« The monsters were never
under my bed.
Because the monsters
were inside my head.
I fear no monsters,
for no monsters I see.
Because all this time
the monster has been me."
Chapitre 3 : The shadow and the child
« T'a-t-on déjà raconté l'histoire des Chevaliers, Ben ? »
« Quels chevaliers ? »
« Les chevaliers les plus puissants que la galaxie ait jamais connu. »
« Non, je ne les connais pas. Qui sont-ils ? »
« On les appelle les Chevaliers de Ren. Pour les gens ordinaires comme ton pauvre père, ils ne sont qu'une légende. L'idée de penser que ces hommes soient bel et bien réels effraye le commun des mortels car ils savent qu'ils ne valent rien face à eux. Mais toi, tu sais que tu n'es pas ordinaire, n'est-ce pas ? »
« Ma mère dit que j'ai de la chance d'avoir ce don, mais que cela ne me rend pas meilleur que les autres. »
« Leia est une très bonne sénatrice, qui n'a aucune idée de l'ampleur de tes pouvoirs. »
« Et les Chevaliers, ils savent maîtriser la Force ? »
« Mieux que quiconque. »
« Comment ? Comment ont-ils réussi à devenir les plus forts ? »
« Mh.. Je ne sais pas si tu es de taille à entendre cette histoire, tu n'es qu'un enfant après tout. »
« Un enfant pas si ordinaire, vous l'avez dit vous-même. »
« Tu marques un point, Jeune Solo. C'est d'accord, je t'explique leur histoire, mais surtout, ne m'interrompt pas et garde cela pour toi, ta mère serait triste d'entendre que tu n'as pas été un garçon sage. Et puis… Ce sera notre petit secret à nous :
À l'aube du temps, alors qu'un milliard d'étoiles n'avaient pas encore vu le jour, la Force se révéla chez plusieurs personnes faisant d'eux des êtres d'exception, des hommes à part. Parmi eux, un petit groupe au nombre de 7 décida d'apprendre à la maîtriser à bon escient en développant leur capacité. Leur technique de combat était imparable mais elle possédait tout de même des failles qui leur valaient des défaites et leur coûtaient du temps.
Jusqu'au jour où le plus puissant d'entre tous, fou de rage et d'amour tua toute sa famille ainsi que sa bien-aimée. Alors il comprit que laisser ses sentiments prendre le contrôle de sa personne lui permettait d'acquérir un pouvoir bien plus grand. Ainsi, la Force dévoila un nouveau versant : le côté obscur.
Le groupe en devinrent les gardiens une fois qu'ils eurent compris que ce côté était bien plus prometteur, il leur permit de vaincre tout ceux qui se postaient sur leur chemin. Ils durent renoncer à ce qui les empêchaient d'atteindre les sommets, utiliser à bien leurs peurs les plus coriaces, faire profit de toute la puissance de leurs sentiments pour décupler leurs pouvoirs et non pas les réfréner, affronter leurs démons les plus grands, oublier tout ce qui faisait d'eux des piètres humains avec des points faibles. Ils se livrèrent corps et âme à l'attrait de l'obscurité.
La vengeance, la passion, la haine, la rage étaient leurs armes les plus meurtrières. Personne n'était à la hauteur de les vaincre, les combattre en duel ne faisait que les énerver davantage, les rendant plus fort encore. Alors, ils tuèrent et massacrèrent ceux qui s'élevaient face à leur grandeur.
Et ils purent instaurer l'ordre qu'ils souhaitaient voir dans la galaxie.
Lorsque les habitants les voyaient arriver, ils les confondaient généralement avec des chevaliers à cause de leurs sabres laser. À l'époque, personne ne connaissait la provenance de cette arme. Alors par habitude, on les appela les Chevaliers de Ren car à leur tête, le plus puissant d'entre tous se nommait
Kylo Ren.
C'était un redoutable chevalier, tout aussi redoutable que ton grand-père.»
« Mon grand-père ? Vous l'avez connu ? Lui aussi était un chevalier ? Maman ne veut pas me parler de lui ! »
« Non, il était un Sith. Mais cette histoire je te la conterais une autrefois. »
« Oh… »
« Si tu le voulais, tu pourrais devenir comme eux. Tu pourrais être ce Kylo Ren. Tu n'imagines pas l'immensité de ses pouvoirs… »
« Le côté obscur de la Force c'est ça ? »
« Je te montrerai, Ben, ce qu'est le côté obscur de la Force. »
Une voix au loin s'éleva : « Je suis rentrée ! ». Elle pénétra dans la pièce où l'homme et l'enfant étaient assis. Embrassant sur le front le plus jeune, elle s'adressa au plus âgé : « Vraiment, merci de l'avoir gardé. Il ne vous a pas trop embêté ? Je sais que ce n'est pas votre rôle mais vous étiez la seule personne à laquelle je pouvais demander. » Elle se tourna à nouveau vers le petit garçon aux cheveux noirs bouclés : « Tu veux bien aller dans ta chambre, Ben ? J'ai besoin de discuter avec Snoke à propos de cet accord. »
L'enfant les laissa débattre tranquillement de toutes ces choses auxquelles il ne comprenait rien et rejoignit sa chambre. Encore tremblant et l'esprit embrouillé de questions, il réunit ses petits stormtoopers et imagina qu'ils étaient des Chevaliers et qu'il était leur Chef.
Ainsi, lentement et presque avec délicatesse, le démon posa son emprunte au fer rouge. Il venait d'amorcer son attaque, créer les prémices de son projet macabre.
Et l'enfant était trop jeune, trop naïf, trop seul…
La petite voix naquit dans son esprit devenant de jour en jour, d'heure en heure, de minute en minute, plus forte et plus grave. La noirceur prit sa place et l'occupa jusqu'à la posséder dans son intégralité, ne laissant plus rien. Elle détruisit petit à petit les espoirs et l'insouciance des rêves paisibles et les remplaça par des images sombres et monstrueuses jusqu'à faire flancher ses pensées, jusqu'à faire dysfonctionner les neurones pour ne plus voire lucidement.
