Chapitre IX

La maison avançait lentement, les travaux prenant du temps étant donné qu'il n'y avait qu'Artyom et moi sur le chantier. Voyant le soleil décliner, nous décidâmes de reporter le reste au lendemain, retournant à l'hotel au centre. Dès que nous franchisâmes le seuil de la porte, nous nous laissâmes choir sur le lit double et moelleux fleurant la lavande. Un soupir d'épuisement m'échappa.

« Je n'en peux plus, m'exclamai-je les bras étendus au-dessus de la tête.
Pareil. Je te promets pas de me lever demain.»

Je m'esclaffais.

« Je ne t'en voudrais pas.»

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Le brouhaha des rues commerciales vrilla les tympans de Léna, bien qu'elle dû se rendre à l'évidence, toute cette agitation était rassurante, pleine de vie. Elle battit des paupières, avisant les stands débordant d'épices, des fruits, de légumes et de vêtements aux couleurs chatoyantes. C'était une île printanière, douce et agréable. Souriant doucement, elle admirait les villageois avec un intérêt non dissimulé. Toute son attention se focalisait uniquement sur eux. Et pour cause. Ace se tenait près d'elle, la dépassant d'une bonne tête, sa chaleur effleurant sa peau par petites vagues successives, comme un signal. Elle avait bien comprit que c'était une des solutions pour l'habituer à lui, mais tout se qui l'empêchait de fuir, c'était d'aviser les habitants avec une minutie et un acharnement qu'elle n'aurait jamais déployée auparavant. Les sueurs froides perlaient sur ses tempes et sa nuque. Elle passa une main sur son cou raide, se mangeant la lèvre inférieure jusqu'à ce qu'une perle de sang s'étende sur sa langue.
Elle déglutit. Depuis leur entraînement de la veille, elle se sentait différente, sans qu'elle sache si c'était bon ou mauvais. La honte la rongeait intérieurement. Cette honte l'avait même hantée jusque dans ses rêves. Dedans, Ace la regardait avec une telle douleur qui se muait en haine, qu'elle s'en était réveillée la boule au ventre. Elle s'était morigénée intérieurement, elle faisait mal, et tout ce qu'elle trouvait à faire, c'était de se murer dans ce silence gêné, voir tendu lorsqu'ils étaient dans la même pièce. Qui plus est, Ace ne l'avait pas appelée pour son tour de garde, chose qu'il ne manquait jamais de faire en temps normal. Elle porta son regard plus loin, se remémorant les images de la veille.
Assise à la table de la cuisine, elle maugréait entre ses dents diverses injures à son égard, arrachant une par une les échardes enfoncées dans ses doigts. La pince à épilée coincé entre son index et son pouce était mal assuré, les micro sensations d'électrochoc remontant le long de son épiderme à chaque frôlement. Un sifflement lui échappa. Bon sang, quelle imbécile elle faisait. Elle méritait cette douleur infligée par chaque morceaux de bois. Des perles de sang suintèrent. Elle le méritait. Amplement. Cette haine viscérale qu'elle avait éprouvée envers Ace, envers son pouvoir, cela l'avait effrayée. Qu'est-ce qu'il y pouvait, lui, de détenir un pouvoir aussi destructeur ? Rien. Léna ne pouvait pas non plus lui reprocher d'avoir céder à la tentation d'avoir un fruit elle n'avait pas hésité une seconde. Pourtant, une voix fourbe et suave lui susurrait qu'elle aurait dû lui faire encore plus mal, qu'il était le danger, la mort.
D'un revers de la main mental, elle repoussa et cadenassa ses réflexions insipides dans un placard au fin fond de son esprit et jeta la clé. C'était les pensées d'une lâche sans moral. Et pourtant, les yeux d'Ace la hantait. L'image mentale se superposa au réel, pressant ses paupières fort afin de la chasser, elle pencha la tête vers l'avant. Serrant d'avantage les doigts autour de la pince qui lui glissa des doigts, rebondissant sur le parquet dans un tintement aiguë.

– Merde.

