Leur dernier rêve
Fanfiction écrite par Andromeda Hibiscus Mavros
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Rating / Classement [+18]
Publié pour la première fois le 25 juilllet 2012
Chapitre 40
Une année écoulée
Crédits : L'univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j'ai créés pour l'occasion.
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L'automne… Les feuilles commençaient à prendre des couleurs plus chaudes, les températures se faisaient plus fraîches, les grandes pluies n'allaient sans doute plus tarder.
Beaucoup étaient d'ailleurs étonnés qu'elles ne soient pas encore là, cependant l'été semblait vouloir faire encore un peu de résistance.
Cela fait donc maintenant un an et quelques mois que Hitomi était retournée sur Gaea. Meinmet et elle n'étaient plus trop sûrs de leur calendrier, mais ce devait le début du mois d'octobre 2008.
Ainsi, une année s'était écoulée depuis la disparition de Van.
C'était donc par un temps doux, une légère brise agitant les branches, que la jeune femme de la Lune de Illusions était assise dans la forêt de Fanelia, face à Escaflowne.
Malgré ce triste anniversaire, un sourire doux et léger animait son visage car dans ses bras, endormi dans une jolie couverture bleue brodée de petits nuages blancs, se trouvait un joli petit garçon qui venait juste d'avoir six mois.
Depuis la naissance de l'enfant, que Hitomi avait choisi de prénommer Balgus, en hommage au guerrier que Van considérait comme son second père, la jeune maman appréciait cette clairière.
C'était devenu son refuge, à cet endroit, près de cette machine avec lequel le Roi avait atteint un état de quasi fusion, elle avait le sentiment d'être proche de celui qui lui manquait tant.
L'arrivée du petit bonhomme avait changé la vie au palais. Sa naissance avait été toute douce, loin de toutes les hypothèses angoissantes imaginées par l'esprit d'étudiante en médecine d'Hitomi.
Il était venu au monde dans la douceur d'une nuit de printemps, avec juste Merle et Gloria, la sage-femme, à ses côtés, la jeune maman avait elle-même dégagé son nouveau-né pour le prendre dans ses bras.
C'est ainsi, qu'elle fut la première à découvrir que son intuition était juste, c'était bien un petit garçon !
La vision était d'autant plus exacte que le bambin ressemblait énormément à son père. Tout le monde était d'accord sur ce point.
Bien qu'encore petit, il avait déjà une forêt de cheveux noirs sur le crâne. Quand à ses yeux, ils avaient peu à peu perdu le traditionnel gris bleu des nouveau-nés au profit de jolis reflets verts, rappelant le regard de sa mère.
Hitomi était heureuse, même si l'absence de Van lui pesait. Il n'était pas là quand son fils encore toute sale, à peine né avait ouvert ses yeux curieux sur le monde, ni quand il avait souri pour la première fois, ni lorsqu'il s'était amusé à applaudir avec ses mains.
Bientôt, il allait se tenir assis, et ce progrès encore, son père ne le verrait pas…
En tout cas, le petit Balgus affirmait déjà son caractère. Du haut de ses quelques mois, il savait déjà ce qu'il voulait, en l'occurrence, il ne pensait qu'à deux choses : manger et dormir !
Et pas question de négocier le moment, de grands cris rappelaient que l'heure, c'était l'heure.
Cependant, en dehors de cela, le bébé était tranquille. Folken disait que son cadet était exactement pareil tout petit.
En plus d'être choyé par sa maman, Balgus avait été largement gâté. Il dormait dans un berceau unique car fabriqué par Meinmet. En effet, c'était cela le grand projet du vieux Prince
Il l'avait construit lui-même, même s'il reconnaissait à demi-mots que Folken l'avait un peu, voire beaucoup, aidé car il ne s'en sortait pas.
Le résultat était simple, mais très réussi, un joli petit lit avec des pieds en bascule qui permettait au nourrisson de se bercer lui-même rien qu'en bougeant un peu.
Cependant, de tous les présents reçus, un avait particulièrement retenu l'attention d'Hitomi, celui de Yiris.
Un matin, elle était venue seule, avec une petite bourse de tissu vert fermée d'un ruban bleu. Longtemps, elle avait regardé l'enfant qui avait les yeux grands ouverts dans son berceau.
