Leur dernier rêve
Fanfiction écrite par Andromeda Hibiscus Mavros
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Rating / Classement [+18]
Publié pour la première fois le 13 mars 2012
Chapitre 24
La peur
Crédits : L'univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j'ai créés pour l'occasion.
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Après l'intervention de Yiris, la conférence traina en longueur. Le consensus fut difficile à obtenir.
Finalement, les protagonistes se mirent d'accord sur le fait d'engager chacun environ la moitié de leur troupes, soit un total d'environ cent mille hommes.
Le regroupement au lieu indiqué par Basram était prévu trois semaines plus tard. Face à l'annonce de ce conflit imminent, Hitomi se sentait très mal.
La perspective de voir Van partir au combat ravivait de douloureux souvenirs… Elle avait l'impression qu'elle ne connaîtrait jamais Gaea en paix.
Alors qu'elle était perdue dans ses pensées, elle remarqua une jeune fille blonde, qui se terrait près d'une fenêtre.
La foule et l'agitation ambiante semblaient particulièrement l'intimider.
Tentant visiblement de se calmer, elle faisait tourner les mèches de ses cheveux bouclés coupés au carré avec ses doigts.
Vêtue d'une robe à corsage mauve et jupe blanche tout simple, elle observait sans oser sortir de son coin et se cachait parfois derrière les rideaux. La détaillant attentivement, Hitomi finit par la reconnaître et s'approcha d'elle.
— Bonjour, vous êtes bien Celena Schezar, la sœur d'Allen ?
— Oui ! Répondit la jeune fille, un peu confuse.
Comme une enfant, elle dévisagea son interlocutrice de la tête au pied avec de grands yeux curieux.
Intriguée, Hitomi resta silencieuse.
Soudain, un sourire enfantin illumina le visage de Celena.
— Ah, ça y est ! Je vous reconnais, vous êtes Hitomi, la fille de la Lune des Illusions !
— En effet…
— Alors, vous êtes revenue. Grand frère disait que cela faisait tellement longtemps que vous étiez partie que vous ne reviendriez pas, à tort ! Remarqua-t-elle avec toujours cette expression puérile.
— Oui, je suis revenue… Bredouilla Hitomi, désemparée face à l'attitude de Celena. Mais dites-moi, pourquoi vous cachez vous ici ?
— En fait, je n'étais pas censée venir ! Mais comme, ce soir, Gaddes était d'astreinte, j'ai voulu m'amuser un peu et assister aux festivités. Je déteste être enfermée toute seule, je l'ai assez été…
— Ah bon ?
— Oui, grand frère m'a couvée comme un œuf quand je suis rentrée. Il était complètement paranoïaque, alors je ne sortais pas… Me marier et partir de la maison a été toute une histoire…
Contente d'avoir quelqu'un à qui parler, Celena aura bien continué son récit, mais, voyant Allen sortir de la salle principale, elle paniqua.
— Désolée, Mademoiselle Hitomi, je dois partir ! Si grand frère me voit ici, alors que je ne suis pas invitée, c'est encore Gaddes qui se fera sermonner à ma place. Au plaisir de vous revoir.
Souriante, l'étrange blonde partit en courant, rapide et légère. Sans comprendre vraiment pourquoi, Hitomi était troublée.
A son sens, Celena dissimulait quelque chose de plus subtil que le laissait à penser ses petits airs de fillette effarouchée.
La voyant passée près d'un miroir, il sembla à Hitomi qu'un autre visage se reflétait, celui de Dilandau…
OoO
Sur le balcon de sa chambre, Folken regardait vers la mer. Par moment, il se tournait vers Yiris qui dormait profondément, s'étalant sur toute la largeur du lit, comme quoi l'alcool continuait à la désinhiber même dans son sommeil.
Quand elle était arrivée dans la chambre, la générale avait commencé à retirer ses vêtements trempés en plein milieu de la pièce.
Plus assez claire pour se débrouiller seule, elle avait réussi à enlever la veste mais titubait en se tournant pour défaire le laçage du corset dans son dos.
Folken lui avait proposé son aide. A sa grande surprise, elle avait accepté sans réfléchir. Aucun tremblement, elle s'était laissa faire, sans doute contente de se débarrasser de ce carcan.
Hypnotisé par la vision du trajet des gouttes d'eau sur la peau, venant se confondre avec le tissu de la robe, le Prince avait pris son temps pour desserrer les croisillons.