Un être étranger faisait lentement irruption dans ce corps encore juvénile. Et cet être était bien trop grand et trop encombrant à transporter. Il pesait lourd et faisait mal. Et l'hôte ne pouvait plus respirer, plus rêvasser, plus dormir, plus sourire. Personne ne le protégea du mal invisible, on le laissa seul avec ce loup et la douleur n'en fut que plus vive.
Tout n'était plus que noirceur et souffrance. Tout se brisa.
Mais peut-être un jour, l'enfant deviendrait-il Chevalier ?
Peut-être un jour, tout ça n'aura pas été fait en vain ?
Tu devras être solide qu'il disait…
L'œil grand ouvert, la pupille dilatée, elle guettait. Le moindre bruit, peu importe son origine, la faisait frémir et sursauter. Elle tournait la tête dans tous les sens, prête à bondir, à l'apparence d'une vraie sauvage. Il lui aura finalement fallu plusieurs minutes pour assimiler le fait que l'ombre noire ne reviendrait pas. En tout cas pas cette nuit.
Quoi qu'il en soit, son sommeil ne se prolongerait pas dans les heures qui suivent. Son cerveau venait de rétrograder l'action de dormir tout en bas de la liste de ses priorités. Sa fréquence cardiaque ainsi que l'adrénaline coulant dans ses veines l'empêcheraient de fermer l'œil. Elle dut dire adieu au repos qui fut de courte durée et espérer tenir la journée sans s'écrouler de fatigue.
Elle était restée un long moment, assise parterre contre son lit bien trop mou pour elle.
Elle avait pris le temps de rassembler ses pensées, trouver un ordre logique à tous ces évènements qui s'enchaînaient sans aucune maîtrise ni rationalité. Puis plus sa réflexion avançait et plus elle paniquait : les questions s'acharnèrent, son souffle s'intensifia, son cœur battait sous sa peau enflammée et ses doigts tremblaient frénétiquement. Tant bien que mal, elle retenait les larmes de s'échapper et ravalait les sanglots qui s'accompagnaient de cris larmoyants. Elle était là, seule, sur une planète qui n'était pas la sienne, enfermée dans le silence de la nuit. Le silence est le plus cruel support de la panique il fait du doute une hantise, de l'obscurité une claustrophobie.
Et dans ces moments, on agit par réflexe. Comme si un incendie s'était déclenché, on a plus qu'une seule chose en tête : s'enfuir. S'écarter du danger qui nous veut du mal. Ça doit être une question de survie sans doute, un acte purement humain qu'on prodigue sans s'en rendre compte car irrationnellement, on tente de se protéger des autres, et même si parfois les autres, c'est nous.
Alors elle ôta maladroitement ses habits d'apprentie Jedi et s'écroula au sol à la recherche de ses vieux vêtements du désert. Mais son regard trouva autre chose. Et ses yeux se posèrent sur le sabre laser, comme s'il était apparu devant elle pour la stopper dans son état de furie. Ce foutu sabre.
Elle ne pouvait pas faire ça : partir.
Évidemment qu'elle était assez douée pour trouver le moyen de rentrer chez elle. Mais elle abandonnerait trop gros ici. Elle perdrait la chance de connaître enfin qui sont ses parents, et où ils étaient, ce qu'ils faisaient, pourquoi la vie les avait séparés.
Elle ne pouvait pas quitter Chandrila, pas parce qu'un ténébreux aux yeux sombres avait décidé de piquer une crise pour récupérer son jouet.
Alors elle resterait et demain, elle mettrait les choses aux claires.
Merde. Elle avait vraiment l'air ridicule écroulée parterre, à moitié déshabillée, sa chemise glissant sur son épaule nue frissonnante, la lèvre en sang et les yeux rougies. C'était comme se réveiller, sortir de cet état de transe et prendre conscience qu'on vient de faire quelque chose de complètement stupide. Et on se trouve lamentable. Et plus on reste ainsi, à se regarder comme tel et pire c'est. Alors elle trouva le courage de se lever et de se rhabiller. Puis elle entreprit de ranger les dégâts qu'avait causé l'affrontement nocturne, un mouchoir dans la bouche pour tenter de stopper le saignement de sa lèvre ouverte qui ne voulait pas arrêter de couler.
Mais quand plus rien n'était à remettre à sa place, les lampadaires encore allumés dans les rues sombres lui communiquèrent l'heure encore hâtive. Et c'est à ce moment qu'elle eut l'idée d'aller toquer à la porte de son voisin pour y trouver un peu de réconfort.
Elle hésita longuement, décida de sortir dans le couloir, frotta ses mains l'une contre l'autre et tourna en rond. Elle n'osait pas le réveiller pour une chose pareille. Il la trouverait sans doute étrange, mal polie et complètement folle. Elle le connaissait à peine et pourtant… Il semblait prêt à écouter sa vie sans intérêt et ses doutes bénins. Elle avait besoin de lui, d'un ami.
Alors, elle ravala son angoisse et agit sans réfléchir. Elle avait l'habitude de faire ça pour trouver du courage : oublier la petite voix qui la faisait douter et agir sans réfléchir. Le temps qu'il vienne ouvrir fut un réel supplice : elle eut l'occasion de repenser 1 000 fois à pourquoi elle n'aurait pas dû le déranger à 5h du matin. Et finalement la porte s'ouvrit sur un Finn, les yeux encore collés. Pourtant, à la minute où il vit l'expression de sa voisine, il changea immédiatement de comportement et eut l'air bien réveillé.
« Rey ? Est-ce que ça va ? »
« Je… J'suis vraiment désolée de te déranger à cette heure mais… J'avais besoin de parler à quelqu'un. C'est sans doute absurde et je t'ai réveillée, je n'aurais pas dû, je… »
« Eh ! On se calme, il y aucun problème. Tu as très bien fait. Maintenant tu vas venir prendre un café et te mettre au chaud car on se les pèle dans ce coulard. »
Finn réussit à la faire sourire. Et ainsi, ils discutèrent jusqu'au lever du jour. Il l'écouta patiemment et avec la plus grande attention, trouva les mots justes et proposa des solutions pour l'aider. Mais sa simple présence suffisait à procurer un énorme bien à Rey. Elle avait beau avoir plusieurs raisons pour quitter cet endroit, Finn en était une bonne pour y rester.
