Chapitre VI .
Je m'étais blottie dans un lit qui avait été mis à notre disposition dans le bateau nous menant à Tardor. Artyom était partit depuis une petite heure et l'air de la cabine était lourde, même avec le hublot ouvert. La nuit était tombée depuis quelques heures, assez pour que le ciel nocturne ait recraché les dernières particules de jour. J'attendais encore et encore, puis enfin, les pas familier de mon compagnon se firent entendre dans le couloir. Je souris lorsqu'il s'engouffra dans la chambre et le fit sursauter en l'appelant. Artyom souffla, s'approchant du lit en se déshabillant. Je retins ma respiration en admirant le jeu de lumière apportait par la lune sur son corps nu. Il était svelte sans un gramme de graisse, mais n'était pas non plus musculeux. Mes yeux s'attardèrent sur son membre et Artyom dû le sentir, car il s'approcha d'une démarche lente et calculée et se mit haut-dessus de moi. Il avait son sourire charmeur, remplit de sous-entendus qui me promettaient une soirée de plaisir. Je ris de bon cœur et l'embrassa tendrement. C'était d'abord doux, puis les lèvres d'Artyom se firent plus impérieuses, ses mains caressants ma poitrine. Je grognai contre sa bouche tant j'en voulais plus.
« Nous n'avons pas encore eut l'occasion de faire l'amour dans un bateau, chuchota Artyom d'une voix rauque alors qu'il couvrait mon cou de baisés papillons. Et cette idée me tente énormément. »
Je soupirai d'extase, me tortillant pour être totalement sous lui, une vague de chaleur embrasant le bas de mon ventre.
« Cette idée me plaît également, ronronnai-je en m'arc-boutant contre mon compagnon. »
Artyom sourit, ses yeux brillants. Son image et cette nuit se gravèrent dans ma mémoire et je les chériraient pour le restant de mes jours.
- Pose-toi là, fit Ace en désignant un rocher à même le sol.
- On à déjà fait trois haltes depuis qu'on est arrivés dans cette jungle, Ace, soupira Léna en désignant du revers de la main le paysage, ma blessure au bras ne va pas m'empêcher de marcher.
- Je préfère que l'on s'arrête plus fréquemment qu'attendre trop longtemps.
Léna soupira en levant les bras au ciel en signe de reddition et s'assit, regardant le brun à l'affût. La jeune femme sentait que quelque chose n'allait pas. Ace semblait sur le qui vive, agité. Il regardait souvent derrière eux et se tendait au moindre murmure. Détachant son regard du pirate, la jeune femme fit glisser la manche de son sweat bleu marine, et défit le bandage de fortune. Elle grimaça lorsqu'un bout de croûte vint avec, faisant saigner la plaie. La blessure était boursouflée, la peau autour était enflammée. La jeune femme quémanda son sac auprès d'Ace, partant déjà de son côté. Celui-ci ouvrit légèrement la bouche, surprit. Ses sourcils ne se délièrent pas, creusant une ride entre eux, preuve qu'il n'était pas tranquil. Le brun revint sur ses pas, déposant le sac aux pieds de la jeune femme et tourna la tête vers la forêt. Léna n'était pas à l'aise également, elle sentait que quelque chose n'allait pas, mais n'osa pas poser la question à Ace l'imagination de la jeune femme suffirait à la mettre en panique toute seule.
Fouillant dans son sac rayé après du désinfectant qu'elle eut la présence d'esprit d'emmener avec elle, les mains de la jeune femme effleurèrent la peau granuleuse du fruit du démon. Léna n'aurait jamais crut en trouver un. Le laissant sur le côté, a châtaine referma la main sur le flacon d'alcool et l'en sortit de sa besace. Dévissant le bouchon, la jeune femme serra les dents tandis qu'elle versait quelques gouttes sur la morsure. La douleur se fit virulente, arrachant un juron à Léna, tapant durement du pied sur le sol en soufflant à plusieurs reprises. Elle se mordit les lèvres étouffant la suite de ses injures.