Un bref instant, une envie lui avait traversé l'esprit, mais il l'avait réprimé. C'était parce qu'elle était saoule que Yiris s'était laissé déshabiller sans protester.
Une fois dégagée de sa robe, la jeune femme avait rejoint tant bien que mal la salle d'eau sans se retourner, juste un petit « merci », accompagné d'un signe de la main, s'échappant de sa bouche.
Elle en était ressortie quelques minutes plus tard, les cheveux nattés, dans l'un de ses petits déshabillés noirs ornés d'une ceinture colorée qu'elle affectionnait pour la nuit pour finir par s'effondrer sur le lit, s'y assoupissant directement.
Face à cette attitude, Folken avait soupiré, avant de se mettre lui même plus à l'aise.
Quelques minutes, il était venu s'asseoir près d'elle. Une chose avait attiré son attention, Yiris souriait en dormant. Il s'était prit à espérer que c'était à cause du petit moment à la fontaine.
Puis, il s'était levé pour aller dehors. Sans trop comprendre pourquoi, il était inquiet. Au cours de la conférence, il avait ressenti une présence qui ne lui inspirait pas confiance…
Plus le temps passait, plus il avait l'impression que la situation allait se compliquer.
OoO
Des cris dans les couloirs éveillèrent le palais en quelques minutes. La réception était finie depuis longtemps, chacun avait été tiré de son sommeil à la hâte.
Pour la plupart en vêtements de nuit, les membres de délégation convergeaient vers les jardins du palais.
Les premiers arrivés découvrirent un macabre spectacle, un membre de la délégation de Basram, le principal conseiller du Président, avait été retrouvé égorgé pendu par les pieds à un arbre.
Tandis que, soigneusement, des hommes de Basram étaient train décrocher le corps, la panique s'empara des gens et les rumeurs les plus folles virent le jour.
Tenue à l'écart de l'écœurante scène par Van, Hitomi avait été rejointe par Merle, puis Folken et Yiris, qui semblait toujours vacillante.
Cette dernière avait brièvement jeté un coup d'œil à la mise en scène, qui lui avait paru étrangement familière…
Soudain, elle sentit une étrange brise et se tourna vers le toit. Traversée par la même sensation, Hitomi leva aussi la tête.
Tout ce qu'elles virent fut une silhouette aérienne, aux cheveux clairs éclairés par la lumière de la Lune des Illusions.
Rapide malgré les effets de l'alcool, Yiris se projeta dans sa direction. Cependant, arrivée sur les hauteurs du palais, plus aucune trace. La mystérieuse personne avait disparu dans la nuit.
La générale n'appréciait pas du tout cela, un individu furtif comme cela n'avait pour elle rien d'innocent.
Sa seule assurance, ce n'était pas un fausse-personne. En effet, le niveau de sorcellerie qu'elle avait atteint lui permettait de ressentir les siens. Mais alors qui pouvait ainsi fuir ?
Le corps du dignitaire ayant enfin été évacué, Allen partagea ses impressions avec Van.
— Cette fois, c'est la catastrophe. Je vais faire immédiatement une réunion de crise…
Le jeune Roi acquiesça et suivit le chevalier, laissant Hitomi sous la protection de son frère.
Redescendue du toit, particulièrement contrariée, Yiris suivit le Souverain, bien décidée à donner son avis.
OoO
Le moins que l'on pouvait dire, c'est que la fin de la nuit fut particulièrement bruyante.
Dans les couloirs, les dirigeants de grandes nations de Gaea, tous en vêtements de nuits, passaient leur temps à s'invectiver.
Certains étaient partisans d'une intervention brutale immédiate sur le foyer présumé, d'autres paranoïaques ne pensaient qu'à rentrer chez eux et se terrer dans leur forteresse. Des plus réfléchis suggéraient de prendre le temps avant de décider.
Au milieu de tout ça, Allen, aidé de Van, tentait ramener un semblant de calme.
Il avait invité tout le monde à se rassembler à la hâte dans la salle de bal qui avait accueilli la conférence, dont les serviteurs continuaient le nettoyage malgré l'attroupement.
L'ambiance était tellement tendue que des bagarres avaient failli éclater. Un frileux délégué de Daedalus avait été brutalement pris à partie par des membres de la délégations de Basram.