On lui avait offert des habits, une bourse, un appartement, des études mais de tout ce qu'elle s'était vu hériter, son plus beau cadeau fut de découvrir ce qu'était l'amitié.
Le soleil se leva accompagné de nuages solitaires. Le jour balaya la nuit, ses peurs et ses démons avec.
Ensemble, ils attendirent sagement que l'aurore vienne pointer le bout de son nez. Ils avaient longtemps discuté à propos de la famille de Rey et ils en étaient venus à la conclusion qu'elle devait aller parler à Luke afin d'être sûr que les recherches vont bon train. Quant au problème nommé Solo… Rey avait gardé confidentiel ce qui s'était passé quelques heures plus tôt. D'une certaine manière, elle savait qu'elle devait garder ça pour elle, au moins jusqu'à ce qu'elle ait pu comprendre la situation. Et puis, Finn se serait sans doute affolé à l'idée que quelqu'un ait pu faire irruption dans l'immeuble hautement sécurisé qu'était l'Oméga. Le mêler à tout cela était dangereux et c'était de loin ce qu'elle souhaitait pour lui. Alors elle ne dit rien et se contenta d'en rester là, ce qui était déjà énormément pour elle. En évoquant l'absence de ses parents et sa vie sur Jakku, Rey avait fait de Finn son confident, la seule personne qui la connaisse aussi bien. Lui aussi s'était confié, sur sa mère et sur son enfance au fond des grottes. Finalement, peut-être Rey garderait un bon souvenir de cette nuit.
Elle remercia infiniment son nouvel ami et se surprit même à lui donner une accolade, elle qui détestait le contact physique. Elle retourna dans ses appartements et fit le point sur ce dont elle avait besoin pour suivre cette journée avec seulement 3h de sommeil au compteur.
Une douche. Voilà ce qu'il lui fallait.
À ses yeux, pouvoir se laver sans limite de temps et d'eau, était un luxe qu'on se devait d'apprécier de la première jusqu'à la dernière goutte écoulée. Elle passa un temps fou à tenter de régler la température de l'eau à cause de tous ces boutons qui déclenchaient un tas de jets d'eau de tous les côtés. Finalement, elle se persuada que l'eau froide avait de nombreuses vertus et qu'elle apprécierait davantage l'eau chaude une fois qu'elle aurait demandé à Finn le mode d'emploi de cette satanée douche aux 1 000 jets d'eau inutiles.
Lorsqu'elle sortit de l'Oméga, la fine brise d'air lui rappela à quel point cette planète était froide (ou en tout cas plus froide que Jakku). Il était encore tôt dans la cité et elle en profita pour aller prendre l'air avant de rejoindre l'Académie. Plus les pas augmentaient et plus une petite boule nerveuse apparaissait au creux de son estomac. Si l'envie de parler avec ce Ben Solo s'était fait ressentir la veille, désormais elle priait le ciel pour ne plus jamais le revoir. Un tas de questions avait fait surface : Était-il un traitre ? Pourquoi voulait-il récupérer le sabre laser ? Luke était-il au courant de ses agissements ? Et surtout, quel comportement était-elle censée adopter à la suite de tout cela ? Était-elle supposée en parler avec Maître Luke ou avec quelqu'un de l'Ordre ? Non, cela ne semblait pas être une bonne idée. Qui la croirait ? Après tout, elle n'avait vu qu'un œil, qu'un regard triste. Et elle venait juste d'arriver alors que lui, il était le neveu d'un des plus grands Maître Jedi, le fils d'une sénatrice et d'un célèbre contrebandier. Alors qu'elle…
Contre toute attente, ses pas la menèrent rapidement à son école. Elle songea au « test » qu'avait évoqué Luke la veille et prendrait sûrement cela comme une excuse pour expliquer son avance. Le combat qu'elle s'était vu offrir face à Ben l'avait un peu rassurée au passage. Visiblement, elle avait réussi à gagner du terrain et lui assainir un coup qui aurait pu être (presque) fatale. Si elle était parvenue à tenir tête à ce garçon entraîné depuis des années, elle pouvait peut-être se dire qu'elle n'était pas tant une cause perdue après tout… Même si la chance du débutant y était sans doute pour quelque chose.
Elle déambula tranquillement dans les couloirs de marbre avec une démarche se voulant calme. Mais tous ceux qu'elle croisait marchaient vite. C'était une grande ville où en journée, tout le monde paressait stressé, en retard et avec un tas de soucis à régler. Rey songea au fait que c'était le mode de vie urbain qui imposait tout cela aux gens et qu'elle ferait attention à ne pas devenir comme ça.
