Leur dernier rêve
Fanfiction écrite par Andromeda Hibiscus Mavros
www .hananokaze .org
Rating / Classement [+18]
Publié pour la première fois le 28 juillet 2012
Chapitre 41
Le marchand errant
Crédits : L'univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j'ai créés pour l'occasion.
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
Ce matin-là, le troisième prototype de vaisseau allait être testé. Folken était très confiant dans son concept de petits vaisseaux d'une dizaine de places avec un système de propulsion inspiré des moteurs qui permettaient aux forteresses de Zaibach de se mouvoir.
Les deux premiers engins construits étaient assez prometteurs, là, il s'agissait de fignoler.
A cette occasion, tous les regards de Fanelia étaient dirigés vers l'usine car le premier vol de tout engin consistait à quitter son lieu de fabrication, survoler les champs et s'élever jusqu'au port situé au-dessus de la ville.
L'événement avait mis la ville en pause. Quand les morceaux du vaisseau commencèrent à s'élever, tout le monde retint son souffle. Finalement comme les deux premières fois, tout se passa sans incident ce qui donna lieu à un tonnerre d'applaudissements.
Un peu plus tard, Folken et Meinmet assistaient aux travaux d'assemblage qui suivaient tranquillement leur cours.
Soudain une gigantesque ombre recouvrit le chantier, un vaisseau qui n'était pas attendu vint s'amarrer au port.
A son mat, flottait l'étendard d'Asturia.
— Allons bon, que vient faire cet énorme engin ici ? Grogna le vieil homme. Quand on compte venir avec un mastodonte pareil, on prévient ! Regarde-ça, il nous prend les trois quarts de l'espace disponible.
— Je ne veux pas trop m'avancer, expliqua le Roi perplexe, mais je crois savoir à qui est cet engin !
— Ah ?
Meinmet n'eut pas le temps de s'interroger davantage, une nacelle venait de se poser à terre.
Un homme-souris, tenant un tas de feuilles sous un bras et un boulier sous l'autre, accompagnait un homme aux longs cheveux bruns en catogan, portant des lunettes et vêtu d'un long manteau vert foncé.
L'individu remarqua immédiatement la présence de Folken et s'avança vers lui.
— Et bien… Je croyais que plus rien ne pouvait me surprendre, mais finalement, vous y êtes parvenu Votre Majesté ! Fit-il en s'inclinant avec un air amusé. La résurrection est déjà un miracle, moderniser Fanelia est encore plus impressionnant.
Le Roi sourit, amusé. A part son oncle et sa femme, personne n'oserait s'adresser à lui avec un tel aplomb, excepté l'homme qui jouait le fantôme avec son propre pays depuis des années : Dryden Fassa !
OoO
A la rencontre informelle sur le port succéda une audience royale au palais en bonne et due forme, le marchand d'Asturia nourrissait visiblement de grands projets car il n'était pas venu les mains vides.
Meinmet affichait une certaine curiosité, il se demandait quelles étaient les intentions de l'individu qui avait parlé si familièrement à son neveu.
Pour sa part, Hitomi, son petit garçon sur les genoux, affichait une mine réjouie, revoir une tête connue lui faisait très plaisir.
Merle partageait cette joie. Dryden était une personne qui l'avait beaucoup amusée dans le temps.
Assise aux côtés de son mari, Yiris affichait une certaine perplexité face à la grandiloquence de l'invité.
Néanmoins, contrairement à la plupart des audiences, celle-ci avait au moins le mérite de ne pas être ennuyeuse à mourir.
Avançant avec son escorte chargée de marchandises, Dryden s'arrêta face aux Souverains pour présenter les cadeaux qu'il avait apporté avec lui.
— Vos Majestés, je suis très honoré que vous ayez accepté de recevoir le modeste commerçant que je suis. Si je viens à vous, c'est parce que j'ai entendu parler de votre nouvelle industrie et je serais ravi de participer à son essor. Cependant, en tant qu'homme bien élevé, avant que nous discutions affaires, je souhaite vous offrir ces quelques présents.