Puis, Yiris avait un eu un échange à la limite des coups avec un responsable de Cesario, lui ayant fait une remarque machiste, la poussant au point d'ébullition.
Pendant ce temps, l'armée d'Asturia avait renforcé la surveillance de la ville. Il y avait un soldat à chaque coin de rue.
Dans le palais, c'était presque un devant chaque porte. Ce dispositif dément semblait pourtant à peine rassurer les gens.
— C'est quand même incroyable ! Allen, vous n'avez même pas été capable d'assurer la défense de vos invités, c'est pathétique ! S'enflamma le Président de Basram.
— Nous avions prévu un dispositif important ! Répondit le chevalier. Cette attaque ciblée est une immense surprise.
— C'est surtout un avertissement ! Insista un délégué de Cesario. Ils ont compris que nous avions décidé de les châtier enfin, ils nous le font savoir ! Il faut agir vite !
— Oui, surtout qu'ils sont à nos frontières ! S'inquiéta un représentant d'Egzardia.
— On ne peut pas lever une armée en quelques jours ! S'indigna Van. Trois semaines est déjà un délai très court pour se préparer ! Le réduire se fera au détriment de la qualité de formation. Il faut préparer les vivres et les machines dans le calme, la précipitation pourrait se retourner contre nous !
— Le Roi de Fanelia n'a pas tort ! Souligna le Roi de Daedalus.
— Ô vous, dit, énervé, le Président de Basram, vous êtes dans votre petite presque-île loin de tout. Alors forcément, vous n'êtes pas pressé pour bouger !
— Je vous rappelle que nous aussi avons eu des vols ! Répliqua le Souverain de Daedalus, courroucé.
A nouveau, la situation se remit à dégénérer. A l'estrade, Van, furieux, hurla pour évacuer sa colère.
— Vous ne pensez pas que c'est ce qu'ils attendent ! Que l'on se divise !
Tout autant que le ton sur lequel elle avait été dite, la justesse de la remarque calma le jeu.
— Soyons réaliste, reprit le Roi de Fanelia, il n'y a rien de mieux à faire actuellement que de se préparer comme convenu. Basram et Egzardia n'auront qu'à créer des zones tampons.
En attendant de leur envoyer nos troupes, nous pouvons déjà leur envoyer une aide logistique : vivres, armes…
L'idée fit le tour de la salle et sembla plaire au plus grand nombre. La suite des débats fut donc plus axée sur qui ferait quoi…
Bien évidemment, il y eu encore des éclats de voix, mais au lever du soleil, les participants arrivèrent à un consensus.
OoO
Le lendemain, avant de quitter Asturia, Folken tint à passer un moment dans ce qui avait été son laboratoire.
L'onde qui avait généré la colonne de lumière qui l'avait mené à sa mort était toujours là.
Comme tout ce qui était machine de Dornkirk, personne n'osait y toucher. La crainte de réactiver un de ces engins était bien trop forte.
Pendant plus d'une heure, il avait tourné autour, seul. Ses derniers souvenirs lui revenaient de façon claire.
Quand il avait décidé d'utiliser cet engin, il savait qu'il avait ouvert le passage vers sa propre mort.
Maintenant, il en arrivait à se demander comment il avait pu accepter cela avec tant de calme.
Il se savait condamné et au lieu de profiter ou de temporiser comme l'aurait fait n'importe qui d'autre, il avait forcé sa propre fin.
— Sans doute étions-nous idiots pour être aussi tranquille face à la mort !
A l'entrée de la pièce, appuyée au chambranle, Yiris l'observait.
— Que veux-tu dire ? Demanda le Prince.
— Ce que vous faites avec cette chose, ce pèlerinage macabre, expliqua son épouse en venant vers lui, je l'ai moi-même fait des dizaines de fois. De la même manière qu'un assassin revient sur le lieu de son crime, un ressuscité revient toujours sur celui de sa mort…
— C'est vrai que toi au moins, tu peux comprendre cela…
— En effet, nous ne sommes pas nombreux dans ce cas !
— Penses-tu avoir tiré un enseignement de cette expérience ?
— Personnellement, mon Maître m'a offert une nouvelle vie, une philosophie, un code de conduite…
— Non, je ne parle pas de ça… Moi, comment dire… J'avais fait ce que j'avais à faire. Alors, je ne vois pas pourquoi je suis là… Surtout que contrairement à toi, je n'ai aucune idée de ce qui m'a ramené.
