Bonne appétit

_Enfin, j'en pouvais plus !

Ayato s'étira comme un gros chat. La limousine ramenait les vampires et Yui au manoir. Les cours étaient terminés, et -pour la plus grande joie du rouge- c'était le début des vacances. À côté d'Ayato, Yui ne put s'empêcher de sourire. Il faut dire que la bonne humeur du rouge était contagieuse. Remarquant qu'il était observé, l'aîné des triplets se tourna vers l'humaine. Il lui rendit son sourire. Quelques jours après son altercation avec Subaru, le vampire était allé voir Yui pendant qu'elle surveillait les enfants. Il s'était excusé de l'avoir menacé, allant jusqu'à dire qu'il avait vraiment agi comme un idiot -oui, les miracles existe vraiment- et lui avait demandé pardon -double miracle- ce qu'elle avait tout de suite accepté. Ayato était heureux qu'elle de lui en veuille pas et de pouvoir entretenir une relation amicale avec elle.

La seule personne qui semblait déçue de ne plus aller en cours, c'était Reiji.

_Ayato. Un peu de calme, je te pris.

_Allons Reiji-san, dit Laito. Tu ne peux pas nous en vouloir de savourer ce moment de bonheur.

L'ébène poussa un soupir. Même s'il n'avait plus grand-chose à apprendre de l'école, c'était pour lui l'occasion d'être loin de ses frères et des problèmes qu'ils lui causaient bien trop souvent.

Le reste du trajet fut plus silencieux. Yui avait hâte de retrouver Subaru, qui était resté avec Shū pour garder les enfants. Et ce n'était pas du tout une activité de tout repos. Maintenant que leurs dents étaient sorties, les bébés avaient retrouvé toutes leurs vitalités et ne manquaient pas de le faire savoir. Comme Reiji s'en douter, Zéphyr et Freya étaient eux aussi des petits vampires. Leur jeu préféré du moment était de mordiller tout ce qui passait à porter de leur bouche. En une semaine, le bilan des dégâts était déjà considérable : plus d'une douzaine de tétines de biberon réduites en miettes, trois couvertures qui n'était maintenant plus bonne qu'a faire des chiffons, et… quelques morsures accidentelles au moment des repas.

Si l'humaine aimée toujours autant les petits, elle n'osait plus leur donné le biberon depuis que Freya lui avait mordillé les doigts dans sa hâte de boire son lait. Heureusement, comme le lui avait dit Subaru, le sang n'intéressait absolument pas les enfants. De toute façon, a en croire Reiji, leurs crocs étaient encore trop petits pour percer la peau jusqu'au sang. Ils ne pouvaient que mâchouiller comme n'importe quel bébé humain.

Arrivé au manoir, Yui attendit que tout le monde se disperse. Cela faisait longtemps qu'elle voulait lui poser une question, mais elle n'en avait jamais eu l'occasion jusqu'à ce soir. Prennent son courage à deux mains, la blonde se dirigea vers l'endroit qu'elle éviter le plus en temps normal. S'arrêtent devant la porte, elle prit une grande inspiration, toqua deux coups, puis attendit qu'on lui donne la permission d'entrer. Réponse qui ne se fit gère attendre plus de quelques secondes.

Un peu tremblante, l'humaine entra doucement dans la salle d'étude de Reiji.

_Bonsoir Reiji-san, j'espère que je ne te dérange pas.

_Non, j'étais en train de préparer du thé.

Yui sentit un frison lui parcourir le corps. La dernière fois que Reiji avait fait du thé, il lui en avait fait boire, en y ajoutent l'une de ces potions pour en tester les effets. L'ébène l'invita d'un geste de la main à prendre place dans l'un des fauteuils.

_Alors, dit-il en s'asseyent à son tour en face de la blonde, que veux-tu ?

Yui déglutit. Regardent ses mains qu'elle avait posées sur ses genoux, elle commença à s'expliquer :

_Et bien, il y a un problème… Je ne sais pas si je peux y faire quelque chose ou non… Ça fait des jours que ça m'angoisse…

Reiji fronça les sourcils.

_Ou veux-tu en venir ? Dit les choses sans détour.

L'humaine déglutit à nouveau. La patience de Reiji était proche de ses limites.

