Leur dernier rêve

Fanfiction écrite par Andromeda Hibiscus Mavros
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Publié pour la première fois le 14 octobre 2011

Chapitre 5

Des invités exceptionnels

Crédits : L'univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j'ai créés pour l'occasion.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Le voyage du retour fut long. Hitomi, Meinmet et Alexandre étaient installés sur des chevaux, dont les rênes étaient maintenues par un soldat qui marchait devant eux.
Plus à l'avant du convoi, Van devisait avec Yiris et quelques autres militaires, probablement des hauts gradés.

Aux côtés des invités de marque, Constantin chevauchait seul. Il ne parlait pas et se contentait juste de faire un sourire goguenard à Alexandre dès que leurs regards se croisaient.

Plusieurs heures de route après, alors que le soleil commençait à décliner, le groupe arriva enfin en vue de Fanelia.

La cité était telle que dans les souvenirs d'Hitomi. La colline du château royal dominait la ville construite dans un cirque rocheux dont l'accès était protégé par une lourde muraille.

Meinmet était très ému de revoir cet endroit. Il détailla les lieux, s'attardant sur les changements, mais surtout, il ne cachait pas sa joie de rentrer, enfin, chez lui.

Après avoir traversé la ville sous les acclamations des habitants, les troupes atteignirent enfin l'esplanade du palais.
Hitomi n'eut pas le temps de descendre de sa monture qu'un cri la fit se retourner.

— Hitomi !

C'est alors qu'elle vit courir vers elle une jeune femme-chat aux longs cheveux roses. Aucun doute, il s'agissait de Merle. Certes, elle avait grandi mais restait aisément reconnaissable !
Les deux amies se serrèrent mutuellement dans les bras avant de se mettre à pleurer de joie de se revoir après tant d'années.

— Je te jure, Hitomi, quand j'ai reçu le message de Maître Van ce matin, je n'arrivais pas à y croire. Tu verras, j'ai respecté ses ordres à la lettre, tu seras bien installée ! Je t'ai prévu plein de vêtements, les plus beaux de la ville, tu pourras choisir ce qui te plaît ! Tu auras aussi une belle chambre et plein de domestiques. Tu demandes, tu auras tout ce que tu veux et vite !

L'invitée n'eut pas le temps de répondre que Merle l'entraina joyeusement à l'intérieur, laissant Meinmet hilare et Alexandre dans l'incompréhension. Il venait de voir une femme-chat !

Les deux hommes descendirent à leur tour de cheval. Alexandre regarda alentour. L'impression d'être dans un lieu familier qu'il avait depuis son arrivée sur Gaea devenait de plus en plus forte.
Cependant, les choses restaient toujours floues, aucune image, juste des sensations diffuses.

Quelques serviteurs s'approchèrent d'eux et s'inclinèrent devant Meinmet puis l'invitèrent, avec Alexandre, à les suivre pour prendre une collation.

OoO

Une douce chaleur régnait dans la salle, Hitomi, qui avait toujours aimé profiter de son bain, était au comble du bonheur.
Des essences parfumées envahissaient l'atmosphère, elle disposait d'un petit coussin pour caler sa tête… C'était loin du confort rudimentaire de l'archaïque barrique de la veille au campement.

Autour d'elle, s'affairait une dizaine de servantes, sous les ordres de Merle. Toutes étaient fort gentilles et décontractées, loin des dames d'Asturia figées auxquelles Hitomi avait eu affaire quelques années auparavant.
Tout se déroulait dans une ambiance sympathique, avec rires et chahuts, les servantes posaient des questions à Hitomi sur la Lune des Illusions.

Merle, quand à elle, menait sa troupe d'une main de maître sous le regard amusé de son invitée qui savourait un thé et quelques fruits frais tout en se délassant de ses heures de voyage à cheval dans l'eau chaude.

