Leur dernier rêve

Fanfiction écrite par Andromeda Hibiscus Mavros
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Rating / Classement [+18]

Publié pour la première fois le 20 mars 2012

Chapitre 25

Veille de départ

Crédits : L'univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j'ai créés pour l'occasion.

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Malgré la panique causée par l'assassinat du membre de la délégation de Basram, le délai de trois semaines avait été respecté avant le départ pour le front.

D'aucun disait que c'était aussi laissé trois semaines de plus à l'ennemi pour se préparer.
Cependant, lever d'importantes troupes prenait un certain temps, et, de toute façon, l'information s'avérait de plus en plus fiable.
De récents mouvements dans les environs attestaient que quelque chose se tramait dans les marais brumeux.

La forêt des brumes était une zone bloquée à l'est et au sud par de très hautes montagnes.
A l'ouest, c'était la mer, au Nord, Basram avait solidement bloqué le terrain en attendant.

Afin de faciliter le débarquement et l'approvisionnement, les troupes arriveraient par la zone côtière puis progresserait à l'intérieur de terre en établissant notamment des camps sur les montagnes du sud, afin de dominer la situation.

Depuis la grande guerre de Gaea contre Zaibach, c'était la première mobilisation de la coalition. Il avait fallu des années pour restaurer une entente, notamment après l'affaire de la bombe de Basram.

Histoire de rassurer tout le monde, le pays avait du s'engager à ne plus produire cette arme. Afin d'éviter se retrouver mis au ban des nations, les dirigeants avait accepté.
Le nouveau président élu avait été très mielleux, mais nombreux étaient ceux qui pensaient que la République dissimulait quelques bombes dans ses bas fonds.
Quand à Zaibach, le pays était sous tutelle. Il fonctionnait à peu près normalement, à ceci près que son gouvernement était un Conseil composé de représentants de la coalition et que le territoire était partagé entre les nations gagnantes.

Yiris avait surnommé Zaibach la nouvelle Allemagne, Hitomi avait trouvé la comparaison judicieuse et lui avait expliqué au passage que le pays avait été réunifiée et que l'URSS s'était effondrée, ce qui fut un grand choc pour la jeune femme dont le père était un militant communiste de la première heure…

Suivant les discussions sur les préparatifs, Hitomi avait aussi apprit que deux des sorciers qui dirigeaient les expériences louches de l'Empire avait été trouvés par les alliés et exécutés, mais aucune trace des deux autres…

Une partie du palais impérial ayant brûlé dans une émeute après la défaite, beaucoup pensaient que soit les survivants avaient été lynchés par la population, soit avaient péri dans l'incendie.

Un seul symbole de la gloire de Zaibach subsistait, Le général Adelfos Gein, prisonnier le plus célèbre de Gaea.

Ne sachant trop quoi faire de lui, surtout qu'il s'était rendu sans résistance, la coalition le faisait vivre en résidence surveillé dans un tour réservoir de la ville.

Van avait expliqué à Hitomi que l'homme avait été énormément interrogé sur la question de l'armée des brumes. Il semblait n'avoir aucune idée de qui cela pouvait être, les méthodes ne l'inspiraient pas.

Aussi, selon lui, aucun projet Zaibach n'allait dans ce sens.
Après, il était toujours possible qu'il mente.
Cela dit le sentiment de la plupart des gens s'accordait sur le fait qu'une autre force avait réussi à se développer.
Les contrées au-delà des montagnes et des grandes forêts étaient peu connues.
Les grandes nations fonctionnaient entre elles et échangeaient peu avec ces populations, pour la plupart, de petites tribus vivant en milieux hostiles.

Cependant, il n'était pas impossible que l'une de ses tribus ait réussi à se développer, puis soit devenue le nouvel ennemi à abattre.
La réponse se trouvait probablement dans la brume. Il fallait aller chercher résoudre le problème.

L'ultime nuit avant le départ de l'armée venait de tomber. Il faudrait environ deux à trois jours pour attendre le front.

Toute la journée, Hitomi avait suivi les préparatifs depuis sa fenêtre, Merle avait tenté en vain de la réconforter.

Depuis son retour d'Asturia, la jeune femme était un peu patraque. Un temps, elle avait mis son état sur le compte de l'angoisse, mais l'absence d'un signe depuis plusieurs semaines l'avait orientée sur une autre piste.
Cela et l'apparition progressive d'autres désagréments ne laissaient plus le doute planer.