Ace lui jeta un œil à la dérobé, amusé et inquiet. Léna se débrouillait sans lui, même si à cet instant précis, elle faisait un tapage de tout les diables qui – sans aucun doute – dut attirer bon nombre de bêtes sauvages. Il ne se formalisa pas non plus de son langage peu fleuri inspiré par la douleur. Ses joues étaient gonflées et rougis tant elle se retenait de pester. La châtaine était plus courageuse qu'Ace ne l'avait pensé. Elle ne l'appelait pas à l'aide systématiquement, essayait de se débrouiller seule comme elle le faisait à l'instant quand elle remit le bandage sur sa plaie. Le brun voyait bien que Léna luttait contre elle-même. Que ce soit ses souvenirs, son état mental et la peur qu'elle éprouvait à son égard, la châtaine faisait de son possible. Léna releva son visage rond dans sa direction, les sourcils froncés. Ses traits se détendirent quand elle le vit. Un petit sourire titilla la commissure de ses lèvres, puis elle détourna le regard. Les yeux de la jeune femme brillaient d'un éclat déterminé. Ace s'en amusa. Elle changeait d'état d'âme comme de chemise, ce qui ne perturbait plus le pirate depuis qu'ils étaient rentrés ici.
Ace reporta son attention sur la forêt s'étendant à perte de vue. Les feuilles étaient d'un bleu profond, tirant sur l'outremer. Les veinures turquoises projetées une faible lueur pulsative comme si un cœur battait sous les racines. Les rumeurs de la forêt soufflaient sur Ace des sons inconnus et lugubres. Il sentait qu'ils n'étaient pas seuls. Quelqu'un ou quelque chose rôdait à l'ombre des arbres. Vu comme la flore était extravagante, Ace se doutait que la faune devait l'être d'avantage. Il revint sur ses pas, se dirigeant vers Léna à son rythme. Ses yeux se portèrent sur le sac de la châtaine; le fruit qu'elle avait trouvée dépassait de sa besace. Si un jour la jeune femme se décidait à le manger, sans doute gagnerait-elle un pouvoir considérable. Assez pour qu'elle puisse se défendre seule, bien qu'Ace n'avait pas l'intention de la laisser se battre sans qu'il soit dans les parages. C'était bien évidemment en cas de dernier recours. Mais cela, il le tint pour lui.
- Fait attention au fruit. Si tu n'es pas décidée à le manger, nous le garderons précieusement jusqu'à trouver un revendeur. Sauf si tu veux le garder, bien entendu.
Ne répondant pas tout de suite, les yeux fixées sur le fruit du démon, Léna garda le silence, le visage fermé de toute expression.
- L'idée de manger le fruit est extrêmement tentante. Mais il y a trop de contraintes : l'incapacité à nager en est une grosse. Puis, ça tombe, le pouvoir de ce fruit sera terriblement ridicule ou sera trop puissant pour que je puisse le contrôler.
- Ou il sera fait sur mesure pour toi, ajouta Ace en coinçant ses pouces dans ses poches. Un fruit du démon à énormément d'avantages. Honnêtement, tu n'as rien à y perdre.
- Comme toi avec tes flammes, murmura Léna sans le regarder.
- Pardon?
La jeune femme secoua la tête de droite à gauche, ses lèvres se courbant doucement vers le haut. Elle ne dit pas un mot de plus, laissant Ace songeur quant à son murmure. Le brun se gratta le sommet du crâne en baillant. Il s'assit près de Léna, déposant son chapeau sur ses jambes et faisant rouler ses épaules. L'odeur des plantes était entêtante, assez intense pour le faire grimacer. La camomille, le chèvrefeuille et le jasmin embaumaient l'air. Léna ne semblait pas dérangée par toutes ces senteurs. Visage calé sur sa paume, les yeux clos alors qu'elle chantonnait. La voix de la jeune femme n'était pas des plus agréable à entendre, mais la vibration de ses cordes vocales avait quelque chose d'apaisant. Se retenant de sourire, Ace lâcha:
- Tu chantes très faux.
Un son étranglé lui parvint. Il ne put s'empêcher d'éclater de rire en se frappant le genoux du plat de la main.
- Je te savais pas susceptible ! S'égosilla Ace les larmes aux yeux.
- Je suis tatoueuse et dessinatrice au passage, pas chanteuse, siffla-t-elle les yeux lançant des éclairs. On peut pas tout avoir !
Léna sentit ses joues s'échauffer violemment, gesticulant sur place mal à l'aise. Elle détourna, le visage, gonflant ses joues rondes et dédaignant le brun. Elle changea de sujet rapidement en entendant Ace rire sous cape.
- On est où sur la carte? Maugréa-t-elle les dents serrées et ne le regardant toujours pas.
