Chapitre XVII
Je lisais la lettre condescendante de ma génitrice la mâchoire serrée. L'émail de mes dents se fissurait presque sous la pression que je leur imposait. Artyom était derrière-moi, le visage fermé. La ligne de sa mâchoire était dure et en colère. J'eus un rire mauvais. Je froissai la lettre et la balançait d'un geste rageur dans un coin du salon.
« C'est des conneries, sifflai-je. Elle espère vraiment que je vais revenir pour ne pas ternir son image auprès de son nouveau jules ?! Connasse !
- On devrait peut-être partir d'ici, suggéra Artyom. Disparaître totalement de la circulation. »
Je me retournai, presque horrifié de ce que mon compagnon me suggérait. Et en même temps, très tentée. Je secouai la tête.
« Non, refusai-je, nous n'allons pas partir. Ce serait jouer son jeu et une perte de temps. Je vais lui répondre et lui dire ce que je pense.
- Tu es sûre que c'est une bonne idée ?
- Non. Mais c'est déjà mieux que de partir. Qui sait, avec un peu de chance, je la dégoûterai suffisamment pour qu'elle me renie. »
Je me levai brusquement, alors qu'Artyom m'enlaçait pour me calmer. Par ce geste, il me communiqua tout son soutient et me souffla un je t'aime que je lui rendis.
Il était hors de question que ma mère me prive de cette vie.
Le désespoir avec lequel Ace dévorait ses lèvres lui fit mal au cœur. Léna sentait qu'il voulait se perdre en elle, tout oublier. Toutes les terminaisons nerveuses de son corps percevaient la détresse du pirate, réagissaient en conséquence. Mais elle ne pouvait rien y faire. Tant qu'il ne s'ouvrirait pas à elle, il souffrirait. À part être présente et lui donner de l'amour, elle ne pouvait qu'attendre. Attendre qu'il comprenne qu'elle ne lui tournerait jamais le dos. Et c'était certainement ce qui la désolait le plus. N'être que son ancre n'était pas suffisant pour elle. Elle voulait le soulager de ce poids incommensurable qui pesait sur ses épaules. Qu'il accepte la main qu'elle lui tendait. Le voir sourire sans qu'il y ait cette ombre rôdant à la lisière de sa conscience.
Les mains de Ace étaient brûlantes sur sa nuque. Son baiser dur et désespéré, comme un pardon muet. Seigneur, comment pouvait-il penser qu'elle lui en voudrait ? Il n'avait causé aucun tort à qui que ce soit. Surtout pas à elle.
Léna enfouit ses doigts dans les mèches noires de Ace, savoura leur touché, leur douceur. Sa main descendit sur la joue du pirate qu'elle caressa du bout du pouce. Elle continua sa lente exploration, appréciant la douceur inattendue de la peau de Ace, appréciant les monts et vallées solides de son torse et de son ventre. L'envie de le griffer était forte. Lentement et freinant son envie, elle passa ses ongles contre ses abdos. Il contracta ses muscles sous ses doigts, inspirant brusquement entre ses dents serrés.
Sa réaction tira un sourire à Léna.
- Chatouilleux ? Chuchota-t-elle, taquine.
Les yeux ombrageux de Ace s'illuminèrent doucement, un sourire paresseux naissant sur ses lèvres. Il l'attrapa par la taille, la faisant rouler sous lui.
- Nous allons voir qui de nous deux est le plus chatouilleux ! Menaça joyeusement le jeune homme.
Mettant sa menace à exécution, les doigts de Ace se firent implacable. Un cri d'amusement échappa à la jeune femme qui se tortilla en-dessous de Ace pour échapper à son assaut. S'appuyant sur les coudes, Ace captura son regard, son sourire s'élargissant.
- Alors ? Tu t'avoues vaincue ?
- Juste pour cette fois, dit-elle en s'essuyant les yeux. Tu ne m'auras pas la prochaine fois.
- C'est ce qu'on verra.
Léna lui décocha un sourire entendu. Son cœur battait à tout rompre contre ses côtes et ses joues étaient cuisantes. La faute aux chatouilles, certainement. Quoique. Le baiser qu'ils avaient échangé juste avant ne l'avait pas laissé de marbre. Elle sentait encore les mains brûlantes de Ace sur sa peau et sa bouche avait gardé le goût du chocolat sur ses lèvres.
