Chapitre VII.
La tête d'Artyom reposait contre ma poitrine, son souffle caressant ma peau dénudée. Je passai distraitement ma main dans ses cheveux, un geste que je faisais fréquemment après nos ébats. Les doigts de mon amant frôlaient doucement la courbe de mon dos, un endroit stratégique pour me calmer instantanément et m'ôter toute volonté. Nos corps étaient étroitement imbriqués l'un dans l'autre, ma jambe enserrant son bassin et son bras entourant ma taille. Le drap nous couvrait à peine, mais avec la chaleur ambiante de la pièce, cela n'était pas plus mal. J'embrassai le sommet de son crâne, ce qui lui arracha un petit gémissement de satisfaction. Mon cœur s'emballa en l'entendant et je resserrai ma prise sur lui. Il en fit de même. Artyom embrassa ma poitrine tendrement puis redressa la tête. Je le senti inspirer fortement, s'imprégnant de mon odeur. Quand il relâcha son inspiration, ce fut un souffle d'extase profond.
« Je t'aime, petit homme, murmurai-je en frottant ma joue contre ses cheveux.
- Moi aussi, murmura-t-il, tu sens bon. »
Je ris doucement, déposant un baisé sur son front.
« J'en doute après ce que nous avons fait, avouai-je franchement le sourire dans la voix, mais merci.
- Quoi que tu fasses, tu sens toujours bon.
- C'est cul-cul, lui fis-je remarquer en arquant les sourcils.
- Tu mérites un peu de cul-cul de temps en temps. Surtout avec le pan-pan juste avant, fit-il en me massant les fesses, narquois. »
Je roulai des yeux, riant de bon cœur. Allongés l'un contre l'autre, je me pressai d'avantage contre lui, presque en ronronnant tant c'était bon de l'avoir contre moi. J'aimerai que cette nuit ne s'arrêta jamais, que je puisse la revivre indéfiniment.
Ce fut avec une pointe de soulagement que Léna descendit des bras d'Ace, se retenant de ne pas pousser un soupir de soulagement. La peur des flammes s'apaisait. Elle se massa les tempes, réfléchissant à quelle méthode utiliser. Ou plutôt, comment en parler à Ace sans que cela paraisse ambiguë. Le voir comme un homme l'aiderait. Elle en était persuadée. Exténuée par ses visions cauchemardesques, Léna se laissa tomber sur le sol, la tête reposant dans sa paume.
Ace remua discrètement ses bras, faisant circuler le sang. La chaleur de Léna le quittait peu à peu, il grimaça et augmenta sa température corporelle pour chasser le froid. La jeune femme n'avait pas hurlée à son contact, ne s'était pas débattue non plus. C'était une grande avancée, même si Léna s'était tendue comme un arc lorsqu'il l'avait tenu. Elle n'aimait pas les contacts, et Ace non plus n'en était pas friand. À vrai dire, il ne savait pas comment si prendre. Motiver des hommes ? Aucun soucis ! Se battre à corps perdu dans la bataille ? Aucun soucis non plus ! Aider une jeune femme à guérir des flammes ? Là, ça lui posait une colle. Et une grosse. Il posa son sac près de Léna et prit place en face d'elle, sortant de son sac quelques victuailles qu'il s'empressa de manger tant la faim le tenaillait. Il lorgna sur la châtaine, plongée dans ses pensées. Mastiquant sa nourriture avec entrain, il ne put s'empêcher de demander.
- Tu penses encore ? S'enquit Ace la bouche pleine.
- Hn, hn. Désolée.
Il sourit, arrachant un autre morceau de viande.
- Y a pas de problèmes. Je suis juste curieux de savoir ce que tu penses.
- Honnêtement, je ne pense pas à grand chose... Ou peut-être que si. Je suis partagée pour le fruit et... (elle se pinça les lèvres, fronçant les sourcils) d'autres trucs. Notamment le passé de cette île. Pis, y a eut un tremblement tout à l'heure. Ou hier. Depuis combien de temps sommes-nous ici ?
- Je ne saurais pas dire. Au moins une nuit.