S'inclinant à peine, elle se tendit lorsque les pieds d'Ace rentrèrent dans son champs de vision suivit de sa main ramassant l'objet de torture qu'elle essayait tant bien que mal d'utiliser. Léna se redressa, collant son dos au dossier de la chaise, elle garda la tête basse, un spasme agitant les muscles de son abdomen tandis qu'Ace tirait la seconde chaise à lui, produisant un raclement sec sur le sol. Il s'installa face à elle sans mot dire et prit sa main dans la sienne.
Un frisson lui parcourut l'échine.
La main d'Ace était chaude, grande comparé à celle de Léna, minuscule. Sa paume était rugueuse et douce à la fois, un mélange étrange qui lui semblait improbable. Elle faillit s'extraire de son touché, une voix lui hurlant que c'était mauvais, mais une autre s'insurgea, tentatrice et avide de contact.
Bien que son cœur s'emballa, elle ferma les yeux, savourant ce contact interdit, écoutant cette voix intérieure. À bien y prêter attention, c'était agréable. Elle le reconnaissait. Déglutissant, Léna garda les paupières closes, resserrant ses doigts dans la paume d'Ace. La tentation de caresser sa main était grande. Ace lui extrayait sans prévenir une écharde, la faisant sursauter.

– Aïe !
– Désolé.

Léna secoua vivement la tête, amère.

– C'est moi qui devrait m'excuser.

Relevant la tête, elle lui jeta un regard coupable par-dessus ses sourcils froncés. Un tique suréleva un coin de sa bouche lorsqu'il arracha un nouveau bout de bois de ses phalanges.

– Je comprends, ne t'en fais pas, assura Ace en secouant la tête de droite à gauche. Ta réaction était normale.
– Disproportionnée, tu veux dire.
– Un peu, sourit-il.

Léna chercha son regard, se mordant la lèvre inférieure.

– Je ne te hais pas.

Il lui fallut quelques secondes afin qu'elle se rendisse compte de ses paroles. Le silence s'installa, plombant l'atmosphère. Ne sachant pas où se mettre, Léna gesticula sur sa chaise mal à l'aise. Ace redressa la tête, l'expression indéchiffrable, plantant ses prunelles d'obsidiennes dans les siennes.

– Tu ne souhaites donc pas ma mort ? Demanda-t-il de but à blanc la voix rauque.

Effarée, Léna ouvrit de grands yeux ne s'attendant pas à cette question.

– Non, bien sûr que non ! Pourquoi voudrais-je une chose pareille ? S'étrangla-t-elle prête à bondir de sa chaise. P-pourquoi tu me demandes ça? Je sais que je suis une fille imbuvable, difficile à vivre. Mais sache que je t'apprécie beaucoup et j'ai besoin de toi, Ace ! L'idée que quelqu'un te veuilles du mal me rends dingue !

Le visage caché sous ses mèches, elle ne parvenait pas à lire son expression à sa plus grande inquiétude. Son cœur se serra, incapable de se retenir, elle s'agenouilla face à Ace, lui redressant le visage. Ses yeux voilés de douleurs la sondèrent. Il les referma, serra sa main sur celle de Léna, posée sur sa joue durant un moment. Il la tint fermement, sans mot dire, son souffle chaud caressant sa peau à chaque expiration. Il les rouvris, repoussant doucement sa main.

– Laisse-moi te soigner.

Elle le laissa faire. Ce fut ainsi que se termina la soirée de la veille: la main d'Ace enroulée autour de la sienne, pansant ses blessures et ne la lâchant pas. Le cœur de Léna rata un battement, reprit son rythme et accéléra de nouveau lorsque leur bras se frôlèrent. Le bruit environnant n'arrivait pas à calmer ses émotions il les exacerbait, reflétant son tourment intérieur. Posant son regard sur chaque enseigne, l'une d'elles finit par attirer son attention Bouquins et bibelots. S'arrêtant net, elle ouvrit la bouche tout en attrapant l'avant bras d'Ace.

– Il y a une boutique de livres, là-bas, fit Léna désignant de l'index l'échoppe, je vais voir s'il n'y a pas une encyclopédie sur les fruits du démon...

Elle marqua un arrêt avant de plonger ses yeux dans ceux d'Ace.