Zut. Son bas-ventre se contracta quand elle se remémora cet échange fougueux. Mieux valait-il qu'elle se change les idées. Bougeant son calepin, elle sortit du lit et alla se servir un verre d'eau qu'elle but d'une traite.
Ace haussa un sourcil amusé. Léna lui rendit son haussement de sourcil.
- Tu es toute rouge, fit remarquer Ace.
- On se demande pourquoi, railla-t-elle.
Un sourire candide étira les lèvres de Ace et Léna songea très sérieusement renverser son verre d'eau sur sa tête.
Et ailleurs.
Ce type n'avait vraiment aucune idée du charme qu'il dégageait, ni de l'effet qu'il produisait sur ses hormones. Si elle parvenait à ne pas sauter sur le pirate, elle se ferait nonne. Ou peut-être pas. C'était à voir.
Ace se leva à son tour du lit, glissant une main à l'arrière de son bermuda. Il en ressortit des papiers pliés à la va-vite.
- Tu as prit le dossier de Teach avec ? S'étonna Léna.
- Pas vraiment.
Le sourire de Ace laissa place à une expression résignée. Il lui tendit une feuille pliée qu'elle prit avec circonspection. Sans mot dire, elle fixa le morceau de papier entre ses mains. Si lui aussi gardait le silence...
- C'est en rapport avec moi, n'est-ce pas ?
Elle sonda les yeux sombres de Ace qui hocha la tête.
- Je l'ai trouvé en même temps que le dossier de Teach. Je me suis dit que cela t'intéresserait.
Les doigts moites, Léna prit la feuille, et la déplia dans un froissement. Les lignes qui se déliaient sous ses yeux la laissèrent sans voix.
- Hein ?
Léna cligna des paupières plusieurs fois, pensant qu'elle avait halluciné. Mais force était de constater que non. Les mots n'avaient pas changés d'un iota, et un nom qu'elle n'aurait jamais cru voir apparaître un jour était bien là, sous son nez.
Au bout de quelques secondes, elle regarda Ace, les yeux ronds.
- Ils étaient dans la même valise ?
Ace hocha la tête. Une goutte de sueur perla sur la tempe de la jeune femme.
- Merde... Je n'aurais jamais cru ça, avoua-t-elle un peu secouée, les yeux de nouveau posé sur la feuille. Tu l'as lu ?
- Je n'ai pas lu le contenu de la feuille, j'ai juste vu le nom inscrit dessus, dit Ace, les mains sur les hanches, je me suis dit que ça ne concernait que toi.
- Merci, murmura-t-elle. J'apprécie. Même si, je n'ai rien à te cacher.
Le pirate eut un sourire tendre.
- Merci de ta confiance.
Ce fut au tour de la jeune femme de lui sourire.
- Tu l'as amplement mérité.
À ces mots, l'expression de Ace se troubla. Léna se mordit l'intérieur de la joue, et dévia les yeux du rapport qu'elle tenait entre ses mains en sentant le chuchotement sombre et émut qui émanait du pirate. Elle replia la feuille et la rangea dans la poche antérieure de son jean avant de se diriger vers lui. Elle posa sa tête sur son épaule, sentant la tension qui émanait de ses muscles.
- Tu as mérité ma confiance, Ace. Quoique tu en penses, tes gestes en disent plus que toutes les paroles du monde (elle redressa la tête, sondant ses yeux sombres). Puis, je t'ai promit de t'attendre.
Les paupières de Ace se baissèrent, et ses yeux s'attardèrent sur le visage de la jeune femme. Fermant les yeux, il baissa la tête, posant son front sur le sommet du crâne de Léna.
- Merci, souffla-t-il, sincère.
Le chuchotement d'inquiétude et de rancœur se tut, ne laissant plus qu'un chuintement presque inaudible. Léna eut un sourire triste.
Un jour, elle ferait disparaître cette douleur. Elle se le promit, intérieurement.
Elle passa ses bras autour de la taille de Ace, sans un mot et ferma les yeux à son tour.
Mais avant cela, il devrait se confier à elle, lui confier ce qui pesait sur son cœur. C'est seulement là qu'elle pourrait l'aider.
Le lendemain matin, Léna prit une douche rapide et s'entraîna à utiliser son pouvoir sur une plante en pot. N'ayant rien de mieux sous la main, elle se dit que cela ferait l'affaire. Elle exerça sa volonté sur le végétal, le pliant au gré de ses envies. Léna se rendit vite compte que la plante lui obéissait plus facilement quand elle associait un ordre avec un geste. En l'occurrence, un simple geste de l'index suffisait.
