Leur dernier rêve

Fanfiction écrite par Andromeda Hibiscus Mavros
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Publié pour la première fois le 6 mars 2012

Chapitre 23

La voix de la raison

Crédits : L'univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j'ai créés pour l'occasion.

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La nuit était tombée. Profitant de la mitoyenneté de leurs balcons, Van avait rejoint Hitomi dans sa chambre.
Elle attendait assise sur le lit et se leva alors, heureuse de voir apparaître le jeune homme devant elle.

— Alors, tu as passé une bonne journée avec la fine équipe ? Demanda-t-il.
— Je crois que j'ai surtout vécu un des moments les plus fous de ma vie. Je te jure, je ne risque pas d'oublier la boutique de Monsieur Taupe.
— Il a ouvert un commerce, ce vieux pervers ?
— Oui, il vend des vêtements féminins et Millerna est d'ailleurs une de ses clientes.
— Un emploi de rêve pour lui…
— Tout à fait ! Et il en profitait ! Yiris lui a d'ailleurs démoli la moitié de sa boutique après l'avoir surpris en train de l'espionner.
— Alors mon frère a mis sa menace à exécution en traînant sa femme pour lui trouver des vêtements… En effet, cela a dû être drôle…
— Oui, tu ne peux pas imaginer ! Et toi ? Ta journée ?
— Pas amusante du tout. Le bilan des vols d'energist est encore pire que tout ce que nous pensions. Nous avons en face de nous un ennemi qui doit disposer d'un armement conséquent… Cependant, il y a une avancée, les informations de Basram et des délégués de Freid vont dans le sens d'une base qui aurait été localisée.
— Les informations de Freid ? J'y pense, le Duc Chid n'est pas présent.
— Non, il est comme sa mère, de santé fragile. C'est son représentant Kaja qui est venu car le Duc est encore alité.
— Pauvre petit…
— Petit, petit… Il a treize ans maintenant. Et ressemble beaucoup à une certaine personne… Soupira Van.

Connaissant le secret d'Allen, Hitomi comprit que probablement Van était aussi au courant finalement.
Décidément la situation du chevalier devait être des plus délicates.

— Enfin, reprit le Roi, nous allons dans le sens d'une intervention militaire massive sur cette zone. Les modalités seront discutées demain, lors de la grande conférence finale.
— Tu vas repartir à la guerre…
— Oui, je n'ai pas le choix. La sécurité de mon pays est menacée par ces ennemis mystérieux.
— Je comprends, mais…

Voulant éviter de la voir ainsi s'inquiéter, Van s'approcha doucement d'Hitomi et la prit dans ses bras.
Caressant ses cheveux blonds, il se pencha pour l'embrasser.

— Tu sais, cela commence à m'embêter de sauter le mur pour venir te voir. Ne crois-tu pas qu'il serait temps d'envisager de régler ce problème ?
— Que veux-tu dire ? Interrogea la jeune femme étonnée.
— J'ai promis de ne pas te brusquer. Donc, je ne vais pas aller faire une demande formelle, cependant je voudrais que tu réfléchisses au fait de m'épouser.

Pour le coup, Hitomi était surprise. Ses joues devinrent toutes rouges.

— Je…
— Pas de panique, je viens de te dire d'y réfléchir. Prends ton temps, j'ai le mien ! Surtout que, dans les semaines qui vont venir, j'aurai malheureusement d'autres préoccupations.
Sache que mon rêve serait de vivre avec toi aux yeux de monde entier, et de fonder une famille.
— Une famille…

La jeune femme repensa à la vision de ce petit garçon aux yeux verts qui lui parlait, il pourrait devenir réel…

Elle était émue à cette idée, mais quand même inquiète se souvenant des paroles de l'enfant.

— Je… Je ne sais pas quoi répondre… C'est confus pour moi…
— Je persiste, tu as le temps ! Sois certaine que je ferai de mon mieux pour que tu puisses mener une vie tranquille et calme en tant que Reine.

Ils se regardèrent avec un sourire complice, puis elle s'assit sur le lit avec un petit air mutin.
Amusé par sa façon de faire, Van commença à tirer sur la ceinture de sa robe et la dénoua.
Hitomi lui répondit en dégageant elle-même sa veste et en la jetant au sol.

Le geste plut au Roi, il la poussa doucement, elle s'écroula alanguie sur les coussins. Comble de l'audace, elle l'attira à elle en tirant le haut de son pantalon.