— Bon, maintenant, Hitomi, annonça Merle droite les mains fermement posées sur les hanches, on va passer aux choses sérieuses : il va falloir trouver de quoi t'habiller ! Je te préviens, tu as le choix ! Ce fut difficile sur quelques heures mais j'ai pu te dégoter une cinquantaine de robes différentes qui pourraient t'aller.
— Cinquante robes ? Pour moi ?
— Et bien comme ça, tu trouveras forcément quelque chose à ton goût ! Bon, dans l'immédiat, ce sera robe de nuit mais j'anticipe pour demain ! Maître Van a été très strict sur ce point, tu dois être traitée comme une Reine !

Une Reine… Hitomi se sentit mal à l'aise avec ce mot. Depuis leurs retrouvailles, elle n'avait pas eu de conversations avec Van, trop occupé à gérer les affaires du pays.
Mais, à la chaleur de son étreinte et à ses paroles, elle avait compris qu'il attendait beaucoup de son retour. Comment lui dire qu'elle était là malgré elle ?

Le défilé de vêtements changea les idées à la jeune femme. Elle vit passer devant elle de multiples tenues, toutes selon le même schéma, typique de Fanelia : une robe avec, par-dessus, une veste cache-cœur retenue par une énorme ceinture nouée devant.

Merle, elle-même, était vêtue dans ce style. Sa robe jaune, qui était très courte, dépassait de son haut noir serré à la taille par une ceinture rose et noire.
L'observant plus attentivement, Hitomi avait aussi sourit en voyant que la jeune femme-chat portait toujours sa bonne vieille lime à ongles en pendentif autour du cou…

Finalement, après une première sélection, Hitomi arrêta son choix pour le lendemain sur une robe composée d'un dessus blanc couvert de fines broderies de feuilles vertes surmonté d'un cache-cœur nuance menthe et noué avec une ceinture rayée des couleurs alternant blanc et doré.

A peine avait-elle annoncé sa décision qu'elle sortit de l'eau et, là, les domestiques se hâtèrent de l'aider à enfiler un peignoir avant de lui montrer un petit paravent derrière lequel elle pourrait aller s'habiller.

Une culotte blanche et une brassière qui se serraient au côté par un cordon lacé, une petite robe jaune à mi-mollet, avec, par dessus, une petite veste assortie nouée d'un ruban au niveau de la poitrine, des petits chaussons doux et légers, la tenue de nuit était confortable. Hitomi appréciait.

Les servantes partirent et seule Merle demeura dans la pièce. Quand elle vit Hitomi réapparaître, elle lui sourit :

— Tu verras, ici, ce n'est pas comme à Asturia, nous sommes plus simple dans notre façon de vivre ! Le seul qui s'agace vraiment avec le protocole, c'est le grand chambellan Ozlek. Le pauvre, il ne faut pas lui en vouloir, cela fait des générations que sa famille est dévouée à cette tâche !
Allez, viens manger un peu et voir ta chambre ! Bon, tu l'auras deviné, cette pièce est ta salle de bain personnelle. Tu as aussi une petite pièce de réception et, enfin, la chambre a proprement dit !
— Et bien, c'est immense… Tout ça pour moi… Remarqua Hitomi, plus que surprise.
— Je te l'ai déjà dit, Maître Van a ordonné que on fasse ce qu'il demande ! Et sache également que toutes les dames que tu as vues sont à ton service ! A n'importe quelle heure, tu demandes, elles arrivent !

Face à cela, la jeune femme resta muette. Elle suivit Merle.

A la salle d'eau au mur à fond blanc, couverts de fresques de fleurs, succéda une pièce dans les mêmes tons, avec une table, ses chaises et plusieurs fauteuils de paille tressée recouverts de coussins fleuris.
Enfin, la chambre comprenait un grand lit surmonté d'un baldaquin de tulle. Là encore, la décoration était fleurie et aérienne.

Dans cette dernière salle, après avoir détaillé les lieux, Hitomi fut complètement éblouie. Merle vint près d'elle.