Léna pesa les dires d'Ace, plissant le front, ses yeux se baissant sur le sac à ses pieds. Elle les déporta sur Ace, scrutant le faciès de celui-ci. Il arqua un sourcil dans sa direction, le coin de sa bouche couvert de sauce.
- Quand as-tu dormi pour la dernière fois ? Demanda-t-elle, autoritaire sans vouloir l'être.
- Juste avant que tu ailles barboter dans le ruisseau. Tu t'inquiètes pour moi ?
Elle sentit les muscles de son abdomen tressauter ainsi que sa joue lorsque Ace lui fit un sourire en coin. Instantanément, elle se braqua, repensant à son état d'âme juste avant.
- J'avais oublié ce détail, merci de me le rappeler, maugréa Léna les dents serrées sans se détourner du pirate.
La honte de s'être ainsi comporter devant cet homme la submergea part une montée de colère. Elle referma ses doigts sur ses genoux jusqu'à en faire blanchir ses phalanges. Serrant les mâchoires, elle se borna à fixer sa besace, devinant les courbes de son fruit du démon. Un sourire mauvais titilla le coin de sa lèvre supérieure. Un vrai coup de tête inspirée par la frustration de son comportement. Léna sortit le fruit épais de son sac, l'admirant durant quelques secondes. Il avait la forme d'une grosse poire tordue d'un vert pétant. La pelure était dure et rugueuse sous sa peau, recouverte de spirales. Le portant à ses lèvres, elle chercha une odeur quelconque lui indiquant quel goût il aurait. Il fleurait l'amertume d'un pamplemousse et l'humus, se qui l'a fit grimacer. Les deux ne s'harmonisaient pas vraiment. Elle ouvrit la bouche.
- Tu ne veux pas réfléchir avant de- (le craquement humide du fruit scindait par les dents de la jeune femme l'interrompit). Ok, fait comme bon te semble.
La première bouchée avait la saveur d'une poire, la seconde, le goût du fruit explosa sur sa langue, âpre et piquant, lui procurant une décharge dans tout le corps. Les petits cheveux de sa nuque se dressèrent, la chair de poule s'emparant de ses bras. Elle poussa une exclamation de dégoût, se forçant à avaler sa bouchée. Ils avaient dû le vouloir leur satané pouvoir pour avoir put avaler cet immondice ! Bouchée après bouchée, Léna se retenait d'avoir un haut le cœur. Elle ne laissa rien du dit fruit. Déglutissant péniblement le reste, elle toussa, avalant de travers. C'était immonde. Du coin de l'œil, elle vit Ace lui tendre sa gourde. De bonne grâce, elle l'accepta, ingurgitant l'eau à grosses goulées. Ce ne fut que quand elle fut débarrasser de ce goût acide qu'elle reporta son attention sur le pirate, souriant d'une oreille à l'autre.
- Quoi ? Siffla-t-elle en lui rendant sa gourde. J'ai eut l'impression de manger du citron pur avec du pamplemousse et je ne sais quoi d'autre d'ignoble !
- C'est vrai que mon fruit du démon n'était pas bon non plus, rit Ace. Alors ?
- Alors quoi ? Je suis censée sentir une différence ?
- Non, avoua le pirate, moi-même, je n'ai rien sentis lorsque j'ai ingurgiter le mera mera fruit.
- Mera mera ? Drôle de nom, commenta-t-elle en s'inspectant, histoire de vérifier si tout était normal. Dis-moi si je me transforme en un truc difforme et malodorant.
- Tu risques de le sentir si tu te transforme, pis, rien n'est impossible avec les fruits du démon.
Léna redressa brusquement la tête dans sa direction, les yeux ronds comme des soucoupes.
- Si je me transforme en fiente de mouette, je te jure que je te fais la peau de la pire des manières ! Le menaça-t-elle en tendant son index dans sa direction.
- Qu'est-ce que j'y peux ?! C'est pas d'ma faute si t'as mangé ce fruit sans avoir plus d'infos dessus ! S'étrangla Ace, effaré. Et pourquoi tu te transformerais en fiente ?
- Tu n'as qu'à pas me dire que tout est possible dans les fruits du démon !