– On se retrouve là ? Enfin...
– Ça me va, sourit-il, on se rejoint dans une heure, alors ?

Léna lui décocha un grand sourire.

– Va pour dans une heure.

Rompant le contact, elle se détourna d'Ace, anxieuse et excitée. La perspective de découvrir son pouvoir la tenaillait et la tarauder terriblement. Elle n'osait trop en espérer, mais toutes ces légendes et tout ces pouvoirs incroyable la faisaient rêver. D'un pas leste, elle se dirigea vers l'enseigne en bois prônant au-dessus de la boutique. La porte vitrée laissait voir de multiples rayonnages débordant d'ouvrages divers et variés. Une petite pancarte retournée sur ouvert l'invita à rentrer, ce qu'elle fit avec plaisir. Poussant la porte, elle émit un petit raclement sur le carrelage qui lui hérissa les poils des avants bras doublé d'une douleur dans les dents. C'était la même sensation que les ongles raflant le tableau.
Un tintement attira son attention, levant les yeux, elle vit des guirlandes en bois s'entre choquant les unes les autres. Refermant la porte elle s'avança, réajustant sa besace sur son épaule. Elle se racla la gorge avant d'interpeller un vendeur quelconque. Elle fut devancé par un homme de petite taille, légèrement bedonnant au cheveux blancs.

– Bonjour, s'enjoua le vieil homme, je peux vous aider ?

Il fallut quelques secondes à Léna pour comprendre.

– Oui, je suis à la recherche d'une encyclopédie sur les fruits du démon. Vous n'en auriez pas, par hasard ?

Croisant les doigts dans son dos, elle pria sa bonne étoile afin de trouver ce qu'elle souhaitait. Le vieil homme haussa ses sourcils épais en accent circonflexe. Il se détourna en marmonnant quelque chose d'intelligible, fit signe à la jeune femme de le suivre. Lui emboîtant le pas, elle l'avisa fouiller dans l'une de ces étagères, tirant les livres avant de les remettre aussi vite et de passer à un autre. Ce manège dura plusieurs minutes avant qu'il ne débusque un ouvrage épais de cinq centimètres, compact et poussiéreux. Elle faillit lever les bras au ciel, victorieuse alors qu'il faisait glisser les pages entre ses doigts, hocha la tête et le lui tendit.

– C'est tout ce que j'ai pu dégotter sur le sujet, avoua le vieil homme en secouant la tête, trouver un de ces livres, c'est rarissime, c'est pour ça que je ne le vends pas.
– Je veux bien vous croire, sourit doucement Léna.

Elle lança un regard circulaire autour d'elle, grattant distraitement du bout des ongles sa joue.

– Si vous cherchez un endroit où vous poser, vous pouvez vous installer en haut.

De l'index, il montra la mezzanine occupée par un bureau croulant sous la paperasse. Elle hocha la tête en signe de remerciement et s'y dirigea rapidement, montant quatre à quatre les marches de l'escalier en bois et s'installa au bureau sous le regard d'un curieux d'un homme. Léna lui adressa un bref sourire et s'en détourna tout aussi vite. L'épais ouvrage trouva place sur le secrétaire, ouvrant la première de couverture, l'odeur de vieux papier et de poussière chatouilla doucement ses narines. Des illustrations mélangées à de rares photos annotées s'étendirent au grès des pages, montrant les fruits ayant des allures identiques.

– Le mien ressemblait à une poire... marmonna Léna pour elle-même, tournant les pages cornées du bout des doigts.

Les fruits défilèrent le long des pages, l'amenant à la catégorie Paramecia. Elle se mordilla la lèvre inférieure en repensant à Ace, à son pouvoir. La chair de poule lui dressa les poils des avants bras. Expirant, elle attrapa le reste des pages, les fit défiler en les tenant par le pouce et s'arrêta sur la page Logia. Elle parcourut rapidement le paragraphe les définissant.

– Les Logias sont les fruits du démon les plus rares, - si l'ont exclus les zoan mythique - et les plus puissants qui existent. Ces fruits donnent à leur propriétaire le pouvoir d'un élément et sont donc intouchables, sauf si c'est un élément solide. Or, même doté d'une capacité solide, il est impossible de les blesser que ce soit avec une arme ou ses poings. Ces fruits permettent de contrôler à volonté un élément.