_Je ne pourrais pas rester avec Subaru.

Les prunelles sanglantes du vampire se firent plus sévères.

_Yui, lorsque tu deviens la compagne d'un vampire, c'est pour le restant de tes jours. Il est trop tard pour te rendre compte que tu n'as pas fait le bon choix.

_Non, ce n'est pas ça ! J'aime Subaru ! Jamais je ne voudrais être séparé de lui !

Des larmes coulaient sur les joues de l'humaine. Reiji la fixa. La témérité de Yui le surprenait un peu. Il n'y a pas si longtemps, jamais elle n'aurait agi de la sorte.

_Dans ce cas, dit-il plus gentiment, pourquoi dis-tu que tu ne pourras pas rester avec lui ?

Yui respira profondément, se préparent à ce qu'elle allait dire. Si le simple fait d'y avoir pensé l'angoissée déjà au point de perdre l'appétit, devoir le dire à voix haute la glacée de l'intérieur.

_Parce que je suis humaine… Subaru est immortel, vous êtes tous immortels… alors que moi… Je vais mourir…

Les larmes coulaient librement. Reiji ne savait pas comment réagir. Bien sûr, les humains étaient tous destinés à mourir un jour. Pour les vampires, la seule façon de mourir était le meurtre ou le suicide. L'ébène se leva, et alla prendre un mouchoir qu'il donna à la blonde. Reiji attendit qu'elle ce calme un peu. Si l'humaine l'avait quelque peu pris au dépourvu, il n'en avait pas moins déjà réfléchi à la question.

_Yui, lui dit-il calmement, en as-tu déjà parlé avec Subaru ?

_Non, je n'ai jamais osé. J'avais trop peur…

_Hum… je vois.

Un ange passa. Durant quelques minutes, la pièce resta aussi silencieuse qu'un tombeau. Ce fut Reiji qui brisa le silence.

_Yui, es-tu encore vierge ?

Les joues de la blonde passèrent par toutes les nuances de rouge existante en un temps record.

_Ou… Oui. Bégaya-t-elle. Subaru dit qu'il ne veut pas… Temps que je ne me sens pas prête…

Le vampire hocha la tête.

_Dans ce cas, il y a une solution.

Yui leva la tête vers lui, le fixent avec des yeux débordent d'espoir. Il y a encore quelque mois, il ne l'aurait pas aidé, mais maintenant qu'elle était la compagne de Subaru, elle faisait pratiquement partit de la famille. Reiji continua ses explications.

_Il y a bien plusieurs solutions pour changer un être humain en vampire, mais la plus simple en ce qui concerne les femmes est celle-ci : lorsque tu perdras ta virginité, tu devras boire le sang de Subaru. Et surtout n'attend pas, sinon ton organisme ne le supportera pas et tu mourras. Baignais dans les rayons de la pleine lune aidera, la transformation serra plus rapide.

L'humaine était encore rouge de gêne, mais avait attentivement écouté jusqu'au bout.

_Il faut… juste fait ça ? demanda timidement la jeune fille.

_Oui, mais il ne faudra pas se contenter de perdre ta virginité. Il faudra aller jusqu'au bout. Mais, et heureusement pour nous tous, tu n'es pas obligé d'être enceinte.

Cette dernière précision soulagea un peu Yui. Les enfants de Laito donner suffisamment de travail à tout le monde, alors s'il devait y en avoir un de plus…


Le soleil était haut, chaud, le ciel radieux. Dans les jardins de roses, l'air raisonné du rire des enfants. C'était la première fois depuis leur arrivé au manoir qu'il sortait. Laito et Ayato les surveiller et joué avec eux, pendant que Yui et Subaru marcher dans les allées. La blonde savourait la douceur des rayons du soleil. Depuis quand n'avait-elle pas vu le ciel bleu ? Les nuages aussi blancs que du coton passé paresseusement au gré du vent ? Quand avait-elle senti la chaleur du soleil caressé sa peau pour la dernière fois ? Trop longtemps.

_À quoi penses-tu ? lui demanda Subaru.

_À rien, répondit la jeune fille. Je suis juste heureuse de revoir le soleil.

