PYROSEMAN

Enfin, le grand jour était arrivé...

Ce jour maudit où moi, la terreur des cachot, j'en venais à remettre en question mon besoin vital de respirer...

Après tout, à quoi bon continuer de vivre quand on était forcé à passer des heures interminables à tenter d'inculquer une once de connaissance dans la boîte crânienne de jeunes cornichons hormonalement instables et qui semblaient de plus en plus crétins de génération en génération.

Mais il fallait noter que cette année s'annonçait presque pire que les précédentes.

Maintenant à grand peine une expression impassible, je tentais d'ignorer le fait que j'étais coincé actuellement entre mon éternelle rivale dans cette école, la dénommée Minerva, je suis accro à l'herbe à chat mais je me soigne, Mcgonnagal et une espèce de vielle meringue défraîchie rose bonbon qui agressait ma vue et mon odorat avec son parfum qui me filait la nausée.

Le fait que cet ersatz de sorcière ait pu hérité du poste de défense contre les forces du mal me laissait pantois et je me plaisais à imaginer de quelle manière la fameuse malédiction liée à ce poste allait agir sur cette dernière.

La choucroute bétonnée qui lui tenait lieu de chevelure semblait complètement figée, sans doute maintenue par une quelconque laque magique dont elle se serait asperger allégrement, ce qui expliquait l'odeur chimique qui s'en dégageait. Voilà un produit réputé hautement inflammable, et avec toutes ses bougies présentes dans le château...

-Severus ? Tout va bien ? Est-ce que vous êtes en train de sourire ! S'exclama la directrice des rouge et or visiblement choquée de me voire arborer une expression faciale autre que la colère ou le dégoût.

-Je me disais que la salle était vraiment magnifiquement décorée ce soir, mais ne trouvez-vous pas qu'il fait un peu trop sombre, il faudrait rajouter quelques bougies...

-Je ne suis pas certaine qu'il soit bien utile de mettre en lumière ce rictus de psychopathe qu orne votre visage jeune homme. Je n'ai pas envie de voir nos élèves s'enfuir en paniquant à peine arrivés.

Je soufflais d'un air dédaigneux en pensant à l'arrivée imminente de toutes les petites têtes blondes qui allaient grouiller comme des cafards autour des quatre grandes tables.

-Douteriez-vous du courage de vos lionceaux Minerva, je pensais vos élèves trop idiots pour savoir quand un danger les guettes, c'est d'ailleurs pour cela que certains s'obstinent encore à m'imposer leur présence en cours.

-Vous êtes vraiment...

-Hum hum.

Grinçant des dents, je tournais un regard agacé vers l'auteur de se toussotement désagréable.

Je commençais enfin à m'amuser un peu quand cet immonde crapaud nous avait interrompu.

-Severus ? Je peux vous appeler Severus n'est-ce pas ?

Sans même me laisser le temps de répondre Ombrage posa sa main boudinée et pleine de vieilles bagues qui saucissonnaient ses doigts sur mon avant bras en se penchant vers moi envahissant mon espace vital avec ses émanations de lotions cosmétiques... par Merlin si je lançais un discret ''accio'' vers la bougie sur sa gauche je pourrais peut-être...

-Je ne pense pas qu'il soit très avisé de parler ainsi de vos élèves Severus. J'ai conscience de la tâche ingrate que cela peut être que de former ces jeunes esprits rebelles mais il vaut mieux suivre les consignes ministérielles en matière d'éducation. Il n'est pas de tout repos de dresser ces enfants à bien se comporter...

J'entendis Minerva pousser un discret glapissement indigné à l'entente du mot ''dresser'' et fronçais moi-même les sourcils devant le petit discours moralisateur débité avec une voix de fillette haut-perchée qui me perçait les tympans... décidément cette femme était un réel déplaisir pour les sens.

J'ignorais le reste de son laïus faisant semblant de porter une oreille attentive à ses conseils en matière de pédagogie.

Intérieurement je réfléchissais plutôt à un moyen subtil de remplacer mon verre de jus de citrouille par quelque chose d'un peu plus fort. Je n'étais pas certain que le nouveau professeur de DCFM approuverait cela mais je doutais de plus en plus de réussir à échapper vivant à cette soirée sans une aide extérieur. Et si j'en croyais la mine constipée de ma voisine de droite, elle aussi avait l'air d'avoir besoin d'un petit remontant, ses yeux lançaient des ''avada'' en direction de sa nouvelle collègue sans que cette dernière s'en inquiète le moins du monde. Pour un professeur de défense elle ne semblait pas se rendre compte de la menace de mort imminente qui planait sur elle.

