Léna n'avait pas compris tout de suite ce qu'il venait de se produire, mais instinctivement elle ne bougea pas. Surtout quand un enclenchement mécanique résonna et que son pied s'affaissa légèrement dans le sol. Là, elle avait compris qu'un truc clochait et avait appelé Ace. Le brun la contemplait avec le plus grand sérieux, les sourcils froncés à un point qu'elle crut qu'ils allaient se toucher. La situation n'était peut-être pas aussi critique qu'elle ne le croyait. Tout du moins, c'est ce qu'elle essayait de se fourrer dans le crâne pour ne pas tomber dans les pommes. Ses tempes palpitaient douloureusement, alors que le sang affluait dedans. Elle se mordit la lèvre inférieure en voyant Ace jurer et s'avancer en zigzaguant à certains moments comme si là encore, il savait où il ne devait pas marcher.
Là, tout de suite, Léna devait se focaliser sur sa respiration pour ne pas tomber dans les vapes, chose qui menaçait sérieusement la jeune femme si elle oubliait encore d'inspirer de l'air. Ace sortit son couteau du fourreau, l'enfonçant profondément dans le sol, mais assez loin pour ne pas toucher ce qu'elle supposait être une mine sous son pied. Des frissons glacés lui parcouraient l'échine par vague successive. Ciel! Sa trachée commençait à se comprimer dangereusement et ça la fit paniquer. Elle devait trouver quelque chose sur lequel se focaliser. Ses pieds? Non, mauvaise idée, elle se ferait tout un scénario sur ce qu'il y avait sous terre. Ses bras? Il y avait ses tatouages, elle n'avait qu'à se focaliser sur les fleurs de cerisier. Après tout, ce sont les fleurs de la persévérance, hein?
Bien que sur le coup, ce fut une bonne idée, la jeune femme repensa bien trop vite à ce qui l'entourait. Un petit monticule de terre se dressait à côté d'Ace qui n'avait pas dit un mot depuis lors. La gorge sèche, Léna déglutit le peu de salive qui lui restait pour parler.
- Alors? C'est bien ce que je pense?
Elle faisait un effort hors du commun pour ne pas hurler de peur et pour que sa voix est un minimum de contenance.
- Ouais. C'est bien ce que tu pensais, affirma Ace.
Un gémissement manqua de peu de sortir de sa gorge. Elle qui voulait vivre, eh ben, ça n'aura pas duré longtemps. Désormais, la présence d'Ace l'inquiété. Pour rien au monde, elle ne voulait l'entraîner avec elle dans la mort. Pour rien au monde, elle ne voulait l'entraîner avec elle dans la mort. Nouvelle vague de panique. Léna se sentait défaillir à chaque seconde, les larmes commençaient à monter, lui embuant la vue. Elle qui ne supportait plus les contacts, là, elle aimerait bien que quelqu'un lui tienne la main. Qu'Artyom lui tienne la main. Mais cela était impossible: Artyom était mort, six pieds sous-terre et elle n'allait sans doute pas tardé le rejoindre. Il aura péri dans les flammes; elle périra dans une explosion.
L'air devint plus lourd, le roulement du tonnerre résonna au loin.
- Manquait plus que ça, maugréa Ace alors que les premières gouttes de pluie tombaient. Bon, j'ai une idée, mais je ne sais pas si cela marchera. Je vais dégager la terre tout autour (il s'interrompit en voyant que la jeune femme ne réagissait pas). Léna.
Pas de réponse.
- Léna, regarde-moi. Je vais te tirer de là.
Il appuyait sur chaque mot en cherchant son regard, mais elle ne le lui rendit pas, gardant obstinément les yeux fermés, elle se contenta de hocher la tête.
- Je te fais confiance, affirma-t-elle d'une toute petite voix.