Tant que bien que mal, elle avait réussi à dissimuler à son amie ainsi qu'aux servantes le fait qu'elle ne gardait jamais son petit déjeuner.

Parfois, quand elle était seule, elle pensait à la vision qu'elle avait eu, celle du petit garçon. Toujours partagée entre joie et inquiétude, elle mettait la main sur son ventre, tentant de sentir des mouvements, alors qu'elle savait qu'il était bien trop tôt.

Cela devait faire tout au plus deux mois que cette cohabitation avait commencé.

Pendant les trois semaines de préparatifs des combats, elle n'avait presque pas pu discuter seule à seule avec Van.
Et, de toute façon, lors des rares occasions, elle n'avait jamais eu le courage de lui parler.
Cependant, là, il allait partir se battre, elle devait lui annoncer.
La réaction du futur père l'inquiétait beaucoup, pas qu'elle pensait qu'il le prenne mal, mais plutôt qu'il soit trop enthousiaste, même si Hitomi était consciente que son état n'allait pas tarder à la faire Reine de toute façon.

Décidément, ce n'était pas une situation simple. En tant que médecin de formation, la jeune femme se sentait d'autant plus bête. Elle aurait dû essayer de se renseigner sur les méthodes utilisées sur Gaea pour que cela n'arrive pas si tôt.
Cependant, en même temps, n'avait-elle pas une envie cachée de trouver un moyen de choisir définitivement entre son monde d'origine et celui d'adoption ?

Prenant sur elle, elle décida d'aller attendre Van dans ses appartements, passant par l'habituel petit passage.
Elle n'arrivait pas à réaliser le temps qu'elle passa assise à espérer.
Finalement, Van rentra, visiblement épuisé.

— Hitomi, tu es là ? Je ne pensais pas que tu m'attendrais.
— Tu pars demain au combat ! Alors, hors de question de te laisser seul ce soir !

Van ne put s'empêcher de sourire, il s'approcha de la jeune femme et l'embrassa.

— Ma foi, je ne pouvais pas rêver meilleure veille de départ !
— J'espère que tu reviendras vite, sain et sauf !
— Je ferais de mon mieux ! Ne t'en fais pas !
— Tu as intérêt ! D'autant que j'ai un argument supplémentaire pour te motiver… Dit timidement Hitomi.
— Ah bon ? Quoi donc ?

La jeune femme se dégagea de son étreinte, recula de quelques pas, puis respira un grand coup en mettant ses mains sur son ventre.

— Nous serons deux à t'attendre !

Van n'osait comprendre, la nouvelle lui semblait tout bonnement incroyable.
Il fit un pas vers Hitomi et regarda son ventre d'air stupéfait.

— Tu veux dire que… tu attends un enfant ?

La jeune femme acquiesça d'un signe de tête. Fou de joie le Roi la prit dans ses bras, la soulevant du sol puis la fit virevolter.

— Je n'y crois pas, je vais être papa ! C'est un rêve ! La femme que j'aime me revient enfin, et là nous allons accueillir notre enfant.
Je ne trouve pas de mot assez fort pour dire ce que je ressens !

Doucement, il reposa Hitomi, cette dernière attrapa sa main et la posa sur son ventre.

— Il est trop tôt pour le sentir, mais il est, ou elle, est là !
— Tu te sens bien au moins ?
— Honnêtement, je n'arrive plus à garder mes repas le matin, sinon, juste un peu de fatigue.
— Je vais donner des consignes, je veux que l'on soit aux petits soins pour toi pendant mon absence !
— Parce que ce n'est pas déjà le cas ? Ironisa la jeune femme.
— Si bien sûr, mais maintenant, en plus d'être ce que j'ai de plus précieux, tu es aussi le trésor de mon Royaume qui attend tant un héritier !
— Je sais, mais dis-toi que ça peut être une fille.
— Je m'en fiche, ce sera notre petite princesse adorée et nous n'aurons qu'à lui donner un petit frère ! S'amusa le Souverain.

Hitomi ne pouvait s'empêcher de sourire, elle était heureuse. Cette fois, elle se sentait enfin prête.

— Van, je crois que… Enfin, je n'ai plus le choix… Non, ce n'est pas du dépit, c'est ce que je veux, je…
— Tu ? Demanda le Roi, intrigué.
— Je veux devenir ta femme !