La main enfouie dans ses mèches et soutenant sa tête, Léna souffla en ouvrant grand les yeux. Savoir qu'Ace faisait parti de cette catégorie l'impressionnait et la mettait mal à l'aise. Elle devait faire pâle figure face à lui. Elle tourna plusieurs pages à la recherche du mera fruit et le trouva au bout d'une dizaine de pages. D'un orange profond, rond, légèrement tassé, le Mera mera no mi était recouvert d'une pelure similaire à celui de Léna, si ce n'était que la peau se dressait comme de petites flammes. La tige bien perpendiculaire au fruit tournait sur elle-même d'un côté, de l'autre, se scindait en deux en se redressant, ondulante. Considéré comme l'un des fruits du démon les plus dangereux qui existe. Léna déglutit. Elle n'était pas étonnée de lire que ce fruit était l'un des plus puissants. Caressant du bout du doigts l'illustration du fruit, elle songea avec peine à ce que devait endurer Ace à cause d'elle. Elle irrigua ses prunelles sur une petite plante carnivore posé sur le bureau et croisa le regard de l'homme qu'elle avait vu plus tôt. Un frisson lui parcourut l'échine quand elle le surprit en train de la dévisager. L'homme se détourna et sortit précipitamment, ne lui laissant qu'un mauvais pressentiment. Soupirante, elle secoua la tête.

– Je me fais des films...

Trois quart d'heure passa, troublée Léna sortit du magasin sans trop savoir que penser de son fruit. Était-elle heureuse de le connaître ? Oui. Lui serait-il utile en mer ? Absolument pas. Poussant un énième soupir de la journée, elle se tourna vers les stands sans savoir quoi chercher. Une marchande couverte de breloques attira son attention. Des cheveux roux flamboyants, d'une minceur à la limite du raisonnable, grande, elle avait un visage ovale doté d'un nez aquilin, de grands yeux bleus et d'une bouche fine. Intriguée, Léna mit ses pensées de côté, s'approchant avec intérêt de l'établi. Des rangées de bijoux taillés à la main se dévoilèrent sous ses yeux, passant de l'étain au bois. Un bracelet en bois attira son attention, blanc et rouge, simple. Ace. Elle le prit entre ses doigts, le fit rouler afin de mieux l'examiner.

– Je vous le fait à 668 berrys, mademoiselle, assura la marchande, guillerette.

Léna hocha la tête, souriante. C'était un bon prix. Elle désigna un autre bracelet fait de perles rouges qu'elle essaya. Les perles glissèrent sur son poignet, cliquetant doucement, puis elle regarda le bracelet bicolore dans son autre main.
Cela ferait-il un beau cadeau en guise de pardon ?

Ace admirait l'étalage d'armes, soupesant les poignards un par un, les jaugeant avec intérêt. Lequel conviendrait le mieux à Léna ? Ses mains étaient petites, fines, pas du genre à porter quelque chose d'épais. Il reposa l'arme, en essaya une autre, secoua la tête. Comment lui choisir une arme qui lui irait bien ?

– Vous cherchez quelque chose en particulier, monsieur ? Demanda une voix d'homme aiguë.

Se détournant des poignards, Ace avisa l'homme en face de lui. Il était de taille moyenne, le visage marqué par les années, les cheveux poivre et sel, il avait les yeux enfoncés dans ses orbites.

– Peut-être. Vous saurez me conseiller un poignard pour une femme ?

Le vendeur haussa ses sourcils noir.

– En voilà une drôle de question. Vous voulez qu'elle vous tue durant votre sommeil ?

Ace l'avisa avec circonspection alors que le vendeur balaya sa remarque d'un geste de la main.

– Comment est-elle, cette femme ?
– Pas très grande. Elle a des mains fines pas du tout faites pour porter des armes lourdes.

L'homme caressa sa barbe soigneusement taillée vers le bas plusieurs fois. Il l'interrogea sur le tempérament de Léna, ce qui lui fit hausser les sourcils. Néanmoins, sa réponse ne tarda pas.