— Lorsque l'on a reconstruit le château, Maître Van a tenu à ce que l'on prévoie un endroit pour toi, quand tu reviendrais.
— Quand je reviendrais ? Soupira Hitomi, perplexe.

L'entendant, la jeune femme-chat prit soudain un air plus sérieux, presque triste. Elle s'approcha de la fenêtre de la chambre, donnant sur la cour, et s'assit sur le rebord.

— Maître Van est incroyable... Jamais, jamais il n'a douté que tu lui reviendrais. Il savait que tu avais mal supporté la guerre, que tu voulais revoir les tiens… Mais il s'était dit qu'avec le temps, tu trouverais la force de revenir. Il refusait l'idée contraire.
Depuis deux ans, la situation devenait très tendue. En effet, Van est le dernier de la lignée, il n'a plus de famille. S'il lui arrive malheur, le pays n'aura plus de Souverain et ce sera le chaos. Après la guerre, avant que Maître Van ne reprenne les choses en main, les chefs des tribus vassales avaient commencé à se quereller entre eux… Sans Roi comme Suzerain, ils s'entretueraient…
C'est pour cela que, maintenant, la grande occupation des deux plus vieux généraux de Fanelia et des religieux est de remettre, sans arrêt, sur le bureau de Maître Van, une liste d'épouses potentielles et la passion des gens est de parier là-dessus… Laissant passer ses sentiments envers toi avant l'intérêt de son pays,
Maître Van a coupé court à toute négociation. Même moi, je l'ai sermonné car non seulement, il mettait son peuple en danger… en plus de se refuser le droit au bonheur…

Ecoutant ce discours, Hitomi s'assit sur le bord du lit. Discrètement, elle essuya une larme qui avait coulé sur sa joue. Cet amour que Van lui vouait était si fort, trop fort… A cet instant, elle se rendait compte qu'elle l'avait largement sous-estimé dix ans auparavant.

Merle s'approcha d'elle, s'accroupit et mis ses mains les siennes, qu'elle avait posées sur ses genoux.

— Hitomi, je n'ai qu'une chose à te demander : ne lui brise pas le cœur ! Depuis que je le connais, Maître Van n'a fait que perdre les siens : sa mère, son frère, Balgus et puis toi… Je suis la seule personne qui soit restée toujours à ses côtés. Personne ne le connaît mieux que moi.
C'est un grand guerrier, un bon gestionnaire et il sait concilier les chefs de tribus mais, pour le reste, il est toujours le petit enfant seul à qui il a manqué l'affection d'une famille.
Je sais qu'aujourd'hui, il voudrait justement avoir sa propre famille. Cependant, il ne peut imaginer la construire sans toi.
Aussi, je ne suis pas stupide, j'ai le sixième sens des félins. Je sens bien que tu n'es pas volontairement revenue ici et qu'à l'instant où je te parle, tu n'aimerais qu'une chose : rentrer chez toi… Cela dit, pour Maître Van, je te supplie de rester !
Sache qu'ici, tu seras la femme la plus aimée de Gaea. Tu auras tout ce que tu peux souhaiter et, tu verras, notre pays est beau et il y a beaucoup de gens sympathiques.
J'ignore comment est ton monde mais tu pourras voir que Fanelia est aussi un endroit formidable ! Et surtout, tu auras tout l'amour de Maître Van. Je suis certaine que, sur la Lune des Illusions, aucun homme ne pourrait éprouver pour toi ne serait-ce qu'un centième !

La jeune femme-chat s'était exprimée avec toute sa conviction, elle était en larmes. Sa sincérité touchait profondément Hitomi qui s'efforça de répondre.

— Ecoute, je ne peux rien te promettre. Je comprends ce que tu dis… Je vais y réfléchir…

Avec un petit sourire ému, Merle releva la tête vers son amie.
— Merci ! Je vais te laisser te reposer ! Bonne nuit !
— Bonne nuit à toi aussi !