A nouveau, elle finit soulevée du sol, Van ne cacha pas son enthousiasme, il l'embrassa passionnément.

— L'homme le plus heureux de Gaea, c'est moi ! J'ai hâte que l'on en finisse avec ces sales voleurs, pour t'épouser et préparer la venue de notre enfant !

Cette nuit, ils étaient comblés, ils partagèrent ce moment ensemble pour la première en tant que fiancés. Hitomi avait fait son choix et ne le regrettait pas.
Toutefois, elle avait la tentation de vouloir informer ses parents, mais à quoi bon… Ce qui lui arrivait, être dans un autre monde, épouser un roi, c'était impossible à expliquer et à faire comprendre…

Van, lui, acceptait tout sans poser de questions. Hitomi se demandait comment, en dépit des années, il pouvait l'aimer à ce point.
Nul doute qu'il ferait un bon père, la jeune femme était heureuse porter son enfant et s'endormit dans ses bras, la main posée sur son petit ventre plein de promesses.

OoO

De son côté, Yiris avait aussi achevé ses préparatifs. Les derniers jours n'avaient été que des hurlements.
Haymlar et Yrkas devaient suivre les consignes qui s'enchainaient et supporter les coups de nerfs d'une Yiris qui s'emportait au premier contretemps ou tout simplement quand Mayek venait la narguer.

Parfois, un thé et quelques gâteaux calmaient le jeu, parfois, c'était la grande envolée lyrique.
Etrangement, son frère se montrait prévenant avec elle depuis son retour. Il était le premier à lui tendre la tasse salutaire.

Trop occupée pour chercher les motivations réelles de cette soudaine amabilité, Yiris appréciait le geste, d'autant plus que son frère serait de la partie.

Même si Van avait parfois des doutes sur la moralité de Constantin, son efficacité demeurait incontestable. Cependant, histoire de le contrôler, il l'avait placé sous le commandement de sa sœur.
A cette annonce, Van avait pensé qu'il aurait droit à un scandale suivi d'une bonne bagarre familiale, mais ce ne fut pas le cas.
Apparemment, désireux de se racheter une conduite, surtout que le Roi savait que c'était lui qui avait parlé de l'affaire avec Merle à Hitomi, Constantin se montrait plus que condescendant, espérant sans doute regagner la confiance de son Souverain.

Regagnant ses appartements après sa dernière journée, Yiris s'affalait sur une chaise, épuisée. Elle n'avait même pas envie de se faire chauffer un thé et envisageait de se coucher directement, sans même sacrifier au petit bain du soir au terme duquel elle s'écroulait d'ordinaire dans le lit, ronflant au bout de quelques minutes.

Suite au mariage, histoire de ne pas alimenter davantage les bavardages des servantes qui l'agaçaient assez, elle avait renoncé définitivement lit de camp et occupait désormais le côté mur de celui de son mari.
Quand elle se couchait, elle se mettait tellement sur le bord qu'elle finissait assez souvent par tomber.

Même si à chaque fois, le fracas de la chute le réveillait, Folken faisait semblant de dormir. Souriant, amusé, de son côté tandis que Yiris se relevait en murmurant des jurons.
Il savait qu'il était inutile d'en rajouter au ridicule de la situation.

Ce soir-là, au grand étonnement de la jeune femme, malgré l'heure tardive, Folken était éveillé. L'ayant vue entrer, il quitta la chambre et alla placer une bouilloire sur le feu.

— Je suppose que tu veux un thé !
— Merci, je ne dirais pas non…
— Par contre, je suis désolé, je viens de me rendre compte que je n'ai pas pensé à tes gâteaux.
— Oh, ça va, s'étonna Yiris qui ne s'attendait pas à cet accueil, j'en ai trop mangé ce jour-ci ! Je vais finir par ne plus rentrer dans mon armure…
— C'est normal de profiter des choses que l'on apprécie. Commenta le Prince.

Un peu intimidée, elle sourit. L'eau était enfin en ébullition, Folken lui servit une tasse. Tournant une cuillère pendant que les feuilles infusait, la jeune femme se rappelait sa vie d'avant.