Il s'allongea sur elle, la couvrant de baisers, elle le caressait. Peu à peu, il finit par défaire le laçage de sa robe qu'il lui retira, lui-même le reste de sa tenue.

Encore quelques marques de tendresse, et ils se débarrassèrent de tout tissu, sans un mot, leurs mouvements était juste guidés par leur regards.

Une fois de plus, ils partagèrent un moment tendre, seuls tous les deux.

Le rêve d'Hitomi aurait été qu'ils soient toujours tranquilles, sans tout le fardeau du monde extérieur.

OoO

Le lendemain, une joyeuse agitation régnait au palais.

La journée allait se terminer par une conférence couplée à une réception qui se voulait exceptionnelle.

Débordés de travail, les serviteurs ne savaient plus où donner de la tête et s'agitaient dans tous les sens, dans un chaos qui se voulait organisé.
Pour les dames, ce genre de festivités était l'occasion d'apparaître la plus belle possible.

Et c'était exactement le genre d'exercice dans lequel Millerna excellait, faute de pouvoir participer activement aux débats, Allen ayant l'art de la persuader que ce n'était pas l'affaire d'une femme, ce qui avait le don d'énerver la Souveraine.

Alors, pour se calmer, depuis le matin, elle s'occupait de sa tenue, de sa coiffure, de son maquillage, multipliant les essais. Le pire était de savoir qu'elle organisait ce moment depuis des semaines.

Dans le tas de robes recalées pour la fête, deux petits garçons s'en donnaient à cœur joie au cours d'une partie de cache-cache endiablée.

C'est dans ce joyeux fouillis qu'arrivèrent Hitomi, Merle et Yiris, conviées par la Reine.

— Ah ! Vous voilà ! Te connaissant Hitomi, tu ne vas pas faire d'effort pour ta tenue de ce soir, donc je t'ai fait venir pour remédier à cela, je suis sûre que Merle va m'aider.

La fille-chat éclata de rire. L'idée d'embêter gentiment sa vieille amie lui plaisait.

— Parce que toi tu n'es pas concernée aussi peut-être ? Remarqua Hitomi, boudeuse.
— Nan, déjà, rien que le fait que je sois présente au palais est, pour certains, un scandale, alors, pas de réception pour moi ! Répondit Merle. Aucune envie d'être regardée comme une bête curieuse !

Ayant remarqué la présence des invités, les deux petites têtes blondes sortirent de leur cachette de tissus pour se précipiter vers Hitomi.

— Mère, est-ce que c'est la dame des la Lune des Illusions dont vous nous avez parlé ? Demanda le plus grand.
— Oui, Henry.

Curieux, le petit s'avança vers la jeune femme et lui attrapa la main.

— Mais en fait, tu es comme les gens d'ici toi !

Etonnée, Hitomi s'accroupit pour être à la hauteur de son interlocuteur.

— Oui, tu es surpris ?
— En fait, répondit le petit, j'aurais cru que des gens venus du ciel étaient fait de nuages.
— Arrête tes bêtises, Caspar ! Dit Millerna. Je t'ai déjà répété une centaine de fois que Hitomi était une personne normale. Et puis, vous deux, vous ne devriez pas bientôt avoir vos leçons ?
— Pas aujourd'hui, Mère ! Expliqua Henry. Père a dit que l'on avait droit à un jour de repos !
— Et bien sûr, il n'a pas jugé utile de m'en parler… Soupira la Reine. Enfin, tenez-vous tranquille !

Les frères acquiescèrent d'un signe de tête, mais repartirent directement s'amuser au milieu des robes.

— Ah les enfants… En plus deux garçons, je suis gâtée ! Ironisa Millerna.
— En tout cas, ils sont très mignons ! Constata Hitomi.
— Mignons… Parfois… Je peux te dire que leurs nourrices et précepteurs en voient de toutes les couleurs avec eux…
Enfin, là n'est pas la question. Dis-moi, tu as au moins prévu une robe spécialement pour l'occasion ?

Les deux amies commencèrent à discuter chiffon en compagnie de Merle, dans une ambiance décontractée.

Restée silencieuse dans un coin, Yiris s'était assise sur le bord d'une fenêtre et regardait dehors sans vraiment les écouter.