Ne sachant pas trop où se rendre, elle rejoignit la salle dans laquelle elle avait eu cours l'après-midi dernier. Elle se présenta face à l'ouverture mais la porte ne se déclencha pas, signe qu'elle avait été fermée. Lorsqu'elle se retourna pour changer de lieu, une voix retentit en un écho émanant de la grande salle. Alors Rey se figea, tourna la tête à droite et à gauche, et une fois qu'elle eut vérifié que personne n'était dans les parages, elle colla son oreille à la porte métallique, les yeux brillant de curiosité. Elle crût reconnaitre Luke parler avec quelqu'un d'autre, un homme sûrement. Puis les voix se clarifièrent, les deux hommes s'étaient sans doute rapprochés de l'entrée. Ainsi Rey put vaguement comprendre quelques mots :
« Votre sœur a beau avoir une place prestigieuse au sein du Sénat, ses suppositions commencent à faire des remous. Qu'elle prenne garde que ces simples remous ne se transforment pas en tsunami. »
« Et si ses accusations s'avéraient vraies ? »
« Alors c'est toute notre démocratie qui est à remettre en cause. Luke, vous êtes le mieux placé pour sentir ce qu'il se cache derrière tout ça… Devons-nous craindre une nouvelle guerre ? »
Un long silence remplaça les voix. Rey crût qu'ils s'étaient à nouveau éloignés, frustrant sa curiosité mais finalement, Luke répondit à l'homme d'un ton grave et anxieux :
« Je crains que nous l'avons toujours été. »
Rey fronça les sourcils, elle ne comprenait plus rien. D'après la description de Luke et Finn, elle pensait que la Nouvelle République était plutôt bonne et même si elle n'avait pas encore montré qu'elle pouvait aisément amener justice et paix dans toute la galaxie, elle était forgée sur de bonnes bases, nourrie de bons sentiments et dotée de fortes convictions égalitaires. Pourtant, à écouter la discussion de ces deux hommes, le système était une nouvelle fois tombé dans les conflits. Le mot « guerre » résonnait aux oreilles de Rey. Mais contre qui étions-nous en guerre ? La guerre était synonyme de batailles et de destructions, pourtant, excepté les conflits de bandes, rien à cette échelle ne s'était produit. Voilà plus de 24h qu'elle était arrivée ici et elle allait de surprises en surprises.
Elle sursauta et bondit d'un mètre en arrière lorsque la porte s'ouvrit spontanément. Un grand homme barbu, élégamment habillé, reflétant le haut statue qu'il disposait en sortie, accompagné de Maître Luke. Il regarda Rey puis détourna le regard comme s'il n'avait rien vu du tout. Il salua son compagnon, lui demandant de le tenir informé et s'en alla prestement.
Luke, lui, avait bien remarqué la présence de Rey et lui sourit en signe de salutation.
« Rey, je suis content que tu sois là en avance. Si tu le veux bien, la salle de test est prête à te recevoir. Mais… Qu'est-ce qui est arrivé à ta lèvre ? »
« Ah ça… Ce n'est rien. Une erreur d'inattention. » Rétorqua-t-elle en souriant.
Luke hocha la tête et lui emboita le pas. Elle se contenta de le suivre tout comme elle l'avait fait la veille, elle appréciait marcher à ses côtés. Il développait tant de sagesse et de bonté qu'elle se sentait en sécurité. Après tout, elle n'avait pas hésité à suivre ce parfait inconnu à travers la galaxie pour la simple et bonne raison qu'il s'appelait Luke Skywalker.
« Alors, tes appartements te conviennent ? Tu ne manques de rien ? »
« Vous rigolez, au contraire, c'est beaucoup trop beau pour moi ! »
Il sourit face à l'enthousiasme de la jeune femme. Elle poursuivit en lui expliquant qu'elle avait fait la rencontre de son voisin, Finn, et qu'il lui avait fait visiter une partie de la ville. Rey pensait que ça rassurait sans doute Maître Luke de savoir qu'elle s'était déjà bien accommodée à sa nouvelle vie. Elle respectait la part de son contrat moral, c'était à lui de respecter le sien maintenant. Elle n'évoqua pas cela tout de suite, elle se dit qu'elle attendrait le bon moment soit quand elle aura fini ce test.
Finalement, après avoir accédé à un sous-sol que Rey n'avait pas encore eu l'occasion de découvrir, ils arrivèrent dans une petite pièce démunie de fenêtre et très sobre. Au moment où Rey arriva à cet endroit, un grand frisson la parcourut. Cette partie de l'Académie était bien différente du reste, elle avait un air plus secret et privé, sans doute réservé aux membres Jedi.
À l'intérieur se trouvait un vieil homme aux cheveux tirant vers le blanc mais à l'expression encore jeune et souriante.
« Rey, je te présente Lor San Tekka, membre de l'Église de la Force. Grâce à lui, nous avons pu réunir de nombreuses traditions et découvrir quelques secrets des anciens Jedi. »
« Et ils nous en restent beaucoup à découvrir, vous en êtes la preuve vivante chère Rey. »
Intriguée, Rey ne répondit rien et se contenta de lui serrer la main en lui rendant son sourire. On pouvait littéralement voir à quel point l'homme était sage et cultivé, pourtant, Rey ne parvint pas à comprendre exactement ce qu'il insinuait.
« Je vais t'expliquer comme va se passer le test des 5. Nous sommes ici dans un Nexus de la Force. Sais-tu ce que cela signifie ? » demanda Lor San Tekka.
« Les nexus sont des jonctions intercellulaires mais j'imagine que dans notre cas, cela n'a rien à voir avec la science. » répondit Rey.
« Et bien détrompes-toi. Le mot nexus fait référence à une connexion. Tout comme les cellules se connectent entre elles, la Force se réunit ici. Derrière cette porte se trouve un point central où toute l'énergie afflux en masse. »
« Que suis-je censé y trouver ? »
« Rien et tout. »
« Ça ne m'aide pas vraiment. » admit-t-elle.
« Suis seulement ton instinct, d'accord ? » lui conseilla Luke.
Rey secoua légèrement la tête pour signifier qu'elle prenait en compte sa recommandation.
Elle approcha lentement du sas, y pénétra et regarda une dernière fois les deux hommes avant qu'une grille noire glisse sur la verrière du sas. Elle prit une profonde inspiration et pivota, cherchant un brin de lumière dans cette sphère plongée dans l'obscurité. Enfin, la grille noire défila en sens inverse, lui permettant de sortir du sas. En un éclair de temps, elle venait de passer d'un monde à un autre.
Elle se retrouva sur une sorte de pont. Rey observa l'environnement avoisinant et ne m'y pas longtemps à réaliser un bilan complet : c'était comme s'il n'y avait pas de plafond ou bien qu'il soit bien trop sombre pour qu'on distingue à quelle hauteur il se situait. S'en était à peu près pareil pour le sol sous ses pieds. Elle avança sans comprendre vraiment où elle allait. Seul un étrange sentiment commençait à naître à l'intérieur de sa poitrine. Avait-elle peur ? Peut-être. Mais ce n'était qu'un test et rien de tout cela ne pouvait être dangereux. Maître Luke n'était pas loin et pourtant… elle avait l'étrange impression d'être coupée du monde, d'avoir été laissé seule à son propre sort.
