Chapitre XV

Cela faisait plusieurs jours que Ace et Léna étaient arrivés sur la nouvelle île. L'entraînement étant mit de côté durant leur séjour, Léna avait savouré cette accalmie.
Qui plus est, elle avait peur de perdre trop de poids à force de combattre avec Ace. D'autres filles n'auraient pas demandés mieux, mais c'était son corps à elle, imparfait, un peu trop rond et douillé qui faisait son charme. Et c'était ce corps qui avait fait tourner la tête de Artyom. Et c'était ce même corps qui, elle espérait, plaisait aujourd'hui à Ace.
Depuis leur arrivée, ils n'avaient fait que flâner dans la ville et avaient même partagé un repas ensemble au restaurant du Pasta Lake. Si elle pouvait appeler ça partager. Au plus grand bonheur de Ace et au plus grand damne de Léna.
Les piles d'assiettes vides s'étaient empilées à une vitesse ahurissante, au point que Léna n'avait plus touché à son repas à force de compter mentalement le prix des assiettes du pirate.
Elle avait été persuadée de ne pas avoir assez dans son porte-feuille.
Et elle avait eut raison.
Lorsque le cuistot avait constaté qu'ils n'avaient pas de quoi payer, Ace avait décampé à toute jambe, poursuivit par le chef cuisinier trop furieux pour prêter attention à la jeune femme, tandis que Léna s'était éclipsé sous les regards scandalisés voir choqués des clients.
Après une bonne heure à rechercher Ace, – qui fini par tomber littéralement du ciel devant elle avec toute la souplesse dont il était capable – Léna était trop blasée pour sursauter devant cette apparition soudaine.

– Tu as réussi à filer ! S'était réjouit Ace dénouant sa grande silhouette devant elle en maintenant son chapeau et suçotant les arêtes de poisson coincé entre ses dents.
– Étouffe-toi avec, a-t-elle grincé, plissant les yeux d'un air mauvais. Tu aurais pu me prévenir que tu allais t'encourir à la première occasion !
– Désolé, je pensai que tu me suivrais, avoua Ace tout sourire en se passant une main derrière la tête, ça m'a rappelé mon enfance avec mes frères.

Léna a tendu l'oreille. Ses frères ? Il n'en avait pas qu'un ?

– Tu as un autre frère que Luffy ?

Un sourire mélancolique avait étiré les lèvres de Ace, alors qu'un voile de douleur passait dans son regard.


– Oui. Il s'appelait Sabo. Je t'en parlerai un jour, si tu veux.
– Désolée. Je ne voulais pas être indiscrète...
– T'en fais pas. Ça fait très longtemps. (Il a recraché le reste de poisson) Au fait, tu te souviens du type dont je te parlai ? (Léna a acquiescé) Eh bien, il y a une rumeur qui circule à son sujet par ici, et j'aimerai vérifier si elle est exact.
– Ok. Je peux te filer un coup de main, si tu veux, a proposé Léna avec sérieux.
– Tu n'es pas obligé. C'est une affaire qui concerne Barbe Blanche et qui pourrait être dangereuse.

Elle avait haussé les épaules ainsi que son sourcil gauche.

– Qu'est-ce que tu veux qu'il m'arrive ? Qu'un fou furieux me kidnappe ? Oups ! Déjà fait. (elle croisa les bras) Que ce type que tu poursuis m'attaque ? Je n'aurais qu'à courir en sens inverse et au pire lui en mettre une et courir aussi vite que mes jambes embonpoint me le permettent.
– C'est quoi le problème avec tes jambes ?
– Mes jambes ? Aucun problème. Elles sont dodues et suffisamment grosses pour ravitailler deux personnes durant un mois.

Ace avait écarquillé les yeux, incrédule.

– Tu as fini de te juger ? S'était enquis Ace sourcils froncés.
– Je ne sais pas. Tu penses qu'avec ta force surhumaine, tu parviendrais à garder l'équilibre si je te file un coup de hanche ? A-t-elle demandé, le menton coincé entre la jonction de son pouce et de son index un sourcil arqué de la même manière que Ace et la bouche tirée vers le bas. Non, parce que j'ai un fessier d'enfer, si tu n'avais pas remarqué, et il est particulièrement dévastateur.

Elle avait ponctué ses dires par un coup de hanche qui l'avait fait tanguer puis elle a continua son chemin. Voyant qu'il n'arrivait pas, Léna avait rebroussée chemin et s'était campée devant Ace, les poings sur les hanches. Elle avait touchée la joue du pirate, douce et chaude, et plongée son regard dans le sien.