- On est à la moitié du va se remettre en route. Tu t'es assez reposée?
Ne daignant pas lui répondre, Léna tira sur son sweat, coincé entre la roche et Ace, faisant perdre l'équilibre au jeune homme assis. Elle jeta son sac sur son dos et avança en essayant de ne pas entendre le rire du brun lui casser les oreilles.
S'aventurant sous la cime des arbres, Ace créait un passage pour lui et Léna à travers la forêt. Il se contentait de briser les branchages un par un, amplifiant les bruits du sous-bois. La jeune femme n'avait pas pipée mot depuis qu'il s'était moqué d'elle une heure plus tôt. Elle l'ignorait royalement, prenant soin de ne pas croiser son regard. Ace s'en amusa. Il évitait d'afficher un grand sourire devant elle, gardant un air impassible. Ses pensées revinrent vers le comportement de la jeune femme quelques heures plutôt, lorsque son mutisme l'avait frappée de plein fouet, la plongeant dans une torpeur inébranlable. Il ne savait pas ce qui pouvait provoquer cela et ne pouvait rien faire sans qu'elle le lui dise. Ace n'était pas doué avec les femmes. Il n'en avait pratiquement jamais côtoyer si ce n'était Makino et Dadan lorsqu'il était petit. L'une était la douceur et la délicatesse, l'autre lui apprenait à survivre et lui offrait un toit, lui montrant la vraie dureté de la vie. Un petit sourire étira ses lèvres en repensant à ces deux femmes. Elles l'avaient marqué et lui avaient tant appris.
Le silence se brisa lorsque Léna lui demanda :
- Penses-tu vraiment que le fruit du démon m'apportera plus ?
- Oui et non. Si c'est un Zoan, qu'importe l'animal, tu gagneras en force physique, sans doute aussi en ce qui concerne tes perceptions. Un Paramecia affectera ton corps de plusieurs manière possible, mais tu ne peux pas savoir de quels manières tant c'est vaste. Les logia sont extrêmement rare, c'est un fruit élémentaire, là, rien ne pourra te toucher si ce n'est quelqu'un possédant un fruit similaire ou possédant le Haki.
Hochant la tête pour elle-même, Léna assimila ces nouvelles informations en pesant le pour et le contre. Les fruits du Démon était un réel avantage, elle ne le nia pas. Mordillant sa lèvre inférieure, songeuse, elle réfléchit qu'elles étaient les possibilités pour un Paramecia et un Logia. Elle savait fichtre rien sur le premier type de fruit. Affecter le corps? Mais de quelle manière?
- Tu connais quelqu'un qui a mangé un paramecia? S'enquit-elle perplexe.
- Mon petit frère à mangé un Paramecia, répondit Ace sans se retourner, depuis, il est devenu un homme caoutchouc: il est immunisé contre le chocs et les balles.
Léna ouvrit de grands yeux en l'écoutant, fascinée et étonnée. Cet homme avait un frère? Elle n'aurait pas dû s'en étonner. Mais qu'il ait également un fruit du démon, ça c'était étonnant. La jeune femme éprouva une certaine gêne: elle ne l'avait jamais imaginé être autre qu'un pirate parcourant les mers à la recherche de trésors.
- Et comment s'appelle-t-il ?
- Luffy.
- C'est un prénom original...
Le rire d'Ace l'ébranla, diffusant une décharge dans son dos. Elle ne s'y attendait pas. Il avait rit de la même manière qu'Artyom, de manière franche et contagieuse. La chair de poule hérissa sa peau. Elle se frotta les bras en baissant les yeux sur ses chaussures, le cœur noué. Le rire d'Ace lui avait mit un coup de poing dans sa machine organique. L'exclamation de joie d'Artyom passait en boucle dans sa tête se mélangeant au rire d'Ace. Une mélopée douce lui faisant atrocement mal. La voix du pirate la tira de ses pensées.
- ... vu il n'y a pas longtemps à Alabasta. Il est devenu pirate et à lui aussi un équipage qui veille sur lui, argua Ace une pointe de tendresse et de fierté dans la voix.
- Tu as l'air rassuré.
- Je le suis. Luffy est un empoté de première, il chouinait tout le temps, petit. Alors, d'office, j'étais inquiet. Je ne l'avais pas vu depuis au moins trois ans. Il a bien grandi!