Après quelques mètres, Rey atteignit une intersection où trois chemins s'offraient à elle. Elle s'arrêta et étudia les possibilités qui s'avéraient être semblables les unes des autres.
Suis ton instinct.
Elle s'efforça de s'écouter, à entendre l'écho du chant de la vie de ce qu'il se trouvait autour d'elle, à sentir la Force. Malgré la bonne volonté, elle ne ressentit qu'un courant d'air chaud émanant du couloir de gauche. Sans perdre une minute, elle choisit ce chemin et avança à pas lent, aux aguets.
Il n'y a pas de passion, il y a la sérénité.
« Quelle méthode as-tu utilisé pour choisir entre ces 3 chemins ? »
Rey se retourna en sursautant. Il avait beau faire sombre, elle crût reconnaître au loin Maître Luke à l'allure toujours droite et calme.
« C'est vous-même qui m'avez dit de… » elle coupa net sa phrase lorsque son interlocuteur sembla avoir disparu. « Maître ? » appela-t-elle.
Elle rebroussa chemin pour tenter de retrouver Luke. Étrangement, elle avait parcouru la distance inverse et ne retrouvait pas le point d'intersection. Le couloir tourna en angle droit pour sortir à nouveau sur un dédale de pont. À l'instant où elle s'y aventura, elle percuta une grande silhouette noire. La collision la fit tomber au sol. Lorsqu'elle reconnut l'homme au masque sombre agrémenté de traits argentés, Rey fut effrayée. Elle recula tant bien que mal sur ses mains et se releva maladroitement. Sans réfléchir, elle s'enfuit pour rejoindre le tunnel de couloir mais l'ombre était bien plus rapide. Il la rattrapa et engagea le combat au corps-à-corps. Or, Rey ne pouvait rien faire, son adversaire menait largement la mêlée.
« Rey ! » Luke l'appelait, comme criant à l'aide au fond du couloir.
Elle parvint à contourner l'homme masqué en lui assainissant un coup sur sa visière et courut en suivant l'appel. C'était sans compter sur ce dernier qui, grâce à la Force la souleva de terre, l'empêchant d'avancer vers Luke. Rey sentit la Force l'étreindre de part en part, violemment, comme si tous ses muscles s'étaient étirés d'un seul coup. Il la projeta au loin, sur un autre croisement de pont. Elle amortit la chute comme elle le pût et se redressa. C'est là qu'elle vit Luke au loin, faire face à Ben toujours masqué et vêtu de noir. C'était donc cela ? Il savait qu'elle passerait ce test et il en a profité pour attaquer Luke. Elle aurait dû prévenir son Maître, l'avertir de la menace que représentait son neveu, maintenant il était trop tard…
Il n'y a pas d'ignorance, il y a la connaissance.
Soudain, Maître Luke apparut aux yeux de Rey et alluma son sabre laser, se postant en position de défense. Ben approcha férocement, son sabre rouge à la main. Rey voulut crier, l'avertir qui se cachait sous le masque, lui dire de s'enfuir. Mais il était déjà trop tard. En un seul coup, Ben venait de poignarder Luke en pleine poitrine, renversant son corps dans le ravin.
Rey cria d'effroi. Le corps de son Maître était parti, tout comme son espoir de revoir un jour ses parents. Sans lui, elle ne savait plus comment retrouver leur trace.
Ben tourna la tête vers elle. Elle ne pouvait voir son expression mais rien que cette vision la fit frémir. Il s'approchait désormais d'elle, sans doute pour refaire ce qu'il venait de faire subir à son oncle.
Rey se releva, se jurant de venger Luke. C'est là qu'elle vit au loin son sabre encore allumé sur le sol grillagé du pont. Un sabre, une pierre. Elle pouvait le faire. Elle devait le faire. Elle tendu la main vers le sabre et réunit toutes ses forces pour qu'il vienne à elle. Ben approchait trop rapidement et le temps lui manquait. Le sabre tremblait mais ne voulait pas se soulever de terre. Elle persista une dernière fois mais il était trop tard, elle devait s'enfuir, elle n'avait plus le choix.
Elle était tellement hors d'elle qu'un mélange de vengeance et de colère l'animait. Elle percuta plusieurs barrières délimitant le pont. Elle jeta un œil derrière elle et c'est là qu'elle commit une erreur. Faute d'inattention, elle n'avait pas vu que la balustrade s'arrêtait. Sa main postée en éclaireuse devant elle ne trouva pas le métal. Prise de vitesse, elle ne parvint pas à se rattraper et plongea dans le vide.
Il n'y a pas d'émotion, il y a la paix.
Mais la chute n'était pas celle qu'elle pensait. Elle toucha bien le sol mais ce n'était pas le gouffre, c'était le tapis brodé d'une des salles de l'Académie Jedi. En se relevant, elle entendit plusieurs personnes discuter derrière une porte. Elle reconnut la voix de Lor San Tekka et celle d'une femme :
« La pauvre fille n'était pas prête pour ce test. Elle manque beaucoup trop d'expérience. » commenta la femme.
« Il faudra que je voie pour faire réparer l'appareillage du test de midi-chloriens. Un tel taux est inimaginable, cela ne peut qu'être expliqué par une erreur technique ! » renchérit Lor San Tekka en riant.
« Sûrement. Enfin… Elle me fait de la peine. Luke a dû avoir pitié de la voir ainsi : une enfant abandonnée et effrayée. »
Rey se colla au mur pour reprendre sa respiration. Les mots étaient tranchants et lui firent mal. Mais c'est là qu'elle comprit : tout cela devait être faux. Il y a un instant elle se trouvait sur les ponts et la voilà dans les étages de l'Académie.
Il n'y a pas de chaos, il y a l'harmonie.
« Non… Tout ceci n'est pas réel. » murmura-t-elle.
