Leur dernier rêve

Fanfiction écrite par Andromeda Hibiscus Mavros
www .hananokaze .org

Rating / Classement [+18]

Publié pour la première fois le 7 novembre 2011

Chapitre 8

Le besoin de comprendre

Crédits : L'univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j'ai créés pour l'occasion.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Un râle de douleur, Alexandre reprenait doucement connaissance. En le voyant ouvrir les yeux, Meinmet et Hitomi soupirèrent de soulagement.
Constatant cela, Van et Yiris, en retrait, quittèrent la pièce et commencèrent à discuter dans le couloir.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda le Roi.
— Honnêtement, je n'en sais rien. Ce type agit et réagit bizarrement. Là, il a réparé le melef. Ensuite, devant la tombe, il s'est évanoui. A chaque fois, on aurait dit qu'il agissait comme un somnambule.
— Pourquoi l'as-tu emmené là-bas ?
— Je devais le faire, j'en ai assez de cette comédie. Je voulais le confronter à ce qu'il semble être. Vous savez, pour moi, ça en devient intolérable. J'ai vu un mort me sourire, je ne peux pas supporter de le voir sorti de sa tombe et me parler comme si de rien était…
— On en a parlé des centaines de fois, mais es-tu sûre de ne pas avoir rêvé ?
— Non, je le maintiens sur mon honneur, et même ma vie ! Il y a dix ans, le cadavre de votre frère a ouvert les yeux et m'a sourit. Je sais, ça n'a aucun sens, c'est impossible, mais pourtant… Regardez cet homme aussi est un non sens et pourtant vous le voyez comme moi…
— C'est un fait… Soupira Van. Je suis perdu moi aussi…
— Que dois-je faire ?
— Continue ta mission, ce qui vient de passer prouve que les choses avancent. Nous finirons bien par savoir…

Le Souverain s'en alla, laissant Yiris seule avec ses doutes. Un souvenir traversa l'esprit de la générale : elle se revoyait marcher dans les ruines de Fanelia, et soudain, sur un tas de gravas, un homme lui faisait face, Folken Fanel.
Chaque détail de cette brève rencontre lui revint en mémoire, notamment la remarque sur le fait qu'un vrai soldat se devait au moins de porter une épée, ce que n'avait pas Yiris à l'époque.

L'intonation de la voix, le regard, en plus de l'aspect physique, Alexandre ressemblait tellement à Folken…

Impossible et malgré tout réel…

Meinmet arriva dans le couloir et fit face à la jeune femme, adossée au mur.

— Puis-je me permettre une question ?
— Allez-y…
— Que pensez-vous qu'il soit ?
— Un mort-vivant peut-être.
— Alors pourquoi n'avons-nous pas peur ? Interrogea le vieil homme avec un regard interrogatif.
— Parce que celui à qui il ressemble inspirait confiance, c'était dans sa nature… Je n'ai vu qu'une fois l'homme en question vivant, pourtant, au premier contact, vous étiez conquis… Il avait une façon de vous parler, de vous regardez… Cela vous transperçait l'âme…
— Alexandre me semble loin de tout ça…
— Loin et tellement proche en même temps…
— Qu'est-ce que vous a dit mon neveu à son sujet ?
— De continuer comme nous avons commencé. De toute façon…
— De toute façon ? Interrogea Meinmet

La jeune femme se redressa, et entra dans l'antichambre de façon à voir le lit.
Alexandre parlait à Hitomi, lui expliquant une nouvelle fois son incompréhension face aux événements.

Yiris commença à tripoter nerveusement le fourreau de son épée.

— Quoiqu'il soit, cet homme a des réponses. Des réponses que j'attends depuis longtemps ! Tant que je ne les aurais pas, sa vie sera ma seule priorité, je veux comprendre.
— Comprendre quoi ?
— Pourquoi j'ai été envoyé ici pour y vivre l'enfer ! Répondit-elle, nerveuse.
Meinmet baissa la tête, puis, il appela Hitomi, lui suggérant de laisser Alexandre se reposer. Celle-ci acquiesça et quitta la pièce avec le vieil homme.

Après leur départ, Yiris échangea un regard lourd de sens avec Alexandre, puis s'assit sur son lit de camp, sans un mot.

OoO

Hitomi et Meinmet marchèrent jusqu'au jardin. En passant près de l'atelier de réparation des melefs, le maigre Yrkas les remarqua et vint à leur rencontre.