Le vampire sourit malgré lui. La joie de sa compagne lui gonflé le cœur de tendresse. Il aurait été prêt à la comblée de cadeaux, à la couvrir de bijoux, mais elle ne voulait rien de tout cela. Des petites choses toute simple comme celle-là lui suffisait. Ils sortirent des jardins, prirent un chemin entre les arbres et arrivèrent devant le lac. Là, ils s'assirent dans l'herbe, au soleil. L'argenté poussa un soupir d'aise en s'étirent avant de ce laissé tomber sur le dos. Yui lui sourit tendrement, s'allongent à son tour. Passant un bras autour d'elle, Subaru la ramena tout contre lui. Blotti l'un contre l'autre, ils ne tardèrent pas à s'endormirent.


Pendant ce temps, Laito et Ayato ramenèrent les petits dans leur chambre. Les enfants avaient bien joué et commençaient à avoir faim. Mais pour eux, fini le lait et les biberons.

_Tu es sûre qu'on ne devrait pas au moins mettre un caoué ? demanda Ayato.

La première fois que lui et son frère avaient voulu faite mangé leurs petits pots aux bébés, ça avait été une catastrophe. Les deux vampires s'étaient retrouvés couvert de purée, et le plancher avait lui aussi souffert.

_Ne t'en fait pas Ayato-kun, c'était la première fois, ils ne comprenaient pas que c'était à manger. Maintenant, ils ont compris…

C'est en tout cas ce que le roux espéré.

_Allé, on y va, dit-il.

_Hum, vous allait les nourrirent ?

Ils se tournèrent pour voir Reiji dans l'encadrement de la porte.

_Oui, pourquoi ? Tu veux essayer ? lui demanda Ayato.

_Je vous demanderais de vous installer à la cuisine. Le carrelage est plus pratique à nettoyer que le parquet. J'y ai déjà mis des chaises hautes.

Dix minutes plus tard, Ayato était barbouillé de purée saveur petit pois et carotte.

_Ils ont compris, hein ? dit-il sombrement en lancent un regard noir à son frère.

Laito aurait ri, s'il ne se trouvait pas dans le même état. Un peu en retrait, Reiji observé la scène avec un certain amusement. Il faillit même lâcher un petit rire quand Freya envoya le contenu de son assiette sur la tête de son père. Les deux frères se regardèrent, décourager.

_Reiji, tu peux les surveiller s'il te plaît ? demanda Laito.

_Où allez-vous ?

_Se changer, répondit Ayato de mauvaise humeur.

L'ébène se retrouva seul avec les enfants, qui le fixer sans faire un bruit.

_Bien, se résigna-t-il. Je crois que je n'ai plus le choix, votre père et votre oncle sont bien trop passifs avec vous.

Tout en parlent, il s'était rapproché de Freya, qui était la principale meneuse en ce qui consternait les bêtises. Reiji avait en effet remarqué à plusieurs reprises que c'était toujours elle qui entraîner ces frères et sœurs.

_Très bien Mademoiselle, dit-il en prennent l'assiette de purée. Il est plus que temps de s'occuper de votre éducation.

La petite fixée le vampire de ces yeux brun. Leur nuance était si sombre qu'on pourrait les croire noir. Reiji aurait presque pu croire qu'elle le défier du regard.

_Laito avait raison, tu seras une vraie battante.


Au bord du lac, Subaru veiller l'humaine qui dormait toujours contre lui. Il jouait avec les mèches de ses cheveux, effleuré ses lèvres du bout des doigts, respiré son odeur. De temps en temps elle gémissait doucement dans son sommeil. La jeune fille était si paisible, elle lui faisait vraiment penser à un ange.

_Subaru…

Le vampire se figea en l'entendent murmurer son nom. Il ne l'avait pas réveillé ? Non, elle dormait toujours. La blonde répéta encore le nom de l'argenté dans son sommeil. À chaque fois, son corps frêle se tendait un peu et son doux visage prenait une expression douloureuse.

_Yui, réveille-toi…

L'argenté la secoua doucement. Cela n'eut pour effet que de l'affoler encore plus.

_Non, Subaru ! Revient ! Je ne suis pas morte !

Les prunelles vermeilles de l'argenté s'élargirent de stupeur. Pourquoi rêver-t-elle de cela ? Bien sûr qu'elle était vivante !