- Tu t'en sors avec ta plante ?
Léna se retourna vers le pirate sortant fraîchement de la douche.
- Hm ? Oh, oui, ça se passe bien. Elle est suffisamment petite pour que je puisse la manipuler facilement (elle fronça les sourcils). J'aime pas ce terme.
- Manipuler ?
- Oui, dit-elle en caressant tendrement la plante devant elle. Les plantes, les fleurs et les arbres sont tous des organismes vivants. Et moi, je me pointe comme une fleur, sans mauvais jeu de mot, et je leur impose ma volonté.
- Demande leur, alors.
Léna se tourna vers Ace les yeux arrondis par l'étonnement. La sueur dévala sur le crâne du pirate lorsque la plante suivit le geste de la jeune femme.
C'est flippant.
Ace essuya ses cheveux avec une serviette avant de continuer.
- Tu pourrais leur demander de te prêter leur force. Tes plantes le feront sans doute de bonne grâce, qui sait ?
- Hm.
Léna regarda de nouveau la plante qui s'orienta vers la jeune femme. Elle eut un geste de recul violent, les yeux exorbités.
- Nom de Dieu !
- Tu le remarques seulement maintenant ?!
La jeune femme crispa la mâchoire, faisant apparaître ses dents.
- C'est flippant, commenta-t-elle en se levant. Je vais la remettre à sa place.
Ace la regarda faire en souriant. Léna découvrait chaque jour un peu plus son pouvoir et elle y prenait visiblement un certain plaisir. Cela rassurait Ace de la voir s'épanouir de la sorte. Et cela lui serra le cœur. Demain, il devrait la laisser. S'il en croyait le rapport, sa prochaine escale l'amènerait directement à Teach.
Teach était suffisamment fort pour abattre Satch, suffisamment fort pour raser une île entière à lui seul. Il était hors de question qu'il mêle Léna à cette histoire. Elle serait prit entre deux feux. Il ne pouvait se permettre de mettre sa vie, il ne se le pardonnerait jamais.
Léna lui tournait le dos, déposant la plante sur l'appui de fenêtre. Sa tête s'inclina légèrement sur le côté, comme si elle entendait un son qu'elle seule pouvait entendre.
- Tu te fustiges encore.
Ce n'était pas une question.
- Pas vraiment.
Léna détacha son regard de la fenêtre pour le reporter sur lui. Ses yeux verts en voyaient bien plus qu'il ne le voulait. Depuis son kidnapping, son haki de la perception avait jaillit avec violence, la rendant hyper sensible aux émotions négatives. À l'inverse, elle anticipait très mal les mouvements.
Sans le lâcher des yeux, Léna s'adossa à l'appui de fenêtre, croisant les bras sous sa poitrine. Elle attendait, patiemment. Sans lui forcer la main.
Bon sang...
Il aimerait tellement vider son sac. Tout lui déballer sans retenue aucune. Ace savait qu'elle resterait. Que, quoique qu'il dise, elle ne s'enfuirait pas. C'était une certitude qui lui venait de ses tripes. Mais il y avait cette petite part de peur qui tenaillait son cœur, une peur insidieuse et possessive. C'était une peur qu'il n'avait jamais ressentit auparavant. Il avait flippé quand son premier compagnon, Deuce, avait deviné son ascendance. Il était stressé lorsqu'il avait avoué au vieux qui était son père. Mais là... La simple idée d'avouer qu'il était le fils de Roger le tétanisait.
Cette femme détenait son cœur.
Son rejet le briserait.
Et il s'en voulait d'être aussi égoïste. Il s'en voulait de lui manquer de respect de la sorte.
Mais il n'y arrivait pas. C'était au-dessus de ses forces. Il ne pouvait pas la perdre.
Expirant longuement, Ace passa une main sur sa nuque. Se prendre la tête de la sorte ne l'amènerait à rien.
- J'ai trouvé l'île où se trouve Teach, avoua Ace.
Léna se redressa.
- Alors ? Qu'attendons-nous ?
Ace la regarda dans les yeux. Comprenant le message, Léna se rencogna contre la fenêtre.
- Ah. D'accord.
- Désolé. Mais ce type est bien trop dangereux pour que tu viennes avec moi.
Léna se mordit la lèvre et inspira avec humeur.
- Ça ne me plaît pas du tout, grinça-t-elle, mais si c'est ce que tu veux.