— Excusez-moi, Seigneur Meinmet, vous savez ce qui s'est passé avec la chef ?
— Et bien, Alexandre s'est évanoui.
— Elle n'a rien fait au moins ? Cette histoire l'a mise à cran, on craint qu'elle ne laisse emporter.
— Non, elle n'a rien fait. Mais pourquoi êtes-vous aussi inquiet ?
— Ce genre de choses, ça la travaille. La chef a toujours été en quête de comprendre et ce type pose beaucoup plus de questions qu'il n'en résout.
— Comment cala ? Demanda le vieil homme.
— Vous savez, je ne sais pas grand chose sur la chef. Le général Hylden saurait plus vous en dire, il la connaît bien. D'ailleurs, il m'a demandé de lui donner des nouvelles rapidement. Cependant, je peux vous affirmer que le coup du mort ressuscité, c'est exactement ce qui pourrait la pousser dans ses extrêmes…

Sur ce, le soldat pris congé, laissant le vieil homme et la jeune fille perplexes.

— Les choses sont loin d'être claires et limpides ici… Constata Meinmet.
— Vous ne pouvez imaginer à quel point ! Soupira Hitomi.
— En tout cas, Demoiselle, je crois que je te dois des excuses.
— Des excuses ?
— Oui, j'ai papoté depuis mon arrivée, et on m'a laissé à penser que tu ne voulais pas revenir car tu as vécu de durs moments ici.
— Je peux vous l'avouer, je ne voulais pas revenir sur Gaea... Mais, Meinmet, ne vous en voulez surtout pas ! Je réalise seulement maintenant que fuir son passé n'était pas la solution. Je me devais de revenir...
Cependant, les choses ne sont pas simples... je me sens perdue...

Hitomi avait prononcé cette dernière phrase avec un regard triste.

— Alors, il faut prendre du recul et faire une bonne vieille liste des pours et contres, cela aide à prendre une décision ! Répondit Meinmet avec un sourire.
Enfin, tu m'excuseras, Mademoiselle Hitomi, mais là, j'ai quelqu'un avec qui je dois discuter.

Cette fois, Hitomi était toute seule avec ses pensées. Elle songeait à sa famille, qui devait encore s'inquiéter, à Yukari et Amano, dont elle avait peur d'avoir gâcher le mariage avec sa disparition…

Puis, elle se remit à réfléchir à sa relation avec Van, enfin, s'il existait une relation…

OoO

La curiosité de Meinmet avait toujours été son plus grand défaut. Yiris l'avait intrigué et il voulait comprendre son histoire.
Comment une jeune fille de la Lune des Illusions s'était muée en soldat sur Gaea ? Quel était cet enfer auquel elle faisait référence ?
Rencontrer ce fameux Hylden, dont elle semblait proche, davantage que de son propre frère, lui semblait une bonne piste.

Dans un autre secteur du palais, marqué de griffes, symbole de cette partie de l'armée, l'ambiance était à l'équitation. De nombreux soldats s'entraient à maitriser leur monture.

Demandant son chemin, Meinmet finit par atterrir dans un petit bureau. Derrière une table débordante de feuilles, se tenait un jeune homme brun aux cheveux longs.

— Bonjour, est-ce bien à Hylden que j'ai l'honneur de faire face ?
— Exact ! Répondit ce dernier avec un sourire en levant la tête de ces dossiers. Et vous, vous êtes le Seigneur Meinmet ! Très honoré de vous rencontrer Votre Altesse.

Le général voulut se lever, mais Meinmet lui fit un signe montrant que ce n'était pas nécessaire. Hylden de son côté, invita le vieil homme à s'asseoir.

— Que me vaut l'honneur de votre visite, Monseigneur ?
— Yiris.
— Et pourquoi donc ?
— Je le concède, j'aime tout savoir. Cependant, dans le cas présent, j'aimerai sincèrement comprendre comment elle en est arrivée là. Le halo de mystère qui l'entoure m'intrigue vivement.
— Yiris, c'est Yiris. Elle est indéfinissable…
— Peut-être… Mais j'aimerais savoir ce qui lui vaut son apparence. Quand elle parle de ses premières années sur Gaea, elle en tremble.

En entendant ces mots, Hylden arrêta son travail et s'appuya sur le fond de son fauteuil, comprenant qu'il allait devoir avoir une conversation.
Il ne pouvait refuser de parler à un membre de la famille royale.

