Leur dernier rêve
Fanfiction écrite par Andromeda Hibiscus Mavros
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Rating / Classement [+18]
Publié pour la première fois le 27 décembre 2011
Chapitre 14
L'ultime recours
Crédits : L'univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j'ai créés pour l'occasion.
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Le petit groupe avait réussi à s'en sortir. Maintenant, ils étaient parvenus au pied de Metel.
Leur stratégie de fuir en se dirigeant perpendiculairement à l'objectif puis de rectifier le coup avait été payante.
Ils étaient saufs et la vision de ce vieux de tas de pierres au bord de l'effondrement leur apportait un immense soulagement.
Toujours aux aguets, ils parcoururent les dernières centaines de mètres en restant au maximum à couvert. La nuit et la pluie étaient leurs alliées.
Arrivés au pied de la porte, ils hurlèrent :
— On a attaqué le convoi ! Il faut aller les aider, vite !
Entendant cela, les sentinelles paniquèrent. Puis, après quelques palabres, une petite porte fut ouverte et on les fit rentrer sous haute surveillance dans une minuscule pièce fortifiée où, depuis une ouverture dans le plafond, des archers les tenaient en joug.
C'était davantage ce qu'ils avaient vécu qui les faisaient trembler de peur que les soldats de la forteresse.
Epuisés, ils ne purent s'empêcher de laisser échapper des rires nerveux face à leur salut inespéré avant, pour certains, de se mettre à pleurer.
Après avoir vérifié leurs identités, le responsable de la porte les invita à se reposer au chaud.
Dans le même temps, un cavalier était parti au poste de commandement de la ville pour donner l'alerte.
Réactif, Mayek arriva sur place à peine quelques minutes plus tard.
— Qu'est-ce qui s'est passé ?
— Il y a d'abord eu cette brume bizarre… puis ils nous ont attaqué… le massacre… Répondit un soldat en grelotant, malgré les couvertures qui lui avait données.
— Comment ça « le massacre » ? Demanda le général.
— Ils nous ont tiré dessus comme des animaux. En quelques minutes, la moitié d'entre nous s'est effondrée sur une vraie pluie de flèches ! Expliqua un deuxième soldat.
— Et les éclaireurs n'avaient pas donné l'alerte ?
— Massacrés eux aussi… apparemment tous en même temps… Reprit le premier.
Mayek poursuivit son interrogatoire. La brutalité de l'assaut était exceptionnelle. De toute sa carrière, il n'avait jamais entendu parler d'une organisation aussi bien huilée et si redoutablement efficace.
Maintenant, il lui restait à prendre une décision.
Les ennemis avaient déjà largement eu le temps de récupérer leur butin et de disparaître.
Aussi, il était possible qu'ailleurs dans la forêt, il reste des survivants dispersés à secourir.
Malheureusement, l'obscurité et les conditions climatiques obligeaient à attendre le lendemain avant de pouvoir lancer les recherches.
Pensif, le général grisonnant se demandait ce qu'avait bien pu faire Yiris et où était passé son protégé.
Si quelqu'un avait pu revenir à Metel, ça aurait dû être elle…
OoO
Une grotte, une cheminée creusée dans la roche abritait un feu qui réchauffait la pièce tandis qu'un maigre rideau de toile grossière fermait la fenêtre, protégeant tant bien que mal de la pluie battante.
Alexandre était allongé sur un lit de camp près du foyer, fébrile. A son chevet, une vieille femme-chat, vêtue d'une robe blanche ornée de feuilles brodées, vérifiait son pouls.
Ceci fait, elle retira les linges humides posés sur le front du blessé pour les rafraîchir dans un peu d'eau avant de les remettre en place.
De l'autre côté du lit, assise sur un tabouret, se trouvait Yiris, portant une petite robe noire ornée d'une veste blanche, parcourue d'arabesques sombres, nouée par une ceinture tout aussi foncée.
Visiblement fatiguée, ses cheveux blonds tressés, elle arborait de nombreux bandages et des sutures fraîches étaient visibles sur son visage.
Quand à son regard, il était perdu dans le vague.
— Yiris, dit la vieille dame, son état ne s'améliore pas.