Pourtant, ça n'empêcha pas Ben de faire son apparition et d'égorger les membres Jedi devant les yeux de Rey. Une fois qu'il les eût achevés, Ben se déplaça vers Rey. Cette dernière, effrayée par la vision des cadavres au sol sortit par une porte et se retrouva sur le pont, à nouveau.
Elle tomba à genoux. Il lui sembla que l'endroit était encore plus noir et froid. Elle tremblait. La voilà, à nouveau, seule et abandonnée. Tout comme elle le fût enfant. Mais un espoir survivait : elle avait déjà été seule par le passé, elle pouvait s'en sortir. Confiante, elle se releva et se dirigea vers une nouvelle issue.
Sortant de l'ombre, Ben Solo se révéla à elle. Rey ne bougea pas. En réalité, elle n'était pas certaine qu'il fût vraiment là. Il devait sûrement n'être qu'une illusion. Il approcha lentement puis s'arrêta à quelques mètres de la jeune femme. La lumière rouge éclairait son visage.
« Tu n'es pas ici. Tout ceci n'est qu'une illusion. »
« Je peux t'assurer que je n'en suis pas une. » répondit-il d'une voix dématérialisée.
Il pointa son sabre devant ses yeux et le bruit des crépitements semblaient si dangereux, si réel… Tout comme la nuit dernière.
« As-tu peur de faire face à la mort ? » lui demanda-t-il.
« Je n'ai pas peur. » répondit-elle en grinçant des dents.
« C'est pourtant ton destin. »
Sur ces dernières paroles elle ferma les yeux. L'esprit clair et le cœur certain, elle le laissa abattre son sabre.
Il n'y a pas de mort, il y a la Force.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, l'air semblait s'être réchauffé et l'ambiance était plus lumineuse sur le pont.
Elle s'assit, épuisée par toutes ces épreuves.
« De grandes craintes tu as fait face, jeune padawan. »
Rey releva la tête et chercha autour d'elle mais personne ne se trouvait sur le pont.
« Qui êtes-vous ? »
« Un simple guide. »
Elle se releva et regarda au ciel pour parler à son interlocuteur.
« Je ne sais pas comment retrouver Maître Luke. »
« Les mauvaises questions tu te poses. »
« À vrai dire, je ne comprends pas ma présence ici. »
« Pourquoi souhaites-tu devenir une Jedi ? »
« Maître Luke pense que j'ai le potentiel d'en devenir une. »
« La conviction de ton Maître est ta seule motivation ? L'envie d'aider les gens ne ressens-tu pas ? »
« Bien sûr. J'aiderais toute la galaxie si je le pouvais. »
« Que te manque-t-il alors ? »
« Je ne suis pas assez puissante. Je n'ai même pas réussi à faire venir ce sabre. »
« Synonyme de puissance, la Force n'est pas. Bien assez vite, tu le comprendras. Patience, patience… »
« J'attends depuis si longtemps… » répondit-elle, laissant une larme solitaire parcourir sa joue.
« Devant toi une voie compliquée se présente, padawan. Une Jedi peut-être es-tu déjà… »
Une pluie d'étoiles se matérialisa devant ses yeux, si brillantes qu'elle ne put les regarder trop longtemps. Les petites lumières descendirent doucement jusqu'à ses pieds puis se détachèrent les unes des autres, laissant apparaître une pièce en or de crédit impérial.
Elle se baissa pour l'attraper et à l'instant où elle posa les doigts dessus, tout devint noir. Puis la porte du sas s'ouvrit. Elle regarda stupéfaite Luke et Lor San Tekka puis découvrit qu'une troisième personne les avait rejoints. Ben se trouvait au fond de la pièce, collé au mur, les bras croisés, l'air infaillible.
« Comment te sens-tu ? » lui demanda Luke voyant qu'elle ne réagissait pas.
« Différente. J'ai trouvé ça à l'intérieur. » répondit-elle en montrant la pièce.
« Original. » commenta Luke en souriant.
« En tout cas, tout semble s'être bien passé. » annonça Lor San Tekka.
« Comment savez-vous que j'ai réussi le test ? »
« Ceux qui parviennent à surmonter le test des 5 reviennent toujours avec quelque chose. Chaque objet à sa signification. Si cette pièce ne fait écho à rien pour l'instant, tu comprendras sans doute son sens plus tard. »
Tout au long de la discussion, Ben n'avait daigné regarder Rey dans les yeux. Quant à elle, elle avait préféré ignorer sa présence. S'en était sûrement mieux ainsi. Le simple fait qu'il se trouve dans la même pièce qu'elle l'horripilait.
Maître Luke lui annonça qu'elle pouvait partir désormais et l'informa que le prochain cours basé sur la technique et l'entraînement aurait lieu le lendemain matin.
« Avant de partir, je voulais vous parler de quelque chose. »
Ou comment capter l'attention de Ben Solo en une fraction de seconde. Ils échangèrent un regard, le genre de regard qui vaut mille mots.
« C'est à propos de mes parents. » On aurait presque pu entendre le souffle de soulagement qu'avait émis le garçon au fond de la pièce. « Vous aviez promis de vous lancer à leur recherche. »
« Et je tiens toujours mes promesses. J'ai une piste, mais il me faut du temps Rey. »
« Je comprends. »
« Ne t'en fais pas. Je te tiendrais au courant une fois que je serais certain de la fiabilité des informations. »
Elle baissa tristement les yeux et lui sourit en signe de reconnaissance avant de sortir de la petite pièce.
Le crédit républicain serré dans sa main, elle remonta les escaliers pour arriver au rez-de-chaussée. Rey eût l'étrange sensation que quelqu'un la suivait. Elle n'en laissa rien paraître et poursuivit sa route quand quelqu'un l'appela par son prénom. Elle fit volte-face et tomba sur Cora.
« Cora, tu m'as fait peur ! » déclara Rey, une main posée sur le cœur après avoir sursauté. Cela sembla amuser sa camarade.