— Je ne sais pas trop à quoi cela vous avancera de le savoir… Yiris vit avec un fantôme. Ce démon du passé, elle voit partout puisqu'il s'incarne dans son corps mutilé.
— Expliquez-moi…
— Je ne connais pas les détails. Elle refuse d'en parler, je ne pense pas que Maître Van en sache davantage. Ce que Yiris a vécu, elle n'a pas besoin d'en parler, cela ne la soulagera pas.
Elle a appris à vivre avec, à défaut de l'accepter car rien ne n'effacera les cicatrices.
— Que savez-vous au juste ?
— En fait, on sait que son parcours a commencé par la destruction du village où elle et son frère s'étaient réfugiés. Après, il y a un gros flou, même Constantin nie l'existence de cette période. Yiris est réapparue à Irini il y a une quinzaine d'années et a défait le maître installé lors d'un duel d'une violence inouïe, devenant ainsi le chef de cette tribu. Sa force inhumaine, mystérieusement acquise, fait que personne ne conteste son autorité.
— Il apparait que vous la connaissez quand même bien.

Un petit sourire traversa le visage du général. Il se rappelait, amusé, « le bon vieux temps ».

— Je l'ai rencontré lors la fin de la guerre. Les chefs avaient été appelés à revenir à la capitale. Maître Van souhaitait offrir des funérailles royales à son frère. Il avait un problème particulier à résoudre, il souhaitait inhumer son frère en tant qu'être humain et non comme le monstre créé par Zaibach. Pour cela, il voulait que l'on démonte le bras mécanique de ce dernier avant de le mettre en bière.
A cette époque, il n'y avait personne à Fanelia qui sache enlever cela sans endommager gravement le corps. Aussi, comme j'étais médecin, le Roi m'a demandé de regarder comment était l'attache était faite avec l'espoir que je comprenne comment procéder proprement.
Pour m'aider, il y avait Yiris, il s'avérait que pendant des années, elle avait été fossoyeur, et avait dû parfois gérer les préparatifs des inhumations. Ensemble, nous avons examiné la prothèse, et en mettant nos connaissances en commun, nous l'avons détachée sans faire trop de dégâts. Sa Majesté a exigé que la prothèse soit broyée et que nous nous occupions des derniers rites, et c'est alors…
— C'est alors ?
— Yiris allait retirer le bout de métal planté dans le torse du corps quand elle a crié, je me souviens, elle a reculé de plusieurs pas, pour finir assise, par terre, le bout de métal à la main.
Quand je lui ai demandé ce qui s'était produit, elle m'a dit avoir été certaine que le Prince s'était réveillé et lui avait sourit.
Après avoir repris ses esprits, elle m'a raconté l'avoir rencontré une fois, dans les ruines de la cité, quand il est venu s'y refugier, sa tribu était d'astreinte pour garder les lieux. Elle avait donc échangé quelques mots avec lui.
Ce dernier s'était notamment étonné qu'elle n'ait pas d'épée et Yiris avait répondu que l'épée était faite pour tuer même sans le vouloir alors que le bâton ne tuait que si on insistait.
Folken lui avait répondu qu'elle pouvait peut-être trouvé une autre utilité à une épée et lui promis de lui donner la sienne quand il n'en aurait plus besoin.
Ainsi, racontant cette rencontre, elle demanda à Sa Majesté de récupérer l'épée brisée et son éclat, ce qu'il accepta.
Depuis, Yiris s'est mise dans la tête que cette épée était en fait une réponse à toutes ses questions.

Alors forcément, avec l'arrivée de cet Alexandre, c'est son monde qui se retourne.

— Et que la voyez-vous faire ?
— Ce que Yiris veut, elle l'obtient. Elle n'a peur de rien ni de personne. En vivant quelque temps ici, vous entendrez sans doute pas mal de choses à son sujet, notamment qu'elle est la propriétaire d'un bordel, qu'elle est aussi droguée que son frère est alcoolique…
— Son frère n'a pas d'ailleurs l'air des plus plaisants…
— Vous le dites, Constantin est odieux. Je ne compte plus les fois où j'ai aidé Yiris à aller le ramasser dans un caniveau après une bagarre d'ivrognes.
Sa sœur a beau veiller sur lui, il prend un malin plaisir à la mettre dans l'embarras mais elle lui passe tout… C'est son point faible.
— Et vous savez pourquoi ?
— Là encore, les détails, je les ignore, mais Constantin parle de sa sœur comme un monstre… Sur ce point, il pourrait très bien s'entendre avec mon épouse… Soupira le jeune général.
— Votre femme ?
— Ah ça, je vais être honnête, ma femme déteste Yiris. Contrairement à elle, c'est une femme tout ce qu'il y a de plus bridée dans sa condition, de là à dire qu'elle est jalouse… S'amusa Hylden. Kyria passe son temps à médire sur Yiris, pour elle, c'est le diable…
— Les épouses sont toujours jalouses… Surtout si on les délaisse pour aller parler à une autre femme sur un toit…

Fataliste face à cette remarque qu'il entendait pour la énième fois, le général se contenta d'hausser les épaules détournant le regard.
Quelqu'un de plus le trouvant immoral, cela ne changerait rien.