— La fièvre ? Demanda la jeune femme en reprenant ses esprits.
— Non, elle a bien baissé. Les remèdes font leurs effets, je pense vite en venir à bout. Le problème est ailleurs.
— Pourtant, Maya, tu as stoppé l'hémorragie, non ?
— Oui, mais cela non plus ce n'est pas la cause de son état. Il souffre de petits tremblements brusques. Je redoute qu'il ne finisse par convulser vu que la baisse de la température n'a rien arrangé.
— Il a peut-être froid au final ?
— Non, ce ne sont pas de frissons, ce sont des tressautes nerveuses. Je crois que son esprit est mal en point. Regarde-le, il enchaine toutes sortes d'expressions. A mon sens, le pauvre homme vit un vrai cauchemar et n'arrive pas à s'en réveiller.
Tandis que Maya quittait la pièce, Yiris observa plus attentivement le blessé.
En effet, il semblait comme prisonnier d'un mauvais rêve.
Jusqu'à présent, toutes les tentatives pour lui faire reprendre conscience s'étaient révélées vaines, elle ne savait plus quoi faire.
Quelques instants, yeux fermés, elle croisa ses mains devant sa tête.
Dans une sorte de transe, elle réalisa une série de gestes étranges avant d'ouvrir brutalement les yeux.
Un bruit la dérangea.
Ayant échoué, elle secoua la tête avec rage.
— Dirken veut te voir ! Fit une voix ténébreuse à l'entrée de la pièce.
— Dis-lui de rester dans son trou ! Je ne suis absolument pas d'humeur ! Répondit sèchement la générale, agacée.
— Il insiste sur ton engagement.
— Il me fait surtout chier !
Visiblement furieuse, Yiris se leva brutalement et se dirigea vers son interlocuteur.
Il s'agissait d'un homme immense, une vraie force de la nature, très musclé, elle lui atteignait à peine le bas du ventre. L'apparence de l'individu était étrange.
Ce n'était ni un homme, ni un homme-loup. D'ailleurs son œil droit blanc à iris bleu était d'une espèce, le second, jaune avec une prunelle noire, d'une autre.
— Je descends voir ce pauvre type… Lekan, je te confie la surveillance du malade. Si son état évolue, préviens-moi.
— Bien Maître ! Acquiesça l'homme en s'inclinant. Je dois aussi te rappeler qu'il faudrait aviser le commandement de Fanelia de la situation.
— Plus tard… promis…
Traversant de petits couloirs creusés dans la roche, Yiris s'enfonça dans les profondeurs de la bâtisse troglodyte, dont le dédale était éclairé par de nombreuses torches.
Cet endroit, la forteresse d'Irini, était en quelque sorte sa maison. Malgré la complexité du plan, elle s'y retrouvait sans difficulté.
C'était là que vivait l'essentiel des membres de la tribu dont elle était chef. Il s'agissait d'un petit peuple de cueilleurs qui exploitait aussi du minerai.
L'immense majorité d'entre eux étaient des hommes-chats ou hommes-loups, mais quelques humains cohabitaient avec eux.
De temps en temps, Yiris croisait des habitants qui s'inclinaient sur son passage, l'appelant eux-aussi Maître. Elle leur souriait et poursuivait sa route sans mot dire.
Le chemin lui sembla plus difficile qu'à l'accoutumée.
Le combat devant le lac l'avait mise à rude épreuve, sa blessure au ventre la tirait énormément.
La fatigue cumulée faisait qu'elle avait quelques difficultés à se tenir debout.
Dernière étape, un long escalier menant à une grille. Tout en bas, une lumière trahissait une présence.
Un garde précéda la jeune femme et lui ouvrit la porte.
Assis devant une table avec un jeu d'échecs, se tenait un vieil homme aux longs cheveux blancs. Portant une barbe mal taillée, il affichait un sourire mesquin.
— Pas trop tôt, j'ai failli attendre !
— J'avais autre chose à faire que venir jouer avec toi, Dirken !
— Tu m'avais toujours promis de venir me voir rapidement… Je suis juste déçu… Répondit l'individu en mimant un air malheureux.