Cette phrase était lourde de sens. Ace le savait parfaitement et il eut une drôle de sensation dans la poitrine. Un genre de fierté et d'il ne savait quoi. Il déblaya encore un peu, juste assez pour éjecter la mine sans problème. La pluie lui martelait le dos et rendait la terre boueuse, risquant de faire un mini glissement de terrain. Il ne lui restait pas beaucoup de temps.
Léna s'était enfin décidé à ouvrir les yeux alors que la pluie lui claquait au visage par rafale. Ce soudain changement de temps l'apaisa légèrement. La pluie l'avait toujours apaisée. Or, quand ses yeux se portèrent vers le ciel, quelque chose clocha. Le vent forcissait de minute en minute, les nuages commençaient à exercer une lente rotation sur eux-même. Non, ils n'avaient pas la poisse à ce point-là quand même?
- Ace... Regarde le ciel.
Ce qu'il fit. Et poussa un énième juron, bien que les siens étaient plus distingués que ceux de Léna, autrement plus vulgaire. Ace la vit paniquer pour de bon.
- Va-t'en, Ace! Va te mettre à l'abri, mais laisse-moi là!
- Certainement pas, trancha Ace. Et reste calme bon sang!
- Calme? Comment veux-tu que je me calme?! J'ai le pied sur une mine!
- Plus pour longtemps. À trois, tu vas lever le pied le plus rapidement possible c'est d'accord? Un,..
- Hein?!
- Deux...
- Mais tu...
- Trois!
Elle balança son pied en arrière aussi vite qu'elle le pue, Ace balançant l'objet au loin avec une rapidité ahurissante. Encore une fois, elle ne l'avait pas vu bouger, mais n'eut pas le temps de s'en émerveiller, le souffle de l'explosion la fit chanceler dangereusement, des éclats métalliques volèrent dans tous les sens. Ace lui intima de fermer les yeux dans la seconde qui suivit, ce qu'elle fit. Une bouffée de chaleur l'embrasa tout entière, sa peur lui sautant à la gorge avec une violence inouïe. Un flash de lumière fusa sous ses paupières closes. Il va me désintégrer, il ne contrôle pas ses flammes! Hurla une voix dans son crâne. Au lieu de ça, Léna sentit les bras de Ace se refermait sur elle comme un étau d'acier et la soulever du sol avec un facilité déconcertante.
Le vent soufflait de plus en plus fort faisant virevolter ses cheveux dans tous les sens. Elle ouvrit un œil avec précaution quand elle se sentit ballotter comme un vulgaire sac-à-patate sur l'épaule d'Ace. Elle retint de justesse le chapeau du brun. L'air n'était plus qu'un hurlement à ses oreilles, une trombe descendait lentement sur terre. Léna planta ses ongles par réflexe dans les trapèzes d'Ace. Il n'émit pas de plaintes. La châtaine se rendit compte que Ace se dirigeait vers la forêt, c'était la pire idée qu'il puisse avoir!
- Ne va pas dans la forêt! Beugla Léna.
- Où veux-tu que j'aille?! On va se faire aspirer!
- Trouve un renfoncement ou une grotte mais certainement pas la forêt, on va se faire tailler en pièces! JE vais me faire tailler en pièces! Rectifia-t-elle.
Un petit cri lui échappa lorsque Ace vira subitement sur le côté. Elle se cramponna du mieux qu'elle put, bien qu'elle n'eût pas vraiment le loisir de se tenir à grand chose. Léna sentait le roulement des muscles du pirate sous ses doigts et contre son ventre. Elle en sentait la puissance se répandre contre elle. Le collier de perles d'Ace frottait désagréablement contre son thorax, elle allait sans doute avoir un hématome. Nouvelle bourrasque la fit chanceler sur l'épaule du brun qui resserra son étreinte sur ses reins et cuisses. Elle ne protesta pas. Léna essaya d'avertir Ace que la tornade se rapprocher. Mais sa voix mourut dans le tumulte venteux.