Hitomi écouta la porte de ses appartements se refermer derrière Merle avant de se laisser tomber sur son lit.
Elle appréhendait de se retrouver seule face à Van mais se doutait que cela n'allait pas tarder.
Comment la confrontation allait-elle se dérouler ?

Un moment, elle resta à regarder par la fenêtre la ville qui a peu à peu s'endormait avant de se décider à s'allonger.

Fort heureusement, la fatigue du trajet de la journée la plongea rapidement dans un profond sommeil.

OoO

— Ce n'est pas bon, c'est exquis ! Mais quel bonheur de siroter ces piscus et manger ses pommes bleues, qu'est-ce que cela m'avait manqué !

Assis autour d'une table basse entourée de gros coussins, Meinmet mangeait depuis des heures à s'en faire exploser le ventre sous les regards stupéfaits des serviteurs ainsi que d'Alexandre qui n'avait jusque là réussi qu'avaler quelques grains d'un étrange raisin rose.

Soudain, un homme âgé, portant un étrange béret et une veste rouge brodée d'or, s'avança vers les deux hommes.

— Votre Altesse Prince Meinmet, Monsieur Alexandre, permettez-moi de me présenter, je suis le grand chambellan Ozlek.
Sa Majesté a demandé à ce que soient préparés des appartements à votre intention. Cependant, nous n'avons pas pu tout achever sur cette seule journée, aussi, vous occuperez pour cette nuit une suite réservées aux visiteurs de marque. Veuillez me suivre, je vous prie.

Enthousiaste à l'idée d'aller digérer son repas dantesque dans un lit douillet, Meinmet suivit le chambellan à travers les couloirs. Alexandre était la traîne.

En effet, depuis son arrivée au palais, il restait toujours flanqué d'un groupe d'une dizaine de soldats.

Autant d'hommes rien que pour le surveiller… Il se demandait ce qu'on lui réservait pour la suite…

En tout cas, même si des gardes restèrent postés à chacune des fenêtres de l'appartement de réception qu'il partageait avec Meinmet, il avait pris un bain et profiter de vêtements propres.
Enfin, il s'était étendu, fixant le plafond, sur un lit confortable tandis qu'il entendait son compagnon de route ronfler depuis la pièce d'à côté.

Une étrange impression le gagnait. Il entendait comme des murmures dans sa tête… Ils étaient incompréhensibles, tout comme les images floues qui apparaissent dès qu'il fermait les yeux.

On disait de lui qu'il ressemblait à un homme mort… En général, les gens n'apprécient pas ce qu'ils ne comprennent pas et l'hostilité que lui manifestait le Roi ne présageait rien de bon.

OoO

La nuit était tombée depuis un long moment. Allongée sur les tuiles bleues d'un des toits du palais, Yiris regardait la Lune des Illusions, l'air contrariée.
Soudain, une voix d'homme douce et posée se fit entendre. Celui qui vint s'asseoir auprès d'elle était âgé d'une trentaine d'années.

Ses longs cheveux bruns étaient nattés. Ses yeux, verts en amande, et ses traits allongés lui donnaient une expression sereine et séduisante, en accord avec son corps grand et musclé.

Sa tenue simple, un pantalon sombre, une chemise blanche nouée et une veste gris clair, le mettait encore davantage en valeur.

— Bonsoir Yiris ! Je suis désolé d'arriver si tard. J'ai passé la soirée à inspecter les chevaux de l'expédition. A croire que personne ne veut prendre de responsabilité concernant les quelques malheureux équidés de l'armée de Défense !
— Et envoyer promener ta femme aussi… Répondit-elle, cynique.
— Etonnamment, ce fut le plus facile… C'est plutôt répartir le boulot entre les palefreniers qui m'a occupé vu qu'une certaine personne s'était évaporée…
— Tu fais référence à qui ?
— Oh, je la connais ton armée… Ce n'est pas pour rien qu'on la surnomme la « bande des bras cassés »…
— Ce n'est pas parce que mes hommes ne sont pas conventionnels qu'ils ne sont pas compétents !
— Certes ! Mais, par contre, ils sont fainéants…
— Voilà que Hylden, général de l'armée de Griffe, calomnie mes troupes ! Je suis indignée ! Et je suis sûre que Feu ton père, le général Yurizen, le serait !

