Leur dernier rêve
Fanfiction écrite par Andromeda Hibiscus Mavros
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Rating / Classement [+18]
Publié pour la première fois le 7 août 2012
Chapitre 43
Le vide
Crédits : L'univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j'ai créés pour l'occasion.
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Hitomi le savait mieux que quiconque, on mémorise parfois certains détails anodins : une odeur, une façon de parler, un geste habituel…
Quand la personne liée à ce souvenir disparaît, ces petites choses du quotidien deviennent les précieuses reliques.
Et pourtant, la jeune femme n'avait vraiment profité de celui qu'elle aimait qu'un peu plus de deux mois, c'était si peu… Tellement peu après dix ans de séparation...
De Van, elle se rappelait parfaitement le parfum de sa peau. D'ailleurs, même devenu adulte, sa peau gardait le parfum de l'herbe fraîche où il passait des heures allongé.
Elle ne pouvait oublié cette façon qu'il avait de parfois s'étonner d'un « ah ? » perplexe avec les sourcils soulevés, ni cette manie de dégager brièvement les longues mèches noirs de son front d'un geste de la main.
Folken lui aussi avait perdu la personne qui lui était cher, lui aussi vivait avec cette permanente incertitude.
Au delà des trois souvenirs matériels qu'elle lui avait laissé, sa mémoire se perpétuait dans des petites scènes et objets.
Quand le Roi sentait le fumet d'une pâtisserie tout juste sortie du four, il se disait que Yiris, gourmande au possible, aurait voulu en manger.
Lorsque que la pluie tombait, il l'imaginait debout dessous, elle aime rester à s'en tremper à sentir les gouttes couler sur sa peau.
Peut-être espérait-elle que cette eau du ciel laverait ses souffrances ? Sous les gouttes, elle était toujours étrangement souriante…
Assis derrière son bureau, comme chaque jour, Folken avait l'impression que les journées duraient des éternités. L'hiver s'était installé finalement tôt, l'automne avait été tardif, mais bref.
Le froid était tel pour Fanelia que certains pensaient que, cette année, il était fort probable qu'il finisse par neiger, fait peu fréquent dans le pays…
L'air un peu trop frais, le Roi y était étrangement devenu insensible. S'il y avait des feux allumés dans son bureau et dans ses appartements, c'était parce que les serviteurs s'en chargeaient par automatisme.
S'énervant sur une histoire de taxe commerciale, Folken tripota sans y réfléchir sa boucle d'oreille gauche, sur l'anneau de celle-ci, il avait glissé la croix orthodoxe de Yiris. Quoiqu'il arrive, c'était le maigre souvenir qu'il gardait toujours lui.
Le bâton, avec la tresse d'or enroulée autour, était calé sur la petite table de nuit du côté où dormait sa femme, là, où elle le posait d'ordinaire avant de se coucher.
Parfois, surtout les nuits quand il n'arrivait pas à trouver le sommeil, le Roi pouvait passer des heures à regarder le bout de bois, détaillant les étranges symboles qui le recouvraient.
Les fausses-personnes n'avaient aucune science écrite, alors aucun moyen de savoir leur signification.
A lui seul, ce bâton représentait un signe d'espoir pour Folken. Si les signes inscrits dessus avaient bel et bien un lien réel avec son âme, s'ils restaient visibles, cela pouvait signifier qu'elle était encore en vie.
Car contrairement à Van dont personne ne savait s'il était encore vivant, et s'il était détenu, par qui, où et dans quelles conditions, Yiris avait un bourreau désigné dans la personne de son frère.
Constantin possédait tous les aspects d'une personnalité sadique. Folken, comme Hitomi, tout deux particulièrement doués pour juger les gens, redoutaient la violence qui émanait de cet individu.
Sachant que l'ancienne générale était tombée dans ses griffes, ne valait-il pas mieux qu'elle soit morte rapidement, plutôt que de devenir le jouet des pulsions de celui qui la haïssait tant ?