« Je suis désolée, tu marchais vraiment vite ! » se justifia Cora. « Alors, raconte-moi comment s'est passé ta journée d'hier. »
Elles décidèrent de se rendre ensemble jusqu'au parc afin de profiter du beau temps et de leur temps libre.
Cora, en plus d'être extrêmement bavarde, ne cachait pas sa curiosité. Plus leur discussion avançait et mieux Rey comprenait que Cora connaissait quasiment tout le monde sur le campus (ou du moins une bonne partie). Rey lui expliqua en détail sa soirée passée au côté de Finn et de Rose, l'ambiance dans le bar du Calmun et le goût étrange de la bière trandoshanne. Les minutes défilèrent sans qu'aucune des deux ne s'en rendent compte.
Cora expliqua à Rey qu'elle venait de la planète Tython, situé dans le noyau profond. Elle n'en a pas gardé beaucoup de souvenirs car Maître Luke l'a rapidement trouvé et amené ici sur Chandrila à l'âge de 4 ans, d'où le fait qu'elle connaisse la ville comme sa poche, elle y a passé toute sa vie. C'est une des premières à être devenue padawan au sein de l'Académie.
« Au fait, je voulais te demander, j'ai entendu dire que ton taux de midi-chloriens était de 15 300. » dit-elle après s'être pincé les lèvres de curiosité.
« Qui t'a dit ça ? »
« Un bruit de couloir tu sais, les rumeurs ça va vite. C'est Qiyn qui m'en a parlé et qui lui-même l'a entendu de quelqu'un d'autre etc etc. Alors, c'est vrai ? »
« Oui ça devait être quelque chose comme ça. »
« Tu prends ça vraiment à la légère, Rey. Tu n'imagines pas ce que ça veut dire ! Ça signifie que tu es la plus forte d'entre nous tous ! » Cora semblait vraiment heureuse à l'idée que Rey détienne le nouveau record.
« Je te l'ai déjà dit, je ne pense pas que ce soit vraiment révélateur. Regarde, tu as bien vu, je n'ai même pas été capable de soulever un p'tit caillou. »
« C'est juste de l'entraînement ! D'ailleurs, je veux bien t'aider à rattraper ton retard et en échange tu acceptes de venir dîner avec nous ce soir, deal ? »
« Ça me semble un peu trop facile comme accord mais… deal ! »
Elles rirent et se tapèrent la main en signe d'accord.
Cora repéra la pièce en or que tenait Rey dans sa main et lui demanda ce qu'elle comptait acheter avec. Rey lui expliqua alors qu'elle venait de passer le test des 5.
« Personne ne garde un très bon souvenir de ce test. Il permet de révéler les inquiétudes qui nous troublent, nous et notre formation tout en se basant sur le mantra du code Jedi. Certains ne le réussissent pas et reviennent les mains vides, tétanisés par la peur. Moi, j'en suis ressorti avec un orbalisk. C'est une sorte de cloporte capable de supporter la pression d'un sabre laser. Je n'ai toujours pas compris pourquoi j'avais hérité de cette bestiole mais je l'ai gardé, ça me fait un animal de compagnie si on peut dire. » elle ria puis reprit son sérieux. « On évite d'en parler entre nous car on se dit que tout cela est derrière, c'était une épreuve à passer et maintenant on se focalise sur l'avenir. Tout le monde souhaite devenir un grand Jedi mais comme Luke est le seul à être véritablement Maître Jedi, ce n'est pas facile. Ça prend plus de temps. »
Finalement, elles passèrent deux longues heures à parler de sujets plus ou moins sérieux. Les deux jeunes femmes découvrirent qu'elles avaient plus de points communs qu'elles ne le pensaient, à commencer par leur famille. Cora ne connaissait pas ses parents non plus.
Ayant rendez-vous avec d'autres amis, elle dut laisser Rey et écourter leurs passionnantes discussions. Elle lui proposa de la ramener chez elle, ayant un speeder bike, mais la brunette refusa. Elle avait du temps devant elle et comptait bien en profiter pour se dégourdir les jambes plutôt que de rester enfermée dans son appartement.
Cora lui avait parlé d'une petite forêt non loin du parc où elles se trouvaient alors Rey décida de s'y aventurer. Ce qui était agréable avec ce bout de verdure, c'est qu'il suffisait de quelques mètres pour avoir l'impression d'avoir changé de planète. Des inhibiteurs de sons permettaient aux promeneurs de se couper des bruits parasites que la ville en pleine action produisait. Les activistes avaient pris soin de réimplanter de nombreuses espèces dans ce bois de soixante hectares environ. À cette saison, les arbres commençaient à perdre leurs feuillages orangés, offrant un parterre aux milles couleurs automnales. Ce que Rey apprécia le plus fût le silence, l'endroit était si reposant que pendant un instant, elle en oublia tous ses tracas. Elle déambula sans réel objectif entre les géants Wroshyr, flânant, rêvassant et observant la nature prendre ses droits.
Quand soudain, une main se posa sur son épaule et l'écarta du chemin principal en la poussant sans ménagement. La personne la saisit à deux mains pour la plaquer contre un arbre, l'empêchant par sa corpulence de gesticuler et de s'échapper.
Bizarrement, Rey ne fut pas surprise de voir que l'individu qui venait de l'importuner aussi brutalement n'était autre qu'un garçon aux cheveux noir de jais.
« Non mais ça ne va pas ?! Lâche-moi ! Tout de suite ! » lui ordonna-t-elle.
Il l'observa un instant, la dévisageant. Sa poigne était forte et son visage tout près de celui de Rey. Elle venait de rependre conscience à quel point il était grand vu comme ça (et musclé au passage), collé à elle. Elle savait très bien qu'il tenterait de l'intimider, pour qu'elle ne dise rien. Elle s'y était préparé. Mais là, ce n'était même plus de l'intimidation… Contre toute attente, après l'avoir longuement regardé, il la libéra de son emprise et recula d'un pas.
« Tu n'as rien dit à Skywalker, pourquoi ? »
Cette voix… beaucoup plus suave et plus grave que celle déformée que produisait son casque.