Aussi fut-il surpris quand le vieil homme se pencha vers lui et posa sa main sur son épaule.

— Parfois, la vie est injuste… Il faut faire avec !

Meinmet s'était exprimé avec un petit sourire compatissant. Au terme de cette conversation fort instructive, il s'en alla, laissant le militaire vaquer à ses tâches.

Le vieux Prince se promena sur la grande esplanade du palais, réfléchissant à tout ce qu'il venait d'apprendre.
Son intuition concernant le fait que Yiris avait déjà une piste concernant Alexandre se renforçait.

De plus, le cas de Yiris le touchait. Sa détresse d'exilée résonnait en lui. Se retrouver dans un monde inconnu et devoir s'adapter, il avait connu cela il y a longtemps.

OoO

En rentrant à ses appartements, Hitomi fut surprise de trouver Merle qui l'attendait devant la porte.
Depuis les révélations de Constantin, les deux jeunes femmes ne s'étaient plus croisées.

— Je crois que l'on a des choses à se dire. Fit timidement la jeune fille-chat

En la voyant, Hitomi sentit la rancœur reprendre le dessus.

Cependant, se maitrisant, elle lui répondit sans un regard.

— Oui, suis-moi…

Passant devant elle, Hitomi ouvrit la porte et d'un signe de tête, l'incita à entrer. La jeune femme se dirigea vers la table ronde de l'antichambre et tirant une des chaises vers elle, avant de s'adresser, d'une voix évasive et monocorde, à sa visiteuse :

— Assieds-toi…

Confuse, Merle s'approcha et vint s'asseoir face à Hitomi. Celle-ci ne dégageait aucune agressivité, son visage était tourné vers la fenêtre, le regard perdu sur Fanelia.

Un étrange silence régnait dans la pièce.

Rassemblant tout son courage, la jeune femme-chat commença à parler :

— Si tu ne veux plus me ré-adresser la parole, je comprendrais. Sois certaine d'une chose, je n'ai jamais voulu te faire de mal en aucune façon.

Attentive à chacune des réactions d'Hitomi, qui restait silencieuse, Merle s'efforça de continuer ses explications.

— Maître Van et moi même ne savions pas comment aborder cela avec toi… Même si nous étions conscients qu'il fallait te l'avouer avant que tu le saches par quelqu'un d'autre… Comme ce fut le cas…

Soudain, le visage d'Hitomi s'anima d'une petite grimace, la révélation de Constantin lui revenant en mémoire.

S'en apercevant, Merle en eut un vif frisson mais poursuivit, pesant vraiment ses mots.

— Hitomi, depuis ton départ, Maître Van a dignement assumé ses responsabilités de Roi sans vaciller. Mais derrière la façade publique digne, il était rongé par la tristesse. Le voir sombrer petit à petit dans la mélancolie m'était insoutenable.
Il ne se livrait pas totalement à moi... Je ne pouvais que rester auprès de lui, espérant qu'il se confie pour atténuer sa peine.
Avec le temps, Maître Van a beaucoup changé, ce n'était plus un adolescent chétif mais un homme...
Moi aussi, j'avais grandi.
Nous avons toujours dormi ensemble depuis l'enfance, mais avec le temps, les choses ont évolué différemment... Maître Van recherchait une autre forme de réconfort, qui je pense, allait bien au delà de ce qu'il aurait pu imaginer réclamer à l'époque où tu es partie…
Peu à peu, ce manque a commencé à prendre le pas sur lui, cependant je voyais bien qu'il se retenait.
Un jour, tout a basculé... Je ne pouvais pas le rejeter... Je ne pouvais pas lui faire ça...
Finalement, j'ai accepté cette situation en me persuadant que de cette façon, je lui apporterais un certain soulagement qui lui permettrait de surmonter sa tristesse.

Hitomi restait figée, presque éteinte. Elle affichait un regard inexpressif et restait plongée dans son mutisme

Merle sentit sa poitrine se comprimer petit à petit.

— Hitomi... Je t'en prie... Ne lui en veux pas !

La jeune femme-chat éclata en sanglots. Totalement désemparée, elle se précipita auprès d'Hitomi, et s'accroupit contre ses genoux.

A son grand désespoir, son interlocutrice ne réagissait pas.