— N'allez pas nous faire un syndrome du survivant ! Inutile de vous torturez de questions, profitez ! Vous êtes encore jeune, si vous utilisez bien cette vie, vous accomplirez des tas de choses !
— C'est drôle de t'entendre dire cela. Tu ne l'as pas appliqué à toi-même !
Pour le coup, Yiris était embarrassée. La question avait le mérite d'être pertinente, il est vrai qu'elle n'avait pas vraiment profité de la grâce qui lui avait été accordée.
— Pour moi, c'est différent. Je ne suis pas revenue toute belle toute neuve. J'étais différente, je n'avais plus une apparence physique normale. Mon corps avait changé. Il était devenu fort, plus résistant, rapide, j'ai dû apprendre à apprivoiser ces talents.
Sans l'enseignement de mon Maître, qui était aussi mon sauveur, que serais-je devenue ? J'aurais fini par me terrer dans un coin, parce que j'étais différente et que je ne savais pas me défendre…
Ce n'est pas ce que l'on appelle profiter au sens connu, cependant cet apprentissage m'a été utile. L'art du bâton fut un vrai épanouissement pour moi, un défouloir immense.
Bien sûr, je garde souvenir de la vie que j'ai mené à ne manger que le strict minimum, à ne parler à personne ou presque et surtout les besognes.
Je me rappelle d'une épidémie au sud de Freid, l'horreur d'enterrer les corps de jeunes enfants. Ces petits visages que je trouvais juste endormis, alors que je les enroulais d'un linceul avant de les couvrir de terre, ne m'ont pas quittée. J'ai appris que la vie était sacrée.
Quand je me suis retrouvée seule, j'avais les armes pour essayer de procéder correctement, c'était déjà pas mal. Je ne suis pas un modèle de vertu. Cela dit, je pense que j'agis globalement correctement et de façon responsable.
— Oui, mais par rapport à toi-même, tu n'as pas cherché à faire ce qui te ferait plaisir ?
— Le thé et les gâteaux servent à ça ! Et sinon, j'avoue avoir eu du mal à me construire des rêves, parce que tous mes repères ont volé en éclat. Le pire, c'est que quand je suis arrivée sur Gaea, tout ce que je voulais, c'était rentrer à la maison, maintenant, j'en serais totalement incapable. Pour moi, plus qu'être morte au bord de ce lac, mon vrai échec aura été ce que je suis devenue et ce que j'ai laissé mon frère devenir. A cause de cela, je n'aurais jamais le courage de reparaître devant mes parents…
La honte de rentrer, c'était un sentiment que Folken comprenait. Quelque part, Yiris lui rappelait ce qu'il était à l'époque de Zaibach, un chemin supplémentaire qu'il parcourut somme toute.
Il ressentait une envie de vivre sa vie, mais pas comme il l'avait fait pendant quelques temps, adolescent, avant la chasse au dragon, à mener une vie dissolue uniquement pour contrarier Balgus avec lequel il ne s'entendait pas.
Avec le recul, il se rendait compte qu'il avait été idiot. Balgus était un vieux guerrier borné dans ses idées, lui avait un gamin borné, mais dans l'autre sens.
Finalement, le vieux soldat avait su composer et s'était montré un bon père de substitution pour Van, preuve que l'on a parfois des capacités que l'on s'ignore.
Dans une vie libérée de la plupart de ses contraintes, le Prince se demandait ce qu'il pourrait découvrir qui changerait sa vision de l'existence.
Regardant, Yiris, qui parcourait la pièce muette et étrangement calme, perdue dans ses pensées depuis les propos échangés, il se rendit compte qu'il tenait là un début de réponse.
Avant de quitter les lieux, Folken poussa délicatement une pierre du mur de la pièce et en dégagea un carnet qu'il emporta avec lui.
Son épouse remarqua le geste, mais ne le releva pas.
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Le départ pour Fanelia approchait, Folken errait au milieu des engins stationnés sur l'embarcadère. Sentant qu'il était observé, son regard se posa sur un arbre.
Perchée sur les branches, Celena Schezar. Sa cachette trouvée, elle descendit de son perchoir et se dirigea vers le Prince.
Voir approcher vers lui une version féminine de Dilandau déstabilisa Folken. Il savait pour Celena, mais avait du mal à assimiler la réalité.