Peu de temps après, les deux jeunes gens se remirent en route, Ace marchant au rythme de la jeune femme. Leur conversation avait baissée d'un ton, reprenant leur dialogue monotone. Bien que, Ace subissait un interrogatoire de la part de Léna, cherchant à savoir quel type de fruit elle avait ingérée.
Allait-elle se transformer en insecte ? En une chose difforme et insipide ? Une pointe de regret lui perça le cœur, or, elle le balaya d'un revers de la main. Bien que c'était sur un coup de tête, Léna souhaitait posséder le pouvoir d'un fruit. Et qu'importe, elle l'accepterait. Dans la limite du possible.
- Du sel.
- Hein ?
- J'avais l'impression de manger du sel par grosse poignée, reprit-elle en grimaçant.
- Tu le digères vraiment pas, constata Ace en haussant les sourcils.
- Non.
Le pirate se retint de rire, tant les traits de la jeune femme se crispèrent en une moue fortement déplaisante. Il aurait voulut la prévenir du goût que risquait d'avoir le fruit, mais elle entamait déjà sa deuxième bouchée et le découvrit par elle-même. Il espérait pour Léna que le pouvoir qu'elle avait avalée l'aiderait. Tout du moins pour qu'elle ait d'avantage confiance en elle. Leur marche continua en silence, gardant une distance respectueuse l'un envers l'autre. Cela n'avait rien de pesant, c'était juste agréable. Surtout depuis qu'elle avait arrêtée de le mitrailler de questions à tout va. Il glissa une œillade vers la châtaine. Lui-même était curieux de savoir quel pouvoir elle avait acquit.
Bien plus tard, Léna et Ace émergèrent de la forêt, non sans soulagement. La jeune femme était moite, trempée de sueur et son tee-shirt lui collait désagréablement à la peau. Le pirate, lui, avait les cheveux plaqués sur le front et sentait la sueur. Une odeur virile et entêtante dont Léna essaya d'ignorer la provenance. À l'orée de la forêt, l'attention de la jeune femme fut attirée par des bout de roches. Non, pas des rochers ; des tombes. Curieuse, elle fit signe à Ace qu'elle se dirigeait dans cette direction sans qu'il proteste.
Ace la voyait déambuler entre les pierres tombales, son visage révérencieux scrutant les édifices avec attention. Ses gestes étaient précautionneux, ses doigts osant à peine effleurer les pierres. Il la vit s'agenouiller devant, arrachant la mousse encombrant les hommages et les noms. Elle faisait attention à tout, vérifiant plusieurs fois derrière-elle si elle ne marchait sur rien. Doucement, sa paume balaya les restes de la végétation, caressant les noms avec un tel respect qu'Ace ne put que sourire. Une corde sensible était touchée, il le savait. Le pirate avait un aperçu de ce qu'elle était vraiment. Le regard déterminé, les mouvements lents et calculés. Des mèches châtains échappées de son « chignon » et ondulées contre ses joues. Ses dreads multicolores se dressaient au-dessus de sa tête dévoilant des perles en bois foncées. Les yeux de la jeune femme croisèrent les siens. Elle ne bougeait plus, attendant quelque chose de sa part. Une invitation silencieuse. Ace ne se fit pas prier, les mains dans les poches, il se posta près de la jeune femme et l'aida à nettoyer les sépultures.
L'air fleurait l'humus et la végétation, arrachant un sourire au brun. Il se tendit brusquement en entendant la jeune femme feuler de peur. Car oui, elle avait feulé comme l'aurait fait un félin, hors, elle le faisait assez fréquemment quand quelque chose la surprenait. Se retournant, il la vit sur les fesses, plissant les traits de son visage. Ses prunelles convergèrent vers l'objet de sa peur : un squelette.
- Tu n'as pas de chance avec les défunts, lui signala Ace sur le ton de l'humour. (elle le foudroya du regard). Ne me regarde pas comme ça, j'y suis pour rien !
Elle plissa les yeux dans sa direction, puis reporta son attention sur le défunt.
-Ace ? Il a un coffre dans les bras.
- Ah ?