– Forte et fragile à la fois. Elle est minutieuse quand elle cuisine et lorsqu'elle dessine, elle a mauvais caractère, énuméra Ace, plissant le front plus il réfléchissait.
– Une artiste, alors ? Hn, drôle de compagne que vous avez déniché.

Ace rit doucement, secouant la tête avec dénégation.

– Non, ce n'est pas ma compagne, c'est une amie.
– On dit tous ça au début, puis on saute tête la première sans réfléchir et tu te retrouves soit avec une furie, soit avec un ange.

Muet, Ace le regarda fouiller dans ses armes, les sourcils en accent circonflexes, s'interrogeant sur les sous-entendus de l'armurier. Imaginer Léna comme sa compagne était... grisant ? Voir effrayant ? Qui pourrait vouloir de lui, le fils d'un démon ? Personne. Personne ne pouvait vouloir de lui. Surtout Léna. Il sentait sa peur comme un parfum acide et piquant, irritant sa peau et prêt à lui crever le cœur à tout instant. Sa peur de lui, sa peur du feu. Il était tout ce qui l'effrayait.
Aimer Léna ?
Son cœur battit plus profondément, des coups lourds et réguliers. Oui, c'était ce qu'il voulait.
Ace laissa son regard errer sur les alentours. Ce marchand venait de lui claquer à la figure une vérité qu'il se refusait d'avouer. Plongeant une main moite dans ses mèches, il souleva légèrement son chapeau, soupirant. Il n'aurait jamais cru aimer autre chose que la mer et les combats. Désormais, il comprenait mieux ses pulsions, n'ayant pas comprit les signes que lui envoyait son corps. Son besoin impérieux de protéger, le plaisir indécis de chaque contact physique et les sourires maladroits qui le chamboulait. Il se repassait leur chute à Torndress, les emmenant vers les profondeurs de l'île. Sans hésiter, elle avait jeté ses bras autour de son cou, ses yeux brillants de confiance et son corps étroitement pressé contre le sien. Il avait pu humer son odeur à plein poumon, s'enivrer de son parfum gourmand, légèrement acidulé qu'elle ne manquait pas de mettre chaque matin.
Repenser à elle à moitié nue, tenant son fruit du démon ne l'avait pas laisser de marbre. Cette image d'elle était gravé au fer rouge dans son esprit, dressant son sexe avec vigueur. Repenser à Léna de cette façon suffisait pour qu'il se durcisse en un rien de temps, comme ici, alors qu'il recherchait une arme pour elle. Ace se retint de grimacer et de ne pas sauter d'un pied à l'autre tant il était à l'étroit dans son pantalon. Discrètement, il se réajusta en grinçant des dents.
Le vendeur revint vers lui, un poignard à la main. Ace l'observait avec attention, jusqu'à ce qu'il le pause dans ses mains. Étonnement légère, il soupesa l'arme avec satisfaction. Une dague. Il n'y avait pas pensé.

– C'est l'une de mes plus belles armes, commenta l'armurier en reprenant la dague et la sortant de son fourreau, on dit qu'elle a été forgé à partir d'os de dragon (Ace haussa un sourcil dubitatif qu'il ignora royalement) d'où la teinte particulière de la lame. La gouttière est faite d'acier, consolidant la lame, - attention de ne pas la faire tomber, je ne donnerai pas cher de votre pied. Le manche est fait de cuir souple fermement noué ce qui rend cette dague très agréable à manier. La garde n'est pas très large, mais il ne faut pas se fier aux apparences, elle est extrêmement solide.

Relevant les yeux de la dague, il les planta dans ceux d'Ace. Il émit un bruit de bouche mauvais.

– Vous m'avez l'air sceptique.
– En effet, avoua Ace, l'histoire du dragon est difficile à croire.

Le vendeur émit un sifflement en secouant la tête, faisant volt-face, il attrapa la première arme lui passant sous la main et la dégaina.