– Ne me met pas à l'écart pour ma sécurité. Je trouverai de toute manière un moyen de t'aider, que tu le veuilles ou non.

Fermant les yeux, Ace avait poussé un soupir à fendre l'âme, puis planté son regard dans celui de Léna.

– Ok. Je veux bien que tu me files un coup de main. Mais, a-t-il dit en levant l'index devant le visage de Léna interrompant son sourire victorieux, dès que ça sent le roussi, je veux que tu t'en ailles sans protester.

Elle avait haussé un sourcil.

– Au sens propre ou au sens figuré ?
– Les deux, a-t-il grincé. Promet-le moi.

C'était sans aucun doute la promesse la plus difficile qu'elle ait jamais faite de sa vie.


Munie d'un portrait robot fait selon les descriptions farfelues de Ace, Léna brandissait la feuille sous le nez de tous les passants qui daignaient lui répondre. Dénégation après dénégation, Léna fini par s'avouer vaincue. Personne n'avait vu ce type passer et connaissait encore moins son nom. Elle plia soigneusement la feuille et la rangea dans la poche arrière de son pantalon.
Elle ne voyait pas ce qu'elle pouvait faire de plus.
Léna vagabonda un moment jusqu'à apercevoir la silhouette de Ace un peu plus loin.
Ce fut à cet instant-là que tout s'emballa.

Elle ne savait pas ce qui était passé par la tête de Ace et elle ne comprendrait sans doute jamais comment il avait pu confondre cet homme avec le mécréant qu'il poursuivait. Enfin, si on omettait le nom du médecin écrit en grand sur sa blouse: Dr Black Beard. Même les villageois lui avait hurlé que ce n'était pas lui.
Pourtant, ça ne l'avait pas empêché d'envoyer un coup de latte dans le visage du pauvre médecin.
Indignés par le comportement de Ace, plusieurs citadins se saisirent de lui et le jetèrent à la rivière sous le regard atterrée de Léna.
Le courant l'emporta trop vite et bien trop loin pour qu'elle puisse le rattraper. La peur au ventre, Léna longea la rive d'abord au pas de course, puis en trottant lorsqu'un point de côté se fit ressentir. La course et l'endurance n'avait jamais été son fort et ne le serait sans doute jamais. Ignorant les battements frénétique de son cœur et ses poumons en feu, elle serra les dents et continua. Sa peine et sa douleur furent récompensées quant elle frappa à la porte d'une jeune fermière répondant au doux nom de Modda lui affirmant qu'un peu plus tôt dans la journée, elle avait repêché un jeune homme tatoué dans le lit de la rivière.
Le soulagement de Léna fut tel, qu'elle s'évanouit sur le pas de la porte.

Ce ne fut que le lendemain que Léna se réveilla, enrobée d'une odeur de vase et de sueur. Papillonnant des yeux à plusieurs reprises, elle découvrit Ace assis en face d'elle sur le sol, en train de déguster du pain et du lait frais dans une tasse. Son cœur fit un bond d'allégresse en le voyant en pleine forme. Voyant sa mine soulagée, Ace lui décocha son fameux sourire.

– Salut, tu t'es bien reposée ? S'enquit doucement Ace en lui tendant une deuxième tasse qu'elle accepta de bon gré.
– Salut, dit-elle d'une voix penaude. Pas vraiment, puisque tu m'as fait la peur de ma vie.

Elle but une gorgée de lait, s'étonnant de sa tiédeur.

– Tu peux me dire ce qu'il t'a prit de frapper ce pauvre médecin ? Maugréa Léna par-dessus sa tasse.
– J'ai été pris dans le feu de l'action, plaisanta Ace avec gêne, la main derrière le crâne et la sueur perlant sur ses tempes.

Léna lui adressa un regard à glacer le sang. Balançant ses pieds hors du lit, Léna replia soigneusement le draps.

– Qu'est-ce que tu fais ?
– Je vais voir Modda afin de la remercier de t'avoir sauvée et aussi pour ne pas m'avoir laissée sur le pas de la porte.

N'entendant que le silence lui répondre, Léna se retourna et vit Ace la contempler d'un air inquiet. Elle ne pu refréner l'élan d'émotion qu'il la traversa. Sans un mot, elle jeta ses bras autour du cou de Ace et le serra avec force contre elle, enfouissant son visage dans son cou. Elle se fichait des perles qui s'enfonçaient dans son front. Elle voulait juste sentir Ace, le toucher. Savoir qu'il était bien là, avec elle.