Le pirate s'agenouilla près d'elle, observant le coffre. Le bois était pourri, l'humidité le rongeant lentement ; il n'aurait aucune difficulté à briser le bois. Il s'en empara délicatement, et eut une moue surprise, les yeux ronds sous ses sourcils froncés lorsque les deux bras virent avec. Léna eut la mâchoire décrochée et les yeux comme des soucoupes.
- Sadique ! Tu penses pas qu'il en a assez bavé ?! S'étrangla Léna les yeux faisant la navette entre les bras du mort et Ace.
- J'y suis pour rien si ce pauvre bougre est pas solide !
Il reporta les yeux sur les reste pendent.
- En tout cas, même dans la mort il aura protégé son trésor jusqu'à ce que les bras lui en tombe.
Se tournant vers Léna, il la vit, blasée et sourcils arqués. Elle secoua la tête avec dénégation.
- Même moi, je n'aurais pas osée.
Ace haussa les épaules, et entreprit d'enlever les bras osseux. Il les posa avec soin au sol, puis glissant ses doigts dans les rainures du coffre, il le bloqua entre ses genoux, tirant de chaque côté. Le coffre émit un grincement de protestation, survint par la suite un craquement sonore lui indiquant qu'il avait réussi. L'odeur de renfermé et de moisissure emplit les narines du pirates, retroussant le nez, rebuté. Passant tout deux la tête par-dessus le coffre, ils observèrent dubitatifs son contenu. Un vieux livre à la couvertures rognée d'où les feuilles étaient arrachées, pendent mollement sur le côté. Ace le sortit, éloignant le bouquin de lui lorsque la poussière tomba. Retournant l'ouvrage entre ses mains, le brun émit un bruit de succion mécontent avec sa bouche, sa lèvre inférieure partant vers le bas.
- On ne pourra rien en tirer, annonça-t-il faisant virevolter les pages, l'humidité à effacée la plupart des textes.
- On perd rien à essayer, fit-elle en lui faisant signe des doigts de lui donner l'antiquité.
Le pirate lui déposa l'objet dans les mains. Le retournant, elle feuilleta le livre, page par page, analysant chaque ligne pour être sûre de ne rien manquer. Au bout d'une centaine de pages, l'une d'elles chuta vers le sol, attirant la jeune femme. Elle se pencha pour la ramasser et fut agréablement surprise de voir maintes lignes distinctes, courbées et fines, l'écriture était légèrement tremblante. Parcourant rapidement les mots, Léna les lus à haute voix.
- Année 1415 ; Henrick a déclaré la guerre. Nous n'avons pas pu faire la paix entre nos deux clans. Le sang de nos frères coule. Cette guerre ne sert à rien. Nous sommes frères. Pourquoi ?
24 Mars 1420 ; Les pertes sont nombreuses, je ne pensais pas que ça irait aussi loin. Trop de morts me pèsent sur la conscience. Trop de cadavres jonchent notre terre. Toute cette désolation pour le trésor de l'Arbre Mère.
27 Mars 1420 ; La terre tremble. Nous avons réveillé la colère des Dieux, plus rien ni personne ne pourra nous venir en aide. Le ciel gronde. Nous ne voyons plus les falaises bordant Torndress. Je crains le pire...
12 Avril 1420 ; Le ciel vomit nos morts par centaine ! Nos maisons sont arrachées, détruites, la Torndress ne veut plus de nous ! Que les dieux nous pardonne pour notre sauvagerie. Nous ne pouvons plus vivre à l'air libre. Les grottes sont notre seule issue de secours.
23 Avril 1420 ; Nous avons découvert une jungle souterraine, les anciens nous l'avait cachée. Sans doute pour de bonnes raisons. Il y a quelque chose de mauvais dans cet air.
24 Avril 1420 ; Les gens deviennent fous. Ils hurlent jusqu'à en mourir, ils tuent tout ceux qui passent sur leur chemin ou se suicident. Une femme a été capturée, ses yeux étaient injectés de sang, la folie les illuminaient.
25 Avril 1420 ; La terre tremble de nouveau. Nous avons perdu notre chemin. La végétation est de plus en plus danse, nous ne savons plus où nous sommes. Qu'avons nous fait ?