Loin des conventionnels objets exotiques que les marchands offraient à ceux avec lesquels ils voulaient conclure des contrats, Dryden avait ciblé ses choix pour l'occasion.
Pour Folken, il avait apporté un lot de livres anciens particulièrement rares qui ne laissèrent pas l'intéressé indifférent.
Malin, Dryden avait agi de même pour Yiris. Là où les autres auraient apporté des étoffes précieuses à la Reine, lui avait opté pour des plaques d'un alliage métallique léger et résistant, parfait pour confectionner une excellente armure.
Pour une fois, la jeune femme ne regretta pas d'être venue satisfaire à ses obligations car le présent lui plaisait énormément, elle qui pestait sur sa vieille armure qui pesait bien trop lourd et entravait ses mouvements.
A voir les réactions de ses hôtes, le marchand conclut que son approche avait réussi. Il commença alors une longue litanie sur l'efficacité de son entreprise dans le domaine de l'exportation, discours que son intendant,
Monsieur Souris, approuvait en opinant de la tête en s'en user le cou.
Folken semblait s'amuser de ce spectacle. Yiris avait l'impression qu'il laissait Dryden raconter son baratin pour lui faire plaisir. En effet, il était une chose certaine, le marchand d'Asturia aimait s'écouter parler…
Hitomi chuchota d'ailleurs un commentaire laconique à Merle
— Ce n'est toujours pas la modestie qui l'étouffe !
OoO
La journée se poursuivit de façon détendue. Une grande réception fut donnée. Ce grand repas convivial changeait de l'ordinaire.
En effet, au quotidien, chacun mangeait dans son coin : Merle et Hitomi dans les appartements de cette dernière, Meinmet dans son atelier, Folken devant son bureau et Yiris sur un rebord de mur où elle se trouvait à l'instant où la faim la prenait.
Là, tout le monde était réuni et Dryden eut l'occasion de continuer sa sérénade sur les innombrables qualités qu'il prêtait à son entreprise… et à lui-même ! Son extravagance était devenu le centre d'intérêt d'une grande partie du personnel du palais.
Son objectif était clair et la visite des nouvelles installations de la ville qui s'en suivit ne fit que le conforter.
Les vaisseaux et guymelefs développés à Fanelia avaient un grand potentiel. Non seulement, les engins étaient de bonne facture, mais en plus, les méthodes de production répondait à une logique d'optimisation du temps et de l'espace inédite.
En questionnant Folken sur le sujet, Dryden apprit que les idées venaient de différentes formes de ce que les gens de la Lune des Illusions appelaient le « travail à la chaîne ».
Les longues explications qui s'en suivirent offrirent au marchand d'Asturia l'une des conversations les plus passionnantes qui lui fut donné d'avoir.
A part, Hitomi et Meinmet qui comprenaient un peu les concepts évoqués, la flopée des autres curieux qui suivaient le sillage de l'invité avaient l'impression d'écouter des paroles dans un langage inconnu et mystérieux.
Yiris, quand à elle, n'appréciait pas ce côté parade et laissa ses amies suivre le cortège tandis qu'elle alla s'isoler au calme.
Intérieurement, Dryden s'auto-félicitait, une fois de plus. Quand il avait appris que Folken Fanel était revenu d'entre les morts, cela l'avait surpris bien sûr, cela dit, pas autant que les autres.
Après avoir lu presque tout ce qui s'était écrit sur les vieilles légendes atlantes, le marchand avait acquis la conviction que la volonté de Gaea pouvait tout vaincre, y compris la mort.
Par conséquent, il était évident que la résurrection du Prince de Fanelia avait un but précis.
Aussi, Dryden était plus que décidé à savoir lequel.
Au terme de sa fort instructive promenade, il s'en retourna à son vaisseau, promettant de mettre au point les détails de sa commande le lendemain, commande qui promettait d'être conséquente.
En effet, il avait été bluffé par la qualité des engins. Après avoir travaillé avec l'ancien sorcier plusieurs mois, le commerçant avait pu se faire une idée de l'ampleur du génie auquel il avait à faire.
Là, c'était la confirmation de son opinion de l'époque.