– Frappez fort cette épée, ordonna le vieil homme tenant en joue Ace.
– Vous êtes sûr, le vieux ? Je risque de vous casser quelque ch-

La lame siffla près du visage du pirate, coupant une de ses mèches cheveux sans qu'il ait eu le temps d'anticiper. Fronçant les sourcils, Ace avisa l'homme avec intérêt, puis, d'un mouvement leste du poignet, abattit la dague sur l'épée brandit du marchand. Celui-ci para, or, la lame de son épée se brisa comme une vulgaire porcelaine à ses pieds. Choqué, Ace écarquilla les yeux : il n'avait pas utiliser toute sa force pour briser cette épée. Il la considéra d'un air nouveau.

– Alors ?
– Je la prend.

Ayant emballé avec soin l'arme de Léna, Ace se dirigea lentement vers la librairie, plongé dans ses réflexions. Aimerait-elle ce cadeau ? Ses yeux s'illumineraient-ils lorsqu'il lui tendrait le paquet ? Il n'était pas sûr de ce qu'aimaient les femmes, si ce n'était les bijoux et les vêtements de marques. Or, Léna ne faisait partie d'aucune de ces catégories ce qui rendait son choix complexe. Rangeant l'arme dans son sac, il songea à ses réactions physique plus tôt, son érection soudaine qui n'était pas du tout son genre, lui qui tenait un minimum de self-control sur cette partie de son anatomie. Si ce n'était le matin au réveil, comme n'importe quel homme. Mais Léna...
Il respira profondément.
Jamais il n'avait été aussi dur qu'en pensant à elle. C'en était douloureux. Expirant, il chassa ses pensées obscènes, cherchant des yeux sa convoitise. Ace se rembrunit. Qu'espérait-il réellement ? Qu'elle l'aimerait en retour comme lui l'aimait ? Un rire amère lui échappa. Il était le fils d'un démon. Personne ne pouvait l'aimer. Dès qu'elle saurait qui il était, elle le fuirait comme la peste. Il savait d'avance comment les gens se comportaient quand ils savaient de quelle engeance il était. Il ne l'avait jamais réellement avoué à qui que ce soit, si ce n'était à ses deux frères et au Paternel : ils l'avaient accepté.
La tête de Léna immergea de la foule.
Mais elle ? Le courage le déserta aussi subitement que la mer se retirait lors d'un ras-de-marée. Elle le percevait déjà comme un monstre à cause de son pouvoir, or, lui avouer son ascendance reviendrait à la faire fuir. Et il ne pouvait se résoudre à la perdre. Cette pensée lui hérissa les petits cheveux sur la nuque.

– Plutôt mourir.

Soudain, elle arriva vers lui tout sourire, ses yeux verts brillants. Son cœur rata un battement. Bon sang, comment ai-je pu me voiler la face à ce point ? S'interrogea Ace en la contemplant venir à lui, sa poitrine opulente rebondissant doucement à chacun de ses pas. Il se retint de justesse de ne pas soupirer d'extase, ses poings se serrant et desserrant au rythme de sa marche. Son corps tout en générosité, son tempérament volontaire, son sourire accueillant. Je comprends pourquoi Artyom l'aimait tant. Elle mérite qu'on l'aime sans limite. Ce petit bout de femme. Ses lèvres se recourbèrent en un sourire naturel. Léna se planta en face de lui, les joues rosées par l'air frais. Les yeux d'Ace s'attardèrent sur la bouche de la jeune femme, mourant d'envie de plaquer la sienne dessus.

– J'ai.. un cadeau pour toi, commença-t-elle en glissant un bracelet le long de son poignet, bien trop grand pour elle (du bout des doigts, elle le lui tendit). Je ne sais pas s'il te plaira, ni s'il sera à la bonne taille.

Le cœur d'Ace fit un looping dans sa poitrine. Ainsi, elle avait pensé à lui ? Baissant les yeux sur le bracelet rouge et blanc qu'elle lui offrait, Ace le prit, dissimulant son émotion du mieux qu'il put. Il l'enfila avec révérence de peur de le briser. Pile à sa taille. Il vit la poitrine de Léna se soulever fortement comme par soulagement, attirant immédiatement son regard. Arrête ça ! Il détourna les yeux, sentant la honte l'envahir.