26 Avril 1420 ; Nous ne sommes plus qu'une dizaine, tous ont péris de folie ou de la main de leur proche. Trop de tombes. Nous n'avons plus d'eau potable, ni de nourriture. Je sens mes forces me quitter peu à peu. Mes frères et sœurs tombent les uns après les autres. La terre tremble, nous payons pour nos crimes. Nous cherchâmes en vain un échappatoire, un fine espoir nous tenaillait encore. Un dernier regard pour les miens m'indique qu'ils sont plus morts que vivants. À mon tour de trépasser en laissant une trace de moi ici-bas. Ma plume est lourde et incertaine, mais je compte sur mes dernières forces pour laisser ces mots et les mettre en sûreté.
Rorik.
Reprenant son souffle, Léna se mordit la lèvre inférieure, cherchant le regard d'Ace. Il ne semblait pas perturbé pour le moins du monde, mais quelque chose dans son expression lui indiquait qu'il n'était pas indifférent. Fouillant le livre à la recherche d'autres informations, elle dut se résigner en voyant les mots floutés par l'humidité. Les seules choses facilement lisibles étaient les dates. S'épongeant le front à l'aide de sa manche, Léna soupira et referma l'ouvrage avec la sensation d'avoir un bloque de glace dans le ventre. L'idée d'avoir mangée un fruit pour lequel on avait tué lui laissa un goût de plomb dans la bouche.
- Cela remonte à une bonne centaine d'années, maugréa Léna abattue, mais on se battait déjà pour posséder les fruits du démon... Je n'ose même pas imaginer l'horreur d'une telle situation.
- On ne le peux pas. Nous devons continuer notre chemin.
Léna garda le silence, la peine qu'elle éprouvait pour eux était visible et Ace ne lui en tint pas rigueur. Le regard de la jeune femme était focalisé sur le corps, pis les posa sur Ace. Ses yeux étaient d'une rare intensité, exprimant une supplique silencieuse. Il savait ce qu'elle souhaitait, mais n'osait prononcer de vive voix ce désir. Imperceptiblement, il hocha la tête, déposant les sacs près d'une tombe et se mit à creuser à mains nues.
Les mains pleines de terre et de saletés, Léna sentit son cœur plus léger, comme si elle avait enterré ses regrets avec les restes de Rorik. Elle se sentit profondément reconnaissante envers Ace et sa patience. La peur à son contact lui était passé, tout du moins, pour le moment. Le regard qu'il lui avait lancé l'avait profondément touchée, confirmant ses bonnes pensées à son égard. Le fait de pouvoir communiquer avec le pirate sans un mot, juste par des expressions et des gestes remuait quelque chose qui avait disparut dans l'incendie : l'espoir. L'espoir de retrouver quelqu'un qui la comprendrait. Une épaule sur laquelle s'appuyer et qui lui donnerait la force nécessaire pour se remettre debout.
Ace avait trouvé un nouveau passage, qui cette fois, déboucha sur le bord de l'île. Il leur fallut peu de temps pour retrouver le navire qui n'avait pas bougé de sa place initial. Chacun poussa pour le remettre à l'eau, bien qu'Ace eut insisté pour que la jeune femme monte à bord en premier, mais celle-ci n'en fit qu'à sa tête et l'aida. Il appréciait son comportement, ou plutôt, il était soulagé de voir une telle évolution. Restait à voir si cela durerait.
Une semaine plus tard, 7 juin 1552.
La jeune femme désespérait de plus en plus. La morsure du reptile était moins douloureuse qu'auparavant, mais cela l'empêchait de continuer les entraînements physiques avec Ace dans leur pleine intensités. Se focalisant sur son épaule, Léna ne pensait qu'à la protéger et offrait à Ace une multitude d'opportunité pour la mettre à terre. Fourbue de douleur, la tatouée s'adossa au petit mat, ahanant. Une œillade sur son épaule bleuie lui rappela la chance qu'elle avait eue qu'Ace soit dans les parages à ce moment-là. Laissant sa tête partir en arrière, elle contempla le ciel, les bras ballants et les jambes étendues sur le pont. Et avec ça, son fruit du démon ne s'était manifesté d'aucune sorte. Ace l'avait rassurée à plusieurs reprises, lui disant que c'était normal et qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. À vrai dire, ça la minait intérieurement, faisant de son mieux pour ne rien montrer de son ennui. Elle se frotta le front du revers de la main en grimaçant. Sans parler de sa peur qui lui avait sauté à la gorge dès qu'Ace et elle se retrouvaient le soir pour sa thérapie.
