Je reposte ce chapitre, en espérant que tout fonctionne correctement. Merci à toutes les personnes qui me l'ont fait remarquer :) Bonne lecture !

Chapitre 7

Le Camp

Les secondes qui suivirent sa transformation parurent comme des heures à Hermione. Lavande la fixait avec des yeux ronds comme des soucoupes, la bouche légèrement entrouverte.

« Pourquoi ? Pourquoi tu as disparu tout ce temps ? Pourquoi tu nous as fui ?

- Miss Brown, vous poserez vos questions plus tard, nous ne pouvons pas nous attarder ici, dit calmement Mme Bibine. Vous continuerez votre interrogatoire au camp. »

Lavande se tut et détourna les yeux d'Hermione, comme pour cacher sa colère et sa tristesse.

« Au camp ? C'est pas un peu dangereux ? Regardez ce qu'elle a fait à Mark, je ne savais même pas que ce sort existait.

- Oui enfin Will, il y a beaucoup de choses que tu ignores, dit l'employé de la boutique de chasse avec un sourire moqueur, comme le fait qu'il y ait des branches par terre en forêt. »

Will rougit, mais enchaîna :

« Néanmoins, je suis pas sûr que ça soit une bonne idée de l'emmener au camp comme ça, on ne sait pas ce qu'elle a fait ces derniers mois, si ça se trouve elle fait partie des mangemorts.

- On vérifiera ça plus tard, on a qu'à lui bander les yeux, si elle nous trahit elle ne pourra montrer le chemin à qui que ce soit, trancha Mme Bibine ».

Will parût accepter cette idée, et un d'un coup de baguette Hermione se retrouva avec un bandeau noir sur les yeux, incapables de voir quoi que ce soit.

Elle sentit une main lui agripper l'épaule, puis la nausée habituelle dû au transplanage. Elle atterrit sur les fesses sur un sol mou, probablement fait de terre, et se releva, la main toujours posée sur son épaule pour lui indiquer dans quelle direction avancer. Elle avait froid et flottait dans ses vêtements trop grands pour elle. Personne ne parlait, et elle n'avait pas très envie de démarrer une conversation. Réfléchissant à sa situation, elle se demandait comment elle allait pouvoir leur prouver qu'elle ne leur voulait aucun mal, et justifier sa longue absence.

Elle entendait des oiseaux au loin, et l'odeur ambiante lui indiquait qu'ils devaient se trouver dans une forêt. Le bruit d'une rivière se faisait entendre au loin.

Ils avançaient depuis environ vingt minutes quand elle sentit comme une vibration dans tout son corps. Soudain, un énorme brouhaha parvint à ses oreilles et une odeur de cuisine s'élevait dans l'air.

« Granger, je vais t'enlever ton bandeau maintenant, alors ne bouge pas sinon je pourrai accidentellement ôter quelques vêtements en même temps. »

C'était une voix féminine, et il lui semblait que c'était celle de la femme qui se disputait avec Will à propos du bruit qu'il faisait. En tout cas, Hermione sentit que cette personne ne rigolait pas, et elle resta immobile. Elle sentit un léger coup de vent sur son visage, son premier réflexe fut de vérifier que aucun de ses vêtements ne manquait, et elle ouvrit les yeux.

Un sentiment de déjà-vu la traversa soudain. Elle avait l'impression d'avoir fait un bon dans le temps de plusieurs années dans le passé, et de se retrouver à nouveau lors de la Coupe de Monde de Quidditch, quand elle avait 14 ans. Des tentes qui ne payaient pas de mine étaient alignées sur plusieurs centaines de mètres, de la fumée sortant de divers chaudrons s'élevait dans les airs. Des enfants couraient en riant, pendant que des adultes s'affairaient à courir entre différentes rangées de tentes, les bras chargés ou non d'aliments, potions, livres… Une femme d'une cinquantaine d'année vêtue d'une longue cape verte, aux cheveux blonds/roux et au yeux noirs, arriva vers eux d'un air enjoué.

« Lavande, heureuse de vous revoir saine et sauve. Nous étions tout très inquiets. Je vais prévenir tout le monde de votre retour. »

Elle avait un accent très prononcé, probablement français. Elle allait poser sa baguette sur sa tempe, avant d'arrêter son geste quand elle remarqua Hermione.

« Qui êtes-vous, Madame ? demanda-t-elle, confirmant les doutes de l'ancienne Gryffondor sur sa nationalité.

- Je m'appeller Hermione Granger, répondit-elle avec ses quelques notions de français.

- Hermione Granger ? La fameuse Hermione Granger ?

- On t'expliquera plus tard, Sophie, dit Madame Bibine. Nous devons absolument prévenir l'Assemblée de ce qui se passe. Préviens-tout de même les autres du retour de Miss Brown s'il te plaît.

- Très bien René. A tout à l'heure. »

La dénommée Sophie place sa baguette sur sa tempe, et à l'aide du Sonorus, fit retentir l'information du retour de Lavande au campement.

