Moment d'angoisse
Yui fredonner doucement en préparent ses affaires. Elle et Subaru partaient pour deux semaines dans elle résidence de vacances appartenant à la famille de vampire. L'argenté avait tenu à ce qu'ils soient tranquilles au moment de la pleine lune. Surtout pour la jeune fille, qui avait trop peur que tout le monde les entendent. Sans parler des voyeurs potentiels, tel qu'Ayato, Laito et même Shū. Même si Laito avait fortement gagné en maturité depuis qu'il assumait son rôle de père, mieux valait jouer la prudence et s'éloignait un peu.
La blonde avait presque fini, il lui manquer juste une ou deux tenues de rechange et sa valise serait terminé. Subaru ne lui avait rien dit de leur destination, voulant lui faire la surprise. Elle savait seulement qu'ils seraient loin de tout, en pleine nature. La jeune fille s'était imaginé plusieurs fois à quoi pouvais bien ressemblait l'endroit : une maison de campagne aux allures de vielle ferme perdu au milieu des champs ? Un beau chalet dans les montagnes ? Ou tout simplement un lieu semblable au manoir mais en plus petit ? Dans tous les cas, elle était impatiente d'y être.
Les vampires étant tous sortis avec les enfants, l'humaine avaient le manoir pour elle seule pendant encore quelques heures. Laito avait beau être un bon père, il fallait tout de même trouvait une nourrice pour s'occuper des enfants. Cette idée ne plaisait pas beaucoup au roux, qui ne voulait pas laisser ses enfants comme son père l'avait laissé lui et ses frères, mais il fallait se rendre à l'évidence. Il ne pouvait plus continuer à sécher les courts, de même que ses frères. Après l'histoire des rumeurs qui avait provoqué la bastonnade de Yui, plus aucun risque n'était permis. Même si les rumeurs les plus folles avaient disparu, certains bruits de couloir couraient encore. Notamment une rumeur de harem entre Yui et les frères. En apprenant ça, Subaru en était presque sortie de ses gonds. Espérons pour celui ou celle qui avait lancé cette rumeur que l'argenté n'apprendrait jamais son identité.
Ces affaires rangées, la jeune fille descendit à la cuisine. Elle était de bonne humeur et voulait préparer le repas pour quand tout le monde rentrerait. La jeune fille commença à sortir les ingrédients pour faire le plat préféré de chaque vampire. Pour Ayato, la question ne se posait même pas : takoyaki. Subaru n'avait pas de préférence, Shū aimé la viande sanglante, Reiji avait un faible pour les pattes à la carbonara, Kanato lui avait dit que Laito raffolé des macarons, mais pour Kanato justement…
_Hum… Kanato aime le sucré, mais je ne sais pas ce qu'il préfère…
_Il adore le pudding à la framboise, dit une voix que la jeune fille n'avait encore jamais entendue.
Elle se retourna d'un coup, faisant face à un homme qu'elle ne connaissait pas. Vêtu d'un long manteau rouge et habiller dans un style ancien, il avait les yeux dorés et de longs cheveux blancs, semblable à ceux de Subaru.
_Oh, désoler mademoiselle, je n'avais pas l'intention de vous effrayer.
Sa voix était douce, très séductrice. Mais Yui avait trop longtemps vécu entouré de vampires pour être dupé par ces belles paroles. De toute évidence, l'homme qui se tenait devant elle était un vampire. Et il savait quel désert préféré Kanato, ce qui voulait dire que…
_Vous êtes…
_Le père des six vampires qui habite cette maison, c'est bien cela.
Yui eu malgré elle un mouvement de recul. Même si elle ne savait pratiquement rien de cet homme, elle en avait suffisamment entendu pour savoir qu'il était dangereux. Très dangereux. Bien plus que les six frères réunis.
_Du calme, je n'ai nullement l'intention de vous faire le moindre mal.
La jeune n'en était pas moins tremblante lorsqu'elle demanda :
_Que voulez-vous ?