L'écoutant en silence, Léna l'observait avec minutie, comme un animal étrange et fascinant. Elle le voyait non plus comme une bombe à retardement, mais comme un homme ayant une famille et cela la toucha. Ace jeta une œillade par-dessus son épaule dans la direction de la jeune femme. Il lui parlait, mais elle ne l'avait pas entendu. Elle cligna des yeux, chassant son attention et regarda le crâne d'Ace.
- Euh, pardon. Tu disais? Demanda-t-elle cachant le trouble de sa voix.
- Tu as une famille?
Une famille? Oh, ça, elle en avait une, mais elle ne savait pas par où commencer. Sourcils froncés, elle se lança.
- J'en ai une (le silence qui accueillit sa réponse l'incita à continuer). Je ne suis pas originaire de Tardor. Artyon et moi y avons emménager il y a ...
Elle s'interrompit, prenant soudainement conscience qu'elle ne savait plus en quelle année elle était, ni quel jour. Étouffant une exclamation en plaquant ses mains sur sa bouche. Elle se maudit intérieurement. Ace se retourna sur elle, l'expression inquisitrice. Léna voila sa honte en plongeant son visage contre ses paumes.
- Ace. Je ne sais plus en quelle année on est. Je sais plus, murmura-t-elle perdue presque horrifiée.
Le brun écarquilla légèrement les yeux, ses sourcils se touchant presque. Sa voix ne trahissait pas sa pitié.
- Nous sommes en novembre 1522. Le jour, je ne saurais pas te dire, sans doute mardi ou mercredi.
Léna accusa le coup de cette nouvelle. Des bouffées de chaleur la parcoururent. Marcher, elle devait marcher. La sueur perlant sur ses tempes, tête basse, épaules voûtées et poings serrés elle devança Ace la suivant des yeux. Elle reprit, tendue :
- C'était il y a trois ans. L'entente avec ma famille n'a jamais été très bonne et je n'étais moi-même pas très bien vue parce que je ne cherchais pas à cacher les apparences. Ma famille était avant tout un ramassis d'hypocrites voulant se faire passer pour ce qu'il n'était pas: riche. Et moi, ricana-t-elle mauvaise, je n'allai pas dans leur sens, cacher la vérité n'apporte rien, mais ça, ils n'ont jamais voulut l'entendre. Seule l'apparence comptait. Oh et j'ai travailler dur pour leur montrer que je valais mieux qu'eux. J'ai réussie là où je le voulais : en art. Cela peu paraître pompeux, mais j'ai toujours aimé dessiner et je ne me voyais pas faire autre chose. Alors je partais chaque semaine dans la ville voisine qui se trouvait à l'autre bout de l'île pour aller à l'école. J'étais parmi les gosses de riches qui n'avaient jamais lever le petit doigt pour faire quoique ce soit et qui comptaient sur la réputation de papa et maman pour frimer. Ah! Et moi, j'ai réussie ! Seule, sans personne.
C'est là-bas que j'ai rencontrée Artyom. Il était issus d'une famille de gens aisés mais humble. Et ça, je respectais. Il n'aimait pas traîner avec les autres. Nous avons commencé à nous côtoyer après les cours. Lorsqu'il attendait la calèche pour rentrer chez lui. On voyageait en calèche dans cette ville ou à vélo. Lorsque je l'ai vu assis par terre alors qu'il attendait, je suis restée avec lui. Un jour, puis l'autre. Puis toutes les semaines. Les heures après les cours devinrent des week-end que nous passions à deux. Notre relation s'est faite naturellement. Aucune déclaration n'a été faite. Seuls les gestes ont parlés pour nous. Je n'avais jamais été aussi heureuse de ma vie, Ace. Avoir quelqu'un qui nous soutient et nous aimes pour ce que nous sommes, ça retape n'importe qui, même moi qui pensait être un cas désespéré. Artyom m'a reconstruite et pour ça, je lui en serait éternellement reconnaissante.
- Tu as dû travailler dur pour payer une école, s'avança Ace derrière elle et l'écoutant en silence.