Des débris volèrent dans tous les sens; des branches, des troncs et... les carcasses. Ils s'éparpillèrent ou disparurent au-dessus des nuages. Léna sentit le sang de son visage refluer. Ciel! Voilà pourquoi des squelettes pleuvaient sur cette île! Cette révélation lui fit froid dans le dos, n'osant imaginer ce que les habitants avaient dû vivre. Ace sauta à plusieurs reprises afin d'esquiver divers objets volatiles, secouant la jeune femme comme un prunier. Heureusement qu'elle n'était pas fragile, elle aurait déjà eut une côte ou deux froissées. La pluie lui flagellait la peau, telle des aiguilles glacée. Le froid s'insinuait dans ses os, la faisant grelotter. Elle ne put garder les yeux ouverts plus longtemps, les feuilles et les brindilles lui éraflant son visage.
Ace fouillait les alentours avec son haki sans rien trouver. Il perdait patience, mais que pouvait-il faire contre une tornade? Rien. Il avait senti le ventre de la jeune femme vrombir, sans doute avait-elle essayé de lui parler, mais avec ce foutu vent, il ne l'entendait pas. Soudainement, quelque chose effleura son esprit. Il devina un renfoncement dans la roche, et qui sait, cachait-elle peut-être une grotte. Il mit les bouchées doubles, accélérant la cadence. Le bruit était véritablement assourdissant, il n'entendait plus son sang pulser à ses tempes, ni le claquement de ses chaussures sur la terre. Celle-ci était devenue glissante, il avait manqué à plusieurs reprises de se ramasser lamentablement. Plus que quelques mètres, et il pourrait mettre Léna en sûreté.
Il ne prendrait pas le risque de jeter un coup d'œil derrière-lui. Léna grelottait violemment contre lui. Il était tenté d'augmenter la température de son corps pour réchauffer la jeune femme, mais ne sachant comment elle réagirait, il s'en abstint. Bien que, elle ne s'en rendrait sans doute pas compte. Ace bondit une nouvelle fois, s'engouffrant dans l'interstice. C'était une grotte à son plus grand soulagement! Il s'arrêta plus loin, quand le vent lui parut moins violent. Léna glissa de son épaule, tremblante comme une feuille. Ses cheveux humides lui collaient au visage, parcourut de petites coupures. Ses joues étaient couvertes de sang dilué.
Ace s'ébouriffa les cheveux; ils étaient tous les deux trempées jusqu'aux os. Mais contrairement à Léna, le pirate supportait parfaitement le froid, vu qu'il était un homme fait de feu. Il augmenta sa température pour se sécher.
- Tu es frigorifiée... commença Ace la sentant trembler, donnes-moi tes vêtements.
Un sourire tremblant étira les lèvres de Léna, du moins c'est ce qu'il crut voir. Il y eut un appel d'air quand la tornade passa. Ace maintint la jeune femme contre la paroi de la caverne, la protégeant de son corps du mieux qu'il put. Les minutes passèrent, le vent s'adoucit jusqu'à ne devenir qu'une légère brise. La lumière revint subitement, inondant la grotte. La jeune femme tremblait de plus belle.
- Donne-moi tes vêtements, je vais aller les faire sécher, insista Ace de plus belle.
- T-tourne-toi, alors...
Le brun s'exécuta, laissant sa main tendue sur le côté afin qu'elle y dépose ses affaires. Le son étouffé des vêtements tombant sur le sol se répercuta sur les parois. C'était un son épais, lourd. Ace trouva le contact des tissus glacés et humides sur sa peau désagréable. Il entendait les dents de la jeune femme s'entrechoquer. Il se dépêcha de sortir à l'extérieur, laissant ses mains s'embraser. Ace fit un effort considérable pour ne pas brûler les vêtements de la jeune femme. Sa concentration au maximum pour ne pas faire de bêtises. Le ciel était de nouveau bleu azur, parcheminé de quelques nuages. Le brun passa facilement une demie-heure sur le jean de la châtaine, son tee-shirt ayant séché en quelques minutes à peine.