Des cris de joie s'élevèrent et plusieurs personnes qu'Hermione n'avait jamais vues s'approchèrent du petit groupe. Mais notre héroïne ne put assister aux retrouvailles et fut entraînée par Madame Bibine dans une tente identique aux autres, devant laquelle était planté un panneau « Centre des urgences ». Bien évidemment, l'intérieur était magiquement agrandi, mais pratiquement vide, avec pour seul meuble une grande table ronde pouvant accueillir une vingtaine de personne et quelques chaises empilées.

L'ancienne professeure de Poudlard tapota trois fois avec sa baguette sur la table, puis fit voler les diverses chaises afin que chacune trouve une place. Enfin, avec un sourire étonnamment radieux, elle pria Hermione de s'asseoir.

Quelques minutes passèrent avant que deux femmes, l'une âgée et l'autre assez jeune, n'entrent dans la salle. Elles fixaient Hermione d'un air soupçonneux, leur baguette en main, semblant prête à intervenir au moindre mouvement. Elle se sentit honteuse et baissa la tête, comprenant parfaitement le manque de confiance qu'elle devait inspirer. Allait-elle un jour être pardonnée pour son absence ?

« Heureux de te revoir, Hermione. »

Cette voix lente, profonde, et agréablement familière la sortit de ses sombres pensées. Kingsley Shacklebolt, l'ex-auror, membre de l'ordre du Phénix, ancien secrétaire du Premier Ministre moldu, venait d'entrer dans la tente et se tenait face à elle, un sourire sur le visage. Il lui tendit la main, qu'elle serra sans hésitation.

« Ce plaisir est partagé », répondit-elle d'un air joyeux. L'aura rassurante de son impressionnant ami la soulagea d'un poids, comme si désormais l'avenir était plus lumineux. Les deux femmes qui étaient entrées précédemment eurent soudain l'air moins vigilant, ayant manifestement confiance dans le jugement de Kingsley. La plus âgée d'entre elle fit même apparaître une tasse de thé devant Hermione, qu'elle prit immédiatement en main, pour ne pas perdre contenance.

« Miss Granger, je m'appelle Emma Bonham. Je suis chargée de décider qui peut entrer ou non dans le camp. Mais votre cas est assez spécial, alors on ne m'a pas prévenue directement de votre arrivée. Mais je vais quand même vous examiner après la réunion. Voici ma fille Helena. Vous avez été ensemble à Poudlard, mais elle était beaucoup plus âgée que vous, donc ce ne serait pas étonnant que vous ne la reconnaissiez pas. »

Hermione fixa son interlocutrice. Elle avait un visage parsemé de rides, des cheveux courts poivré-sel et des yeux bleus clairs. Sa fille lui ressemblait beaucoup, hormis le fait que ses cheveux étaient châtains et qu'elle paraissait évidemment plus jeune. Emma avait raison, Hermione ne se rappelait pas du tout d'Helena. Cette dernière lui sourit d'un air timide, puis déclara :

« Je fais partie des veilleurs de nuit. Je surveille les alentours du camp la nuit, et vérifie que tout les charmes de protection sont bien act…

- Helena, ne dis pas un mot de plus ! » cria une voix très sèche.

Hermione sursauta violemment, pendant que la veilleuse de nuit rougissait. Un homme très grand et très musclé aux cheveux coupés de près s'approcha d'elles avec un air furieux. Son visage barré de cicatrice aurait pu rivaliser avec celui de Maugrey, et un bandeau noir cachait son œil droit. Il ressemblait aux chefs militaires que l'on voyait dans les films.

« On ne sait pas qui elle est, elle peut très bien être une espionne de l'ennemi, on ne doit lui donner aucune information.

- Boris, dis Kingsley de sa voix calme. On sait très bien qui elle est, c'est Hermione Granger, et je pourrais jurer sur ma vie qu'elle ne travaillerait pour rien au monde avec Voldemort.

- Mais sommes nous vraiment sûrs que c'est elle ? Quelqu'un aurait très bien pu prendre son apparence !

- Oserais-tu remettre en question les sorts de protection installés par ma fille, Cartner ?

- Bonham, ne te mêle pas de ça. Ce n'est pas une discussion de f…

- Cartner ! »

Madame Bibine s'approcha de lui d'un air menaçant.

« Dis un mot de plus et je te garantis que tu pourras dire au revoir à ta langue. »

Le dénommé Cartner ferma sa bouche sous le regard satisfait des personnes présentes dans la tente. Kingsley secoua sa tête d'un air désolé :

« Continue comme ça et tu ne pourras plus assister aux réunions, Boris. »

Ce dernier fixait Hermione d'un œil noir, et elle avait l'impression qu'il allait lui sauter à la gorge. Elle détourna le regard et fixa le fond de la tente, dos à l'entrée.

« Shacklebolt ? On m'a dit de venir en urgence ici, qu'est-ce qu'il se passe ? »

Hermione se raidit instantanément, et lâcha sa tasse de thé qui s'écrasa sur le sol. Cette voix, elle croyait ne plus jamais l'entendre. Les larmes aux yeux, et elle se retourna pour faire face à son meilleur ami, Harry Potter.