Début de réponse

Sifflotent avec insouciance, Laito marché dans la rue. Il n'y avait presque plus a mangé pour les petits, le roux était donc sortie faire quelque emplette. En cette fin de matinée, les rues étaient calmes. Dans les bras du vampire, une petite fille de quelques mois à peine regardé tout autour d'elle, ses beaux yeux couleur améthyste tentant de tout voir en même temps. N'arrivent pas à la faire dormir, Laito avait pensé que cette petite promenade ferait du bien à l'enfant.

Arrivant aux abords d'un petit parc public, Laito remarqua une belle voiture noire. Si elle attira son attention, c'est parce que ce n'était pas un modèle à la portée de tous. Le propriétaire de ce véhicule devait au moins être millionnaire. Une portière s'ouvrit. L'homme qui en descendit était grand, fin, élancé, les cheveux noirs soigneusement peignaient et très élégant dans son costume parfaitement tailler. Le vampire eut un mouvement de recul.

_Bonjour, mon fils.

Laito resta silencieux. Instinctivement, il resserra sa prise sur sa fille. L'enfant regarda l'homme en costume devant elle. Ce dernier fit un pas vers eux, ce qui arracha un grondement lourd d'avertissement au roux. S'il avait été seul, jamais il n'aurait osé menacer son père de la sorte. Mais la petite passée avant lui.

_Il faut croire que l'instinct maternel ne marche pas que chez les femmes, dit l'homme en souriant.

_Si tu viens seulement pour dire ça…

_Du calme. Si j'avais voulu du mal à mes petits-enfants, tu n'aurais même pas su qu'ils avaient existé.

Le visage de Laito se figea dans un masque de stupeur. Comment avait-il su ?

_Vient, dit le père du vampire. Un trottoir n'est pas vraiment un endroit approprié pour discuter.

Voyant qu'il n'avait pas le choix, Laito le suivi. Il s'attendait à devoir entrer dans la voiture, mais au lieu de cela l'homme entra dans le parc. Après quelques minutes de marche, ils s'assirent sur un banc à l'abri des regards. Le roux n'aimait pas du tout ça. Il était trop isolé, si jamais la situation tournée mal pour lui, il était livré à lui-même. Dans ces bras, Cérès resté silencieuse comme si elle avait été une poupée. Sentant le regard de la petite, l'homme baisa les yeux sur elle en lui adressant un sourire.

_Elle ressemble à son oncle, dit-il.

_Qu'est-ce que tu veux ? lâcha Laito d'un ton froid.

L'homme soupira. Il n'y avait rien à faire, ces fils le détesteront toujours.

_C'est moi qui aie trouvé ses quatre petits trésors. J'ai entendu par hasard une histoire sur quatre prostituer mortes à quelques jours d'intervalle, toutes durant leurs accouchements. Cela m'a aussitôt rappelé une affaire semblable. Les services sociaux se sont bien évidemment intéressés à eux, mais je ne pouvais pas le permettre. Si comme je le pensai il s'agissait de bébés vampires il était hors de question qu'ils restent dans des familles humaines. Et quand je les ai vus, j'ai compris. J'ai fait des tests A.D.N pour m'en assurer, mais je savais déjà que c'était mes petits-enfants que j'avais trouvés.

Il marqua une pause dans son récit, laissant à Laito le temps d'enregistré tout ça.

_ Je me suis alors intéressé au bordel ou leurs mères vivaient. Que tu fréquentes régulièrement ce genre d'endroit, ça ne m'a étonné une seule seconde, mais que les quatre soit de toi… J'avoue avoir été surpris. J'ai ensuite dicté à la gérante la lettre que vous avaient trouvée avec les petits. J'avais trop de travail pour les emmenaient dans le monde des démons et les confier à mes serviteurs. Je les ai donc confiés à des familiers qui les ont amenés au manoir.

Un silence tendu suivi ses dernières paroles. Si Laito se détendit un peu, il ne faisait toujours pas confiance à cet homme.

_Tu as laissé mes enfants dehors au lieu de les mettre… je ne sais pas, le hall ou dans le salon. Il a plu des cordes ce jour-là. Heureusement que Reiji les a trouvés avant l'averse.

_Je reconnais que ce n'était pas très civique de ma part, mais si vous les aviez trouvés à l'intérieur du manoir vous vous seriez posé des questions. Et puis, mes familiers ne les auraient pas laissés sous la pluie.

Laito regarda pensivement la petite dans ses bras. Lui qui avait toujours pensé que son père était l'une des pires pourritures qu'est porté ce monde… Quoi que, une bonne action ne rachète pas des siècles d'abandon et d'indifférence. Sans parlé de la façon dont il avait traité ses femmes.

