Chapitre 4
Capture
Hermione ne pouvait détacher son regard de ses deux anciens camarade de classe. Lavande fermait les yeux et se mordait les lèvres pour s'empêcher de crier. Un mince filet de sang coulait de sa gorge, pendant que Goyle semblait prendre un malin plaisir à enfoncer sa lame lentement.
Les quelques personnes présentes ne réagissaient pas, et si la plupart semblait terrorisée, deux hommes avec un uniforme bleu s'approchèrent de Goyle et ligotèrent Lavande. Un des deux hommes chuchota à l'oreille de l'ancien serpentard, qui hocha la tête et avança vers Hermione, qui était tétanisée.
« Toi là, tu viens avec nous » dit-il en la saisissant par le bras.
La jeune femme était incapable de réagir et se laissa faire. Elle avait trop d'adversaires pour pouvoir prendre le risque d'utiliser sa baguette. De plus, cela faisait plus d'un an qu'elle ne s'était pas battue, et elle ne pouvait pas prendre le risque de toucher Lavande.
Elle suivi donc Goyle, les deux hommes et leur prisonnière jusqu'un bâtiment qu'elle reconnut aisément : Gringotts.
Elle passa les portes de l'imposant bâtiment, souriant intérieurement au souvenir de son dernier passage ici, quand avec Harry et Ron elle avait détruit le toit en chevauchant un dragon, sous les regards éberlués de plusieurs dizaines de personnes. Ils avaient dû causer beaucoup d'ennuis aux sorciers chargés de la protection du secret magique. Dans une autre situation elle se serait sentie coupable, mais pour le moment elle devait se focaliser sur sa situation. Elle était en compagnie de trois hommes qui n'étaient très certainement pas les personnes les plus gentilles du monde, Hermione ne garderait pas encore très longtemps son apparence masculine, et Lavande ne disait pas un mot, les yeux fixés vers le ciel, tandis que un des deux hommes en uniforme bleu avait sa baguette pointée sur elle et la forçait à avancer devant eux. Ils arrivèrent tout les cinq en face d'un guichet, et un petit gobelin au visage émacié arriva devant eux, et leur demanda de sa petite voix fluette :
« Que puis-je faire pour vous messieurs ?
- Nous voulons déposer cette jeune demoiselle dans la salle 134. répondit Goyle avec un sourire carnassier.
Lavande pâlit en entendant ces paroles, et ferma ses yeux, comme pour empêcher ses larmes de couler.
- Motif ?
- Il y en a plusieurs, rébellion, terrorisme, et tentative de meurtre sur ma personne. Ce monsieur était présent et pourra témoigner, » dit-il en désignant Hermione du doigt.
Hermione haussa un sourcil, elle n'avait pas vu la scène qui avait menée Lavande à se faire capturer, et cette dernière n'aurait sans doute pas eu la stupidité d'attaquer Goyle en pleine rue avec son avis de recherche affiché partout. L'ancien serpentard mentait sûrement.
Le gobelin hocha la tête et leur fit signe de le suivre jusqu'une porte qui menait jusqu'à un long couloir, et ils montèrent dans un vieux chariot rouillé. Hermione se cramponna aux barrières pendant que le chariot s'avançait dans les ténèbres. La jeune femme ferma les yeux en essayant de convaincre son estomac de ne pas rejeter tout ce qu'il contenait. Elle poussa un long soupir de soulagement quand le chariot s'arrêta devant une grande porte de marbre blanc. Ce n'est que quand elle descendit du chariot qu'elle remarqua les chaînes attachées aux pieds du gobelin. Il grimaça en mettant pied à terre, et chaque pas qui le rapprochaient de la grande porte lui semblaient douloureux. Il leva ensuite quatre doigts pointus et les posa sur le marbre en murmurant une incantation à voix basse. Un déclic se fit entendre et les larges portes s'ouvrèrent dans un grincement.