— Si pour que tu puisses un jour refaire confiance à Maître Van, j'accepte de partir et de ne plus jamais revenir ! Mais je t'en supplie, si moi, tu peux me haïr, je t'implore de pardonner Maître Van !
Il n'y a pas un jour où il n'a pas pensé à toi ! Celle qu'il aime, c'est toi ! Moi, je n'étais qu'une sorte de réconfort...

S'en suivirent de longues minutes de pleurs. Sur le point de se résigner à partir, Merle fut surprise de sentir Hitomi poser délicatement sa main sur ses cheveux.

Relevant brutalement la tête, elle vit que celle-ci la regardait droit dans les yeux avec une extrême douceur.

— Ce n'est pas à moi de vous pardonner, c'est à moi de vous demander pardon...

Stupéfaite, Merle écarquilla les yeux tandis que Hitomi posait son autre main sur son bras.

— Merle... Comme tu as du souffrir... Déchirée entre tes sentiments, ta loyauté… C'est pareil pour Van… Avoua doucement Hitomi en commençant à pleurer. Par ma faute... Pourras-tu un jour me le pardonner ? Pourrez-vous me pardonner tous les deux ?

Emue, la jeune femme-chat lui sauta dans les bras. Elles restèrent vont rester un moment à sangloter tout en souriant.

Puis, relevant la tête, Merle demanda, remplie d'espoir :

— Hitomi, tu vas rester ici avec nous ?

Cette dernière la regarda en esquissant un timide sourire. Alors, la jeune femme-chat l'enlaça en lui murmurant « Merci ».

Puis, lentement, Hitomi se releva et se dirigea vers la fenêtre en en essuyant ses larmes. Merle la suivit.

Dans la cour du palais, elles virent Van en train de converser avec Hylden. Comme s'il se sentait observé, le Roi tourna la tête vers elles et les aperçut ensemble.

Regardant le Souverain, la jeune femme-chat s'adressa à son amie :

— C'est toi la femme qu'il veut et qu'il désire... Je crois qu'il n'y pas une nuit où il n'a pas rêvé que ce soit toi qui soit blottie auprès de lui…

Hitomi sourit légèrement. Quelques minutes, elle resta à observer Van avant de quitter le rebord de la fenêtre.
Puis, elle raccompagna Merle à la porte de son appartement en la remerciant.

Encore sous le coup de l'émotion, la jeune femme-chat l'enserra d'une sincère accolade avant de s'en aller.

OoO

La nuit était tombée, tout le monde dormait. Dans l'appartement d'Alexandre, Yiris était en train de ronfler tout ce qu'elle pouvait.

Soudain, un coup à la porte se fit entendre.

— Chef, excusez-moi de vous déranger, il y a un souci avec Constantin. Expliqua Haymlar à travers la porte.
J'en ai discuté avec Hylden, et il m'a dit que sur ce coup là, vous devez descendre. Votre frère a foutu la pagaille au bordel.

Encore à moitié endormie, Yiris se leva en ronchonnant.

— Je m'habille et je descends.
— OK, chef, Hylden vous attend en bas, moi, je vais surveiller ici, partez tranquille.

Furieuse, Yiris se vêtit à la hâte, sous le regard intrigué d'Alexandre qui avait émergé et s'en alla, le laissant aux bons soins d'Haymlar.

Rapidement, la jeune femme arriva à la porte sud du palais où l'attendait Hylden.

— Je suis désolé, lui dit-il, mais quand Haymlar m'a donné le message de sa sœur, j'ai jugé que, là, il fallait que tu interviennes.
— Qu'est-ce qu'il a encore fait ?
— D'après ce que j'ai compris, encore sous l'emprise de l'alcool, et sûrement d'autre chose, il a frappé plusieurs filles, et là, il menacerait d'en égorger une.
— Non seulement, il baise à l'œil mais, en plus, il se permet de foutre la pagaille… Pourquoi… Soupira rageusement Yiris.

Les deux généraux firent route vers le quartier graveleux.
Yiris avait du mal à dissimuler son inquiétude. Elle savait son frère capable d'accès de violence incontrôlables, il avait d'ailleurs tué de sang-froid un compagnon de beuverie quelques années auparavant et ses bagarres, fréquentes, étaient spectaculaires.

Si Van n'avait pas plus ou moins fermé les yeux sur ses agissements, conscient de ses qualités exceptionnelles de garde du corps, Constantin croupirait depuis longtemps en prison…
Etant donné la gravité de l'incident, Yiris se demandait si cette fois, il n'allait pas effectivement finir au cachot…