Je fus sorti de mes pensées alcoolisées par le bruit tonitruant des battants des portes de la grande salle qui s'ouvrirent pour laisser entrer le florilège d'élèves, toutes maisons confondues, qui se dirigeaient chacun vers son côté de la salle dans un brouhaha assourdissant.

Je lançais un regard d'avertissement en direction des vert et argent qui se calmèrent et s'installèrent avec un semblant de discipline à leur table.

Continuant mon observation, je repérais sans peine la blonde chevelure gominée de l'héritier Malfoy qui affichait une moue dédaigneuse en zyeutant du côté du trio d'or. Ses deux acolytes eux gardaient leur attention fixée sur les assiettes vides qui leurs faisaient face, attendant avec désespoir qu'elles se remplissent enfin... ces deux crétins n'avaient toujours pas compris que le repas ne commencerait pas avant que les premiers année ne soient répartis, pensais-je en soupirant.

Une fois ce petit monde plus où moins installés, les regards convergèrent vers notre tables, les élèves se demandant certainement quelles nouveautés il y avait du côté des professeurs. J'entendis le nom d'Hagrid chuchoté ainsi que le miens avant que quelques ''vieux crapaud rose'' ne viennent m'arracher un discret sourire. Le contraste entre la chauve-sourie des cachot et ma collègue haute en couleur devait être assez singulier à leurs yeux...

Mon attention fut à nouveau sollicitée quand je constatais que plusieurs têtes se détournèrent pour se porter du côté des serpentards et j'en compris vite la raison en voyant une petite brunette sagement assise qui scrutait le plafond enchanté avec intérêt sans se préoccuper des paires d'yeux qui la dévisageaient.

Soudain, détournant le bleu de ses yeux du spectacle étoilé elle porta son regard directement sur moi comme si elle avait senti que je l'observais.

Le coude négligemment appuyé sur le bois usée de la table, elle posa son menton dans le creux de sa main et m'offrit un sourire éblouissant, presque... charmeur.

Et voilà ! Bordel de merde, maintenant tous les crétins qui avait repérés sa présence ne cessaient de faire des allez-retour entre elle et moi avec un air ahuri. Merlin seul savait ce que leurs esprits arriérés élaboraient comme théories pour comprendre comment une jeune fille pouvait sereinement me fixer ainsi sans tomber dans les pommes et en aillant l'air ravi de surcroît... oserais-je avouer que moi aussi ça me laissait perplexe...

Je prenais quelques secondes pour tenter de détailler sa personne, ayant craint un instant une quelconque extravagance de sa part concernant son uniforme au vue du cirque que ses tantes avaient fait il y a des semaines dans la boutique de madame Guipure à ce sujet.

Je me détendais légèrement en constatant que sa cravate reposait sagement sur son chemisier immaculé avant de se perdre dans les pans de son gilet boutonné. Je ne pouvais savoir ce qu'il en était du reste de sa tenue, le bas de son corps étant caché à mes yeux, mais je priais pour qu'elle n'ai pas eu l'idée de porter les échasses qu'elle semblait affectionner au plus haut point où bien de raccourcir sa jupe comme la plupart des septièmes années se plaisaient à faire dans le but d'attirer le regard libidineux de leurs homologues masculin... Comme si ils avaient besoin de ça ! Leurs cerveaux surchargés d'hormones ne fonctionnaient déjà presque plus alors si en plus on venait leur agiter de la chair fraîche sous les yeux on pouvait être sûr que le niveau des ASPIC ne volerait pas haut.

Une quatrième année assise près de la demoiselle posa une question à sa voisine faisant rompre le contact entre nos yeux et je grimaçais en voyant les regards, masculins comme féminins, obnubilés par elle alors qu'elle éclatait d'un rire cristallin apparemment follement amusée par se qu'on lui avait demandé.

Je fus tenté un moment d'aller fouiller dans son esprit me demandant vaguement si son statut de valkyrie m'en empêcherait mais je me repris bien vite en voyant réapparaître Minerva, que je n'avais même pas vu partir, accompagnée par la petite foule de nouveaux venus ébahis par ce qui les entourait.

Les centaines de bougies et les grands braseros suspendus le long des murs de pierres donnaient un aspect chaleureux à la grande salle et soulignaient son impressionnante hauteur qui semblait sans fin en se perdant dans le ciel nocturne.

Je repensais avec un pincement de nostalgie à la première fois où j'avais moi-même arpenté la longue allée qui menait jusqu'au choixpeau. À cette époque je pensais que cela marquerait un renouveau. Un premier pas vers une nouvelle vie qui s'annonçait plus lumineuse, une nouvelle maison que j'allais partager en compagnie de ma seule amie... Mais cela n'avait été que de la poudre aux yeux... Encore un artifice magique pour éblouir de jeune esprits naïfs remplis d'espoirs.