_Depuis quand tu te soucies des membres de ta famille ?

Les mots avaient franchi ses lèvres sans même qu'il ne s'en rende compte. Laito se raidit un peu. C'était peut-être la phrase de trop. Son père ne dit rien. Il n'avait pas prévu que son fils montrerait une telle audace. Mais d'une certaine façon, il en était fier.

_Je veux bien le reconnaître, je n'ai jamais été un père pour qui que ce soit. Aujourd'hui encore, je collectionne les amantes. Et je n'en ai aucune honte. Toi non plus j'imagine.

_Moi, je me suis occupé de mes enfants à l'instant même où j'ai su qu'ils existaient. Qu'as-tu fait pour nous, toi ?

Encore une fois, pas de réponse. Lâchant un long soupir, l'homme se leva. Il avait compris que rien ne le rachèterait jamais, ni aux yeux de Laito, ni aux yeux d'aucun autre de ses fils.

_Avant de partir, tient, dit-il en tendant une grosse enveloppe brune. Je crois que Mademoiselle Komori cherche les réponses qui se trouvent là-dedans. Je suis tombé dessus par hasard dans les anciennes affaires de mon frère. Au revoir.

_Adieu, répliqua Laito en quittant les lieux à son tour.


_Voilà, vous savez tout.

Le salon resta plongé dans un silence de mort. À peine rentré au manoir, Laito avait appelé tous ses frères et leur avait rapporté toute la conversation qu'il avait eue avec leur père. Les vampires regardait les petits corps endormit qu'ils portaient Ayato étreignit doucement Freya, Shū passa une main dans les boucles naissantes de Zéphyr, Kanato approcha Cérès pour déposer un baissé sur son front, et Laito serra Nyx contre son cœur. Subaru et Yui étaient déjà partis depuis maintenant presque une semaine.

_On fait quoi pour ça ? demande finalement Ayato en désignent l'enveloppe.

Reiji n'était pas sûr de ce qu'il convenait d'en faire : personnellement, aucun d'entre eux ne voulait quoi que ce soit venant de leur père. Mais d'un autre côté, les informations contenues là-dedans concerné Yui.

_Bitch-chan a le droit de savoir, trancha Laito.

Le roux se souvenait parfaitement de la détresse de la blonde, ce soir qui maintenant lui sembler si lointain. Ce soir où il l'avait trouvé si déprimé dans les jardins, quelques heures avant que Reiji découvre les quatre petits paquets déposés devant leur porte.

_Pas forcément, répliqua Ayato. Et si savoir ce qu'il y a dans ce truc était pire que de ne rien savoir du tout ?

_La question se pose, en effet, dit Reiji.


La jeune fille laissa échapper un gémissement en se réveillent. Sa transformation était presque terminée. Il ne restait qu'une seule étape la sortie des crocs. Jusque-là, la transformation n'avait rien de douloureux, mais Yui était comme vidé de ses forces. Depuis environ deux jours et trois nuits, elle restait allongée dans le vaste lit aux fins draps de lin qu'elle partageait avec Subaru.

_Mon ange, appela doucement l'argenté.

Elle tourna la tête vers lui, un doux sourire ornant ses lèvres.

_Je vais bien Subaru, ne t'en fais pas.

_Tes crocs ne devrait plus tardait à pousser maintenant. Tu es sûr que tu ne veux pas que j'appelle Reiji ? Au moins pour qu'il te donne un antidouleur.

Pour sortir, les nouveaux crocs allait poussait les dents déjà existante pour en prendre la place. La dernière étape de la transformation d'un être humain en vampire était la seule qui soit douloureuse. Subaru avait expliqué à la blonde que le plus souvent, les dents étaient arrachées pour permettre aux crocs de sortir sans douleur.

_Ça ira, mon amour, dit-elle.

_J'espère que tu ne cherches pas à te punir à cause de ta foi.

Yui détourna le regard. Elle avait refusé de se l'avouer a elle-même, mais Subaru avait vu juste. En devenant un vampire, elle tournait le dos à son église, c'était un peu comme trahir les enseignements de son père.

_Yui, regarde-moi.

L'argenté l'attrapa par le menton, l'obligent a le regardait en face. Il l'embrassa avec force, lui arrachant un gémissement à la fois de surprise et d'aise.

_Ne te torture pas inutilement, dit-il d'une voix roque. Je vais demandait à Reiji de venir, tu ne souffriras pas, c'est promis.