Le jeune homme sourit et lui tendit une bouteille.

— Arrête de déblatérer et bois un peu de bière !
— Et dire que c'est un médecin, fils de médecin, qui dit ça ! Remarqua Yiris avant se redresser pour boire une gorgée.
— Un peu d'alcool ne nuit pas ! L'important, c'est de savoir se modérer… Enfin…
— Ne t'en fais pas… Demain, je remettrai Yrkas dans le droit chemin en lui rappelant qu'il doit arrêter de s'économiser… Cela dit, je parie qu'au lieu de travailler à compter les canassons, il s'est tiré direct aux putes en arrivant !
— Hypothèse quasi certaine !

Tous deux éclatèrent de rire et reprirent chacun une rasade de bière mais, très vite, la bonne humeur retomba.
Hylden reprit la conversation.

— J'ai entrevu le fameux type dont tout le monde parle. A le voir, le problème m'a paru évident… Ton avis ?
— A vrai dire, je ne sais pas quoi en penser… Sa Majesté a seulement dit qu'il allait réfléchir cette nuit au cas de ce fameux Alexandre et que nous en reparlerons demain lors du Conseil…
— Tu as du avoir un choc…

En disant ces paroles, le regard du jeune homme s'attarda sur un fourreau d'épée que Yiris avait posé auprès d'elle. Puis, ses yeux verts se figèrent dans ceux bigarrés de son interlocutrice.
L'inquiétude de cette dernière était visible. Elle tenait ses doigts crispés sur son bâton. Il avança sa main vers elle et voulut lui caresser le visage, elle se déroba.

— Tu sais bien que ce n'est pas possible…

OoO

Le lendemain matin, Hitomi fut réveillée par les bruits venus de l'extérieur. Tranquillement, elle se leva pour aller voir par la fenêtre.

Sur la grande esplanade du palais, les gens étaient en train de s'affairer. On voyait des charrettes être chargées et déchargées, des soldats qui s'entrainaient, des enfants qui jouaient, des gens qui discutaient…

Soudain, une tête apparut en travers.

— Miaou !

Surprise, Hitomi sursauta et recula de quelques pas. Satisfaite de son effet, Merle enjamba le rebord et entra dans la chambre.

— Cela ne te rappelle rien ?
— Et comment ! Notre première rencontre, lorsque tu avais fouillé mon sac avant de prendre mon pendentif et de t'enfuir dans les couloirs du palais !
— En effet ! Cela en fait du temps… Sinon, tu as bien dormi ?
— Oui, merci !
— Parfait ! Alors, on commence !

Un claquement des mains de la jeune femme-chat et les servantes arrivèrent pour servir le petit déjeuner. Un bon thé, quelques biscuits et petits gâteaux, une sorte confiture, Hitomi eut l'embarras du choix.

Une fois repue, elle alla se rafraîchir le visage avant d'être prise dans un véritable tourbillon visant à l'habiller. Quand enfin, l'essaim arrête de graviter autour d'elle, on lui amena un miroir pour qu'elle se vit.
Appréciant le résultat, elle se tourna et fit virevolter sa robe, Merle passa derrière elle et lui noua les cheveux avec un ruban assorti.

— Hitomi, tu es superbe ! Cela change du vieil uniforme que tu trainais tout le temps !

Avec un petit sourire, la jeune femme continua de s'amuser de son reflet. C'était vraiment la première fois de sa vie qu'elle était aussi élégante.