- Non. Ma mère me les a payés. Elle aurait bien voulut ne pas le faire, mais un membre de la famille de mon père fait parti de la Marine. Il a fait pression sur la famille de ma mère pour payer mes études. C'est lui aussi qui m'a apprit certaine chose sur mon père, qui était partit lorsque j'avais trois ans. Je n'ai aucun souvenir de lui et je lui en ai toujours voulu de m'avoir abandonnée là. Je l'ai haïs de tout mon être. Pis, ma mère essayait de me laver le cerveau et de faire en sorte que je le haïsse d'avantage encore. Le frère de mon père m'a ouvert les yeux. Que mon père, Hierim, ne m'avait pas abandonnée de bonne grâce, qu'il avait voulut m'emmener avec lui ailleurs, mais qu'il n'avait pas pu. Qu'il m'aimait. Il estimait que la famille de ma mère subviendrait mieux à mes besoins, contrairement à lui. Alors, il est partit. La plupart de ses camarades ne me disaient que du bien de lui. Bien sûr, je ne l'ai appris que peu de temps avant que je ne parte pour Tardor.
J'ai finie par lui pardonner. Ça fait du bien de pardonner. Depuis, je vis mieux, même si je me demande à quoi il ressemble. Ma mère m'a toujours crachée à la figure que j'étais le portrait craché de mon père. J'en suis fière désormais. Il parait que j'ai ses yeux et sa bouche. Cela me fait plaisir. Je sais que je me reconnaîtrai dans ses yeux (elle soupira). Désolée, je te déballe ma vie.
- C'est que tu en avais besoin, se contenta-t-il de dire.
Léna hocha la tête. Sans doute, pensa-t-elle, ralentissant la cadence laissant Ace la devancer. Le brun ayant un peu d'avance sur elle, il n'entendit pas le craquement qui la fit sursauter. Elle trébucha, perdant l'équilibre. Émergeant des fourrées d'un bond, un jaguar d'une taille considérable fondit sur elle. Ses griffes l'effleurèrent d'un cheveu. Tombant lourdement au sol, Léna se retourna sur le dos, reculant en donnant de violant coups de pieds dans la terre à fin de mettre de la distance avec le fauve. Celui-ci avait dérapé, laissant de profonds sillons dans le sol. Il se mouvait avec assurance et lorsqu'il bondit, la main de la jeune femme pressa des plantes qui émirent un chuintement et avant même qu'elle ne puisse réagir au bruit ou à l'animal, Ace faucha le félidé d'un direct dans la mâchoire. La gorge de Léna lui démangeait, provoquant une quinte de toux qu'elle ne put stopper. Sa vue se brouilla, l'image d'Ace se métamorphosa, remplacé par l'image d'Artyom, lui souriant tendrement. Puis tout se passa très vite.
Elle se redressa en soufflant son nom les yeux écarquillés. Le paysage ondulé derrière-lui, des flashs scindaient sa vue, l'image d'Artyom se brouillait et se mélangeait à son cadavre calciné se déplaçant vers elle et l'appelant. L'horreur lui gela les veines, elle hurla à pleins poumons, les larmes dévalant sur son visage. Elle se débattit avec les fougères et courut à en perdre haleine, toussant et respirant péniblement. L'équilibre lui manquait, le sol tanguait, les couleurs explosés autours d'elle où la lumière pulsait comme un néon en fin de vie. Elle s'emmêla les pieds dans une racine, la voix d'Artyom l'a poursuivait, ses pas se rapprochaient. La main brûlante d'Artyom se referma sur son bras la faisant chuter. Le corps lourd de son compagnon tomba sur Léna, son visage noirci par les flammes trop près du sien. La châtaine s'époumona de plus belle, labourant le visage de son petit-ami. La terreur était bien trop forte, elle n'en pouvait plus, cherchant à se libérer de son étreinte. Elle criait, pleurant de tout son soûl. Une douleur sourde se diffusa dans son crâne puis l'obscurité la cueillit.
Ace n'avait pas comprit ce qui venait de se passer. Léna était étendue sous lui, inerte, les joues rouges et striées de larmes. Elle l'avait fuit comme le diable en personne en hurlant et courant à toute berzingue. Il avait dû lui mettre un coup de boule pour la calmer. Il se laissa choir à côté d'elle, frottant son visage en grimaçant. Il avait fait en sorte qu'elle ne passe pas à travers de lui pour qu'elle ne se brûle pas. Le revers de sa main était écarlate, lui arrachant un sourire mauvais: il n'avait pas saigner depuis longtemps. Ses yeux se portèrent sur Léna, sa respiration précipitée soulevait sa cage thoracique par a coup.
- Qu'est-ce qui t'as prit pour que tu hurles et me fuis comme ça ? Murmura Ace les yeux plissés.