Nul doute que Folken devait être l'un des meilleurs ingénieurs ayant jamais vécu sur Gaea, si ce n'était pas simplement le meilleur…
OoO
Après avoir travaillé quelques heures en fin de journée, le Roi regagna ses appartements.
Il eut la surprise de les trouver vides malgré l'heure tardive.
Il descendit alors jusqu'à la salle d'armes. Et son idée se vérifia, sa femme était en train de s'entraîner.
En ne venant qu'à l'heure du dîner, Yiris s'assurait une solitude qu'elle appréciait.
Sans aucun regard sur elle, l'ancienne militaire avait à se concentrer sur le difficile réapprentissage qu'elle avait entrepris.
Même si elle tardait à progresser, le simple fait de pouvoir se servir de son bâton, habillée d'un pantalon et d'une tunique noirs comme au bon vieux temps, la libérait.
D'ordinaire, elle finissait plus tôt, mais là, elle n'avait pas vu le temps passer.
Cependant, ayant perçu la présence de son mari, elle s'arrêta, mais ne le regarda pas.
— J'ai envie de dire que le mot « persévérance » a été inventé pour toi ! S'amusa Folken.
— Ce n'est pas en restant assise toute la journée que je progresserai ! Répondit Yiris, cynique.
— Je croyais que tu aimais la chaise que je t'ai fabriquée !
— Elle est confortable… Cependant comme je te dis, je ne peux pas rester… coincée…
— Je crois quand même que tu forces trop. Tu n'as plus besoin de te battre et…
— Faux !
Le ton avait été sec et agressif, Yiris s'était tournée vers le Roi avec une expression emprunte de colère.
— J'aurais toujours besoin de savoir me battre ! Le combat est une partie de moi ! La discipline qu'il m'a apporté, le défoulement qu'il m'a offert, c'est désormais vital à mes yeux !
Si cela ne te plaît pas, dis-le, je peux le comprendre et partirait sur le champ sans faire d'histoire.
La réaction surprit Folken. Il sentait son épouse à cran.
— Pourquoi dis-tu cela ?
— On va dire que te voir vendre toute notre nouvelle technologie à ce bouffon m'énerve !
— Tu sais très bien qu'il est loin d'avoir accès à tout… comme les autres clients !
— Oui, je connais le petit atelier des jours de congé…
— Alors, si tu me disais la vraie raison de ta colère ?
Soupirant un grand coup pour reprendre un semblant de calme, Yiris planta son bâton au sol.
— Un trop plein qui avait besoin de sortir. J'ai beau m'entraîner, je ne suis toujours pas satisfaite. Pire, je n'arrive pas à atteindre quelques uns des objectifs comme me tenir en équilibre sur mon bâton, pourtant une des premières choses que m'avait apprises mon Maître…
— A mon avis, tu es surtout beaucoup trop exigeante avec toi-même. Tu te rends compte de la difficulté de ce que tu veux faire ? Je sais pertinemment que tu es « particulière », mais tu as quand même été sérieusement blessée et…
— … je ne suis que bonne qu'à gérer les papiers maintenant et à faire la bonne épouse le reste du temps… Coupa-t-elle, fataliste.
Doucement, il s'approcha d'elle et commença à passer sa main dans ses cheveux. Ils avaient repoussés jusqu'aux épaules déjà et, comme ils étaient redevenus suffisamment longs, Yiris avait repris l'habitude de nouer deux mèches à l'arrière pour retenir le reste.
Sans un mot, elle apprécia ce petit contact tendre.
Puis, son mari se pencha et l'embrassa tendrement, chassant au loin sa colère du moment. Malgré tout, elle savait que ce réconfort n'était que temporaire, au fond d'elle, un autre mal la rongeait.
OoO
Comme convenu, le lendemain fut le jour de la signature des contrats. Dryden avait donné plusieurs mois de travail aux usines. Vaisseaux volants et melefs, tout y était passé…
Monsieur Souris avait bien tenté à plusieurs reprises de tempérer la fièvre dépensière de son Maître, mais ce fut vain…
Avant de partir, le marchand tint à faire un dernier petit tour informel de la cité et c'est là qu'une étrange odeur passa devant ses narines.