Soudain, on frappa à la porte. Une servante alla ouvrir, c'était une des femmes-chats de la boutique de Monsieur Taupe.

— Bonjour Mesdames, on m'a dit que c'était ici que je pouvais trouver la Princesse Yiris de Fanelia, j'ai une livraison pour elle.
— Pour moi ? Interrogea la générale en s'avançant.
— Oui ! Dit la vendeuse en donnant un paquet à la jeune femme. Avec les compliments de la maison !
Tout a été fait selon les instructions de votre mari. Ma patronne espère que cela vous conviendra et vous présente encore ses excuses pour le comportement du patron.

Sur ce, elle salua avant de partir aussi vite qu'elle était arrivée, laissant Yiris bête avec son colis.

Intriguée, Millerna se précipita pour l'en délester.

— Voyons-voir ce que ceci contient !

Pas le temps de protester, la Reine avait posé le carton sur une table et commençait à le défaire, aidée de Merle, sous le regard amusé d'Hitomi.

— Et bien, Yiris, ton mari ne se moque pas de toi ! Viens-voir !

Etonnée, la générale s'avança. Dans le paquet, emballée dans du papier de soie, une tenue bleu nuit brodée de fil d'argent.

Repoussant les curieuses en jouant des coudes, elle finit de déballer le contenu.

C'était un ensemble composé d'une robe de soie unie avec un manteau entièrement brodé d'arabesques brillants et parsemé de petites étoiles, avec, comme ceinture, un ruban de tulle plus clair, piqué de fils étincelants lui aussi.
Face à une telle merveille, Yiris était ébahie. Impossible que ce soit pour elle, c'était trop beau.

— Bon, ce n'est pas le tout d'avoir une aussi belle robe, il va falloir lui honneur, Madame ! Affirma Millerna.
Pour cela, il faudra te coiffer et te trouver des bijoux, et pas cette simple tresse d'or dans tes cheveux ou cette ridicule petite breloque tenue par un ruban à ton cou.
— Non ! Répondit Yiris. Vous ne toucherez ni à ma tresse, ni à ma croix, c'est peut-être de la camelote à vos yeux, mais ce sont mes trésors, je suis fière de les porter !

Entendant ce plaidoyer, Millerna sourit, amusée, et se tourna vers Hitomi.
Elle se rappelait de la façon dont celle-ci, alors adolescente, avait défendu ses vêtements pour ne pas qu'ils soient jetés.

Décidément, les gens de la Lune des Illusions semblaient tenir particulièrement à leurs possessions, aussi ridicules soient-elles.

Dans le cas de Yiris, la Reine était perplexe. Comment Folken Fanel, un homme au charme duquel elle n'était pas restée insensible toute petite, et même dix ans après, malgré le bloc de glace qu'il était devenu, pouvait-il s'être attaché à une petite femme un peu trop ronde et totalement défigurée au point de lui offrir une robe absolument sublime ?

OoO

Le soir arriva et la réception commença. Après un premier cocktail, il y aurait la réunion.

Pour l'occasion, la salle de bal du palais avait été aménagée en gigantesque salle de conférence, tandis que le grand salon attenant accueillerait le buffet.

Eblouie par le faste et curieuse d'observer le déroulement des festivités, Hitomi avait été parmi les premiers arrivés.
Quand il l'avait vu apparaître, vêtue d'une robe dans les tons bleus verts toujours sur le modèle veste nouée de Fanelia, mais faite d'organza qui la rendait aérienne, Van cru qu'il rêvait.
Elle était belle, restant simple face aux dames lourdement vêtues et couvertes de bijoux.

Au milieu de la foule, la jeune femme était un peu gênée, d'autant que beaucoup de regards étaient dirigés vers elle.

— Tu es magnifique Hitomi !
— Merci, cependant, je suis surtout mal à l'aise avec tout ce monde.

Regardant aux alentours, la jeune femme remarqua l'arrivée d'Allen. Il était tellement occupé que c'était la première fois qu'elle le rencontrait depuis son arrivée à Palas.

Toujours altier, il s'avança vers elle, elle ne pût s'empêcher de rougir. Van en fut un peu contrarié, mais ne releva pas.

— Et bien, Van ne m'a pas menti, tu es devenu une femme superbe Hitomi ! Commenta le chevalier en lui faisant un baisemain.
— Merci… Répondit-elle, les joues rouges d'embarras.