Le brun secoua la tête et se gratta la nuque. Mieux valait-il qu'ils ne restent pas là. Il jeta les deux sac sur son épaule et glissa ses mains sous la jeune femme pour la soulever. Elle n'était pas légère, mais pas au point d'être un fardeau non plus. Ace revint sur ses pas, là où le jaguar les avait attaqué. Il eut une pointe de remord en voyant naître une bosse sur le front de Léna. Un souffle poreux le fit tiquer et lorsqu'il baissa les yeux, un nuage jaunâtre s'élevait des plantes. Il s'en éloigna rapidement, ramenant la tête de la châtaine contre son épaule. Il retint sa respiration, marchant vivement à un point qu'il supposait être le milieu de la caverne. Ace avait mémorisé la carte qu'avait dessiné la jeune femme. Le centre semblait être dégagé de toute végétation. Aucun autre félin ne les avait attaqué et cela n'était pas plus mal. Le jeune homme se voyait mal combattre et tâcher de garder Léna indemne. Il espérait qu'elle se réveillerait dans peu de temps. Sans hurler, si possible.
Les ballottements secouant Léna la réveillait tout doucement. Les images d'Artyom brûlant vif et courant après elle lui firent ouvrir brusquement les yeux et relever la tête violemment. Elle poussa un glapissement de douleur, percutant une surface dure. Le menton d'Ace. Le grognement du brun la calma, son odeur emplissait ses poumons de sérénité. Cela n'empêcha pas les images de défiler devant ses yeux à chaque battement de cils. Elle souffla profondément, essayant d'apaiser les tremblements qui secouaient ses membres.
- Pardon pour le coup, marmonna Léna.
- Pas grave, maugréa Ace un coin de bouche partant vers le bas, on va dire que c'est pour le coup que je t'ai donné tout à l'heure.
- Le coup?
- J'ai dû te mettre un coup de boule pour te calmer.
Léna cligna des yeux à plusieurs reprises, puis tâta son front à la recherche d'une bosse. Ses doigts la rencontrèrent, réveillant instantanément la douleur. Elle siffla, remettant sa main à sa place d'origine et ne la bougea plus.
- T'as la tête sacrément dure.
Là, elle prit le temps de le regarder, levant la tête vers lui. Elle s'étrangla en voyant une bosse similaire à la sienne prôner sur le sommet du crâne d'Ace.
- Tu parles ! Tu t'es fait bien plus mal que moi ! L'apostropha-t-elle les yeux ronds.
- Ouais, ouais, ne crie pas, je t'entends assez bien de là où tu es !
La jeune femme tiqua. Oui, il devait bien l'entendre, vu qu'il la portait à bout de bras. Elle se figea instantanément, gênée qu'il la porte ainsi. Léna n'était pas un poids plume, qu'il la mette sur son épaule comme un sac-à-patate passait encore, mais être dans ses bras la hérissait au plus au point. Ne pipant plus un mot, elle se figea, pinçant ses lèvres et tâchant de ne pas penser à cette proximité dangereuse. Elle rentra sa tête entre ses épaules, enfouissant son menton dans son sweat, aussi tendue qu'un arc. Léna jeta un coup d'œil à la dérobée au menton d'Ace un peu rouge et à sa joue labourée puis retourna à la contemplation de ses genoux soutenus par la main massif du pirate. Vu la taille de sa main, il recouvrerait facilement son genou rien qu'avec sa paume. Nouveau regard dans sa direction. Il ne semblait pas se fatiguer, ce qui l'horripila d'avantage. Subitement, elle eut chaud, surtout au niveau du visage. D'abord, elle crut que c'était Ace et un vent de panique se leva en elle, puis elle sentit que c'était elle qui était brûlante, non l'inverse. Sa phobie se calma quelque peu.
- Nous arrivons bientôt au centre.
- hn, hn.
Elle ne voulait pas dire quoique ce soit. Bon sang! Un homme la portait dans ses bras et il pouvait devenir une véritable torche humaine à son bon plaisir! La peur revint au galop, la faisant frissonner. Considère cela comme un exercice ma grande. Du nerfs ! Et elle s'y tint, tentant de garder l'image d'Ace s'esclaffant et parlant de son petit frère avec fierté. Comme n'importe quel grand frère et homme l'aurait fait. Il est avant tout humain, Léna. Ce ne sont pas des flammes qui te tiennent, mais les bras d'un homme fait de chair et d'os. Avec un supplément flamme, mais un homme avant tout. Prenant son courage à deux mains, elle posa sa joue contre le torse d'Ace après deux tentatives infructueuses. Léna inspira à plein poumons, fermant fortement les yeux et plissant les sourcils à la recherche des battements de cœur du pirate. Les percutions de sa machine organique résonnèrent, sourdes et régulières, avec une force rassurante. Le rythme apaisant de ce son naturel la relaxa, accompagné par le balancement de la marche du pirate. La voix d'Ace fit vibrer sa cage thoracique.