— Vous pouvez le prendre dans vos bras si vous voulez ! Lui avait proposé Hitomi.
— Non, non, c'est gentil, mais je ne vais pas le déranger. Et puis, cela fait tellement longtemps que je n'ai pas porter un nourrisson que je risque de lui faire mal, surtout que je ne sens plus très bien ma force !
Ce refus poli avait laissé la jeune maman assez perplexe. En l'observant Yiris, elle avait ressenti une sorte de gène, un malaise profond.
La nouvelle Reine avait un certain poids sur les épaules, cependant, au sens d'Hitomi, le problème était plus profond et subtil.
Après quelques minutes de silence, Yiris avait tendu à la jeune maman son paquet avec un petit sourire.
— Bon, ce n'est pas le tout de voir ce joli bonhomme, mais je lui ai apporté quelque chose. C'est mon œuvre, faites de mes mains. Vous verrez, c'est un petit clin d'œil à la Lune des Illusions. Après tout, lui aussi à des origines de là-bas.
— Merci beaucoup ! Avait répondu Hitomi en commençant à déballer le cadeau.
Il s'agissait d'une petite voiture rouge soigneusement sculptée dans le bois avec les roues qui roulent.
Hitomi avait été stupéfaite par la foule de détails, Yiris avait accompli un travail remarquable.
D'ordinaire peu loquace, l'ancienne générale s'était mise à expliquer, de sa voix à l'accent grave et chaud, avec un grand sérieux qui ne lui ressemblait pas, venir d'une famille de passionnés d'automobiles.
L'engin était inspiré de ce dont elle se souvenait du projet M-24 de Peugeot, le constructeur automobile fétiche de son papa. Avec une certaine émotion, elle avait raconté que cette voiture était censée être vendue à partir de l'année 1983, sous le nom de 205, et Monsieur Aryenciapolos avait juré de l'acheter pour remplacer sa vieille 104 qui commençait à émettre des bruits suspects.
Cependant, en disparaissant à l'été 1982, Yiris n'avait pas eu le temps de voir l'engin…
La nostalgie se faisait sentir dans sa voix et Hitomi s'était reconnue dans son discours, celui des actes manqués et des projets en suspension restés sur Terre.
Même si leurs pays natals étaient aux antipodes l'un de l'autre, leurs langues différentes, ainsi que leurs écritures aussi, sur Gaea, elles avaient un point commun : la Terre de leurs ancêtres brillaient dans le ciel.
Cette étrange conversation inattendue faisait que désormais Hitomi percevait Yiris différemment. Elle la voyait clairement comme une sorte de cousine plus que comme une étrangère de Gaea.
Elle avait envie de lui demander si elle voulait retourner chez elle, mais n'osait pas. Sans doute la question aurait-elle remué inutilement de douloureux souvenirs…
De son côté, après avoir passé une grande partie de sa grossesse à douter, la naissance de son fils avait redonné espoir à Hitomi.
Maintenant, il n'était plus question pour elle de rentrer sur Terre. Son enfant connaîtrait son père, elle se l'était juré.
Sa conviction ne reposait que sur son seul espoir. Même si aucune vision ne venait étayer son hypothèse, elle y croyait dur comme fer.
Pourquoi, impossible à expliquer, mais ses pensées devenaient plus positives, comme si grâce à son enfant, elle avait enfin découvert une sorte de fil, incroyablement fin et fragile, mais réel, qui la reliait à Van.
Après avoir passé dix ans de sa vie à fuir Van, l'avoir retrouvé, l'avoir perdu à nouveau, elle s'était promis que le jour où elle retrouverait, elle ne lâcherait plus jamais sa main !
OoO
Depuis le couronnement de son nouveau Souverain, Fanelia avait énormément changé. Au six mois de léthargie qui avait suivi la disparation de Van avait succédé une intense activité.
Dire qu'après être monté sur le Trône, Folken avait entrepris une véritable révolution était en dessous de la réalité.
Premièrement, il avait utilisé les bâtiments inoccupés de la ville haute pour installer une usine de melefs afin de ne plus dépendre d'Asturia sur ce point.
Les modèles qu'il avait élaborés étaient tellement modernes et bien conçus que les commandes n'avaient pas tardé à arriver, notamment de Daedalus, presque-île situé au nord de Fanelia.