Il lui donna un sourire indulgent. Il ne lui en voulait pas d'être aussi méfiante.
_J'étais simplement curieux de savoir à quoi ressemblé la jeune fille qui a ravi le cœur de mon plus jeune fils.
Il s'approcha de quelques pas. Yui voulait fuir, mais son corps refusé de se mouvoir. C'était comme si tous ses muscles s'étaient changés en plomb. Le vampire passa doucement sa main gantée sur la joue de l'humaine, repoussent quelques mèches de cheveux pour mieux la voir. Il fixa ses iris d'or dans les orbes roses de la jeune fille, lui donnent l'impression qu'il voyait à travers elle.
_Hum… Mon fils a bon goût, je suis fière de lui. Je ne doute pas que vous ferrez une sublime créature de la nuit, Mademoiselle Komori.
Il se détourna d'elle, puis amena une chaise pour elle avant qu'elle ne tombe au sol.
_Désolé, lutté contre mes pouvoirs est ase épuisant. Cela passera vite, ne vous inquiétez pas.
Il tourna les talons pour partir, avant d'ajouter sur le pas de la porte :
_Pour ce qui est du pudding, j'ai bien peur que le temps manque. De la mousse de framboise avec une banane glacée devrait faire l'affaire.
Et il disparut pour de bon.
_Ah, non Freya, pas sur papa !
La petite ne l'écouta pas, continuant a arrosé le vampire de sable en riant aux éclats. Assis sur un banc, Kanato observé la scène, la petite Cérès sur ses genoux. Les triplets et Shū étaient dans un parc public avec les enfants, qui avaient découvert avec bonheur ce qu'est un bac à sable. Reiji lui était parti voir dans plusieurs agences de recrutement dans l'espoir de trouver une gouvernante. Et Subaru était parti pour la résidence ou il devait se rendre avec Yui. L'argenté voulait s'assurer que tous seraient prêts pour son séjour avec sa compagne.
En dehors des vampires, le parc était vide. Ce qui leur permettait de jouer sans se soucier des regards. Laito et Ayato s'amusaient autant que les petits, se chamaillant et s'envoyant eux aussi du sable. A ce demandé qui était les enfants et qui était les parents. Allonger sur un autre banc un peu à l'écart, Shū regardait ses frères. C'était bien la première fois qu'il voyait Ayato s'amuser avec son frère. S'amuser tout court, en fait. Sa mère l'avait toujours obligé à étudier, l'empêchant d'avoir une véritable enfance.
Le blond soupira. Il se rappelait qu'à l'époque, il aurait voulu être plus grand, avoir son âge actuel pour pouvoir protéger ses cadets de leur folle de mère. Elle n'aurait pas obligé Ayato a resté enfermé des jours durant à étudier, elle n'aurait pas abusé de Laito, et elle n'aurait pas non plus obligé Kanato à la suivre partout, y compris lorsqu'elle était avec ses amants. Mais il n'était alors qu'un enfant, il ne pouvait rien pour eux. Et maintenant, il était largement trop tard pour réparer les dégâts.
_Tout ce passe bien apparemment.
Reiji venait de revenir. Laito et Ayato cessèrent de jouer.
_La récré est terminée, annonça le roux.
En quittent le parc, Reiji appris à ses frères qu'il n'avait trouvé personne pour garder les enfants. D'un autre côté, ce n'était pas si étonnent. Comme si trouver une nounou pour bébé vampire était chose courante…
_On n'attend pas Subaru ? demanda Kanato.
_Il m'a dit qu'il rentrerait directement au manoir, répondit Reiji.
Subaru ouvrit rapidement la porte du manoir et s'engouffra à l'intérieur. Un étrange pressentiment lui disait qu'il devait rentrer au plus vite. Dépassent le hall, il stoppa net. L'horreur le saisi quand l'odeur qu'il haïsse le plus frappa ses narines.
_Yui ? YUI !