– Tu n'imagines pas la peur que j'ai eue à l'idée de te perdre, toi aussi, avoua Léna la gorge nouée.

Ace se tendit au son de sa voix. Elle était enrouée, tendue et prête à craquer. Et ça ne lui plaisait pas du tout. Il posa sa main sur le crâne de Léna, son autre bras s'enroulant autour de sa taille, il lui rendit son étreinte, éraflant du bout des lèvres la peau jouxtant son cou et sa clavicule.

– Il ne m'arrivera rien, Léna, promit-t-il avec sincérité.

Il pouvait entendre et sentir les battements frénétiques de Léna pulser sous sa bouche et près de son oreille. Ace ne saurait décrire les sentiments qui l'habitaient. La tendresse infinie qu'il ressentait en la tenant contre lui, en la voyant apeurée à l'idée qu'elle puisse le perdre et la joie inouïe qu'il ressentait. En dehors de l'équipage, en dehors de Luffy, quelqu'un d'autre l'aimait. C'était un sentiment indescriptible, qu'il le transportait et l'effrayait. Il mit fin à leur étreinte, mélangeant son regard à celui vert noisette de Léna.

– Je ne mourrai pas, réaffirma-t-il sans la lâcher physiquement et visuellement.

Léna hocha la tête et émit un petit bruit affirmatif, clignant rapidement des cils afin de chasser ses larmes.
Les cernes sous ses yeux étaient plus prononcées qu'à l'accoutumée, accentuant la blancheur de sa peau. Il admira son nez fin en trompette, ainsi que ses lèvres fines d'un rose pâle. La démonstration n'était pas le fort de Ace, mais il voulait lui transmettre toutes ses émotions, tous ses sentiments à travers le baisé qu'il déposa sur la bouche de Léna. Elle se laissa aller à son étreinte, répondant à son baisé, lui partageant son soulagement et son bonheur. Il aurait pu rester des heures, voir des jours ainsi. Ace se sentait vivant d'une toute autre manière, quelque chose qui comblait le vide qu'il avait toujours ressentit.
Reprenant leur souffle, il posa son front sur celui de Léna.

– Bien. Et si nous allions remercier Modda de nous avoir aidés ? Proposa Ace de sa voix râpeuse, un doux sourire aux lèvres.
– Avec plaisir, répondit-elle un doigts parcourant le contour de sa mâchoire.

C'était avec une expression gênée que Modda leur avait demandé un service : transmettre une lettre à la base navale de la Marine locale, là où travaillait ses parents en tant que cuisinier. Et évidemment, ce fut avec plaisir que les deux jeunes gens acceptèrent. Afin d'être plus discret, Ace proposa qu'ils y aillent sur sa planche.
Léna s'était assise contre le petit mat, tandis que Ace restait debout, ses jambes enflammées produisaient le carburant nécessaire à la propulsion de la planche. La chaleur intense que dégageait Ace, ainsi que le manque de sécurité de leur moyen de locomotion donnait des sueurs froides à Léna. Sa phobie du feu, bien qu'elle se soit atténuée, était toujours bel et bien présente. La tension nouait ses muscles et tordait ses entrailles. Et son cœur, n'en parlons pas, il était au bord de l'explosion.
Fermant les yeux, Léna se focalisa sur ce qui l'entourait : le souffle du vent, le cri des mouettes, le crépitement du feu qui les faisait avancer et la force tranquille de Ace. Elle fit le vide dans sa tête, se focalisant sur les voix qui l'entouraient. Léna n'arrivait pas à comprendre le sentiment qui l'envahissait. Cette centralisation sur soit, sa perception accrue de ce qui l'entourait. Du mugissement de la mer, jusqu'au murmure des pierres. Ils ne parlaient pas à proprement parler, elle les ressentait comme une présence familière et à la fois indomptable. Mais c'était surtout la présence des êtres vivant qu'elle ressentait le plus fortement.
En particulier l'homme qui se tenait devant elle.

Ace dégageait une présence apaisante, ainsi qu'une bienveillance naturelle typique d'un grand frère. Pourtant, il y avait toujours une part d'ombre qui rôdait à la surface de sa conscience.