— Quand j'étais petite, mon père adorait nous faire des gâteaux à mon frère et moi. Il testait des tas de recettes farfelues. Quand c'était son jour de congé, ma mère n'osait pas s'approcher de la cuisine qui se transformait en terrain de jeu. Une fois, les pâtisseries prêtes, ma mère qui aimait énormément le thé nous en préparait pour déguster les créations de Papa. C'était un moment plaisant.
En y repensant, je me souviens du gout du chocolat. C'est dommage qu'il n'y en est pas sur Gaea… C'est peut-être ce qui me manque le plus, le chocolat…

Rêveuse, Yiris savoura son thé. Folken avait compris que cette tasse était pour elle un grand réconfort, le souvenir des jours heureux. Il décida de la laisser profiter de ce petit moment et partit se coucher.

OoO

Alors que le soleil n'allait pas tarder à colorer le ciel, Yiris se leva. Elle n'avait dormi que quelques heures mais tenait à se préparer dans le calme.

Elle allait s'offrir un bon bain, puis enfiler son armure, qu'elle n'avait pas mise depuis longtemps, puis elle partirait au combat, faire ce qui était après tout son métier.
Cependant, pour la première fois, elle manquait un peu de motivation. Pourquoi ? Elle l'ignorait…

Assise sur le bord du lit, elle sentit une main retenir son poignet fermement et l'empêcher de se lever.
Un peu étonnée, elle se retourna. Folken venait juste de se réveiller, il la regardait intensément.
Un peu intimidée, elle voulut dégager sa main. Dans un premier temps, il continua de la bloquer.
C'est alors qu'elle le regarda avec une expression qu'il reconnut immédiatement.

Ce regard doux, d'un calme profond, c'était celui qu'elle lui avait offert le soir de leurs noces, quand il s'était allongé sur elle.
Doucement, elle essaya de retirer sa main à nouveau. Cette fois, il lâcha prise. Ce regard l'avait totalement désarmé.

Simplement, elle lui adressa un petit sourire de remerciement en se levant, avant de se rendre dans la salle d'eau.
Lui se laissa retomber sur le dos, dans un soupir de rage peu coutumier.

Yiris resta un moment pensive dans son bain. Puis devant le miroir, elle commença à ajuster les éléments de son armure.

Comme à son habitude, elle prit soin de mettre son petit collier avec sa croix de façon à ne pas risquer de l'arracher accidentellement, puis, son regard se porta sur sa tresse d'or.

Depuis que Folken lui l'avait offerte. Elle ne l'enlevait guère que pour la réajuster, c'était la première fois qu'elle s'interrogeait sur le fait de la prendre ou pas.

Un bruit de pas la sortit de sa réflexion, le Prince était à l'entrée de la pièce. Il la dévisageait avec une certaine tendresse.

— S'il te plaît, emporte-la avec toi.

Après une brève hésitation, Yiris passa la tresse dans ses cheveux, essayant de l'attacher le plus solidement possible aux mèches blondes, puis elle se dirigea vers la porte.

Elle passa près de Folken sans s'arrêter, récupéra son bâton dans la chambre et se dirigea vers le salon sans un mot.

— Attends !

Interpellée, elle stoppa, et finit par se retourner vers son mari.

— Promets-moi de revenir vivante !

Piquée au vif, Yiris fut déstabilisée. D'un ton calme et posé, le regardant droit dans les yeux, elle répondit :

— Promis !

Et elle quitta les lieux.

OoO

Depuis le lever du soleil, les melefs et les soldats convergeaient vers les vaisseaux, exceptionnellement amarrés dans la plaine, devant la cité, afin de gagner du temps.

L'organisation était supervisée par Mayek, Yiris et Hylden. Ce dernier supportait sans rien dire les prises de bec des deux autres, qui comme la tradition le voulait n'étaient jamais d'accord et cherchaient toujours à avoir raison.

Les derniers Conseils pour préparer l'intervention militaire avaient été le théâtre de disputes lyriques à la limite de la bagarre. Alors pour le coup, le jeune général enviait Luyren qui était resté pour garder la cité.
Il profiterait d'un calme mérité tandis que lui devrait marcher sur des œufs pour éviter que les premières pertes humaines du conflit soient deux généraux qui se seraient entretués.
Avant de quitter la cité, Van avait tenu à convoquer son frère. En armure, prêt à partir, le jeune Roi regardait par la fenêtre de son bureau, perdu dans ses pensées, quand son aîné arriva.