La tête enfouie entre ses bras, Léna faisait de son mieux pour se tenir au chaud. Sa peau était moite et ses sous-vêtements lui collaient à la peau. Elle ne tarda pas à balancer son soutien-gorge sur le côté il était gorgé d'eau, et elle aurait pu remplir deux verres d'eau quand elle l'essora. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine nue et attendit le retour d'Ace. Ses pas résonnèrent dans la caverne. La silhouette du brun se découpa contre la lumière du jour, ses bras chargés de vêtements. Elle espérait ne pas chopper une saleté. Détournant la tête, Ace lui tendit ses vêtements. Tiède et bien sec, elle ne se fit pas prier pour les enfiler dans la seconde qui suivit. Au passage, elle enleva son boxer trempé et passa son jean par-dessus sa peau nue.
Elle se foutait pas mal d'être sans sous-vêtement en dessous. Mais le dessus, ça c'était autre chose. N'ayant pas une poitrine tonique comme la plupart des femmes, elle ne supportait pas de se balader sans soutif, au risque de trop attirer les regards sur ces atouts féminins. Puis, ne pas se sentir maintenue l'irritée profondément. Léna ne vit pas l'expression de Ace lorsqu'elle lui tendit son dessous. Elle se contre foutait de montrer sa lingerie, bien qu'elle savait que cela pouvait donner certaines pulsions aux hommes, la châtaine avait confiance en le comportement du brun. Léna le vit prendre son soutien du bout des doigts, le tenant à une distance considérable de lui. Un sourire amusé étira ses lèvres. Oui, elle pouvait lui faire confiance à ce niveau-là.
Portant enfin son sous-vêtement indispensable, Léna se sentit mieux. Cela pouvait paraître stupide, mais d'autre vivait avec des tocs plus gros et pénible. La jeune femme s'était retenu à grande peine de ne pas s'esclaffer en s'imaginant Ace sécher son dessous. L'expression dubitative du jeune homme l'avait touchée. Touchée? Elle grimaça, refermant les deux pans de son sweat bleu marine autour d'elle. Le vent avait forci, s'engouffrant dans la grotte par bourrasque violente. Léna s'était lamentablement écrasée par terre. Puis se sentit aspirer à l'extérieur. Le bruit était insoutenable, elle avait l'impression qu'une dizaine de trains aquatique roulés au-dessus de sa tête. L'air fut expulsé de ses poumons quand Ace la plaqua au sol de tout son poids.
Ils se maintinrent comme ils purent à la roche pendant un temps interminable. Le silence se fit soudainement, un choc pour les oreilles de Léna. Elle articula sa mâchoire à plusieurs reprises, essayant de faire disparaître les bouchons. Le ronflement de Ace lui donna la migraine. Génial. Elle avait un poids mort sur le dos et s'extirper de là n'allait pas être une partie de plaisir. Léna tira sur ses deux mains de toutes ses forces. Elle réussit à bouger de quelques centimètres, une petite victoire personnelle en soit. Quand elle eut dégagé le haut de son corps, Léna se contorsionna de manière à enlever ses jambes. Elle poussa Ace qui se retourna sur le dos, les bras grands ouverts en train de buller.
Léna maugréa une vague insulte vers la narcolepsie de Ace et retourna s'asseoir contre la paroi. Elle jeta une œillade vers le fond de la grotte, toujours avec sa moue boudeuse. Elle se releva aussi vite et se dirigea vers le fond. Ses yeux s'habituèrent doucement à l'obscurité ambiante et s'avança plus franchement dans la pénombre. De loin, elle avait cru apercevoir des éclats brillants dans la roche. Tâtant prudemment celle-ci, elle l'inspecta en plissant les yeux. Elle siffla quand la peau de sa main fut entaillé sur un bord tranchant. Une onde parcourut la grotte, dressant les petits poils de nuque de la jeune femme.
