Chapitre 9

La fin des rumeurs et petits soucis

Sa deuxième heure de cours terminé, Reiji se rendit dans le bureau du proviseur. Il voulait le prévenir de l'absence de Yui. Normalement, elle aurait dû donnait sa version des faits sur l'incident de la veille. Mais dans son état, la blonde en était incapable pour le moment.

_Dans ce cas, accepteriez-vous de la représenter ce soir ? Son professeur principal ainsi que son délégué de classe devait venir pour écouter sa version de l'histoire. Et pour tout vous avouez Sakamaki-san, j'aimerais classer cette affaire au plus vite.

Le vampire acquiesça.

_Bien sûr, mais si je puis me permettre pourquoi un tel empressement ?

Le proviseur se massa la nuque, visiblement mal à l'aise.

_Et bien, il est vrai qu'en temps normal j'aurais attendu que Mlle Komori soit ici pour s'exprimer par elle-même. Mais comme vous le saviez sûrement, des rumeurs des plus douteuses se sont répandues.

_Ce ne serait pas la première fois que cela ce produit, non ?

Cette fois, le pauvre homme était vraiment embarrassé. Reiji comprit que les cinq filles avaient sans doute donné la même version, de façon à mettre Yui dans une position délicate.

_Les autres élèves concernait ont données une version des faits quelque peu… Préoccupante. Et l'absence de Mlle Komori ne joue pas en sa faveur. Si certaines choses venaient à être vraies, je n'aurais alors pas d'autre choix que d'en référer à monsieur votre père.

Une bouffé de colère s'empara un bref instant de l'ébène. C'était pire que ce à quoi il s'attendait. L'idée de voir son père revenir lui donnait déjà des images sanglantes en tête, mais maintenant il y avait aussi ses nièces et son neveu. À ce stade, la possible exclusion de Yui était le cadet de ses soucis.

_Très bien, à quel heur dois-je revenir ?

Le proviseur regarda ça monte, mais fut coupé par quelques cous toquent à la porte.

_Je crois que vous n'aurait pas à revenir plus tard Sakamaki-san, entré.

Reiji poussa un soupir résigné. Cette soirée allée être très longue.


Les éclats de rires raisonnés à travers le manoir. Ces lieux habituellement si calmes c'étaient comme éveiller d'un sommeil trop ennuyeux. À genoux devant la baignoire, Subaru finissait de faire prendre leur bain aux petits. Assise sur une chaise, Yui le regarder faire.

_Tu es sûr que tu ne veux pas d'aide ?

_Non, répondit le vampire. Et puis, tu peux me dire comment tu vas te relevait après ?

L'humaine ne répondit pas. Elle savait qu'il avait raison.

_Je n'aime pas laisser tout le travail aux autres… marmonna-t-elle la tête base.

L'argenté la regarda par-dessus son épaule. Il ne comprendrait jamais totalement la blonde. Même souffrante, elle continuait à penser aux autres avant de s'inquiéter pour elle-même. Cet instant de distraction lui valut de se faire arroser par les enfants, a croire qu'ils n'aimaient pas être ignorés de la sorte. Il se releva d'un bond, trempait de la tête aux pieds. Un petit rire étouffé se fit entendre dans son dos.

_Si tu ris encore, je te jette dans la baignoire.

Yui se tut, un petit sourire aux lèvres. Elle ne voulait pas risquer de le mettre en colère. Lâchant un soupir, Subaru retira veste et t-shirt. Sur sa chaise, l'humaine fixée l'argenté avec des yeux ronds. Elle sentit ses joues bouillir en un dixième de seconde. Même vu de dos, il était superbe, comparable aux dieux mythologiques donc elle lisait les histoires.

« Mon Dieux, mais pourquoi je pense comme ça ? « pensa-t-elle en secouant vigoureusement la tête.

_Oh, tu vas bien ? Ton cœur bas plus vite d'un seul coup.

Yui releva les yeux. Elle le regretta aussitôt. Il s'était retourné vers elle, lui exposant son torse finement musclé. Un corps de dieu, c'était le minimum pour le décrire. Elle était si rouge que le vampire n'aurait pas été surpris de voir de la fumée s'échapper d'elle.

_Oh, Yui !

Revenant à elle, la jeune fille détourna vivement le regard avant d'être de nouveau ensorcelée.

_Su… Subaru-kun… Tu peux te couvrir s'il te plaît ?

Sa voix était si timide qu'elle en était à peine audible.