Si Hitomi, en grande partie grâce à son fils, supportait l'absence de Van du mieux qu'elle pouvait, Folken n'était pas dans ce cas.
Son état qui se dégradait au fil des semaines préoccupait d'ailleurs énormément la jeune femme, Merle et Meinmet, ainsi que finalement tout le Royaume.
La vie que menait le Roi aurait déjà tué plus d'un homme. Il ne dormait presque plus.
Avant, il se couchait tard et se levait tôt, désormais, il arrivait parfois qu'il ne regagne ses appartements en cours de nuit que pour un bref bain avant de repartir travailler.
Les quantités de nourriture qu'il consommait étaient devenues à la limite du rudimentaire.
Son oncle, qui était la personne la plus proche de lui, essayait bien de le raisonner, mais c'était vain, il faisait semblant d'écouter.
Hitomi avait aussi tenté quelques paroles, même résultat…
Le principal argument de Folken quand il acceptait un début de discussion était que son travail n'en pâtissait pas et c'était là l'essentiel à ses yeux.
A ses yeux, mais pas à ceux de tout le monde !
Un mois après la disparation de Yiris, Ezgas avait abordé le problème représenté par le fait de ne plus avoir de Reine et pas plus d'héritier.
Les autres membres du Conseil avaient redouté la réaction du Souverain, surtout se rappelant l'un de ses rares moments d'énervement, notamment quand il avait interdit à Hylden d'aller chercher Yiris après sa fuite vers Evakan.
Folken avait d'abord fusillé du regard l'outrecuidant, puis il avait annoncé :
— A partir ce jour, l'évocation de ma femme, exception faite s'il s'agit de m'annoncer qu'elle a été retrouvée, est interdite.
Le premier qui fera allusion à elle ou prononcera son nom finira au cachot.
Après ces paroles sèches, il avait quitté la séance. Inutile de dire que par la suite, la consigne avait été respectée.
C'était même à un tel stade que même Hitomi n'osait plus parler. Elle avait beau savoir au fond d'elle qu'il ne lui ferait rien, le mur derrière lequel Folken s'était retranché était infranchissable.
Meinmet aussi n'en menait pas large. Depuis son retour, incapable de le regarder en face, il fuyait son neveu, sauf pour le sermonner sur sa santé.
Le vieux Prince se sentait coupable, à trop avoir voulu aller à sa foire, il avait été imprudent…
Beaucoup lui disait que l'attaque était imprévisible, il n'était pas de cet avis et se disait qu'il aurait dû se douter qu'il état une cible privilégiée.
Depuis son atelier, il observait souvent la fenêtre du bureau de Folken.
Le goût de travailler lui était passé. Il avait envoyé à Dryden une explication complète de son idée, cependant c'était plus par correction que pour la somme rondelette qu'il avait reçue en retour…
D'ailleurs, le sac d'or n'avait même pas été ouvert et directement enfermé dans un coffre.
Le vieil homme avait l'impression d'être rattrapé par son âge, ses articulations se faisaient douloureuses lui rendant la marche difficile au point de s'être mis à utiliser une canne.
Après avoir perdu celle qu'il considérait comme sa fille, et malgré la joie de voir grandir le petit Balgus, Meinmet trouvait le goût de la vie de plus en plus amer.
Ainsi, Yiris était devenue une sorte de fantôme dont l'ombre planait sur Fanelia.
Son nom devenu tabou, d'une certaine manière, Folken voulait garder tout ce qu'il restait d'elle pour lui seul.
Bien que toujours courtois et calme, il avait changé, il devenait peu à peu plus froid que de la glace.
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A pas pressés malgré ses petites jambes, Monsieur Souris traversait les couloirs de l'immense embarcation de son maître avec, dans les bras, moult tubes en bois fermés de sceaux de cire de diverses couleurs.
Enfin parvenu au bureau de Dryden, il s'annonça avant d'ouvrir difficilement du pied la porte.
— Maître, le courrier est là !
Le marchand releva la tête de son travail et parut assez décontenancé par le nombre de missives reçues.