- Qu'est-ce qui se passe? Marmonna Ace d'une voix râpeuse.
- Je n'en sais rien, mais vient par-ici, ordonna-t-elle d'un mouvement de main.
Le brun ne broncha pas, il se dirigea vers la jeune femme, inspectant lui aussi avec soin le mur.
- Tu pourrais... (elle glissa un regard en coin aux mains de Ace) éclairer? Juste un peu, hein!
Ace haussa les sourcils à son attention et laissa courir cette ardente légèreté le long de son bras pour les diriger dans sa paume droite. Un halo orangé scinda la pénombre, arrachant un frisson à Léna. Instinctivement, elle s'éloigna subrepticement, ce qui n'échappa pas au pirate. Du sang ruisselait sur la paroi, ce qui n'échappa pas à Ace également.
- Il faudra panser ta blessure, commenta le brun en désignant la main de Léna du menton.
Elle grimaça, cachant sa main derrière sa cuisse. Encore une stupide blessure. Ace ne fit pas d'autre remarque et elle lui en fut reconnaissante. De nouveau ce silence familier qui réconforta Léna. Sa main piquait doucement, heureusement pour elle, ce n'était pas sa bonne main. Cela ne lui poserait aucun problème pour le dessin. Le silence dura durant quelques instants encore, avant que Ace ne reprenne la parole :
- On dirait une langue morte...
- C'est ce que je pense aussi, murmura Léna. Il y a des schémas sur le côté.
La jeune femme fit plusieurs pas en arrière, plissant les yeux pour mieux discerner les ombres. La main lumineuse d'Ace lui inspirait un stress grandissant. Du nerf, ma grande ! Se fustigea-t-elle intérieurement. Il se contrôle! Tout du moins elle essaya de s'en persuader. Cela marcha. Un peu. Avec la distance, Léna vit un plan, un schéma se profilait sur le mur à la lueur d'Ace.
- Nom de Dieu, souffla Léna. C'est un plan! Ace, c'est un plan!
- Félicitation, tu as découverte ta première carte au trésor, s'enjoua Ace en s'éloignant.
- T'es sérieux?
Cette nouvelle émoustilla Léna. Une carte au trésor, hein ? Elle n'avait jamais vraiment eut le loisir de faire une chasse au trésor. Sauf quand sa famille cachée des chocolats dans le jardin. Elle alla chercher son calepin dans le sac et un crayon et revint sur ses pas. Léna dessina le plan du mieux qu'elle put, vérifiant à plusieurs reprises si tout y était. Le visage de Ace apparut par-dessus son cahier.
- Tu te débrouilles bien avec un crayon, commenta-t-il.
- P'tain, y a intérêt, ça fait des années que je m'exerce pour avoir ce niveau-là.
- C'est une corde sensible!
Léna leva les yeux au ciel, fourrant son crayon dans sa besace, elle tendit la carte improvisée à Ace.
- C'est ta carte. C'est à toi de mener le chemin.
Le froncement de sourcils de la jeune femme s'accentua, les lèvres pincées, elle tourna et retourna la carte dans tous les sens. Elle sentit la sueur perlait à grosse goutte; elle ne savait pas lire une carte. Elle vit Ace ouvrir la bouche du coin de l'œil et se dépêcha de sortir de la grotte, la carte tendue bien en face d'elle. Le brun sur les talons, Léna s'éloignait de la grotte à grand pas. Dès que le premier grondement retentit, la jeune femme se figea. Les nuages commencèrent leur descente rotative et il n'en fallut pas plus pour que Léna prenne ses jambes à son cou. Elle piqua un sprint d'anthologie, Ace la talonnant.
- J'te savais pas aussi rapide, souffla Ace la zieutant affalée à plat ventre par terre, respirant comme un bœuf. Avoue que tu sais pas lire une carte?