Hermione fronça le nez en entrant dans la salle, l'odeur était ignoble : un mélange de sang, de sueur et de déjections emplissait la pièce. Il y avait quatre rangées de cages séparées par des couloirs apparemment sans fin qui s'enfonçaient probablement jusqu'au fond de la salle. Des hurlements résonnaient. Les personnes enfermées au début des rangées jetèrent un coup d'oeil curieux vers les nouveaux arrivants, et l'une d'entre elles lança un regard triste à Lavande, regard rendu par cette dernière. Le petit groupe se dirigea vers une cage à l'écart des autres, elle-même séparée en deux. L'une comportait un lavabo et des bancs, tandis que l'autre était vide.
« Vous deux, allez-vous en, je m'occupe de la suite, » dis Goyle d'un ton qui n'attendait aucun refus de la part des deux hommes en uniforme bleu. Ces derniers se regardèrent d'un air gêné, mais partirent sans faire de commentaire. Goyle s'approcha de Lavande et pointa sa baguette sous sa gorge avec un sourire cruel :
« Alors sal*pe ? Je t'ai cherché depuis si longtemps, et tu t'es laissée attraper si facilement, tu n'as pas fait exprès, pour être avec moi ? Si tu veux, tous les deux, nous pourrions peut-être passer un peu de bon temps, et alors ta punition serait un peu moins sévère... »
Lavande eut une moue dégoûtée et lui cracha à la figure. Il devint rouge et commença à respirer très fort, il essuya son visage et la gifla de toutes ses forces. La jeune femme s'écroula par terre, du sang coulait de son nez. Hermione fit un mouvement pour sortir sa baguette mais Goyle réagit plus vite et la stupéfixa, puis s'approcha d'elle pour lui prendre sa baguette.
« Je la garde avec moi quelques temps. Toi, tu vas dans la cage avec un banc, et tu y restes. »
Hermione n'avait pas le choix, alors elle se dirigea vers la geôle, et s'assit sur le banc. Depuis combien de temps était-elle devenue aussi faible ?
Goyle pointa sa baguette sur Lavande, et ses cris de douleur dû au sortilège Doloris retentirent partout dans la salle. La jeune femme tremblait sur le sol, et avait son regard fixé sur Hermione, lui demandant intérieurement de réagir. Mais Hermione ne savait pas quoi faire, et regardait son ancienne camarade de chambre se faire torturer.
Elle ressentit un picotement au bout des doigts, et comprit que le polynectar cesserait bientôt de faire effet. Elle vérifia discrètement que ni Goyle ni les autres prisonniers ne faisaient pas attention à elle, et elle mit la main dans son manteau à la recherche du flacon de potion. Elle n'eut pas le temps de le trouver, car la porte de la salle s'ouvrit avec un grincement, et Drago Malefoy s'approcha de Goyle, accompagné du même gobelin qui les avait mené jusqu'ici. Il jeta un coup d'oeil à Lavande qui gisait sur le sol, et remarqua les deux baguettes que tenaient Goyle.
« A qui l'as-tu pris ? demanda-t-il d'un ton calme.
- Au témoin enfermé dans la cage, répondit Goyle. Il a essayé de protéger la traitresse à son sang. »
Drago remarqua Hermione, qui tentait vainement de cacher sous son manteau ses cheveux qui poussaient bien trop rapidement pour que ça soit naturel.
« Ecoute Goyle, nous devons être au manoir du Maître dans 20 minutes, et il n'aime pas attendre. Alors tu finiras ce que tu as commencé plus tard. Et laisse la baguette à l'entrée, tu n'as pas le droit de prendre ce qui appartient aux témoins. »
Goyle soupira, fit léviter Lavande vers la cage non meublée, posa la baguette qu'il avait volé sur une table à l'entrée, et quitta la salle. Drago le suivit sans jeter un seul regard à Hermione, et ferma la porte derrière lui.