Il suivit l'odeur de l'humaine jusque dans la cuisine, là où l'odeur de cette personne était également la plus forte. Le cœur de l'argenté bâté comme s'il allait éclater, il n'avait jamais ressenti une telle peur de toute sa longue vie. Pourquoi ne l'avait-il pas emmené avec lui ? Elle n'aurait jamais dû rester seule…
_Yui… haleta-t-il en entrent en trombe dans la cuisine.
La blonde était là, assise sur une chaise, le visage un peu choqué. Le vampire se jeta sur elle, la tenant tout contre lui. Des larmes de soulagement coulèrent de ses yeux rubis. Elle était là, vivante et intacte. L'humaine étreignit l'argenté de toute la force de ses bras. Toutes ses angoisses se dissipèrent aussitôt. Elle ne risquait plus rien. Relevant la tête, le vampire l'embrassa. Elle lui rendit son baissé.
_Subaru, appela la voix de Reiji.
Le couple se tourna d'un seul mouvement vers la porte. Reiji et Shū entrèrent dans la pièce, tous leurs sens en alerte.
_T'a-t-il fait quelque chose ? demanda l'ébène.
_Non. Il voulait juste voir à quoi je ressemble.
_T'a-t-il regardé dans les yeux ?
La blonde sentit son corps frissonné au souvenir des prunelles dorées fixé dans ses yeux. Momentanément incapable de parler, elle hocha la tête.
_Qu'est-ce qu'il lui a fait ?
Bien que base, la voix de Subaru rappelé le grondement du tonnerre. Il écumait de rage au point que sa main broya le dossier de la chaise qu'il tenait.
_Apparemment il l'a sondé. Et heureusement elle lui a plu, sinon c'est son cadavre qui serait là.
L'argenté gronda en grincent des dents.
_Comment ça, elle lui a plu ? Si jamais il la touche…
_Non, s'il était intéressé il l'aurait emmenée.
Yui déglutie. Elle aurait préféré mourir que de devoir ce donné à un autre que Subaru.
_Vient, lui dit l'argenté. Nous partons dès ce soir. Une fois que je t'aurais changé, il n'aura plus le droit de te faire quoi que ce soit.
_Et les enfants ?
_Laito peu géré seul maintenant. En plus les vacances dures deux semaines, ne t'en fait pas.
Sans un mot de plus, l'argenté entraîna la jeune fille avec lui.
Pendant ce temps, les triplets étaient restés dans le hall avec les enfants. Ils attendaient que Shū ou Reiji leur donne le feu vert. Ils avaient tous reconnu l'odeur de leur père, et refusaient de le laisser approcher des petits. Au bout de quelques minutes, Reiji vain leurs énoncés que la voie était libre.
_Que voulait-il ? demanda Ayato d'une voix amère.
_Voir Yui, répondit l'ébène. Il a dû savoir qu'elle allait bientôt devenir une des nôtres.
_Comment a-t-il su ? demanda Laito.
_J'imagine qu'il a appris que Subaru faisait préparer la résidence, ça ne serait pas étonnant qu'il y ait laissé quelque familier pour surveiller les lieux. Deviné le reste n'est pas compliqué.
Laito était partagé entre le soulagement et l'inquiétude. Soulagement, parce que leur père n'avait pas fait de mal à Yui, et inquiet pour ses enfants. Si jamais il avait senti leurs odeurs et découvert leur chambre…
_Reiji, dit le roux d'une voix tendu. Tu crois qu'il a pu les sentir ?
Ces deux frères se tournèrent vers lui. La question était déjà dans tous les esprits sans que personne n'ose la formuler à voix haute jusqu'à maintenant. L'ébène eut un sourire.
_Remerciez-moi. Hier j'ai fait le ménage dans leur chambre, il n'y avait plus la moindre odeur.
Après un instant de silence, Laito éclata de rire.
_Oh, Reiji-san, pour une fois j'adore ton côté maniaque !
_Il fallait bien que ça nous serve un jour ! ajouta Ayato en riant à son tour.