Je grognais, pestant contre les mauvais souvenirs qui affluaient. Je n'avais plus qu'une hâte, retourner me terrer au fin fond de mes cachots pour m'enfiler une bonne rasage de whisky pur-feu.

Vaguement conscient du petit spectacle que nous offrait le choixpeau comme chaque année, je devins soudain plus attentif lorsque son ton changea pour nous offrir un couplet inédit et de mauvais augure...

''Mais cette année je vais en dir' plus long
Ouvrez bien vos oreilles à ma chanson :
Bien que condamné à vous séparer
Je ne peux pas m'empêcher de douter
Il me faut accomplir ma destinée
Qui est de vous répartir chaque année
Mais je crains que ce devoir aujourd'hui
N'entraîne cette fin qui m'horrifie
Voyez les dangers, lisez les présages
Que nous montrent l'histoire et ses ravages
Car notre Poudlard est en grand péril
Devant des forces puissantes et hostiles
Et nous devons tous nous unir en elle
Pour échapper à la chute mortelle
Soyez avertis et prenez conscience
La répartition maintenant commence.''

Un silence glacial régna un instant avant qu'une nuée de chuchotements angoissés n'envahissent la pièce.

Après tous les scandales s'étaient étalés dans la presse cet été suite aux déclarations de Potter et par la suite de Albus, deux camps distincts avaient vu le jour. Ceux qui croyaient au retour du mage noir et ceux qui criaient au complot en arguant que c'était une manœuvre de Dumbledore pour attirer l'attention et accéder à plus de pouvoir.

Nul doute que ce petit tour de la part du choixpeau ne tarderait pas à remonter aux oreilles du ministère et des journaux, ils jetteraient alors une nouvelle fois le discrédit sur le directeur en disant que c'était un nouveau coup de sa part pour semer le trouble.

Cette bande d'abrutis ne voyaient vraiment pas plus loin que le bout de leur nez. Ils s'arrangeaient pour ne croire que ce qu'ils voulaient et si cela continuait ainsi nous courions tous à la catastrophe.

Face de serpent allait encore se délecter des gros titres de la presse sorcière dans les jours à venir, cela s'annonçait insupportable et j'entendais déjà son rire de dégénéré quand il partirait une nouvelle fois dans son monologue sur la médiocrité de la communauté magique et de ce qu'il allait faire pour y remédier.

Un frisson remonta ma colonne vertébrale et je me redressais imperceptiblement alors que le directeur se levait pour demander le calme laissant ainsi la répartition se poursuivre.

Minerva faisait défiler les plus jeunes et j'applaudissais par automatisme lorsque j'entendais le nom de ma maison suivant distraitement du regard mes nouvelles recrues.

En parlant de nouvelle recrue, Sanna affichait un drôle d'air depuis tout à l'heure. Je pensais que c'était moi qu'elle fixait avec cette moue étrange mais en y faisant plus attention je constatais que c'était Dolores Ombrage qu'elle scrutait.

Ma curiosité, ainsi qu'un besoin de me changer les idées, me poussa à effleurer son esprit et je constatais avec satisfaction que son sang de valkyrie ne la protégeait en rien des intrusions mentales comme cela pouvait être le cas pour certaines créatures.

Dumbledore me sermonnerait certainement pour oser faire cela mais je me faisais royalement chier ici et ce vieux bouc cachottier avait encore trouver le moyen d'éluder pas mal de questions la dernière fois alors il fallait bien que je trouve un moyen d'obtenir des informations... après tout, elle appartenait à ma maison et c'était mon devoir de la protéger. Je devais donc en savoir le plus possible, c'était mon devoir, pensais-je avec une évidente mauvaise fois.

D'abords pris dans un maelstrom de pensées anarchiques en liens avec toute les nouveautés qui l'assaillaient en cette soirée, je parvins à distinguer ce qui lui causait un si grand trouble et grimaçais à cela.

Elle se posait une multitude de questions existentielles sur comment une personne pouvait avoir aussi mauvais goût en matière de style. Et absolument tout y passait. J'étais scotché par la dissertation mentale qu'elle élaborait en prenant en compte les cheveux, le maquillage, les vêtements et les chaussures. Ça conclusion m'amusa lorsque je l'entendis se dire que Dolores Ombrage méritait le bûcher purement et simplement pour que l'on ai plus à subir une pareille torture visuelle.