— Tu vas user cette glace à force de te regarder dedans ! Allez, viens, je vais te faire un petit tour des lieux !

OoO

Meinmet avait fort bien dormi. Chez lui, il était simplement heureux. Cependant, contrairement à son habitude, il s'était réveillé assez tôt, en même temps que le soleil.

Incapable de retrouver le sommeil, il avait demandé à un serviteur de lui faire la faveur de le conduire auprès de la tombe de son frère.
Là, il avait longuement devisé imaginant son jumeau en train de l'écouter souriant.

Finalement, il s'était trouvé ému aux larmes, regrettant que la vie l'ait privé du bonheur de serrer Goau dans ses bras et trinquer avec lui à leurs retrouvailles.

Au bout d'un moment, il se décida à regagner le palais… L'appel de l'estomac qui crie famine…

Ainsi, il retrouva Alexandre, désormais habillé à la manière typique de Fanelia : un pantalon de toile anthracite, une chemise nouée blanche surmontée d'une veste croisée bleu foncé fermée d'un ruban rayé doré et gris et, aux pieds, de simples bottes de cuir marron.

L'air toujours mélancolique, il buvait un thé adossé contre un mur, observant ce qui se passait à l'extérieur.

En entrant dans la pièce, le vieux Prince lui lança un regard amusé.

— Alors, bien dormi ? Tu ressembles à un vrai gars du coin maintenant !
— Si tu le dis ! Enfin, j'ai effectivement réussi à dormir, c'est déjà bien…
— Allez, essaie d'être un peu plus souriant… Je me doute que la surveillance ne doit pas être facile mais, déjà, vois le bon côté des choses, tu n'es pas dans un cachot ! Loin de là !
— Ma place n'en reste pas moins inconfortable… Apparemment, à ce que m'ont dit les serviteurs, mon sort va être discuté ce matin…
— Reste confiant ! Tu sais bien que je ne vais pas te laisser tomber et Hitomi non plus !

Tout en poursuivant la discussion, Meinmet était allé se changer. Pour la journée, il avait choisi un pantalon marron, une chemise d'une nuance plus claire et par-dessus un gros manteau vert ouvert agrémenté de quelques borderies jaunes aux motifs géométriques.

Pour marcher, son choix s'arrêta sur de simples sandales. Après tout, sur Terre, il privilégiait les tongs !

OoO

Un peu plus tard, Hitomi, Alexandre et Meinmet se retrouvèrent au rez-de-chaussée du palais. Merle leur expliqua le programme de la matinée : ce serait une visite du palais et de la ville.

En effet, Van et les généraux allaient bientôt commencer leur réunion du Conseil donc, en attendant, le Souverain avait demandé à son amie de veiller à ce que les invités puissent se distraire.
Hitomi et Meinmet se montrèrent plus qu'enthousiastes à cette idée.

Ainsi donc, heureuse que l'initiative plaise, Merle leur demanda de la suivre vers l'esplanade pour commencer la promenade.

Elle parlait d'ailleurs déjà des innovations au sein du palais : meilleur agencement, inventions tels que les monte-charges et les canalisations d'eau courante…

Aussi, la jeune femme-chat expliqua que la cité non plus n'était pas en reste. Les bâtiments étaient moins condensés, laissant les rues plus larges, et de nombreuses places avec des fontaines et des arbres donnait un petit côté bucolique.

Fermant toujours la marche, Alexandre croisa Yiris dans un couloir. Ils s'observèrent et quand le jeune homme releva la tête, il se trouva face à un miroir.
Le reflet qu'il y voyait n'était pourtant pas le sien. L'individu apparaissait plus âgé, plus pâle, ses cheveux étaient vert de gris et ses yeux avaient une étrange nuance rosée.

Remarquant son trouble, Yiris se tourna et fut elle-même stupéfaite par l'illusion…

Au bout de quelques secondes, celle-ci se dissipa, les laissant incapables de dire quoique ce soit.