_Quoi ? Tu n'as jamais vu un homme torse nu ?

_Heu… Non.

Il comprit mieux son malaise. Après tout, elle avait été élevée dans une église. Avec un autre soupir, il s'enroula dans une serviette.

_C'est bon, tu peux regarder. Je te passe les petits, tu peux les sécher ?

Elle hocha la tête, encore trop honteuse pour oser parler ou le regarder en face. Un peu plus tard, elle lisait des histoires aux enfants pour les aider à s'endormir. Elle leurs raconter l'histoire de Perséphone, la femme d'Adès. Subaru écouté lui aussi l'histoire. Il tenait la petite pleureuse sur ses genoux. Le vampire ne perdait pas une miette du récit. Personne ne lui avait lu d'histoire lorsqu'il était enfant, c'était quelque chose de nouveau pour lui. Quand la blonde termina sa lecture, les enfants dormaient à poing fermé.

_Ils dormaient depuis longtemps, tu sais.

_Je sais Subaru-kun, mais tu avais l'air de bien aimé.

Elle se souvenait de la mine sombre de Shū et Laito quand elle leur avait demandé si leurs mères leur lisaient des histoires. Elle en avait conclu -avec raison- qu'aucun d'entre eux n'en avait eu pendant leurs enfances. Elle avait trouvé cela cruel. Elle avait toujours pensé que toutes les mères s'occupaient au moins un peu de leurs enfants, même les mères vampire.

_Tu n'étais pas obligée.

Les enfants couchés, il porta l'humaine dans sa chambre. Les autres n'allaient plus tarder à cette heure. Il ne voulait pas qu'ils la trouvent éveillé. L'un d'eux lui prendrait sans doute du sang, et elle avait besoin de repos.


C'est de très bonne humeur que Laito retrouva ses frères à la limousine à la fin des cours. Il avait pu faire ce qu'il voulait, et ce sans dépasser les limites.

_Hum… Ou est Reiji-san ? demanda-t-il.

_Aucune idée, répondit Shū.

C'était sans doute une première. Lorsqu'on connaît Reiji, le voir absent ou en retard est assez déconcertant.

_Je crois qu'il devait aller voir le proviseur pour cette histoire avec Yui-san, dit Kanato.

_Laito, va voir là-bas s'il y est encore.

_Pourquoi moi Shū-san ?

_Parque tu es le seul à ne pas être encore assis, rigola Ayato.

Les joies de la fraternité… Le roux reparti donc vers le bâtiment en faisant la moue. Tournent l'angle d'un couloir, il se retrouva nez à nez avec une élève de sa classe.

_Ah, bonsoir Laito-san. Pardon, je ne regardais pas ou j'allais.

Le vampire remarqua tout de suite qu'elle était nerveuse et fuyez son regard. Il se rappela alors qu'elle avait été l'une de ses anciennes conquêtes. Il l'avait réconforté après une rupture difficile -son ancien petit copain avait abusé d'elle- et le reste était venu naturellement. Cela avait duré quelques mois, puis ils s'étaient séparés d'un commun accord.

_Se n'ai rien, mais pourquoi cette tête angoissée ? Je ne vais rien te faire.

_Je sais, mais… Avec toutes ces rumeurs qui circulent… Je sais que ce n'est pas vrai, mais ça me met quand même mal à l'aise…

_Dit m'en plus, exigea le roux.

_Et bien, ta réputation avec les filles n'est plus à faire, j'en sais quelque chose…

Elle se mit à rougir comme une tomate. Laito ne put s'empêcher de sourire en la trouvent mignonne.

_C'est pour cette fille, Yui, que je m'inquiète. Celles qui s'en sont prises à elle sont de vraies pestes, et tout le monde sait qu'elles ont toujours ce qu'elles veulent. Elles auraient déjà fait renvoyer d'autres filles pour des histoires de garçon.

Laito la regarda avec un intérêt soudain. Elle en eut presque un mouvement de recul. L'instant d'après, il lui saisit le bras et l'entraîna avec lui.

_Tu viens avec moi, déclara-t-il d'un air décidé.

Et elle se retrouva devant la porte du bureau du principal. On pouvait entendre qu'il y avait déjà une conversation en cour. Sans se formaliser de ce détail, Laito frappa. Silence, puis la porte s'ouvrit sur Reiji. Il y avait aussi un autre élève et un professeur. Le roux sourit a son aîné en entrent dans la pièce, la jeune fille -quelque peu perdu et intimidé- dans son sillage.