« Parce que tu aurais préféré que je lui explique comment tu t'es introduit chez moi, pour voler un sabre laser et me décapiter au passage ? »
« Je n'avais pas l'intention de m'en prendre à toi. Tu as été la première à attaquer. »
« Non mais je n'y crois pas, tu insinues que je suis fautive !? »
« Je ne fais que relater les faits. »
« Ah oui ? Et qu'est-ce qu'il s'est passé exactement ? Car à première vue ta cause ne servait pas celle des Jedi. »
« Tu t'es rapidement adaptée à ce que je vois. »
Le vent se leva entre les arbres, faisant danser les feuilles. Les cheveux couleur ébène du jeune homme furent rabattus en arrière, laissant apparaître son cou. Ce dernier avait une couleur inquiétante car recouvert d'ecchymoses de tailles importantes. Rey les remarqua.
« C'est moi qui t'es fait ça ? » demanda-t-elle oubliant la remarque de Ben.
Il vit que Rey s'attardait aux traces sur son cou et il baissa les yeux, comme si un fantôme l'avait traversé. Puis il ignora sa question, s'approcha à nouveau d'elle, lui faisant remarquer qu'il dominait la situation.
« Écoute-moi, ne parle à personne de ce qu'il s'est passé la nuit dernière, ne fouine pas là où ça ne te regarde pas, reste à ta place et tout ira bien, pilleuse d'épaves. »
Ben avait jeté ces derniers mots comme une insulte au visage de la jeune femme. Il fit volte-face pour s'en aller mais c'était sans compter sur l'audace de Rey :
« Si tu crois m'effrayer avec tes menaces, tu te trompes. Je n'ai pas peur de toi, Solo. N'oublie pas que c'est toi qui t'es enfuie hier. » objecta-t-elle, les poings serrés de colère.
Il s'arrêta et regarda une dernière fois la jeune femme, un sourire aux coins des lèvres. « Cette fille a du cran » pensa-t-il. Et Rey le perdit rapidement de vue à travers le tronc des arbres.
Les marques sur le cou du jeune homme l'avaient troublé, elle ne pensait vraiment pas en être à l'origine et pourtant, ils paressaient si récents.
Malgré sa mise en garde, Rey avait davantage envie de découvrir ce qu'il cachait. Et quand elle avait une idée en tête, elle ne s'arrêtais pas avant d'avoir trouvé ce qu'elle cherchait…
Elle n'aurait jamais imaginé que la distance entre le bois et l'Omega soit si grande. Cela faisait déjà une heure qu'elle marchait et elle ne reconnaissait toujours pas les rues avoisinantes son immeuble. C'est alors qu'elle vit que l'université des sciences humaines intergalactiques. Et aussitôt elle repensa à Finn qui étudiait ici. Avec un peu de chance, elle le trouverait peut-être… En entrant dans la cour de l'école, elle remarqua que les gens avaient tous la même réaction : il l'observait avec un regard soutenu, de haut en bas et chuchotait à leurs voisins de tourner la tête. Rey se souvint alors de la réaction de Rose la première fois qu'elle l'a vu. Sa tenue trahissait son appartenance à l'Académie et visiblement, imposait beaucoup de respect et d'honneur. Personne ne l'avait jamais regardé avec tant d'admirations et ce sentiment lui fit presque du bien.
« Rey, qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Oh Finn, justement, je te cherchais ! »
« Ça me touche très chère madame la Jedi. » répondit-il en mimant une voix charmeuse.
« Espèce d'idiot va. » le charia-t-elle en lui donnant une tape sur l'épaule pour qu'il arrête son imitation aristocratique.
Il pouffa et reprit son sérieux : « Tout va bien ? »
« Oui oui, ne t'inquiète pas. C'est juste que je crois que je me suis un peu perdue… »
« Madame n'a pas le sens de l'orientation à ce que je vois. » se moqua-t-il.
« Tu as fini de te moquer ? » ria-t-elle. « Je me suis un peu trop éloignée et j'ai clairement besoin d'un speeder bike, si tu savais comme le mien me manque ! »
« Et bien tu as de la chance de m'avoir comme ami car je connais exactement la personne qu'il te faut, un as du pilotage. Ce que je te propose : on va manger un bout parce que je suis affamé et après, je t'emmène voir mon ami, ça te va ? »
« Parfaitement ! »
Sous le ciel azuré et le soleil carmin, d'un esprit calme et plus pur, loin des douleurs qu'ils cisèlent, les deux compagnons partirent bras dessus bras dessous en riant accompagnés des oiseaux aux blanches ailes.
Bon, clairement, je crois que je me suis un peu surestimée en vous annonçant que le rythme de publication tiendrait entre 2 et 3 semaines… Je n'avais pas prévu que j'allais être aussi occupée à vrai dire. Donc désolée ! (Envoyez-moi des MP pour me dire de me bouger les fesses ._.)
Vous ne m'avez pas trop oublié j'espère :p
J'ai un peu galéré à écrire les deux premiers passages de ce chapitre en les rectifiant plusieurs fois du coup pour la suite je me suis bien motivée, j'ai réuni mes cheveux en 3 petits chignons (très confortable comme coiffure je conseille ;) ) et j'ai écrit le reste d'une traite.
Pour les connaisseurs, je me suis bien inspirée de Star Wars Rebels pour la scène du test des 5, ça vous a plu d'ailleurs ? Un peu perché quand même !
Il fallait bien que je m'arrête à un moment pour ne pas vous faire attendre plus longtemps mais j'ai déjà hâte de vous dévoiler mes idées pour la suite : une nouvelle rencontre, l'entraînement Jedi, la tension qui monte, etc…
D'ailleurs, n'oubliez pas que vous êtes tout aussi acteur de cette Fanfic que moi. J'entends par là que je prends très au sérieux vos remarques, idées, théories… Je me suis vraiment éclatée à vous lire sur le deuxième chapitre, c'était top !
Merci pour toutes vos interactions,
Des bisous et ALLEZ LES BLEUS !
Léa