Aussi, certains amateurs de tournoi sont aussi venus, très intéressés par le potentiel de ces engins face aux antiquités qui sont légion dans les arènes. Nul doute là encore, les demandes seraient nombreuses.
Meinmet avait été assez étonné que son neveu se lance dans la conception d'engins de guerre. Hitomi aussi avait été dubitative au début.
Conscient du paradoxe par rapport à ses convictions, Folken avait avoué que la volonté d'un seul homme n'était pas grand chose face au reste des gens.
De toute évidence, la grande guerre contre Zaibach n'avait pas servi de leçon et les querelles n'avaient mis que peu de temps à refaire surface.
Alors, il fallait bien se protéger. Néanmoins, le Roi prenait soin volontairement de limiter l'efficacité de ses créations, car faute de pouvoir les garder pour le seul pays, les plans finissant tôt ou tard par filtrer.
Mieux valait vendre soi-même, il ne voulait pas prendre le risque de concevoir des machines trop redoutables.
Aussi, le pays fabriquait désormais ses propres vaisseaux volants. Là encore, la technologie était très innovante : les premiers engins étaient légers et rapides, le succès allait encore être au rendez-vous !
De plus, comme il n'y a pas assez de place dans la cité haute pour assurer la totalité de la fabrication et que les terres basses étaient vouées à l'agriculture.
Folken avait eu l'idée de monter les engins par sections et d'utiliser des sortes de montgolfières, comme celles employées depuis le sol pour atteindre le pont des vaisseaux pour y embarquer, afin de rapatrier le tout vers le port et achever le montage.
Grâce à ces nouvelles industries, le commerce ne s'était jamais aussi bien porté à Fanelia. L'économie s'en trouvait relancée de plus belle.
Les bénéfices engrangés avaient permis la construction de relais de commerces efficacement sécurisés qui attiraient les caravanes de marchands.
Et comme Folken le disait lui-même, c'était un « cercle vertueux » : plus l'argent rentrait, plus on modernisait les installations, notamment les routes, plus le commerce était florissant et ainsi de suite…
Ainsi, au lieu de passer de nombreux jours à apporter leurs marchandises à la capitale pour le vendre.
Les tribus possèdent désormais des comptoirs sécurisés le long des routes, un concept devenu rapidement populaire.
Au début, la population était quelque peu sceptique face à tous ces chamboulements. Certes, Folken avait fait ses preuves, cependant certains nourrissaient encore des doutes à son égard, étant donné le fait qu'il est tout de même revenu d'entre les morts, sans parler qu'il était étroitement mêlé à l'incendie de la cité, vingt ans auparavant.
Mais, face à l'essor que connaissait leur nation à présent, les gens étaient désormais enthousiastes dans l'ensemble.
Certaines personnes restaient perplexes face à ce changement radical d'orientation, notamment les religieux et quelques vieux chefs de tribus, cela dit, de toute façon, ils étaient bien obligés de suivre le mouvement !
Certes, le Royaume de Fanelia ne serait jamais aussi puissant que l'était la République de Basram et jamais aussi riche qu'Asturia, centre du commerce de Gaea, mais le temps où l'on se moquait du peuple de paysans et de bucherons, perdu dans la forêt des Dragons, était révolu.
Quand on voyait tout ce qu'il avait accompli en si peu de temps, beaucoup se demandait où Folken puisait son énergie. Il ne dormait pour ainsi dire presque pas, se levant avant le soleil, se couchant bien après lui.
La plupart du temps, il mangeait en travaillant, ne s'accordant que de rares pauses. Il était de toutes les tâches. Enfin, presque toutes…
En effet, concentré sur la gestion courante, les nouvelles industries et le commerce, il ne regardait les affaires de l'armée que du coin de l'œil.
Ainsi, la question militaire était devenue le domaine régalien de Yiris. A cette annonce de la répartition des fonctions, Ezgas s'était difficilement retenu de hurler tandis que Haymlar, prévisible, s'était retenu de sauter de joie et que Hylden avait lâché un soupir philosophe.
Enfin, même si à son âge, Luyren disait toujours que plus rien ne pouvait l'étonner, apparemment, ce n'était pas le cas.