Reiji regarda le bâtiment devant lui. Un grand chalet presque aussi grand qu'une église, tout de bois et de pierre entourait d'une forêt. L'endroit était isolé et calme, loin de toutes activités humaines. L'ébène marcha jusqu'à la porte, frappa et attendit. La porte ne tarda pas à s'ouvrir sur Subaru. Surprit de voir son demi-frère alors qu'il ne l'avait pas encore appelé, l'argenté s'écarta pour lui laisser le passage.

_J'allais justement t'appelais, dit-il.

_Il y a un problème avec la transformation ? demanda Reiji.

_Non, tout va bien. Mais les crocs ne vont pas tarder a poussé.

_Je vois, je m'en occupe.

Reiji avait une petite réserve de potions et d'herbes sur place, pour continuer ses expériences lorsque lui et ses frères venaient parfois ici en vacances. Il ne lui fallut pas longtemps pour préparer un somnifère et un antidouleur. Après avoir rassuré Yui -qui angoissée comme à la veille d'une opération- Subaru lui fit boire la première potion pour l'endormir.

_Ce sera long ? demanda l'argenté.

_Non, mais je préfère faire vite.

L'ébène commença par caser les canines réduites, puis utilisa une pince spéciale pour briser les racines de l'intérieur et les retirait par morceaux. Il termina en nettoyant les deux trous béant dans la mâchoire supérieure de la jeune fille avec un coton-tige imbibé l'alcool.

_Tiens-lui la tête relevée, demanda Reiji à son jeune frère.

Subaru s'exécuta avec délicatesse, la tenant tendrement pendant que l'ébène lui versait la seconde potion a petites dosses régulières.

_Elle ne sentira rien, déclara l'ébène. Laissons-la dormir maintenant.

Les deux vampires quittèrent la chambre.

_Comment ça se passe avec les enfants ? demanda Subaru. Yui s'inquiète souvent pour eux.

_Et bien, c'est justement en partie pour ça que je suis venu jusqu'ici.

Reiji lui raconta l'entrevu entre Laito et leur père. Subaru l'écouta sans dire un mot. Comme ses frères avant lui, l'argenté était surpris -voir un peu choqué- par ces révélations.

_C'est un miracle qu'il ne les ait pas tués, lâcha-t-il quand son frère eut fini.

_Ça n'énerve de l'admettre, mais malgré tout les défauts qu'on peut lui trouvaient, ce n'est pas un infanticide. C'est même la seule chose qu'il ne soit pas d'ailleurs.

_Alors, le passé de Yui se trouve là-dedans ? demanda Subaru en montre l'enveloppe.

_Il semblerait. J'ai pensé que se serrer mieux pour elle si personne d'autre que toi n'était là lorsqu'elle l'ouvrira. Ce qu'elle y trouvera pourrait être pire que si elle restait dans l'ignorance. J'ajouterais que cette question a soulevé un beau débat au manoir. Nous avons finalement dû voter pour savoir s'il fallait ou non lui donnait.

_Même si ça doit la faire souffrir, c'est à elle d'en décider.

_C'est ce que penser Laito et Shū.


Quelques heures plus tard, Yui commença à sortir de son sommeil. Elle se sentait bien. Ni fatigué, ni ensommeiller. Seulement bien. Elle s'étira, restent allonger sur le lit, savourent la douce chaleur des rayons du soleil sur sa peau. Le vent entrent par la fenêtre ouverte lui apporta l'odeur des bois, le chant des oiseaux et le doux bruissement du vent dans les feuilles d'arbres. L'instant était magique, féerique. Il ne manquer qu'une seule chose…

_Subaru… murmura-t-elle.

L'argenté apparu aussitôt dans la chambre. En la voyant ainsi, si paisible, si sereine… Une vague de tendresse le submergea. Sans un mot, il retira hâtivement ses bottes, sa veste et son t-shirt. Tout en s'allongent, Subaru tira tendrement Yui contre lui, dans une étreinte à la fois douce et passionnée. Yui ouvrit les yeux, souriant au jeune homme. Elle plongea son regard dans les prunelles rubis de son amant, heureuse de le voir si serin. Le Subaru colérique qu'elle avait rencontré il y a un an avait enfin trouvé la paix en lui-même.

Pendant longtemps, ils se regardèrent ainsi. Puis leurs lèvres se rencontrèrent dans un baissé long et doux. Ce n'est qu'à la nuit tombé que Subaru parti chercher à manger pour la jeune fille. Yui s'assit en tailleur sur le lit, observent distraitement le balancement des branches d'arbres dans le vent. Quelques étoiles commençaient à apparaître sur le ciel violacé du crépuscule. Quelque part dans la nuit naissante, une chouette poussa un doux hululement.