_Toutes mes excuses pour cette interruption, mais j'ai ici un témoignage pour la défense de Yui Komori.

Le proviseur osa un sourcil.

_Très bien, nous écoutons.

Laito se tourna vers l'étudiante en lui souriant. Il accrocha son regard pour qu'elle ne voie plus que lui. Il savait qu'elle avait du mal à s'exprimer en publique.

_Vas-y, lui dit-il d'un ton chaleureux. Redis-moi ce que tu sais à propos de ses filles.


Subaru surveillé les bébés endormis quand il entendit un lège bruit de chute. Il ne mit pas longtemps à en découvrir la cause. Yui sursauta quand il la prit par les épaules pour l'aider à se relever. Il la regardait d'un air sévère. Elle ne pouvait donc pas rester tranquille alors qu'elle avait besoin de repos ?

_Où vas-tu comme ça ?

L'humaine trembla un instant en entendent la dureté de son ton. L'argenté le regretta. Il ne voulait pas être dur avec elle.

_Je… J'avais juste un peu faim…

_Tu ne pouvais pas me demander ? dit-il en la portent.

_Je ne voulais pas t'ennuyer. Pardon.

Il ne dit rien de plus, la portent dans la cuisine. Il l'assit sur une chaise pendant qu'il fouillait dans le frigo. Il lui donna un pot de crème à la vanille encore intacte.

_Profite-en avant que Kanato le trouve, dit-il en tendent une cuillère à l'humaine.

Yui lui répondit par un de ses doux sourires don elle avait le secret. L'argenté pris place à côté d'elle. Il allait attendre qu'elle ait terminé pour la ramenait dans sa chambre.

_Dit, Subaru-kun, tu ne crois pas que les autres devraient déjà être là ?

Le vampire regarda l'horloge. Elle avait raison, ses frères étaient en retard.

_Ba, il doit y avoir un embouteillage, c'est toujours la pagaille devant l'école à la fin des cours.

Silence. Elle avait beau savoir que les vampires étaient pratiquement invulnérables, elle ne pouvait pas s'empêcher d'être inquiète pour eux. Subaru préféra changer de sujet avant qu'elle ne s'angoisse pour de bon.

_Laito voulait que tu l'aides pour trouver des noms aux enfants. Il n'a pas d'idée.

La blonde réfléchie quelques instants.

_Je sais, j'y ai pensé. Je voulais lui en parler l'autre jour, mais avec ce qui s'est passé à l'école…

La main qui tenait la cuillère trembla. C'était au tour du vampire d'être inquiet. Elle semblait bien plus affectée qu'il n'y paraissait. Il devait vite rectifier le tir.

_À quel nom tu penses pour le garçon ?

_Et bien, j'avais pensé à : Orphée, Zéphyr ou Hermès.

_Ce sont tous de très beaux noms. Tu t'es inspiré des légendes de ton livre ?

Elle acquiesça. Au début, elle avait pensé à des noms de saint. Mais elle s'était rapidement ravisée en se souvenant de ce que Laito pensé de la religion. La porte s'ouvrit. Les deux adolescents se tournèrent en même temps. C'était Laito et Reiji.

_Je préfère Zéphyr, tu as de bonnes idées Bitch-chan. Et pour mes filles ?

Reiji se racla la gorge.

_C'est une bonne chose, je n'en disconviens pas, mais nous avons plus urgent pour le moment.

_Mais quelle urgence, Reiji-san ? Tout est rentré dans l'ordre !

Subaru et Yui les regardèrent sans comprendre.

_On peut savoir de quoi vous parler ? demanda l'argenté.

Reiji l'ignora et vient se planter devant Yui. La blonde trembla un peu, elle était habituée à ce que ça finisse mal pour elle quand l'ébène agissait de la sorte. Allait-il la punir pour s'être montré un peu trop audacieuse ces derniers jours ? Sans qu'elle ne le voie, Subaru s'était levé pour venir à ses côtés. Il savait que Reiji ne toucherait pas la jeune fille tant qu'il ne serait pas seul à seul avec elle, mais il restait méfiant.

_Pour commencer, grâce à Laito tu ne risques plus l'expulsion. Il a trouvé quelqu'un qui a pu témoigner des agissements et des manipulations que tes agresseurs exercés sur l'école.

_Et par hasard, en plus ! Fanfaronna le roux en adressent un clin d'œil complice à l'humaine.

