11.
- Un Ange Diabolique, à quoi cela peut-il bien servir ? On ne m'a pas donné le mode d'emploi !
- Tu le sauras le moment venu, assura Erond, devenu statuette de décoration sur la table basse principale de l'appartement d'Anthénor.
- Mes cheveux ont changé. Est-ce que quelque chose d'autre…
- Non, ta crinière c'est juste pour prévenir tes adversaires. Ni ton esprit ni ton cœur n'ont été manipulés. D'ailleurs ce sont tes sentiments et tes qualités qui permettront de t'opposer à l'Ange Déchu.
- J'espère.
- Quelles sont tes intentions ? s'enquit le tout petit Dragon Doré.
- Mes ordres ont changé. J'abandonne la chasse aux Pirates. Je suis relayé.
- Et que dois-tu faire ?
- je dois voler de façon aléatoire, et attendre les ennemis surnaturels de ces univers… Ce qui veut tout dire et ne rien dire… Il se pourrait qu'Etrendal âme damnée ne s'en prenne plus jamais à moi !
- Humain immonde, Ange Déchu, Erendal demeure l'être maléfique qu'il a toujours été, avec la haine du Boursier que tu étais et qui été au-delà de tous les espoirs et réussites qui lui étaient destinés ! Il n'abandonnera jamais ! Et ta seule responsabilité est de protéger ton cuirassé et ton équipage.
- Mais je ne lui ai jamais fait aucun mal ! Pourquoi m'en veut-il ?
- Comme si tu l'ignorais encore. Tu n'es pas de sa lignée. Et tu es le fils d'un Pirate.
La statuette d'Erond frémit, comme si elle avait un gloussement amusé.
- Justement, Anthie ! Lui, le fils de la Haute Aristocratie, devenue le paria de tous. Et toi, le fils de la ménagère qui commande le plus superbe des cuirassés ! Il a toutes les raisons de te haïr, en plus d'avoir épousé la femme qu'il convoitait ? Et être Déchu lui donne tous les pouvoirs, et je doute qu'il s'en prive !
- Il va faire du mal aux miens ?
- Il va s'en priver !
- La ferme !
Antéhnor buvait lentement une tasse de chocolat chaud au Mess des Officiers quand les porte s'ouvrirent sur son père.
- Je viens te dire au revoir. Je repars.
- Tu m'abandonnes ?
- J'espérais que tu sois Militaire. Tu as dépassé toutes mes espérances. Tu n'as plus besoin de moi. Je reprends mes péigrénations. Mais je ne serai jamais loin de toi ! Sois prudent. Tant de dangers, dont je ne peux te protéger… Je suis désolé… Ta vie humaine est celle dont entièrement je ne peux me manifester.
- Je l'ai toujours su. A bientôt, Erond
Bien installé dans son fauteuil de commandement, Anthénor demeurait tendu comme un arc.
- Je ne sais plus à quoi m'attendre, à aucun point de vue… J'avais une traque, je pensais m'y tenir, j'avais un but. Et on vient de tout me retirer. Comment je pourrai jamais comprendre et me retourner… ?
Lothan s'approcha.
-Je peux t'aider ?
- Non. Merci. Par contre, je veux tenter quelque chose, mais je voudrais ton accord, avant ?
- C'est anti-Militaire ?
- Oui.
- De quoi s'agit-il ?
- Je vais aller affronter Erendal sur son territoire. Je dois me débarrasser de lui. L'un de nous y restera. Je ne peux plus attendre qu'il agisse. Je vais y aller le premier !
- Tu es fou…
- Je n'ai pas eu d'autre idée, Lothan. Je te confie le vaisseau. Quoi qu'il arrive une fois que je l'aurai quitté, désengage de la position immédiatement et mets l'équipage en sécurité.
- A tes ordres. Mais comment vas-tu trouver l'Ange Déchu ?
- Nous sommes liés, je n'aurai qu'à me laisser me guider à lui ?
- Tu en es certain ?
- Pas du tout, mais c'est mal seule piste… J'y vais !
Depuis l'appartement, Erendon frémit.
- Tu y vas sans moi ? Tu me bloques ?
En pensées, Anthénor répondit au Dragon d'Or.
- C'est mon combat !
Mais de statuette, Erendon redevint Dragon Géant.
- Je viens te soutenir, mon ami !