_Tient, dit Subaru en déposent un plateau devant la blonde. Ton corps a encore besoin de prendre des forces.

Pendant qu'elle manger, Subaru l'observa en se demandent s'il devait lui donnait l'enveloppe ce soir ou attendre encore un peu. Sa transformation prenait beaucoup de son énergie à Yui, pouvait-elle en plus supporté ce que contenait cette maudite enveloppe ? Après réflexion, non. Les crocs ne mettraient qu'une journée pour sortir, maintenant qu'ils pouvaient pousser librement. Yui serait alors devenu un vampire à part entière. " Une chose à la fois, c'est mieux pour elle" décida-t-il.


_Kanato ? Tu as bientôt fini avec Zéphyr ?

_Presque, répondit le violet.

C'était l'heure du repas pour les enfants. Laito et Kanato leur donnaient la becquée. Depuis l'intervention de Reiji, il n'y avait plus eu le moindre problème pour les faire manger. Mais malgré cela, Ayato ne voulait plus s'en occuper. Sauf pour Freya.

_Tu ne trouves pas qu'ils ont l'air différent ? demanda Kanato.

_Tu veux dire un peu moins joyeux ? Oui. Je pense que c'est Bitch-chan qui leur manque.

_Tu crois qu'ils la prennent pour leur mère ?

_C'est possible.

Puis ce fut l'heure du bain. Laito s'en occupa tout seul. Kanato n'aimait pas être éclaboussé. Le roux lava ses enfants l'un après l'autre, pendant que Shū surveiller les autres dans la chambre d'enfant. Le blond garda Cérès sur ses genoux. Il s'était pris d'affection pour la petite violette. Une fois tous les enfants endormis, les vampires se retrouvèrent dans la salle à manger. Ce soir était celui de leur repas mensuel.

_J'ai reçu un appel de Subaru, annonça Shū. Lui et Yui rentreront ce week-end.

_Elle sait pour l'enveloppe ? demanda Reiji.

_Il lui donnera demain matin.

_Ce n'est peut-être pas une bonne idée, dit Ayato.

_Nous en avons déjà discuté, rétorqua Reiji d'une voix ferme.

_Si Bitch-chan a vraiment besoin de savoir qui elle est, on ne peut plus l'en empêcher. Surtout maintenant qu'elle fait partie de la famille.

_Oui, je sais, râla le rouge. Et en parlent d'origine, comment tu vas apprendre à tes filles et a ton fils que leurs mères sont mortes et qu'elles étaient des prostitués ?

La question jeta une vague d'eau glacée sur tout le monde.

_Il se passera quelques années avant d'en arriver là, dit Shū.

Mais Laito lui resta silencieux. Ayato avait raison. À la fin du repas, le roux retourna avec ses petits. Tout en les regardent dormir, il se posa des tonnes de question sur leurs avenirs.

Aux yeux des autres vampires, ces enfants n'étaient que des bâtards, comme l'avait si bien dit Reiji le jour même de leur découverte. Et non seulement ça, mais aussi des métisses nées de mères humaines. Porté le nom de Sakamaki les protégerait peut-être des moqueries et autres insultes, mais… À quoi ressembleraient leurs vies à tous les quatre ? Et être les enfants d'un coureur de jupon n'arrangerait rien.


Fredonnent doucement, la jeune vampire finissait de plié ses vêtements pour les ranger dans sa valise. Ses crocs étaient sortis depuis trois jours. La rentrée pour le lycée approchant, il était temps pour elle et Subaru de rentré au manoir.

_Yui, appela Subaru.

La blonde le rejoignit aussitôt dans le salon.

_J'ai presque terminé, annonça-t-elle.

_Nous ne partons que dans quelques jours.

Yui lui sourit, mais le visage assombri de son amant effaça sa joie.

_Qu'y a-t-il ? demanda d'elle soucieusement.

Subaru lâcha un soupir. Il ne pouvait plus lui cacher plus longtemps.

_Vient, dit l'argenté en se laissant tombé sur le canapé de velours crème.

La blonde s'assit à côté de lui, un peu inquiète. Le silence les enveloppa quelques minutes.

_Quand Reiji est venu l'autre jour, il a laissé quelque chose pour toi.

Il désigna l'enveloppe posée devant eux sur la table basse en verre.

_Qu'est-ce que c'est ?

_Apparemment, les réponses à tes questions sont dedans. Je n'ai pas regardé, c'est à toi.