A ces mots, Yiris grogna. Elle ressentait une furieuse envie de frapper cet homme. Se calmant, elle s'assit face à lui.
Il parut un peu vexé qu'elle ne s'énerve pas davantage.
La partie commença, en silence. Chacun se défendait plutôt bien, mais assez vite, Dirken infligea un mauvais coup à Yiris en lui prenant sa Reine.
— Décidément, j'aime ce jeu ! Fit-il.
— Arrête, je ne suis pas humeur. Achève-moi, que ça aille vite !
— Mais non, tu m'as appris les échecs ! Moi, j'y prends plaisir.
— Arrête de me narguer…
— Comment veux-tu qu'un pauvre estropié te manque de respect, Ô chef d'Irini ? S'exclama l'homme en agitant son bras droit, visiblement paralysé, avec son autre main.
Le voyant s'amuser de façon aussi douteuse, la jeune femme soupira d'agacement.
— Tu n'as pas bientôt fini !
— Hé hé, tu n'es plus fière de tes exploits ?
Rageuse, Yiris se leva et envoya valser le plateau avant de poser violement ses mains sur la table, faisant face à Dirken.
— Je ne t'ai pas tué, je ne le ferais pas ! Mais sache que faire des années qu'il te reste un enfer est encore tout à fait possible !
L'homme sourit. Certes, il avait conscience de sa position précaire, mais aussi des limites de son adversaire.
— Soit ! Cependant, je remplis mon rôle, je veille sur ta bouteille spéciale. Je ne demande qu'une partie d'échecs à chaque visite en contrepartie, c'est peu…
La jeune femme ne prit pas la peine de répondre. Au lieu de cela, elle appela le garde pour qu'il vienne lui ouvrir.
Dirken la regarda partir avec un air perfide, ses petites provocations étaient sa vengeance…
— Ne compte pas récupérer ta Reine quand tu viendras finir la partie ! Cria-t-il tandis que Yiris quittait les lieux.
Ainsi étaient les face-à-face entre l'ancien tortionnaire et sa victime, sachant que les rôles s'étaient depuis inversés.
OoO
Le jour venait de se lever à Fanelia, Van était en train de s'habiller. Hitomi somnolait encore, un sourire béat flottant sur ses lèvres.
Soudain, plusieurs coups violents furent frappés à la porte.
— Votre Majesté, il s'est produit une catastrophe ! Dirent plusieurs hommes en même temps.
Stupéfait, Van les autorisa à entrer dans ses appartements, après avoir toutefois pris soin de fermer la porte de la chambre.
Attrapés au saut du lit, Hylden, Haymlar, Luyren et Lokos, petit brun maigre et timide, second de Mayek, avaient l'air affolés.
— Monseigneur, expliqua difficilement le vieux général, visiblement essoufflé par sa course, nous venons de recevoir un message de Mayek. Le convoi a été attaqué sur le chemin du retour vers Metel, quelques survivants revenus à la forteresse parlent d'un massacre.
— Comment ça ? Que s'est-il passé ?
— On ne le sait pas encore... Enchaina Haymlar. Le groupe aurait été assailli à moins d'une heure de route de la forteresse.
Les événements se sont produits hier, à la tombée de la nuit.
— Une expédition de secours lourdement armée a été envoyée par mon général. Ajouta Lokos. Il faudra attendre son rapport.
— Et Yiris ? Et Alexandre ? Interrogea le Roi
Les hommes hochèrent négativement la tête.
— Aucune nouvelle... Lâcha Hylden, visiblement très inquiet.
Dépité, Van fit signe aux militaires de sortir. Une fois seul, il se laissa lourdement tomber sur une chaise.
Enveloppée dans un joli déshabillé rose, Hitomi vint le rejoindre et s'accroupit auprès de lui, essayant de capter son regard.
— J'ai entendu… Je ne sais pas quoi te dire… Lui murmura-t-elle, tentant de le réconforter.
— Il n'y a rien à dire… C'est une lourde défaite…
— Yiris et Alexandre s'en sont peut-être sortis ?
— Possible, mais je n'ose pas trop espérer… Soupira le Roi, fataliste.
Tout cela angoissait énormément la jeune femme. Elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter du sort d'Alexandre avec lequel elle avait sympathisé.