— Et bien, je suis très demandé, ma parole !
— En effet, Maître, expliqua l'intendant, il s'avère que cette fois, vous n'avez pas pu échapper aux lettres venues d'Asturia. Ce sont des militaires de Cesario qui les font fait passer pour le compte de l'ambassade.
— Et bien voilà que Cesario s'allie avec Asturia contre moi, diantre ! On va croire que j'égorge des petits enfants dans la salle des machines de mon vaisseau ! Plaisanta le jeune homme.
Levant les yeux au plafond face à la nonchalance habituelle de son patron, Monsieur Souris déposa difficilement son chargement, ne faisant tomber que deux ou trois tubes.
Sa besogne accomplie avec succès, il soupira un bon coup.
— On doit leur reconnaître le fait d'être coriaces… En même temps, je me dois de vous rappeler, Maître, qu'un jour ou l'autre, il vous faudra résoudre cette affaire. Votre père ne cesse de le dire et le redire dans ses lettres… que vous me confiez le soin de lire à votre place…
Depuis le temps que l'histoire durait, l'intendant était complètement désabusé.
Faire entendre raison à Dryden revenait au même que de vouloir courir sur un nuage, on risquait de tomber de haut.
Cependant, soucieux du bien de son Maître, Monsieur Souris se donnait bonne conscience en déterrant régulièrement le sujet qui fâche.
Commençant négligemment à consulter son courrier, délaissant volontairement les messages en provenance de sa contrée natale, Dryden en vint à se pencher vers son employé.
— Et c'est tout ? Demanda-t-il en regardant par dessus ses petites lunettes.
Regardant d'abord autour de lui, Monsieur Souris se hissa autant que possible tandis que son maître se penchait vers lui.
Discrètement, l'intendant sorti un petit tube de ses longues manches et le passa à Dryden qui le dissimula directement dans sa propre veste.
— Arrivé ce matin aussi ? Interrogea-t-il.
— Oui… Et par coursier spécial !
— Ah ? S'étonna le marchand. Voilà qui est très intéressant !
Le reste de la journée, le jeune homme n'eut pas l'esprit à gérer son affaire. Le petit message remis à part obsédait ses pensées.
Cependant, il attendit d'être seul dans ses appartements le soir pour procéder à l'ouverture du tube, plus précisément, il s'y attela en profitant d'un bon bain chaud.
Délaissant ses lunettes couvertes de buée, le commerçant commença à déchiffrer la missive.
En effet, celle-ci était codée, car malgré les évidentes précautions prises pour son transport, aucun risque ne devait être pris concernant son contenu.
Et cela s'avérait particulièrement juste cette fois. A une expression perplexe sur le visage de Dryden, succédèrent une grande surprise, et enfin un rictus d'agacement.
Il trempa la petite feuille dans l'eau de la baignoire en diluant l'encre, avant de la réduire en petite bouillie qu'il balança dans un panier réservé aux détritus.
— Ce salopard de Constantin joue vraiment au plus malin… Pesta intérieurement le marchand. Ce sale type se paye la tête du monde depuis trop longtemps. Si j'avais su que ce petit magouilleur qui aidait à contourner les taxes de Fanelia allait devenir à ce point dangereux, j'aurais dû en parler à Van ! Mais tu vas voir petite enflure, je vais finir par te débusquer !
L'étau se resserre, tu ne pourras pas toujours te cacher, surtout que maintenant, tu dois planquer ta sœur et à cause d'elle, tu as dû sans doute renoncer à ton habitude de changer fréquemment de cachette…
Puis, il se releva et enfila un peignoir avant de sortir de la salle d'eau pour aller observer le ciel par une des fenêtres de sa chambre.