_Yui, je suis là, n'est pas peur je suis là…

L'humaine ouvrit des yeux effrayer. Désorienté par son cauchemar, elle resta sans bouger et la respiration saccadée, tétanisée contre la poitrine de Subaru. Le vampire ne dit rien, la serrant tendrement contre lui, embrassent son front, essuyant les larmes de la jeune fille. Quand le soir commença a tombé, il la prit dans ses bras et la ramena dans leur chambre.

_Yui, dit-il en la posent sur le lit, je dois savoir. De quoi rêver-tu ?

Sa voix était plus grave que d'habitude. Il voulait des réponses et ne céderait rien tant qu'il ne les aurait pas. Yui s'oser pas le regarder. Elle avait trop peur. Pas du vampire en lui-même, elle savait qu'il ne lui ferait aucun mal. Elle avait peur de lui avouer ses angoisses, de lui révéler la conversation qu'elle avait eue avec Reiji.

_Yui.

La colère commençait à percer dans la voix de l'argenté. Elle n'avait plus le choix, elle devait lui dire.

_J'ai rêvé que j'étais devenu vieille, alors que toi tu n'avais pas changé. Et à la fin, j'étais au fond d'un trou, tu disparaissais et…

_Chut, j'ai compris…

Subaru enlaça l'humaine qui palissé de plus en plus pendant qu'elle racontait son cauchemar. Il ne supporterait pas d'en entendre plus.

_Calme-toi mon amour, nous trouverons une solution… Tu ne disparaîtras pas, je te le promets…

Il parlait autant pour la calmée que pour se rassurait lui-même. Jamais il ne permettrait qu'elle disparaisse de sa vie, même s'il devait se damner. Il était sûr de ne pas y survivre, où alors pas sans devenir fou de douleur.

_En fait, il y a quelque chose que je dois t'avouer, dit timidement la blonde. Ce n'est rien de grave, ne t'inquiète pas, ajouta-t-elle en sentent le vampire se crisper.

_Vas-y, je t'écoute.

Yui lui raconta son entrevue avec Reiji, lui expliquant ce que l'ébène lui avait dit pour qu'elle et Subaru n'aient plus à craindre d'être séparé par la mort. L'argenté écouta sans rien dire. S'il était en colère, c'était contre lui-même : Yui ne se serait jamais résigné à aller voir Reiji à moins d'être désespéré. Il aurait dû voir son malaise.

_Et es-tu d'accord ?

La blonde hocha la tête.

_Oui.

_Dans ce cas, à la prochaine pleine lune, tu deviendras un vampire.


_Il va bien falloir trouvait une solution.

Laito n'en finissait pas de se lamenter. Il s'inquiétait vraiment pour ses enfants depuis que ses derniers ne manger pratiquement plus.

_Je sais, moi aussi je m'inquiète figure toi.

Ayato en avait marre d'entendre son frère se plaindre. Mais franchement, il ne pouvait pas lui en vouloir. Si c'était ses enfants à lui, il serait sans doute pareil.

Ils allaient entrait dans la cuisine, mais à peine Laito ouvrit-il la porte qu'il stoppa net.

_Ayato, tu peux me pincer s'il te plaît ?

Le rouge le regarda sans comprendre. Ignorent la drôle de demande de son frère, il passa la tête dans l'ouverture de la porte. Et resta totalement médusé.

_Allé Nyx, ouvre la bouche… C'est bien, gentille petite…

_Laito, c'est bientôt la fin du monde ou je rêve ? demanda Ayato.

Dans la cuisine, Reiji donnait à manger aux bébés, leur sourient et parlent d'une voix enjouée. Il y avait de quoi tomber dans le coma quand on connaît le Reiji froid et autoritaire de d'habitude. Nyx avala docilement la cuillerée de purée que l'ébène lui donner. Le vampire recommença avec les trois autres, qui acceptèrent de manger sans faire d'histoire. Sur le pas de la porte, les deux frères avaient du mal à croire ce qu'ils voyaient.

_Entré tous les deux, je ne vais pas fait tout le travail.

_Comment t'as fait ? demanda Ayato.

Reiji renifla d'un air dédaigneux.

_C'est simple : vous manquer trop d'autorité pour vous faire respecter.