— Dilandau vous connaît ! Dit la jeune fille avec un sourire enfantin.
— En effet, mais comment le sais-tu ? Demanda le Prince, intrigué.
— Il est encore là, j'ai ses souvenirs, et vous en faites partie !
Toujours telle une enfant, elle tourna autour de son interlocuteur. Puis, mains dans le dos, un petit sourire mutin, elle s'adressa à lui.
— On se reverra, soyez-en sûr !
Et elle fit un petit signe avant de partir en courant, laissant Folken dubitatif.
— Ne lui en voulez pas, elle se comporte parfois bizarrement.
Le Prince se retourna, Gaddes se tenait derrière lui, toujours aussi décontracté, alors que la masse de rouleaux qu'il tenait dans les bras témoignait de son intense occupation avec les départs à gérer.
— A ce que j'ai entendu, c'est votre femme, c'est bien cela ?
— Oui, Votre Altesse, elle est adorable. Cependant, elle se comporte bizarrement, je crois que malgré ses vingt-cinq ans, elle reste une petite fille.
— En tout cas, elle se comporte comme telle.
— Le commandant a eu un peu trop tendance à la couver quand il l'a retrouvée. Très vite, elle a fait le mur et encore aujourd'hui, elle aime juste se percher pour observer.
— C'est original…
— Ah ça… Heureusement, bon joueur, le commandant nous paye les services d'une gouvernante qui gère la maison car Celena n'a aucun sens des réalités…
Enfin, je ne vais pas me plaindre, je crois que votre femme non plus, elle ne doit pas être l'incarnation de la parfaite maîtresse de maison.
— Effectivement non ! S'amusa Folken en regardant Yiris qui discutait plus loin avec Meinmet et Merle.
Le sergent et le Prince rirent de leur point commun inattendu.
Cependant, même s'il s'en amusait, Folken était sceptique sur le cas de la sœur d'Allen. Il devinait une personnalité encore très instable.
Et, surtout, il sentait la présence de Dilandau trop proche à son goût.
Un peu plus loin, pensive, Hitomi avait le regard fixé vers l'océan. La jeune femme aimait la mer car elle était telle que sur la Lune des Illusions.
Et à cet instant, elle songeait à ses proches restés là-bas. Yukari et Amano avaient dû se marier et devaient maintenant être installés en Europe.
Quand à ses parents, malgré le message, ils devaient la chercher partout, morts d'inquiétude…
Mais pour l'heure, une autre angoisse passait devant cela, celle de ce conflit à venir.
Tournant la tête, elle remarqua Allen en grande discussion avec Van. Elle ne les entendaient pas, mais se doutait qu'ils évoquaient l'attaque qu'ils préparaient. En effet, les deux jeunes hommes partageaient leurs impressions, la tournure prise par les événements avec l'assassinat montrait qu'ils étaient observés.
L'ennemi était bien plus proche et rusé qu'ils ne l'avaient présumé.
— A ton avis, Allen, quel était le sens de ce meurtre ?
— Une provocation, c'est évident ! Ils nous espionnent et apparemment, nous avons dû mettre le doigt où il ne fallait pas. Je crois qu'ils nous montrent que nous serons bien reçus et s'amusent au passage car Basram est le pays le plus touché. Ils sont tout près de chez eux.
— Tu penses vraiment que l'information est fiable ?
— Oui, et je crois que ce qui s'est passé en est la preuve, ils nous narguent.
— Beaucoup pensent que ces trois semaines sont de trop, que cela va se retourner contre nous…
— Je le pense aussi sur un angle, mais comme tu l'as dit, c'est déjà très court pour lever une armée conséquente et préparer les hommes… Mais c'est une campagne d'urgence. De toute façon, Basram a déjà massé d'importantes forces dans le secteur.
— Et si, au lieu de nous attendre, les ennemis fuyaient ?
— Vu le terrain, je reste sceptique sur leurs possibilités, surtout sachant qu'ils doivent avoir de grosses réserves d'energist à transporter dans ce cas… Enfin, nous verrons bien ! A très bientôt, Roi de Fanelia ! Dit le chevalier souriant.
— A bientôt, Allen !
Songeur, le Souverain s'en retourna vers sa délégation sur le départ. Son souhait, en finir au plus vite et pouvoir profiter de sa bien-aimée l'esprit libre.