Suivant le doux fumet, il finit devant l'atelier de Meinmet.
— Et bien, Votre Altesse, que fabriquez-vous dans cet étrange laboratoire ?
— Des pizzas ! Répondit l'intéressé avec un vif enthousiasme.
— Des pizzzzzz… quoi ?
— Pizzas ! C'est une spécialité culinaire très populaire sur la Lune des Illusions. Cela vient d'un pays nommé Italie, ceci dit, c'est devenu connu partout sur la planète.
Il s'agit d'une crêpe épaisse recouverte de divers ingrédients !
— Intéressant… Et c'est… bon ? Demanda Dryden, perplexe face au plat en question.
— Et bien, maintenant, je peux dire oui ! Cependant trouver une bonne combinaison a été difficile.
J'ai eu du mal à trouver des produits adaptés pour garnir mes pizzas sur Gaea…
— Ah, puis-je goûter ?
— Bien sûr ! Fit le vieux Prince au combien ravi d'avoir enfin un testeur.
C'est alors qu'arriva Monsieur Souris. Voyant son patron porter à ses lèvres ce met étrange dégoulinant d'une sauce bleuté, il paniqua.
— Maître, Maître, ne mangez pas ça, vous risquez d'être empoisonné par cette chose inconnue !
— Balivernes ! Rétorqua Meinmet en enfournant dans sa bouche un gros morceau de sa préparation.
De son côté, Dryden avait persisté dans sa dégustation. Après une longue mastication qui laissa le cuisinier et Monsieur Souris silencieux et immobiles, il donna son verdict :
— Délicieux ! Ma foi, voilà qui est très prometteur !
Le sourire satisfait qui accompagna ce commentaire donna presque des ailes à Meinmet. Tandis que plusieurs personnes se rapprochaient intriguées du four.
Alors le Prince ne serait pas fou, mais bel et bien capable de faire un bon plat ?
Suite à cela, pendant plusieurs heures, Dryden et Meinmet négocièrent sur le sujet tandis que l'infatigable intendant du marchand prenait des notes.
A la fin des discussions, les deux hommes tombèrent d'accord.
Dans deux semaines, une grande foire était prévue à la frontière de Fanelia et Daedalus, c'était l'occasion ou jamais de présenter le produit au public.
Meinmet promit d'être sur place à la date convenue pour présenter lui-même son invention et le contrat se conclut par une poignée de mains qui laissa tout le monde stupéfait.
OoO
Le degré de satisfaction de Dryden avait rarement été aussi élevé. Et il s'apprêtait à s'en retourner à son vaisseau joyeux, quand Folken l'interpella.
— Je vous remercie !
— Pourquoi et en quel honneur, Votre Majesté ? Etre marchand et faire des affaires, c'est simplement mon métier !
— Vous avez fait plaisir à mon oncle en vous intéressant à son travail. J'avoue que moi-même, j'étais plutôt sceptique…
— Hé hé, vous aviez tort, l'idée est vraiment prometteuse ! Je pense qu'il y a moyen de la développer et d'en tirer un bon prix !
— Soit ! Acquiesça le Roi, amusé. Cependant, honnêtement, n'étiez-vous venu ici que pour faire du commerce ?
Démasqué, Dryden frotta l'arrière de son crâne d'une main nerveuse tout en affichant un rictus emprunt d'ironie.
— Quelle perspicacité, Votre Majesté ! Vous n'allez tout de même pas m'en vouloir d'avoir souhaité voir des yeux le « miracle » ?
— Non, je peux comprendre la curiosité que je suscite.
—Et vous savez que je suis particulièrement curieux et obsédé par l'idée d'en savoir toujours davantage.
— Avec moi, vous n'apprendrez pas grand chose, je suis moi-même en quête de réponses…
— Et un homme intelligent comme vous n'aurait aucune piste ?
— A vrai dire, pour le moment, non. Avec les événements qui se sont précipités avec la disparition de mon frère, je n'ai jamais vraiment eu le temps de me pencher sur la question, même si elle ne quitte jamais mes pensées.