– C'est un bien piètre cadeau d'excuse, je te l'accorde, mais-
– C'est l'un des plus beaux cadeaux que l'on m'ait fait, l'interrompit Ace l'expression grave. Je te remercie infiniment.

Ces paroles étaient mièvres et dégoulinantes d'affection, il le savait. Il pouvait presque en sentir les effluves émaner de sa peau. Mais si ça me permet de la voir sourire... Ace n'hésiterait pas à le refaire.

– J'ai moi-même quelque chose pour toi, avoua-t-il, s'agenouillant et posant sa besace à ses pieds. Ça peut te paraître déplacé, mais je pense que tu pourrais en avoir besoin... (il sortit le paquet soigneusement enveloppé et le lui tendit). J'espère qu'elle te plaira.

Elle poussa un petit « oh » surprit, ses joues prenant une teinte carmin. Il la vit dérouler la main tremblante le tissu enveloppent l'arme. Léna se mordit la lèvre inférieure et commença à la mâchouiller.

– Ça va ?
– Oui, c'est juste que je suis toujours très mal à l'aise quand quelqu'un m'offre un...

Elle marqua une pause laissant son geste en suspension.

– Je n'ai plus l'habitude de recevoir de cadeau.

Sans rien ajouter de plus, elle continua de dénouer les bandes de tissus, dévoilant la garde de la dague. Les yeux de Léna s'écarquillèrent, sa bouche en o. Avec des gestes précautionneux, elle la dégaina, le souffle coupé. La tension s'accumula dans ses muscles. Aimait-elle son présent ? Il eut la réponse lorsqu'elle mélangea son regard au sien, des étoiles dans les yeux.

– Oh merde, Ace, elle est magnifique !

Un rire échappa à Ace, la tension s'évaporant aussi vite qu'elle était apparue. Léna sautillait sur place, souriant d'une oreille à l'autre, elle rengaina l'arme puis se jeta à son cou, le pressant fort. Une fois la surprise passée, il lui rendit son étreinte, ne résistant pas à la tentation d'enfouir son nez dans ses cheveux. La poitrine de Léna collé contre son torse, sa respiration les écrasant sur lui avec douceur, il arrivait à discerner ses battements de cœur. Frénétiques, forts, délicieux. À regret, Ace la relâcha avant de plonger ses yeux dans ceux de Léna, pétillants et le dévisageant avec attention. Sa main s'attarda sur sa taille, celle de la jeune femme sur son avant-bras. Un contact intime en soit dont Léna ne s'en formalisa pas.

– Au fait, je sais quel pouvoir je détiens, avoua-t-elle de but-à-blanc.

Mot de l'auteur : HEY ! Voici le chapitre neuf, il aura beaucoup tardé, j'en suis navrée. Pour diverses raisons personnelle et dû aux études, je n'avais pas le temps d'écrire ni l'envie. Alors, voilà un chapitre de taille moyenne, avec beaucoup de sentiments, je te mets le gouack en ne révélant pas ,encore une fois, le pouvoir de Léna. Comme je l'ai déjà précisé, cette fan-fiction contiendra du Lemon détaillé. Je ne fais pas le faire apparaître comme un cheveux sur la soupe sans rien avoir annoncé. Du coup, il y aura de temps à autre des passages avec les réflexions d'Ace ou celles de Léna. Donc, d'avance, âmes sensibles s'abstenir à l'avenir, je ne fais pas dans la dentelle. Aussi, CESSEZ DE M'ENQUIQUINER SUR LE MOT PAREIL. Je ne cesse de lire dans les livres pareil et pareille, et je li livres par semaine, alors fuck this ! Bref, sinon, j'espère que tu as prit plaisir à me lire et désolée, mon mot de l'auteur est à chier, mais là, j'ai mal au bide, je suis crevée et je veux juste me reposer sachant que je n'ai pas de congés de Toussaint. Des bisous à tous, je vous aimes, merci de me soutenir, moi et mes nombreuses fautes.
Ps: Oublie pas, je veux savoir ton ressenti ;).

- Qu'en as-tu pensé ?
- Tu as la haine de pas savoir ?
- Hâte d'avoir du lemon ?
- Qu'imagines-tu pour la suite ?