La nouvelle lui avait paraît-il fait faire une tête assez amusante à voir en même temps qu'il s'était affalé sur le dossier de sa chaise, fataliste.
Et tout ce joyeux fouillis révolutionnaire amusait particulièrement Merle. Le rire constituait une de ses bouffées d'oxygène.
Bien qu'elle essayait de ne pas le montrer, se cachant derrière ses mimiques mutines et sa voix joyeuse, elle n'arrivait pas à surmonter la disparition de Van et se cachait souvent pour pleurer.
Hitomi sentait tout cela. Cependant, ce qu'elle pouvait faire se limitait de prendre son amie dans ses bras pour la réconforter, et quand le sourire revenait à la jeune femme, se mettre à commenter les dernières petites anecdotes de la vie du palais
Car, au-delà du progrès, le vrai spectacle, c'était Yiris. Refusant définitivement toute convention, elle a trouvé opportun d'engager comme dames de compagnies son amie tenancière Mila et six anciennes prostituées, Sasha, Maga, Lily, Anaïs, Hylia et Violette tandis que Yrkas, assistée la rousse Anna, était devenu le nouveau chef du bordel.
La joyeuse bande de filles était devenue la bête noire du grand chambellan Ozlek. Le protocole était piétiné un nombre incalculable de fois chaque jour.
Et bien évidemment, malgré les remarques polies que lui faisait son entourage, Folken passait tout à son épouse. Il savait qu'elle avait déjà fait beaucoup d'efforts sur le plan personnel, elle avait réussit à arrêter la drogue et ne buvait plus beaucoup.
Celui qui était connu pour son extrême capacité à se contrôler devenait totalement différent pour sa femme.
En public, il restait calme, mais comme s'il ne pouvait s'en empêcher, il prenait souvent la main de Yiris. Il en caressait le dos d'un doigt quand il n'allait pas jusqu'à y déposer un léger baiser ainsi qu'il l'avait le jour du couronnement.
Pour lui, même si elle restait toujours aussi subversive, Yiris était devenue belle à sa façon. Son visage est lumineux, à l'image de son sourire.
Les cicatrices n'avaient pas disparu, cependant on voyait davantage la douceur de l'expression que les souvenirs des souffrances.
La Reine était habillée élégamment, des robes manteaux dont elle s'obstinait à nouer la ceinture sur le côté.
Comme celle qu'elle portait le jour du grand bal d'Asturia, la plupart était confectionnée d'après des idées de son mari.
Les petites attentions qu'il avait à son égard s'étaient une fois concrétisées d'une façon étonnante.
En tant que responsable de tout ce qui touchait l'armée, Yiris s'occupait de superviser les entrainements.
Evidemment, qui disaient entrainement disait jeunes hommes qui se battaient et ses amies adoraient assister au spectacle…
Bonne camarade, la Reine suivait le mouvement, mais la position assise prolongée, tout comme la stature debout, lui étaient rapidement inconfortables du fait de ses blessures.
Alors, Folken lui avait offert un cadeau original, qu'il avait fabriqué sur ses rares moments de temps libres : une chaise longue.
Enthousiaste devant cet objet qui lui apportait un grand confort tout en lui rappelant sa jeunesse, Yiris y passait des heures dessus.
Le plus drôle était que l'idée avait fait son chemin. Résultat, ce qui était un simple cadeau d'un mari à sa femme était désormais produit en série et rencontrait un grand succès à Fanelia et beaucoup pensaient que cela allait très vite s'exporter, comme quoi…
Toujours dans le domaine de l'invention et des petites histoires amusantes qui égayaient le quotidien, Meinmet avait abandonné le bricolage au profit la cuisine.
L'odeur de cuisson de ses préparations contrastait avec celles de la forge voisine.
Sa lubie consiste à adapter le concept de la pizza à Fanelia. Le problème, c'est que Meinmet peine à trouver des combinaisons mangeables avec les ingrédients présents sur Gaea.
Et puisque personne n'était vraiment volontaire pour tester ses recettes, il avait déjà eu l'occasion de se rendre malade quelques fois. Evidemment, il en fallait bien plus que ça pour le décourager.
Ainsi, la saison chaude avait vu ses jours s'écouler paisiblement. Gaea était étrangement redevenue paisible.
Cependant, certains ne relâchaient par leur vigilance car depuis le drame d'Evakan, il existait une piste sérieuse sur les voleurs d'energist : Constantin.