Probablement un peu jalouse, Millerna arriva d'un pas pressé. Robe au corsage de taffetas bleu roi avec un décolleté flatteur, de nombreux joyaux à son cou, ses poignets et même dans ses cheveux, elle était éclatante.

— Je vois que nous sommes réunis comme autrefois ! C'est amusant de se retrouver dix ans en arrière !

Les amis sourirent, ils se revoyaient tels qu'ils étaient du temps de la grande guerre. Et là, c'était une autre conflit qui les rassemblait.

En discutant avec Millerna, Hitomi avait compris que la gravité de la situation était devenue critique.
La dépendance des grandes nations à l'energist était immense, ces vols posaient de gros problèmes logistiques, et aussi militaires, car l'intérêt principal de l'energist était de servir de source d'énergie aux melefs et aux vaisseaux.

Assis sur une chaise, Meinmet avait encore trouvé quelques oreilles attentives à ses exploits.
Il se gavait tout en racontant son séjour sur la Lune des Illusions à quelques vieux nobles en quête de sensations fortes.
Hitomi ne pouvait s'empêcher de s'amuser du comportement du vieil homme, il était vraiment trop drôle avec ses lubies.

Un peu plus tard, Folken se joint au groupe. Etonné de le voir seul, Hitomi l'interrogea.

— Yiris n'est pas avec vous ?
— Honnêtement, j'avais espoir de la trouver ici, mais ce n'est pas le cas… Soupira-t-il.
— La dernière fois qu'on l'a vue, expliqua Millerna, elle s'était enfuie par la fenêtre avec le carton de sa robe sous le bras après que je lui ai proposé les services de ma coiffeuse…

Entendant cela et imaginant la situation, Folken ne put s'empêcher de rire, ce qui vite fut vite le cas du reste du groupe.

Un peu plus tard, les hommes furent conviés à assister à la conférence, tandis que les dames restaient à discuter à côté.

Quelques morfals, dont Meinmet, préférèrent la compagnie du buffet, désormais à leur merci, aux discours.

Sur le chemin qui les menait vers la salle, Van discuta avec son frère.

— J'espère au moins que Yiris écoutera cachée dans un coin.
— J'ai confiance en elle, elle viendra !
— Comment peux-tu en être si sûr ? En théorie, elle devrait déjà être présente.
— Le premier buffet était salé et elle n'est pas à l'aise avec les bavardages. La conférence et le buffet sucré devraient avoir plus d'effet ! Remarqua le Prince avec un petit air amusé.
— Moi, à ta place, je prendrai une assiette pour lui ramener quelques gâteaux ce soir… Si notre oncle en laisse quelques-uns… Montrant d'un geste de la tête l'intéressé en train de se goinfrer tel un animal avant hiverner.

Les membres des délégations prirent place et la conférence commença sous la présidence d'Allen.

Après un résumé de la situation actuelle et un état des lieux des attaques, le Président de Basram prit la parole pour expliquer les observations effectuées au sud de son territoire.

Le fief présumé des agresseurs se situerait dans une zone marécageuse surnommée la forêt des brumes, en raison du brouillard permanent formé par l'humidité ambiante.
Le problème de l'hostilité du terrain fut une des premières questions soulevées.

Un des généraux présents souligna le risque d'enlisement des melefs.
Sur ce point, un général de Cesario souleva la possibilité d'utiliser des éclaireurs rien que pour évaluer le terrain.
L'idée fit l'unanimité, puis se posa la question des forces à engager.

Très vite, des chiffres énormes furent évoqués. On parlait d'impliquer plus de cent cinquante mille hommes toutes nations confondues, un nombre qui donnait le tournis et sous entendait d'envoyer la majeure partie des troupes de chaque nation sur le champ de bataille.

— Ben voyons ! Et ça se prétend militaire ! Pendant ce temps-là, ils auront tout le loisir de vous frapper par derrière !

Cette voix… Tous les regards convergèrent vers l'entrée de la salle. Stupéfaction générale !

Vêtue de sa robe bleue, qui lui seyait à ravir, ses cheveux ramassés en chignon improvisé maintenu par sa tresse d'or, son bâton à la main, Yiris avançait sans crainte aucune au milieu de l'assemblée.

— Et bien bravo ! Chuchota Millerna, étonnée, à Hitomi qui avait assisté à la scène depuis la pièce d'à coté. Elle a réussi à bien s'arranger toute seule, je suis stupéfaite !