- Je n'ai pas le choix. Teach a tué le commandant de la quatrième flotte de Barbe Blanche qui était avant tout un ami. Il était sous ma responsabilité et c'est à moi de lui régler son compte.
- Je ne savais pas pour ton ami, désolée.
Ace eut un petit sourire.
- Tu n'y es pour rien.
- Je sais, mais il n'empêche que je suis désolée, fit Léna. (elle observa un silence, tendue) bon. Je suppose que tu pars d'ici peu...
- Demain matin, à l'aube.
Léna se pinça les lèvres en grimaçant et ferma les yeux, comme si on lui avait porté un coup. Ace pesta intérieurement.
- Désolé, s'excusa-t-il, je ne m'attendais pas à le trouver aussi rapidement.
- Ne t'inquiète pas, je comprends, murmura Léna, c'est juste que c'est un peu soudain. Merde. J'ai envie de te retenir, et en même temps, c'est ton devoir en tant que Commandant. Alors, par respect pour toi, je ne vais rien faire.
Ace eut un léger pincement au cœur. La laisser là ne lui plaisait pas plus qu'à elle, mais c'était son devoir de stopper Teach. Il devait le trouver tant que la piste était encore chaude. À vrai dire, si Léna n'avait pas été là, il serait partit sur le champ. Qui plus est, le contrat qui pesait sur la tête de la jeune femme lui posait un cas de figure. Il espérait qu'il ne se passerait rien en son absence. Son inquiétude pour la jeune femme lui fit prendre conscience à quel point il l'aimait. C'était pour cela qu'il était hors de question qu'il l'abandonne sans un mot et sans un regard.
- Si tu veux bien, je voudrais que nous en profitions aujourd'hui et cette nuit, proposa Ace cherchant le regard de la jeune femme.
Léna releva la tête, les yeux brillants d'émotions contradictoire. Un sourire penaud étira le coin de ses lèvres. Ce fut avec une voix enrouée et pleine d'émotion qu'elle captura définitivement son cœur en lui répondant :
- Ce serait avec plaisir, petite flamme.
Ace disparut derrière la porte menant au couloir, laissant Léna seule dans leur chambre. Se frottant les yeux, Léna soupira profondément, espérant chasser la tristesse qui l'étreignait. L'annonce de Ace lui avait fait l'effet d'un coup de poignard en plein cœur. Elle savait que cela finirait par arriver, mais elle ne s'attendait pas à ce que cela soit si soudain. Elle expira encore une fois, espérant que la douleur serait moindre.
Merde.
Ils commençaient enfin à se confier à l'un et l'autre. Qui plus est, ce pirate, Teach semblait particulièrement dangereux. Non pas qu'elle doutait de Ace, mais elle craignait pour lui. Il était un pirate puissant et redouté sur les mers. Il le lui avait démontré à plusieurs reprises, même si,- elle en était persuadée - il ne lui avait pas montré l'étendue de sa force. Même lors de leur entraînement, elle sentait qu'il se retenait. Alors, sans doute n'y avait-il aucune raison qu'elle s'en fasse.
Après tout, il était Commandant de la seconde flotte de Barbe Blanche, ce n'était pas rien. Mais ce type, Teach, avait réussi a tuer un Commandant. Le cœur de Léna se serra.
Merde. Elle ne devait pas penser comme ça. Ace réussirait.
Mais s'il perdait, s'il se faisait tuer...
Un frisson glacial dévala sa colonne.
Elle ne s'en remettrait pas. Ça l'a tuerait. Cette fois-ci, elle n'y survivrait pas. La mort d'Artyom l'avait anéantie. Il avait emporté une partie de son âme et de son cœur dans la tombe. Elle avait erré pendant un an sans savoir quoi faire. Si son chemin n'avait pas croisé celui de Ace, elle ne serait plus de ce monde depuis longtemps. Elle n'aurait plus eut la force d'attendre que le destin veuille bien abréger ses souffrances.
Léna laissa retomber sa tête en arrière, passant ses mains sur son visage.
Cesse de penser à ça, Léna. Ace est toujours là.
Elle entendit les pas de ce dernier revenir et le vit passer la porte, affichant son habituel sourire candide. Son cœur rata un battement. Seigneur, cet homme était simplement magnifique. Il respirait la bonté et la bienveillance, et malgré ses priorités envers Barbe Blanche, il arrivait encore à penser a elle.
Et cela la touchait.
