déjà un peu fragile à cause de ce que notre père lui a fait, les douleurs de l'accouchement n'ont bien sûr rien arrangé, mais elle a pris soins de toi comme jamais aucune des femmes de cette maison n'avait pris soins de leurs enfants avant elle. Ce n'est que plus tard, quand tu as grandi, que ça a changé.
_Parce que je ressemblais de plus en plus à notre père.
La bile était remontée dans la gorge de Subaru. Cette bile amère qui nous prend tous quand notre cœur est déchiré par des sentiments à la fois opposés et pourtant si proche le remord et la haine, la colère et l'amour. Et pour couronner tout cela : le doute. Le vampire luttait comme un damné pour refouler la rage qui le prenait d'assaut.
_Oh ! Shū ! Dégage le passage, c'est pas un poids plume se truc !
Le reste de la journée, un vampire aux cheveux d'argent se concentra sur l'installation et le montage des berceaux, table a langé et autres parc à bébé. Il avait besoin de se vider la tête.