Le crépitement des flammes baissa, et l'embrun marin cessa de lui cingler le visage.
Rouvrant les yeux, elle vit la base navale construite dans la roche la dominer de toute sa hauteur. À la vue de cet imposant bâtiment, elle sentit l'anxiété la gagner.
Et si elle faisait tout capoter ? À cause de la prime qui pesait sur sa tête ?
Elle s'infligea une gifle mentale. D'eux deux, c'était Ace qui courait le plus grand risque. Qui plus est, tant qu'elle resterait naturelle, et jouerait au parfait petit soldat, tout se passerait bien pour elle et Ace.
Ace sauta jusqu'à un petit amas rocheux où il amarra la planche et aida Léna à monter. Il laissa sa main sur l'épaule de la jeune femme et lui fit signe d'attendre. Elle arqua son sourcil gauche, mais ne dit rien devant le sourire amusé de Ace. Il disparut derrière un arc rocheux en quelques bonds agiles et ne réapparut qu'une quinzaine de minutes plus tard, déguisé en marine.
Il portait une casquette bleue et blanche portant le logo de la Marine, ainsi qu'une chemise sans manche typique des soldats qu'il laissait grand ouvert sur son torse, au plus grand bonheur de Léna. Il lui tendit une chemise et une casquette semblable.

– L'uniforme te sied à ravir, complimenta Léna, ôtant son tee-shirt et le repliant soigneusement dans son sac.
– Merci, sourit Ace.

Passant ses bras par les manches courtes de la chemise, Léna renifla distraitement le tissus. Aucune odeur de transpiration. Bien, c'était un bon point. Ses cheveux la gênant pour enfiler la casquette, Léna les noua en queue de cheval, ne laissant que quelques mèches encadrer son visage. Elle baissa les yeux sur son pantalon puis avisa le bermuda de Ace, fronçant les sourcils.

– Ça va aller sans le pantalon qui va avec ?
– T'inquiète, ils n'y verront que du feu.

Et il eut raison au-delà de toute espérance. Aucun Marine ne leur prêtèrent attention, ou ils se contentèrent de les saluer amicalement. Jouant nerveusement avec avec une de ses mèches, Léna admirait les imposants navires mouillants à quai. Leur taille était impressionnante.
Soudain, Ace prit une grande inspiration affamée puis lui saisit le poignet et l'entraîna à sa suite au pas de course sans que la moindre question n'eusse le temps de passer. Ace la mena jusqu'à la cafétéria, où il se rua sur le buffet à volonté, prit un plateau et une assiette, remplissant cette dernière jusqu'à ras-bord de tous les mets disponible.
Quant à elle, Léna tentait mollement de ne pas ahaner comme un bœuf. D'une main légèrement tremblante, elle souleva la visière de sa casquette de Marine, et essuya du revers de la main la sueur perlant sur son front. Tâchant de retrouver contenance, Léna carra les épaules, et s'avança le plus naturellement du monde sans se soucier des regards ou des murmures qu'elle suscitait sur son à ce qui arrivait quand les hommes restaient trop longtemps entre eux : Ils oubliaient à quoi ressemblait une femme.
Léna tira la chaise face à Ace et s'installa en poussant un soupir excédée. Il haussa un sourcil inquisiteur tout en continuant à ingurgiter une quantité astronomique de nourriture.

– Tu beux que baille les cobner ?

Léna refusa d'un mouvement de tête.

– Pas la peine. Ce n'est pas quelques crétins mal poli qui vont m'intimider.

Elle se concentra sur son index et gratta la table en bois de sa griffe empoisonnée laissant une entaille profonde pour appuyer ses dire. Un sourire distrait apparut sur son visage.

– Puis, je ne suis plus aussi faible qu'avant, grâce à toi, ajouta-t-elle en plongeant son regard dans celui de Ace.

Il répondit à son sourire par une lippe similaire avant d'être interrompu par un marine.
Plus ou moins.
Parmi ceux qui l'avaient reluqué, l'un d'eux, - un vantard, à n'en point douter- argua que Barbe Blanche n'était qu'un vieil homme décrépi et sénile qui serait bien incapable de rivaliser avec la marine s'il arrêtait de se cacher dans le nouveau monde.
Ce qui s'ensuivit, Léna ne sut dire ce qui la choqua le plus : le marine imbu de sa personne ou la droite monumentale que Ace lui avait asséné.

Il se dressait de toute sa hauteur au-dessus du soldat sonné.

– Personne n'a le droit d'insulter Barbe Blanche, gronda-t-il le poing dressé au-dessus du corps inconscient du marine.
– Qu'est-ce qu'il lui prend ?!
– Saisissez-vous de lui ! Mugit un soldat plus loin.
– C'est un pirate de Barbe Blanche !