— En parlant de Van, pas davantage d'hypothèses ?
— Depuis l'attaque d'une de nos villes par un ancien membre de l'entourage de mon cadet, nous avons une piste sérieuse sur les circonstances, mais quand à savoir le sort de Van… Il ne repose finalement que sur nos espoirs…
— Vous l'avez pourtant déclaré mort, non ?
— Et il n'est pas un instant où je le regrette… Malgré tout, cela restait le seul moyen de protéger le pays du chaos…
— Un peuple sans chef a tôt fait d'avoir des idées tordues, vous avez bien fait… je suis comme vous, pragmatique !
— Etes-vous aussi pragmatique avec votre mariage ? Interrogea Folken.
La remarque écorcha le flegme de Dryden. Le Roi avait touché une corde sensible.
— Disons que sur ce point, je reconnais moi-même ne pas avoir une attitude logique. A quoi bon rester marié à une femme qui ne vous aime plus ? Peut-être est-ce une façon pour moi de me venger, je ne sais pas trop… Je suis pourtant loin de la détester… Ironisa le marchand. De toute façon, vous êtes bien placé pour savoir que les sentiments nous rendent parfois un peu idiots !
— C'est exact, mais je me serais senti réellement idiot si j'avais abandonné la femme que j'aime et qui m'aime aussi.
— Joli discours ! Je vous souhaite d'être heureux, je crois que vous avez eu votre lot de malheurs, alors profitez de votre « nouvelle vie » !
— Merci ! Répondit Folken avec un léger sourire.
Sur ce, le marchand prit congé de son hôte et regagna son embarcation. Arrivé au port aérien, il trouva Monsieur Souris qui l'attendait.
— Maître, les préparatifs pour le départ sont terminés, l'équipage n'attend plus que votre signal ! Quelle sera notre prochaine destination ?
— Nous allons aller faire un petit tour à la capitale de Daedalus, puis nous redescendrons quelques jours plus tard au sud pour la grande foire avant de remonter vers Cesario.
— Nous allons donc continuer à contourner Asturia…
— Et oui, comme nous le faisons depuis dix ans…
Quelques minutes plus tard, le vaisseau leva ses ancres et partit vers le nord. Sur un des balcons, Dryden regardait le soleil se coucher l'air pensif.
Il l'avait gardé pour lui, mais Dryden aussi était allé mener sa petite enquête du côté de Zaibach et en était revenu tout aussi bredouille que Folken.
Des quantités importantes d'energist volées, une résurrection, le retour d'Hitomi comme dix ans auparavant, les événements étranges s'enchaînaient, mais cette fois, l'ennemi se terrait dans l'ombre.
Bien évidemment, tout cela intriguait profondément le marchand, et il avait du mal à comprendre le relâchement ambiant après l'arrêt des attaques.
Ce n'est parce que l'ennemi ne donnait pas signe de vie qu'il avait nécessairement disparu…
Dryden s'était toujours reproché d'avoir eu une approche simpliste et bien trop limitée de la menace que représentait Zaibach, il ne voulait pas commettre la même erreur.
Cette fois, il n'y avait plus le sort d'un pays sur ses épaules, ni toutes les contraintes que supposait la diplomatie, cependant il restait conscient qu'il était encore possible que, une nouvelle fois, les conséquences d'un éventuel incident puissent être gravissimes.
Au minimum, un quelconque conflit avait toujours un effet sur le commerce. En général, cela commençait par un emballement des commandes, cela dit, si jamais les hostilités se prolongeaient, l'économie avait vite fait de s'en ressentir.
Ce genre de préoccupations, Dryden en parlait à son intendant, mais il lui cachait le fond de sa pensée, loin de toute considération financière.
Le marchand avait au fond de lui le secret espoir de se montrer un jour digne de sa femme, et percer à jour le mystère des voleurs d'energist serait une bonne occasion de prouver sa valeur.
Paradoxalement, il était tout à fait conscient d'avoir atteint un point de non-retour, que son épouse vivait avec un autre, qu'elle avait fondé une famille, donc que leur mariage était bien fini… Et pourtant…