— Encore une fois, j'ai manqué de réalisme, je n'ai pas eu conscience du danger, se dit-il. Mais je ne vais pas laisser tomber… Je prouverai ce que je vaux réellement… à toi, Millerna…
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Nouvel exploit de Balgus : vouloir se tenir debout ! A peine assis, il souhaitait passer à l'étape suivante, cependant ses petites jambes n'étaient visiblement pas prêtes et chaque tentative à s'étirer en s'aidant d'un pied de chaise ou autre se finissait soit par une lamentable chute sur les fesses, soit par une bosse…
Dans un cas comme dans l'autre, le petit homme manifestait son mécontentement par de grands cris !
Hitomi et Merle le surveillaient comme le lait sur le feu car le bambin savait ramper en se trainant sur le postérieur à une vitesse assez étonnante, et il suffisait de détourner la tête quelques secondes pour le perdre de vue et le retrouver en train de faire une bêtise à l'autre bout de la pièce.
Jamais la jeune femme de la Lune des Illusions n'aurait cru qu'un bébé puisse être aussi épuisant. Maintenant qu'il faisait bien ses nuits, son fils avait trouvé une nouvelle manière de la torturer…
En y réfléchissant, Hitomi se souvenait que sa mère avait eu beaucoup de mal à gérer son petit frère quand celui était bébé.
Apparemment, Balgus avait emprunté quelques traits à son oncle, à moins que ce soit à son père, car Merle lui avait raconté quelques unes des bêtises qu'elle avait faites avec Van dans leur enfance, et cela promettait un avenir agité…
La vie suivant donc son cours, parfois la jeune femme était étonnée de la « facilité » avec laquelle elle s'adaptait à la situation.
Deux mois s'étaient écoulés depuis que Yiris avait disparu, l'ambiance à Fanelia était devenue aussi froide que l'hiver, Van n'était pas là pour voir grandir son fils…
Ne voulant pas se torturer inutilement, Hitomi évitait de trop penser à toute la tristesse qui l'entourait.
Son sommeil était calme, sans plus aucune vision, cela lui apportait une certaine sérénité.
Néanmoins, un fait particulier était à noter. Quelques jours auparavant, la jeune maman avait fait un étrange rêve, et il venait de se reproduire.
Ce songe était des plus particuliers, car il se résumait simplement à la vie d'une jeune femme assise sur un luxueux fauteuil.
La première fois, elle avait à peine bougé la tête, appuyée sur sa main et son bras plié reposant négligemment sur un accoudoir, la seconde, elle avait semblé observer Hitomi.
Or, fait paradoxal, du fait de ses yeux vitreux, la personne était de toute évidence aveugle. Et pourtant, son regard avait quelque chose qui transperçait l'âme alors que, complètement indolente, la visiteuse semblait comme vide de toutes pensées.
Gardant cette image en tête, même éveillée, la jeune maman se demandait vraiment qui pouvait ainsi apparaître dans son sommeil.
L'apparence de sa mystérieuse visiteuse de son rêve lui était inconnue, et pourtant, de part sa singularité, elle se serait souvenue si elle l'avait vu auparavant.
En effet, semblant âgée d'une vingtaine d'années, elle paraissait immense vu la façon dont elle se tenait avachie sur sa chaise.
On avait presque l'impression qu'elle n'arrivait pas à tenir droite sa grande silhouette élancée.
A son regard vide, s'ajoutaient une peau plus que blafarde et de longs cheveux gris clairs dont juste deux petites mèches tressées étaient ramenées à l'arrière, le reste coulant sur les épaules.
Apparaissant dans un décor épuré rappelant certaines pièces du palais de Fanelia, vêtue d'une robe vert-de-gris nouée traditionnelle, on pouvait la penser du pays, mais pas d'autres indices.
La troisième fois qu'elle la vit, la personne remua un peu les lèvres. On aurait dit qu'elle voulait parler, mais les mots ne lui venaient pas.
Plusieurs jours, elle ne réapparut pas. Hitomi finit par se croire quitte de cette étrange histoire.
Et puis, contre toute attente, elle revint. Dans son rêve, la jeune maman lui posa des questions, demanda qui elle était, mais l'inconnue ne semblait pas comprendre.