Une chose était sûre, elle n'était pas une Zoan. Le pouvoir de ceux-ci ne se manifestait qu'en cas de fortes émotions. Seulement au début, bien évidemment. Elle n'était pas non plus une Logia, restait donc le Paramecia. Ace lui avait suggérer de faire un test au corps à corps, or, la jeune femme ne s'était pas non plus scindée en deux, il était évident qu'il ne lui restait que ce choix-là. Au passage, elle avait plantée une fourchette dans la main du pirate, histoire de vérifier si ce qu'il disait était véridique. Il avait été pour ainsi dire, choqué.
- Et t'aurais fait quoi si cette fourchette avait rencontrée des os à la place des flammes ?! s'étrangla-t-il en brandissant la fourchette en question, tordue par le feu.
Léna s'était contenté de hausser les épaules et de lui répéter ce qu'il lui avait dit plus tôt, que rien ne pouvait l'atteindre. Elle voulait juste voir si cela était vrai.
Son dos glissa le long du mat et elle se retrouva en moins de deux allongée par terre, analysant chaque nuage passant au-dessus d'elle. C'était un de ses passes-temps favori lorsqu'elle était avec Artyom. Et encore aujourd'hui, elle se délectait de les observer. Les pas d'Ace se rapprochèrent, claquant avec assurance sur le plancher. Elle ne prit pas la peine de tourner la tête, il emplissait sans le vouloir la presque totalité de son champ de vision. Il se laissa tomber souplement à terre, la faisant sursauter. Jambes croisées, il s'inclina en arrière, son poids reposant sur ses bras.
- J'observe les nuages, le devança-t-elle en le voyant ouvrir la bouge, en particulier un dragon.
- Un dragon, hein? Observa Ace le sourire dans la voix, et que vois-tu d'autre ?
- Une femme qui saute dans le vide.
- Sans doute pour lui échapper, justifia le pirate en hochant la tête.
Le visage tourné vers le ciel, Ace rit de bon cœur et se prêta volontiers au jeu. C'était un truc de gamins, mais ils passèrent un certain temps à admirer la voûte céleste. Léna lui administra une claque du revers de la main lorsqu'il lui fit part de la vision d'un gigot dans le ciel. Il s'en amusa et elle aussi. Elle ne riait jamais fortement, juste un petit ricanement étouffé, voir moqueur. Peut-être qu'un jour, il l'entendrait réellement rire. Et le jour où cela arrivera, il saurait qu'il aurait réussi à la guérir.
Mot de l'auteure : Un petit chapitre peinard où on en apprend plus sur l'histoire de l'île ! Je me suis inspirée du Seigneur des Anneaux, le passage des mines de la Moria. J'sais pas si tu t'en souviens, enfin, j'dis ça mais, tout le monde n'a pas vu le film. Je n'ai pas voulue parler de certains détails, je les réserves pour plus tard, généralement, je n'écris pas quelque chose pour que ça passe à la trappe plusieurs chapitres après. Avoue que tu t'y attendais pas à ce qu'elle mange le fruit sur un coup de tête ? Bah, moi non plus, je m'y attendais pas sors. C'est une blague. J'ai hâte qu'ils arrivent sur la prochaine île, là, ça va bouger ! Aussi, j'pense que je vais partager plus souvent les playlists de ce que j'écoute en écrivant. Quand c'est pas Bob et Fanta qui passe à l'arrière (youtubeur français). Y aura des musiques récurrentes par contre. Ah, et j'écoute du métal, donc, faut pas être choqué quand tu écouteras, mais j'écoute pas que ça, hein x). J'espère que ça t'auras plus. Je remercie particulièrement celles qui me suivent et m'encourage fréquemment, vous vous reconnaîtrez
- Qu'est-ce que tu en as pensé?
- As-tu des attentes pour la suite?
- Quel pouvoir aura-t-elle à ton avis?
- Ton ressenti ?