OoO
Il ne fallut même pas une heure à la mauvaise nouvelle pour faire le tour du palais.
C'était essentiellement les soldats qui discutaient entre eux du drame. Haymlar et Yrkas étaient les plus soucieux.
— Dites, patron, demanda le petit, vous croyez que c'est pour ça qu'elle nous a demandé de rester là, parce qu'elle sentait qu'on allait se faire massacrer ?
— Ne dis pas de conneries, Mayek aussi a laissé ses seconds ici. Et puis, pour la générale, second ou simple bidasse, toutes les vies sont précieuses ! Je crois surtout qu'ils voulaient se disputer tranquillement, sachant que de toute façon, nous ne serions pas plus utiles qu'un soldat de base.
— N'empêche que je me sens mal là… Soupira Yrkas. Vous connaissez la chef, elle retourne le monde pour nous, et là, que peut-on faire pour l'aider ?
— Rien ! On va attendre les prochaines nouvelles. Et puis, tant qu'à faire, va demander aux soldats croyants de prier…
Assis dans un coin de son atelier, mis au courant par un serviteur, Meinmet était très inquiet, autant pour Alexandre, que pour Yiris…
La tournure que prenaient les événements ne lui inspirait rien de bon… Il avait confiance en les capacités de la jeune femme pour se défendre, mais ce qu'il avait entendu sur les adversaires ne le rassurait pas.
Au milieu de tout ce tumulte, seul Constantin restait impassible ou presque. Tout au plus affichait-il un air légèrement contrarié…
OoO
Après avoir soufflé un moment dans le couloir pour apaiser sa colère, Yiris remonta pour aller prendre des nouvelles d'Alexandre.
A sa grande surprise, elle croisa dans un couloir une jeune fille-chat affolée qui la cherchait.
— Il y a un problème, Lili ? S'inquiéta Yiris.
— Maître, Maitre, c'est affreux. Votre invité, il convulse… Maya m'a envoyée vous prévenir !
Entendant ces paroles, la générale emboita le pas à l'adolescente. Elle courut aussi vite qu'elle le pouvait, ne sentant plus ses blessures, submergée par l'inquiétude.
Quand elles arrivèrent à la chambre, la vieille dame essayait d'administrer une potion au malade, en proie à de violentes secousses, pendant que Lekan tentait de le maintenir.
— Oh Mon Dieu ! Cria Yiris en serrant sa croix orthodoxe.
Quelques secondes, qui parurent interminables, et Alexandre se relâcha, retombant telle une poupée désarticulée.
— Ceci est mauvais signe… Observa Maya.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? Interrogea Yiris.
— Rien de spécial, il allait bien, quelques secondes après, il convulsait. Et pourtant, il n'a plus de fièvre.
— C'est fou… Mais maintenant, il va aller mieux, non ?
— Impossible à dire, désolée. Ce qui est certain, c'est que s'il refait des crises de cette violence, ma potion ne suffira plus et il risque tout bonnement de mourir…
Yiris s'approcha du blessé, lui prit la main, qu'elle laissa retomber, constatant que, cette fois, le jeune homme était dans le coma.
Quelques instants de réflexion, il fallait prendre une décision.
— Maya, tu penses que c'est la faute du chaos qui régnerait dans son esprit ?
— Cela me semble l'hypothèse la plus réaliste. Cependant, là encore, je ne peux rien affirmer… Sa pathologie dépasse les limites de ma modeste science…
— Dans ce cas, il faut résoudre l'ambiguïté… Lekan, je vais te dicter un message, tu vas le transmettre par la voix des hurlements jusqu'à la capitale.
— Bien ! Quel en est le contenu ? Demanda l'homme en s'inclinant.
— Ouvrez la tombe de Folken et lever le doute.
En l'entendant, Lili, la jeune fille-chat, jusque là restée en arrière, s'indigna :
— On ne profane pas les tombes ! C'est le pire des sacrilèges qui soient !
— Tais-toi, Lili ! Dit sévèrement Maya. On ne conteste par une décision du Maître.
— Mais, grand-mère…
— Silence !