C'est alors, qu'elle commença à fixer Hitomi, et un phénomène étrange se produisit, une détresse s'empara de la jeune femme, comme si sa visiteuse lui avait transmis son propre sentiment.
— Vous avez peur ? Interrogea-t-elle. C'est ça ?
Une fois de plus, la mystérieuse personne apathique avait l'air de ne pas comprendre, mais à force de regarder celle à qui elle tentait de faire entendre son message, elle opina de la tête.
Et à nouveau, elle disparut…
Après cette rencontre, Hitomi ne pouvait plus ignorer ce rêve. Pour comprendre le sens, il lui semblait évident qu'il fallait identifier la fille de la vision.
Commençant par Merle, la jeune maman interrogea toute personne passant à sa portée pour lui demander s'il ne connaissait pas une grande aveugle albinos.
Cependant, tout ce qu'elle obtint, ce furent des regards étonnés et des hochements de tête négatifs.
Expliquant plus en détails son étrange série de rêves à Meinmet et Merle, ceux-ci ne purent que rester dubitatifs.
Tout ceci n'avait pas de sens…
Malgré tout, Hitomi était déterminée à tirer au clair cette histoire. De toute évidence, la personne avait besoin d'aide et si elle avait choisi de s'adresser à elle, ce n'était certainement pas hasard.
Et quand elle refit son apparition, elle lui demanda d'emblée :
— Il faut que je sache qui vous êtes, vous comprenez ? Sans cela, je ne peux rien faire pour vous…
Remuant difficilement sa tête, l'inconnue réfléchissait, avec l'air perdu d'une enfant.
Là encore, Hitomi percevait cette difficulté de compréhension.
Alors pour aider, elle se concentra autant qu'elle pu sur sa question.
Au bout d'un temps qui parut interminable, la mystérieuse interlocutrice sortit de sa léthargie commença à fredonner quelque chose.
Lent et marqué de pauses nettes, l'air ne ressemblait pas à une chanson.
A l'entendre, Hitomi était certaine de le connaître, mais d'où… Seul le dernier mot fut prononcé, un mot que Hitomi n'avait jamais entendu.
Malheureusement, elle n'eut pas le temps de demander autre chose, la vision s'arrêta…
Hitomi s'éveilla immédiatement. L'indice était mince, cependant, il fallait l'exploiter. Malgré l'heure tardive, elle alla voir Merle et la réveilla pour l'interroger.
Même après avoir émergé, la jeune femme chat lui déclara qu'elle ne voyait pas de quoi il pouvait s'agir.
Dans son élan, Hitomi partit voir Meinmet. Le vieux Prince mit un bon moment à complètement sortir de son sommeil.
Buvant un thé pour remettre ses idées en place, il répondit :
— Je ne saurais te dire dans quelles circonstances, mais ce que tu fredonnes me dit effectivement quelque chose… Mais où ai-je bien pu entendre cela ? Ahhhhhhhh…
Rageur, le vieillard se donna deux tapes sur le crâne.
— Bon sang que ça m'énerve, le souvenir est quelque part dans ma tête, mais il reste bloqué ! Ce mot, je le connais…
— Ecoutez, fit Hitomi, encore désolée de vous avoir dérangé ! Réfléchissez-y, si cela vous revient, quelque soit l'heure, venez me voir !
Puis, saluant poliment, la jeune femme se retira laissant le vieil homme à ses pensées.
Ne parvenant pas à se rendormir, il décida, malgré le froid de l'extérieur, d'aller bricoler dans son atelier pour se distraire en attendant que le sommeil lui revienne.
Se rendant au rez-de-chaussée, il se trouva dans la cage d'escaliers au même moment que Folken qui regagnait enfin ses appartements.
Les deux hommes ne se croisèrent pas, mais le Roi entendit la rengaine que se répétait son oncle.
Reprenant, le chemin de sa chambre, le Souverain était perplexe.
— Pourquoi récite-il la prière « Notre Père » de la Lune des Illusions avec le « Amin » des Orthodoxes à la fin ? S'étonna-t-il à voix haute.