Une fois sa petite analyse terminée, son esprit se retrouva à tourbillonner en tous sens et je peinais à m'y retrouver. Je n'avais jamais ressenti ça, tout défilait à une vitesse incroyable, comme si un milliard de pensées l'assaillaient sans qu'elle s'y attarde plus d'une seconde, c'était étourdissant.

J'en ressortais quelques bribes comme le fait qu'elle mourrait de faim, que les bancs étaient terriblement inconfortable, qu'elle se demandait comment fonctionnait le système de canalisation de Poudlard, le gars en face d'elle l'agaçait à la dévisager et elle se voyait bien lui planter sa fourchette dans les testicules histoire de s'amuser, une vague vision d'un homme immense auquel elle avait donné un violent coup dans les parties basses s'imposa brièvement à moi avant que son esprit parte vers un autre sujet, la chanson du choixpeau figea un instant ses pensées et je vis se matérialiser un souvenir où elle se trouvait en compagnie de Hildr sur le palier d'une maison immense entourée de créatures spectrales qui caquetaient désagréablement sans que ça la trouble le moins du monde.

La plus jeune, en maillot de bain, essorait ses cheveux laissant l'eau s'écouler sur le planché. Visiblement elle revenait d'une baignade dans les étendues d'eau glacées qui s'étendaient partout autour des montagnes environnantes, je ne savais pas où elle se trouvait mais certainement pas au Royaume-Uni vu la quantité de neige qui envahissait le paysage.

-Le kraken avait l'air de mauvais humeur aujourd'hui, dit-elle en attrapant la serviette que lui tendait sa tante étrangement silencieuse.

J'ai l'impression que le mythos est de plus en plus agité en ce moment et... Hildr?Hildr ? Appela la brune en posant une main sur l'épaule de son aîné qui semblait ailleurs.

La seconde suivante la poigne féroce de cette dernière s'enfonça dans ses bras et la peau fine se stria de rouge alors que les ongles pénétraient dans la chair. J'avais l'impression de les sentir sur mes propre bras alors que je n'étais que spectateur.

Le visage habituellement empreint d'une beauté éthérée de la valkyrie se fendit d'un sourire cruelle alors qu'elle collait sa bouche contre l'oreille de sa nièce pour lui susurrer des paroles incohérentes en chantonnant.

-Prends garde à la peau du chat dans le chat d'eau car lorsque Sannanage elle fait des ravages et c'est un mauvais présage...

Sanna dont le sang venait doucement se mêler à l'eau sur le sol garda son calme avant de se défaire violemment de la prise de Hildr.

Cette dernière sortit de sa transe pour fixer Sanna avec un petit sourire affectueux comme si rien ne c'était passé.

-Ma chérie tu ne devrais pas te faire de mauvais sang voyons ! La horde des vampires du cap Nord ne devraient pas tarder à arriver et si tu ne veux pas leur servir d'amuse-croc ne restes pas planté la, gloussa-t-elle en passant un doigt sur les griffures qui meurtrissaient Sanna.

Sanna acquiesça l'air pensive avant de rentrer à l'intérieur du manoir où un tumulte sans nom régnait.

Petit à petit le décor s'effaça autour de moi et je me trouvais à nouveau pris dans des pensées futiles concernant de la lingerie féminine.

Je m'extirpais en douceur de sa tête, perplexe de ce que je venais de voir. Cette famille de valkyries m'avait l'air de plus en plus barrées et je ressortais avec encore plus de questions qu'au départ.

...d'ailleurs, c'était quoi ça un push-up ?


Et un nouveau chapitre un! J'espère que je perd personne avec le mélange des univers du mythos et de HP^^.

Je tente de garder un peu de mystère sur cet autre univers pour pas tout dévoiler en bloc. Et idem pour la relation avec Sanna et les autres j'ai pas envie qu'elle débarque comme une fleur dans la lutte contre face de serpent donc il risque d'y avoir quelques chapitres où il se passe pas grand chose pour elle.

On en profitera donc pour en découvrir un peu plus sur elle et son foutu caractère^^. D'ailleurs j'espère qu'elle ne fait pas trop ''Mary-Sue'' à vos yeux avec son côté ''je suis belle, riche et je me la pète'' mais je l'imagine surtout avec ce côté ''prom queen'' insupportable qu'on les pestes dans les films américains.

Bref n'hésitez pas à laisser un 'tit commentaire ça fait toujours plaisir et s'il y a des volontaire pour jouer les beta sur cette histoire je suis preneuse (mon orthographe et ma conjugaison ne s'améliorent pas hélas et je suis toujours en quête d'une critique honnête^^').