_En définitif, reprit Reiji en lançant un regard noir à son cadet, il y a suffisamment de preuves pour faire taire ces maudites rumeurs. J'ajouterais qu'avec le témoignage fourni ces insolentes ont toutes les chances d'être renvoyées d'ici la fin de la semaine.

Sur ceux, l'ébène quitta la pièce avec la ferme intention de se reposer. Il ne l'admettrait pour rien au monde, mais sans l'initiative de Laito il aurait eu du mal à se sortir de cette affaire. Certes, il y serait arrivé de toute façon, mais pas en aussi peu de temps.

_Bon, et si on en revenait aux prénoms ?

Laito était à l'apogée de la bonne humeur. Yui sentie son cœur se réchauffer, un énorme poids venait d'être retiré de son esprit. Toute cette histoire était terminée, elle pourrait retourner en cours sans avoir peur.

_Rassure-moi, lui dit Subaru, tu n'as pas mis Aphrodite dans ta liste j'espère.

_Non, rit l'humaine.

Tous les trois passèrent encore une heure à se décider sur les prénoms des trois filles. Subaru resta un peu en retrait de la conversation. C'était à Laito de décider des noms de ces enfants, la blonde ne faisait que l'aider. Le roux en retint six qui lui plaisaient.

_Je propose d'attendre demain pour vraiment décider, tu commences a tombé de fatigue Bitch-chan.

Elle s'aperçut que c'était vrai. Subaru la ramena dans sa chambre. Il n'avait pas fait la moitié du chemin que Yui s'était déjà endormi dans ses bras.


Dans sa chambre, Reiji se préparer pour aller dormir quand quelqu'un frappa à sa porte. L'ébène alla ouvrir en poussant un soupir d'agacement. Que se passait-il encore ? C'était Subaru. L'argenté évitait le regard de son frère, visiblement mal à l'aise.

_Que veux-tu Subaru ?

_Te parler de Yui. Je ne veux plus que qui que soit la touche de nouveau.

L'ébène eut un instant de surprise. Il se reprit rapidement cependant. Il se doutait que ça arriverait un jour ou l'autre. L'attachement de son plus jeune frère pour l'humaine n'avait échappé à personne.

_Entre.

Reiji s'écarta pour laisser son frère entré dans sa chambre. Après avoir refermé la porte, il tira deux chaises et invita Subaru à s'asseoir.

_Alors, dit Reiji, tu t'es enfin décidé ?

_Comment ça ?

_Tout le monde ici a bien compris que tu la veux. Seulement elle nous a été offerte à nous tous, tu ne peux pas te l'appropriai comme ça.

Les prunelles de rubis s'emplirent de colère.

_Me l'appropriai ? Elle n'est pas un objet !

Il s'était levé sans s'en rendre compte, les poings si séré que ses jointures blanchirent en quelques secondes. Reiji resta impassible. Pour lui, Yui n'était qu'une réserve de nourriture comme une autre. À moins que… Cette humaine avait le cœur d'un vampire, si elle était transformée, elle deviendrait une sang pur comme eux.

_Écoute, si tu veux vraiment que plus personne ne la touche, il faut qu'elle soit tienne. C'est le seul moyen. Et je te suggère de te dépêcher avant qu'Ayato ne la fasse sienne, lui aussi la voudrais pour lui seul.

L'argenté avait peur de comprendre ce que son aîné voulait dire par « la faire sienne «.

_Reiji, tu n'es pas en train de dire que je dois la voiler pour que les autres la laissent en paix ?

_Bien sûr que non, cela ne changerait rien si elle n'est pas consentante. Mais tu sais aussi bien que moi qu'Ayato à une certaine influence sur elle. S'il la pousse à lui cédait son corps, tu ne pourras plus rien faire pour elle.

Subaru était à la fois rassuré et désemparait. Il ne voulait plus que l'humaine souffre, mais il ne voyait pas comment Yui pourrait vouloir d'un monstre comme lui.

_Comment pourrait-elle vouloir d'un déchet comme moi ?

Les mots lui avaient échappé sans qu'il ne s'en rende compte. Reiji le regarda avec étonnement. Il n'avait jamais su que Subaru avait une estime de soi aussi dur. Il ne pouvait pas l'aider plus.

_C'est à toi de te débrouiller. Mais encore une fois : fait vite.

Et c'est la tête pleine de questions et d'incertitude que Subaru retourna dans sa chambre.