Léna se contenta de le fusiller du regard, se retenant de peu de lui faire un geste peu poli. Quelques minutes s'écoulèrent, la jeune femme ayant repris sa respiration et se releva. La châtaine fourra le plan dans les mains du brun et s'avança d'un pas raide vers le fond de la caverne. Ace secoua la tête en soupirant, s'attardant sur le schéma qu'avait tracé Léna. Il la suivit de près.
- Il faut que tu tournes à gauche, fit Ace. Au moins, ton instinct te trompe pas pour trouver le chemin.
- La ferme, marmonna Léna en grimaçant, et y a rien sur la gauche.
- Pourtant, c'est ce que tu as indiquée.
Si Léna avait pu gronder, elle l'aurait fait. Elle regarda le mur, le tapota, appuya mais rien. Elle lui lança un regard inquisiteur. La main d'Ace s'embrasa sans crier gare, faisant bondir Léna. La peur tomba comme un bloc de glace dans son ventre et se répandit dans sa trachée.
L'ouverture se ferma, retranchée dans sa coquille, la jeune femme mit de la distance physiquement et mentalement. Ace le vit à l'éclat des yeux de la châtaine. Ils ne pétillaient plus, la lumière n'était plus gaie mais apeurée. Cela mit un coup au cœur d'Ace. Il n'aimait pas cette peur. Cette peur de lui. Le pirate abattit son poing violemment sur la paroi, Elle s'ébranla violemment, des pierres chutèrent. Par le plus grand des hasards, les interstices s'enflammèrent, dévoilant une porte. Un bruit sourd résonna, le battant s'effondra vers l'extérieur de la grotte.
Le choc fit sursauter Léna. Pas par peur. Mais à cause de la terre qui trembla. Le cœur de la jeune femme était parcourut de palpitations douloureuses. Elle voulait s'éloigner en courant d'Ace, s'éloigner de ses mains enflammées. Les tornades lui semblaient plus viables que ça. Moins effrayante. Léna s'assena une gifle mentale. Non, pas une gifle, carrément une bonne droite. Les larmes lui montèrent aux yeux. Ciel, Artyom, qu'elle couarde je suis devenue... Elle se donnait envie de vomir. Comme une imbécile, elle devait faire souffrir Ace avec ces idioties. Lui qui essayait de l'aider. Sa lèvre inférieure tremblota. Touche-le! Hurla une voix dans sa tête. Prouve que tu n'es pas qu'une mauviette! Elle dirigea sa main vers le poignet d'Ace. Ses doigts étaient raides, le sang fuyant ses membres. Presque. Elle y était presque. Léna se donna un coup de fouet mental, saisissant le poignet du pirate.
Ses doigts alanguis lui faisaient mal, mais elle s'en contre foutait. Elle avait réussie! Ses jambes flageolantes manquèrent de céder sous son poids tant la peur et la joie se livrer bataille intérieurement. Léna sentis ses joues s'échauffer quand elle croisa le regard d'Ace. Fier et bienveillant.
- En route, souffla Ace les yeux brillants d'une émotion qu'elle ne sut décrire, trouvons ton premier trésor.
Voilà le chapitre quatre! J'espère qu'il t'as plus, je m'investis vraiment beaucoup dedans, et je vais pas mentir, cette fan-fiction m'éclate énormément! Un jour, il y aura des combats, mais c'est pas pour tout de suite, là, je tiens à ce que tu t'adaptes au personnage, que tu l'as comprenne et que tu sente sa peur, sa douleur. Bref, maggle. Qu'est-ce que tu en as pensée? Tu as des espérances en particulier pour la suite? N'hésite pas à me parler, aussi, hein! A bientôt, je t'embrasse, et merci à tout ceux qui m'encourage et me suive, vous n'imaginez pas à quel point cela me fait plaisir!