— On m'a dit que tu souhaitais me parler.
— En effet, Folken, vu que je risque d'être absent un bon moment, j'avais quelques consignes à te donner.
— Je t'écoute.
— Comme tu le sais, je laisse à Luyren le soin de défendre la cité pendant mon absence. C'est aussi un excellent gestionnaire. Cela dit j'ai spécifié que je souhaitais que les affaires courantes soient réglées avec ton aide et celle de Meinmet. J'ai une totale confiance en vous.
— Certains diront que tu fais vite confiance à un revenant…
— Je te l'ai déjà dit, même si c'est surréaliste, je sais bien que c'est toi, mon frère. Et, malgré les différents qui nous ont opposés, je sais que tu agiras en suivant mes consignes. De plus, il y a une mission que je ne peux confier qu'à toi.
— Ah ? Laquelle ?
— C'est lié à une nouvelle que je souhaitais annoncer en priorité à mon frère ?
— Pour le coup, tu aiguises ma curiosité !
— Et bien, Folken, je vais être père d'ici quelques lunes, Hitomi attend un enfant !

Un grand sourire illumina le visage du frère aîné, il était heureux pour son cadet.

— Et bien, félicitations !
— Merci, tu comprendras que la santé de la future mère est mon principal souci. Alors, je compte sur toi pour veiller sur elle et t'assurer qu'elle aura tout ce qui lui faut. Merle saura t'assister et je ne doute pas que notre oncle se sente aussi concerné. Et puis, à mon retour, il y aura aussi un mariage à préparer.
— Je m'en doutais. Cela me fait tout drôle de t'imaginer avec un enfant dans les bras. Si Père et Mère étaient encore de ce monde, ils seraient comblés de joie.
— Oui, je pense beaucoup à eux, et aussi à Balgus… Après tout, il a été mon second père pendant des années, il me manque aussi énormément.
— Maintenant, c'est toi qui vas construire ton foyer ! C'est une expérience qui promet d'être fantastique !
— Et toi, ta vie n'est pas trop difficile ? J'ai parfois l'impression de t'avoir un peu trop fait payer le sauvetage de Yiris, même si, maintenant, j'avoue ne plus trop savoir quoi penser.
— Entre elle et moi, c'est confus. Quand je l'ai épousée, je voulais juste lui venir en aide.
Cependant, je suis tombé dans un piège auquel je ne m'attendais pas... Non seulement, elle a gardé ma vie, me l'a sauvée, mais quelque part, elle la renforce, elle m'a donné un des moments les plus intenses que j'ai vécu, mais elle reste distante…
— J'espère que tu arriveras à être heureux, car Yiris est un animal blessé sur la défensive en permanence. Il est difficile de savoir ce qu'elle pense.
— Rassure-toi, sa souffrance, je peux la comprendre mieux que tout autre. Le froid qui envahit le corps, la vie qui s'en va, je connais…

A cela, le cadet ne savait trop quoi répondre. Il avait du mal à s'imaginer ce qu'avait pu ressentir son aîné, même si lui-même avait frôlé la mort de près.

— Bon courage alors ! Enfin, ce sera pour notre retour du front. Là, tu seras tranquille ! Dit Van en souriant.
— Je crois que toi aussi, tu auras besoin de courage bientôt. Les petits enfants ne sont pas de toute repos, je me suis assez occupé de toi pour le savoir !

Les deux frères échangèrent encore quelques mots, ils se rappelèrent notamment de leurs souvenirs d'enfance, puis Van partit pour le port.
Avant qu'il ne quitte l'enceinte du palais, Hitomi, Merle et Meinmet voulurent le saluer. Son oncle lui donna une tape sur l'épaule, Merle le serra fort dans ses bras, quand à Hitomi, elle lui caressa tendrement le visage.
Doucement, il posa sa main sur son ventre. Emue par l'attention, sa fiancée l'embrassa passionnément et ils se séparèrent.

Le geste du Roi fut très remarqué. La petite rumeur sur une possible grossesse de sa compagne qui courrait depuis un moment venait de trouver sa confirmation.

Le personnel du palais s'en réjouissait, cela faisait bien longtemps que les couloirs n'avaient pas été égayés par des rires d'enfant.
Hitomi regarda le convoi partir, pensive. Un sentiment de peur diffuse l'envahissait. Plus que jamais, elle avait hâte de voir revenir Van.