- Qu'est-ce qui t'as prit tout à l'heure ?
- J'ai eu des hallucinations...
Du moins, le pensait-elle. Léna ne put contrôler les tremblements de son corps lorsqu'elle se remémora Artyom brûlant vif.
- Et je n'ai pas envie d'en parler, s'empressa-t-elle d'ajouter.
- Pas de soucis.
Et il ne posa pas d'autre question. Léna lui en fut reconnaissante.
- Ce n'est vraiment pas mon jour, aujourd'hui, soupira Léna la joue toujours contre le torse d'Ace.
- J'ai connu des gens plus chanceux que toi, ça, c'est sûr, commenta le brun en hochant la tête.
Grognant, elle asséna une claque du revers de la main sur le torse du pirate qui ricana. Là, elle se souvint qu'Ace lui avait parlé un peu plus tôt d'un phénomène nommé Haki.
- Ace.
- Hm ?
- Qu'est-ce que le haki ?
Prenant une brève inspiration, Ace se lança dans une explication approximative de ce qu'il connaissait.
- Il existe trois types de Haki. Le premier est celui de la perception, ceux qui le possède peuvent anticiper le mouvement des autres ainsi que celui des objets. Le deuxième est celui de l'armement où tu peux recouvrir mentalement ton corps d'une armure impénétrable. Enfin, c'est ta peau qui devient aussi dure que l'acier. Grâce à ça, tu peux toucher tous les détenteurs de Logia. Le troisième est extrêmement rare : c'est le haki des conquérants. Ceux qui le détiennent sont rares, je connais peu de personnes qui l'ont. Tu peux mettre une armée à terre par la seule force de ta pensée.
- C'est effrayant de savoir que des gens détiennent ces capacités... N'importe qui peut posséder les deux premiers?
- Oui. Avec beaucoup d'entraînement et du temps. Je pourrais te les apprendre si tu veux.
- Si tu as le temps.
- Ne t'inquiète pas pour ça, sourit Ace. Aussi, quand ton bras sera guérit, on reprendra les combats.
Léna hocha la tête, détachant sa joue du torse d'Ace. Elle regarda le paysage se vider lentement des arbres aux couleurs étranges. Elle fut étonnée de constater qu'elle n'avait pas prit ses jambes à son cou en étant dans les bras d'Ace. Or, elle aurait dû. Sans doute qu'apprendre et parler avec lui le rendait plus humain à ses yeux. Peut-être était-ce cela, la clé pour qu'elle n'ait plus peur du feu? L'associer à un homme?
Mot de l'auteur : Voilà un chapitre six qui n'est pas des plus dynamiques, mais ne vous inquiétez pas pour ça, quand ça le sera, vous ne serez pas déçus. Pis, navrée pour les fautes, mais désormais, je n'irais plus sur des sites de correction. Déjà de un, ça nique toute ma mise en page et de deux, je me retrouve avec le quadruples des fautes, ce qui me fait quand même pas mal halluciner ! Enfin, ce chapitre fait huit pages OpenOffice, j'en suis contente. Je voulais vraiment faire quelque chose de posé (si on omet le passage d'hallucination un peu morbide, ah ah.) Je tenais aussi à passer par un stade où Léna apprends d'avantage sur l'univers qui l'attend. Je veux qu'on s'attache à elle, pas qu'elle soit l'héroïne bourrine et surpra intelligente. Nop. Elle est humaine. Point à la ligne. Aussi, si vous trouvez que je ne me suis pas attardé sur certains éléments, c'est normal, ils sont pour les prochains chapitres. Aussi, merci à celles qui m'encourage, me laisse des avis et m'encourage, ça me fait super plaisir et ça me boost à continuer. Merci à vous, vous vous reconnaitrez, et je vous embrasses !
- Qu'est-ce que tu en as pensé?
- As-tu des attentes pour la suite?