En vivant quotidiennement auprès de Van il avait dû être un allié plus que précieux pour les commanditaires de la disparition du Roi.
Ceux qui le connaissaient, à commencer par Yiris, étaient certains qu'il referait surface un jour ou l'autre.
L'ancien garde du corps de Van était devenu la bête noire de Fanelia, l'homme le plus recherché du pays.
Non seulement, Folken craignait pour la sécurité de son peuple, mais avant tout pour celle de son épouse, car il est évident que c'était elle la réelle cible de son frère.
Il était évident que Constantin entretenait un petit jeu malsain. Sans doute cela faisait-il très longtemps que cette trahison avait commencé, dans l'ombre qu'affectionnait tant le personnage.
Une enquête menée sur ses fréquentations n'avait pas abouti. La plupart de son emploi du temps restait flou et nul n'avait la moindre idée de ce qu'il avait pu faire pendant ces périodes.
En attendant, les relais sécurisés et la surveillance des routes étaient censés parer à d'éventuelles attaques du paria.
Cela n'empêchait pas parfois un sentiment diffus d'insécurité de prendre parfois les gens à la gorge, surtout à l'approche de ce qui restait d'Evakan, qui était restée à l'état de ruines. Personne ne voulant vivre dans cet endroit désormais maudit.
Cette impression de malaise était aussi le quotidien de tous les habitants de Gaea puisque, selon tous les spécialistes, les voleurs d'energist avaient de quoi monter une gigantesque armée avec de puissants guymelefs.
Cette hypothèse faisait trembler les états généraux de toutes les nations. Au début, le fait que les responsables ne donnent plus signe de vie depuis l'attaque dans la forêt des brumes ajoutait à l'angoisse.
Cependant, au fil du temps, faute de savoir où chercher, la forêt des brumes n'ayant finalement pas relevé d'informations concrètes et la piste s'étant arrêtée au campement incendié, les gens semblaient finalement faire comme si de rien n'était…
La vigilance se relâchait un peu partout, sauf à Fanelia finalement…
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Dans l'ombre, dans ce qui était le quotidien des fausses-personnes, une rumeur naissait au fil du temps.
En effet, ce peuple s'était, depuis des temps immémoriaux, résigné à son sort de « vivre par la guerre et de mourir par la guerre » mais une ancienne légende ressurgissait lentement dans les mémoires.
Elle était certainement également aussi vieille que le peuple de ces hommes caméléons, cependant l'espoir qu'elle apportait semblait vain à ces individus dépourvus d'identité, d'autant plus qu'il y était question de leur salut.
Selon cette histoire, un jour, la vérité sur les origines des fausses-personnes serait révélée et c'est cette vérité qui les libérerait.
Savoir qui l'on est et d'où l'on vient était pour la plupart de ces individus une obsession car finalement, les fausses-personnes n'avaient pas de souvenirs de leur enfance.
Tous avait un point commun, s'être éveillé adultes, sans souvenir de leurs parents, de leur enfance. De la même manière, aucun fausse-personne ne se rappelait être parent.
Déjà, les individus étaient d'apparence asexués…
Ce flou autour d'eux-mêmes nourrissaient leur méfiance les uns envers les autres, et ce qui leur restait en mémoire devenait un trésor à leurs yeux.
Ainsi, l'idée qu'un être, même s'il n'était qu'à moitié fausse-personne, ait gardé apparence et souvenirs ravivait cette légende.
Sans être consciente, Yiris était devenu l'objet des espérances de milliers d'individus dispersés sur Gaea.
Dans le plus grand secret, eux qui vivaient dans la clandestinité, convergeaient vers les grandes puissances, curieux de la tournure que prendraient les événements et surtout mus par une espérance insensée d'avoir enfin leur propre identité.
Dans un endroit reculé, oublié de tous, un individu avait conscience que ce qui allait se passer aurait des implications bien plus fortes que la seule libération des fausses-personnes.
A la pointe d'un rocher, il observait, dans un paysage enneigé, une étrange lueur rosée au loin.
— Mon cher Lig Viete, ton pari devient intéressant… Je me fais vieux, mais j'espère de tout cœur voir si ton dernier rêve va finalement s'accomplir !