La mâchoire décrochée, Léna regardait Ace s'enfuir, talonné par une foule de marines qui s'entassèrent sur le seuil de la porte, se bloquant les uns les autres. Une fois qu'ils eurent tous déguerpit, Léna quitta discrètement la cafétéria, s'assurant que plus personne ne rôdait dans le coin. Elle s'aventura dans le couloir soudainement calme, bien qu'elle entendait au loin le brouhaha qu'avait provoqué Ace.
Elle soupira.
Comment allait-elle se débrouiller avec son homme dans la nature alors qu'il se faisait courser par la moitié de la base ?
Nouveau soupir.
Autant commencer à chercher les archives. Elle espérait au moins trouver quelque chose au sujet de Barbe Noire ou de quoi que ce soit le concernant. Selon Ace, il avait ravagé l'île de Drum plusieurs mois plus tôt, mais il était arrivé trop tard. Le pays tout entier était sous tension à cause de l'attaque de Barbe Noire et la fuite du sois disant roi du pays.
Se pinçant l'arête du nez entre son pouce et son index, Léna secoua la tête. Elle espérait que Ace savait ce qu'il faisait.
Passant devant une porte ouverte, Léna fut brusquement tirée à l'intérieure. Un cri se bloqua dans sa gorge quand elle reconnut le sourire narquois de Ace. Et la moustache au feutre particulièrement mal dessinée de ce dernier. Le cri se mua en un fou rire qu'il lui donna les larmes aux yeux. Elle fut relancée de plus belle, quand elle vit Ace la dévisager les yeux ronds.
Se remettant de ses émotions, Léna essuya les coins de ses yeux du revers de la main, détaillant l'homme qui la rendait vivante.
Il portait la tenue d'un capitaine, une veste blanche reposait négligemment sur ses épaules. Elle fut étonnée de le voir porter un costard, bien que ce soit celui de marine.

– Ça te change beaucoup d'être plus habillé qu'à l'accoutumée, commenta Léna en l'admirant avec un grand sourire. Je vais finir par y adhérer.

Il émit un rire bref, la malice illuminant ses prunelles d'obsidiennes.

– Par contre, la moustache, ça, ça ne te va pas du tout.
– Je suis d'accord ! S'esclaffa Ace, la tête rejetée en arrière. Mais je n'avais pas le choix, je devais ressembler à ce type, ajouta-t-il en désignant un homme du pouce qu'elle n'avait pas remarquée avant. J'avoue que sa moustache est de mauvais goût.

Léna se pinça les lèvres pour ne pas rire de nouveau. À part la coupe de cheveux, les deux hommes n'avait rien en commun. L'homme était blond et bien plus âgé que Ace. Si la Marine tombait dans le panneau, elle ne pourrait plus jamais les voir sérieusement.
Finissant son assiette, Ace la frotta avec une serviette et fit de même avec ses couverts puis les posa sur le côté. Il réajusta la casquette et luit sourit.

– Il paraîtrait qu'il y ait une réunion dans pas longtemps. Je vais y aller et essayer de glaner quelques informations. Les archives sont en bas, à ce que j'ai entendu. Tu ne pourras pas les louper.
– Ok. On se retrouve près de ton moyen de locomotion ?
– Ouaip.

Léna s'apprêtait à passer devant lui, lorsque Ace la retint par le bras. Elle haussa un sourcil interrogateur quand il s'approcha d'elle. Son regard était insondable, mais aucune mauvaise voix n'émanait de lui. Il n'y avait que cette lueur bienveillante dans ses yeux. Ace se pencha sur elle et déposa un baisé furtif sur ses lèvres. Avant qu'elle puisse dire quoique ce soit, il lui fit un clin d'œil assortie de son fameux sourire narquois et s'en alla en courant.
Léna sourit à son tour. Elle adorait cet aspect de Ace.
Taquin et terriblement joueur.
Cela ne fit qu'accentuer ses sentiments pour lui.
Désormais, il n'y aurait plus de regrets. Elle allait vivre sa vie comme elle l'entendait, que ce soit comme une criminelle ou en tant qu'aventurière, elle vivrait.
Pour elle. Pour Artyom. Et maintenant, pour Ace.
Afin que les ombres ne voilent plus jamais son regard.


Mot de l'autrice: Voilà, un petit chapitre de transition où il ne se passe pas grand grand chose (encore un), mais j'espère que cela vous aura plus. J'ai tenue à être fidèle au manga, dans les minis aventures de Ace que Oda avait dessiné, et je me suis dit que je pourrais jouer avec ça (•w•). Je tiens à être fidèle au manga, mais j'ai quand même prit certaine liberté. Bon, j'en suis pas tellement fière, mais bon. Au moins, c'est un chapitre tout tranquille ! Des bisous enflammés, et à bientôt !