- Tu es prête ?
Léna haussa les sourcils.
- Prête pour quoi ?
Le sourire de Ace s'agrandit encore.
- Pour notre soirée, pardi !
- Oh, tu as trouvé quelque chose ? S'enquit Léna, s'avançant vers lui.
- Et comment ! Fit-il évasif, allez, viens.
Il réduisit la distance entre eux et l'attrapa doucement par le poignet.
- Nous allons profiter de cette journée comme il se doit, afin de ne pas avoir de regret !
- À une condition, exigea Léna (elle planta son regard dans celui du pirate). Je veux te dessiner avant ton départ.
Ace l'observa avec surprise puis hocha la tête.
- Si c'est ce que tu souhaites, ce sera avec plaisir. Allez, allons-y !
Un sourire benêt étira les lèvres de la jeune femme qui se laissa entraîner par le pirate. Pour cette soirée, elle laissera toute ses craintes, toutes ses peurs derrière elle. Il n'y aurait qu'eux.
Durant tout le trajet, Ace ne l'avait pas lâché, l'emmenant elle ne savait où. Se faire tirer de la sorte aurait pu l'énerver, mais la gaieté de ce dernier était bien trop contagieuse. Alors, Léna se laissa entraîner par le pirate, sans se poser de question. Ils zigzaguèrent dans les rues, évitant les passants curieux qui les regardaient bizarrement. Puis, au loin, Léna entendit une mélodie enjoué s'élever.
Elle eut un petit sourire. Si c'était ce qu'elle pensait...
Ô, Ace.
Il pensait encore à cette soirée. Celle où ce timbré de Philip l'avait kidnappé. Elle espérait que Ace ne s'en voulait pas, mais apparemment, ce n'était pas le cas. Cette pensée la peina. Et une autre lui effleura l'esprit : celle de son rêve.
Artyom.
Lors de sa détention, elle avait rêvé de lui. Si vrai, si tangible. Ce souvenir raviva une vive douleur dans sa poitrine, mêlée de tristesse. Ce soir là, Léna en était sûre, elle avait faillit passer de l'autre côté. Ce soir-là, la mort l'avait étreinte brièvement, mais suffisamment longtemps pour retrouver Artyom. Non, ce n'était définitivement pas un rêve. Cette certitude lui procura un sentiment étrange. Elle aurait enfin pu rejoindre Artyom, elle aurait pu disparaître dans ses bras, sans se soucier de se que cela engendrerait.
Mais, il y avait Ace.
Il aurait été seul, sans savoir ce qui lui été arrivé. Ou Philip aurait balancé son cadavre à la vue et au sus de tous. Et cela aurait pu briser le pirate. Bien qu'il soit maladroit sentimentalement, ses gestes et la manière dont il l'a regardait en montrait plus qu'il ne le pensait.
Plongée dans ses pensées, Léna ne remarqua pas tout de suite qu'ils étaient arrivés à destination. Ace l'avait entraîné en trottant tout du long et semblait frais et dispo, alors que son cœur battait à tout rompre et la sueur inondait ses tempes.
Ça promet, soupira mentalement Léna.
Sans qu'elle s'y attende, Ace l'attira brusquement à lui, l'inclinant en arrière.
- Qu'est-ce que tu fais ?! S'étrangla Léna pendant qu'il la remontait vers lui et la fit tournoyer.
- On danse, ça ne se voit pas ? S'amusa Ace.
Léna s'apprêta à lui lancer une remarque bien sentie, mais s'en abstint.
Soit. Si Ace voulait danser, alors, ils allaient danser.
La jeune femme n'avait jamais été très douée pour la danse, à vrai dire, c'était une catastrophe. Mais juste pour cette soirée, elle ferait un effort. Afin de se créer de nouveaux souvenirs. Faire ce qu'ils auraient dû faire durant cette soirée près du feu de joie, là où ils auraient juste dû se laisser porter par le mouvement plutôt que de se morfondre.
Ce soir, il n'y aurait qu'eux et la musique.
Ensemble, ils allaient danser, sans se soucier des lendemains inconnus.
Mot de l'autrice: salut, salut, je suis vraiment désolée de ne pas avoir posté quoique ce soit depuis longtemps. Je viens de voir que je n'avais pas posté ce chapitre alors qu'il est fini depuis dès mois. Honte à moi. Je posterai la version alternative dans quelques jours. Merci de votre patience et à bientôt !
Encore désolée "