On ne voyait qu'elle ! Van se frappe le crâne de dépit face au scandale.
Meinmet aurait applaudi s'il n'avait pas eu les mains pleines de nourriture.
Folken lui ne put s'empêcher d'éprouver une certaine fierté de voir son épouse admirée et s'amusa de son incroyable culot.

Les cicatrices sur le visage étaient presque secondaires, c'était l'allure qui primait.
Et à ce petit jeu, pour sa première apparition officielle habillée en femme, à ceci près que, comme à son habitude, elle avait noué sa ceinture sur le côté comme le font les hommes à Fanelia, Yiris excellait !

Après avoir remonté les rangs, elle avança sur l'estrade. Les orateurs s'écartèrent sur son passage, même Allen fut incapable de protester.

Sûre d'elle malgré sa tenue peu habituelle, la générale s'adressa aux convives.

— Vous ne savez pas à qui vous avez à faire ! Moi, je les ai vu à l'œuvre. Oui, il faudra des soldats en nombre pour les avoir, cependant la force brute seule sera inefficace ! Ils sont rapides et malins et, de ce que j'ai vu, la brume est leur terrain de jeu rêvé !
Alors, plutôt que de compter vos melefs comme des enfants, réfléchissez plutôt à comment vous organiser, à utiliser vos troupes au sol de façon intelligente au lieu de foncer dans le tas !
Et surtout, ne tombez pas dans le piège d'abandonner vos arrières ! Qui ne dit pas qu'à priver vos terres d'une grande partie de vos forces, vous ne risqueriez pas d'être victime d'un assaut surprise ?
Après tout, la présence de ces guerriers dans les marais n'est pas totalement certaine, donc soyez subtils, parce qu'eux le sont !

Sur ces mots, la jeune femme s'en alla comme elle était venue, lançant des regards glaçants autour d'elle.
Son départ fut suivi d'un lourd silence, puis des chuchotements commencèrent.

Pour une fois, ce n'était pas le comportement de Yiris qui faisait débat, mais bel et bien ses paroles.
Dans un sens, elle n'avait pas tort.

Alors l'assemblée s'enflamma dans un chaos qu'Allen eut du mal à apaiser. Laissant les officiels débattre, Folken se leva pour suivre son épouse.

Après de brèves recherches, il la trouva au bord d'un bassin dans les jardins du palais.
Histoire de digérer son exploit, elle avait carrément pris une bouteille de vin sur une table et la vidait en buvant au goulot.

— Je trouve fort dommage de se comporter ainsi après une apparition à sensation ! Fit remarquer le Prince.
— Il se trouve que j'ai besoin de me saouler pour oublier ce que je viens de faire et me préparer à l'engueulade que ne manquera pas de me servir Maître Van !
— Et pour quelle raison serait-il fâché ?
— Vous dormiez ou quoi ? Je crois que je viens de faire la chose la plus stupide de ma vie !
— Vraiment ?
— Non, vous avez raison, je peux faire pire…

Visiblement un peu grisée par l'alcool, Yiris sauta toute habillée dans l'eau, à la grande stupéfaction de Folken.

Refusant toute aide pour s'en sortir, elle finit par s'extirper, s'asseoir sur le bord du bassin et éclata de rire.

— Je crois que franchement, je ne suis pas dans mon état normal aujourd'hui…
— En effet, sauter habillée de frais dans l'eau, c'est particulièrement bête ! S'amusa le Prince en haussant les épaules.
— C'est ça quand je ne réfléchis pas ou plutôt quand je suis bien bourrée… Plaisanta la jeune femme en secouant la bouteille qu'elle avait vidée.
— Et bien, ta façon d'être spontanée est plaisante, dommage qu'il faille avoir recours à l'alcool…
— Ah vraiment ?

Complètement trempée, Yiris se releva, abandonnant sa bouteille vide, et s'avança vers Folken.
Se hissant sur la pointe des pieds, elle entoura son cou de ses bras et l'embrassa passionnément.

Séparant ses lèvres de siennes, elle lui adressa un magnifique sourire, avant de reculer de quelques pas.

— On va mettre ça sur le compte de la boisson !

Puis, comme si de rien n'était, elle commença à essorer sa robe.

Le regard attendri, Folken ne répondit pas. Ce petit moment irréaliste lui avait procuré un immense bonheur.