Dubitative, Yiris ressentit le besoin de se justifier. En effet, elle-même avait du mal à réaliser la gravité de ses propos.
— Lili, Maya, Lekan, sachez que si je demande ça, c'est parce que j'en suis arrivée à la conclusion que cet homme est, d'une façon ou d'une autre, Folken Fanel.
A mon sens, ouvrir la tombe donnerait la réponse. Si par la grâce de Dieu, on lui a rendu la vie, le corps ne devrait en théorie plus exister, une âme ne peut pas avoir deux corps différents…
— C'est une hypothèse fondée sur un fait impossible ! Souligna Maya.
— Je sais, mais là, j'ai besoin de croire en l'impossible. Répondit Yiris. J'ai besoin…
La vieille dame n'en rajouta pas, et Lekan se retira pour aller accomplir sa mission, laissant Yiris à sa réflexion.
Plusieurs longues dizaines de minutes de silence furent interrompues par de nouvelles convulsions.
Les médications de Maya les apaisèrent difficilement.
— Cette fois, conclut-elle, il ne supportera pas la prochaine crise.
— Soit ! Fit Yiris. Je vais donc devoir accélérer la manœuvre à ma manière…
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Au palais de Fanelia, un écho de hurlements se faisait entendre, l'homme-loup délégué à la réception de ce type de communication n'en crut pas ses oreilles.
Il courut aussi vite qu'il pouvait rendre compte au Roi.
Déboulant dans la salle du Conseil où Van, ses deux généraux présents, les seconds des absents, Meinmet, Hitomi et Merle attendaient des nouvelles, il inspira profondément avant de délivrer son étonnant message.
— Votre Majesté ! J'ai reçu un message des grottes d'Irini, Yiris et Alexandre sont vivants, mais…
— Mais ? Interrogea Van avec un mauvais pressentiment
— Yiris a formulé une exigence… étonnante…
— Laquelle ?
— Et bien… Elle a demandé à ce que l'on ouvre la tombe de votre frère pour vérifier s'il reste quelque chose de lui...
— Quoi ? Répondit le Roi, estomaqué.
Cette demande, après avoir provoqué la stupéfaction générale, sema le doute.
Hitomi se sentait profondément mal à l'aise, présentant quelque chose de mauvais.
Avant de prendre congé, l'homme-loup acheva sa transmission.
— Il était aussi dit que Alexandre était mal en point, en proie à une sorte de délire. Apparemment, il a convulsé et est maintenant dans le coma…
Cette explication rendit les choses plus claires à Van. Il commençait à entrevoir le raisonnement de Yiris, et ça ne lui inspirait rien de bon.
Oser demander la profanation d'une tombe, qui plus est royale, était un geste désespéré de la part de la jeune femme.
Evidement, le Roi ne pouvait opposer qu'un refus à cette requête.
Mais connaissant la générale, il savait que si elle avait la conviction qu'ouvrir le tombeau était la solution, elle n'en resterait pas là…
OoO
Toujours assise au chevet d'Alexandre, seule, Lekan gardant la porte pour éviter tout visiteur, Yiris achevait sa réflexion avant de s'adresser au blessé.
— Je ne sais pas si, dans le tourbillon dans lequel vous êtes, vous entendez mes paroles, mais je dois faire ma confession avant de commettre un acte qui me vaudra peut-être la mort.
Vous serez donc mon témoin, mais vous ne serez pas seul, car une autre personne doit savoir pour m'aider à obtenir des réponses.
Doucement, la jeune femme balança sa tête, comme si elle tentait de détendre son cou. Puis, elle serra les poings et, à nouveau, les signes colorés typiques des fausses-personnes recouvrirent sa peau.
Se recroquevillant sur elle-même, elle posa ses coudes sur ses genoux et effectua une série de manipulations avec ses doigts, avant d'ouvrir brutalement les yeux, aux pupilles complètement dilatées.
Au même moment, à Fanelia, Hitomi fut paralysée, son environnement se transforma en un monde noir.
Elle vivait une nouvelle vision.
Face à elle, Yiris apparut, l'air étrangement blasé.
— Je suis désolée, Mademoiselle Hitomi, je vais devoir me servir de vous !
